ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour Vincent Battesti

Les inventions des natures jardinières arabo-musulmanes

Communication de Vincent Battesti, WOCMES, Premier Congrès mondial pour des études sur le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, Sept. 2002, Mayence (Mainz), Allemagne. pp.7, 2002

Un jardin est un enclos, un endroit réservé par l’homme (sur le bâti ou en-dehors du bâti), où la nature est disposée avec l’ambition d’être une image du monde. Il est une mise en ordre du monde à travers l’agencement des éléments « naturels », mais à travers aussi sa pleine participation aux jeux sociaux, ses flux économiques, ses spatialités et temporalités pratiquées. Le thème du jardin et son objet sont bien sûr centraux dans les cosmogonies et les cultures arabo-musulmanes, particulièrement en environnement à contrainte aride. Qu’est le jardin aujourd’hui dans le monde arabe ? Public ou privé, rural (d’oasis) ou urbain, tunisien, algérien, marocain, yéménite, égyptien ou soudanais… Quelles natures inventées ?

Communication intégralement accessible en version PDF(68,56 Ko ) sur le site de HAL-SHS.

Publicités

« L’arbre sans rival ». Palmiers dattiers et palmeraies au Moyen-Orient et en Égypte de la préhistoire à nos jours

Article de Margareta Tengberg, Claire Newton, Vincent Battesti paru dans la Revue d’ethnoécologie, n°4, 2013

Article d’introduction au numéro thématique de la la revue consacrée au palmier dattier.

Article intégralement accessible en version PDF (308,79 Ko) sur HAL-SHS.

Les représentations de la nature, études de Vincent Battesti

« Dessinez-moi la nature »: numérisation de dessins d’enfants issus d’un travail ethnographique sur la représentation de l’environnement à Siwa, oasis égyptienne du désert libyque, par Vincent Battesti. Ateliers réalisés avec les enfants berbérophones de l’oasis de Siwa (Égypte), garçons et fillettes de 8 à 12 ans, réalisés le 21 février 2006 près de l’école du village d’Aghurmi (proche de Siwa) et le 22 février 2006 près du souk Siwa même. Une seule demande leur a été faite (en leur fournissant le matériel de dessin) : dessinez la nature. Objectif : voir ce que représente la nature pour eux et ce qu’ils en représentent

Maryam Abd el-Qader Sheyta Ahmed

Dessins accessibles en libre accès sur MediHal.

Voir également sa collection de posters de natures idéales et paysages imaginaires.

Salon de Muhammed Khaled et son poster mural

L’agrobiodiversité du dattier (Phœnix dactylifera L.) dans l’oasis de Siwa (Égypte) : entre ce qui se dit, s’écrit et s’oublie

Article de Vincent Battesti, version soumise à publication à la Revue d’Ethnoécologie (Paris/New York/Le Caire, 2013),  juillet 2013

Cet article a pour ambition de mettre au clair la question de l’agrobiodiversité du palmier dattier (Phœnix dactylifera L.) dans l’oasis de Siwa (désert libyque en Égypte) en s’appuyant sur une démarche originale : s’appuyer d’abord sur ses propres données issues d’un travail ethnographique mené sur le terrain entre 2002 et 2012 et, d’autre part, les confronter aux résultats d’une travail d’analyse d’un corpus littéraire, l’ensemble de la littérature ayant évoqué Siwa et ses dattiers (depuis la toute fin du XVIIIe siècle) : la profusion apparente dans ce corpus de noms de  » variétés  » de dattiers à Siwa – mais n’en citant à chaque fois que peu -contraste avec ce petit chiffre d’une quinzaine que j’avance. Il nous faudra à la fois comprendre ou plutôt poser l’hypothèse d’un système local de classification des dattiers et ne pas négliger une autre hypothèse d’une évolution locale de la biodiversité du dattier cultivé. Enfin, cette recherche n’est que le premier étage d’une recherche qui en compte deux : j’ai organisé deux campagnes (2010 et 2011) de collectes d’échantillons de dattes et folioles de cultivars nommés de dattiers de Siwa et d’individus férals d’oasis abandonnées dans le désert environnant Siwa : ce second étage doit mener à l’analyse morphométrique des noyaux de dattes d’une part et à l’analyse génétique des folioles d’autres part, avec la collaboration du Centre de bio-archéologie et d’écologie à Montpellier.

dattes_amenzu_Battesti

Article intégralement accessible en version PDF (6,2 Mb) sur HAL-SHS.

Jardins au désert. Évolution des pratiques et savoirs oasiens, Jérid tunisien

Ouvrage de Vincent Battesti, éditions IRD, 2005, 440 p.

La présence d’oasis dans le Sahara peut sembler une aberration écologique. Les palmeraies et les jardins qu’elles abritent sont en fait le fruit d’une conquête millénaire qui se poursuit encore aujourd’hui. Ces paysages artificiels, terroirs irrigués soigneusement façonnés et entretenus, sont l’archétype des systèmes naturels anthropisés.


Cet ouvrage a été réalisé à partir d’enquêtes de terrain ethnographiques menées dans le Jérid tunisien, mais aussi dans le Tassili n’Ajjer (Djanet, Algérie) et l’oued Draa (Zagora, Maroc). Si cette perspective comparative révèle la diversité des pratiques et savoirs oasiens et des relations à l’environnement, à la « nature », elle met aussi en valeur les dynamiques locales qui se déploient au-delà de l’habituel dualisme entre tradition et modernité. Par ailleurs, plusieurs échelles d’étude, de la planche de cultures au jardin et du parcellaire à la palmeraie, permettent de souligner la variété des articulations entre facteurs écologiques, économiques et sociaux.
Le Sahara cultivé n’offre pas une mais des natures oasiennes en constante évolution, construites à partir de cette richesse anthropologique.

Ouvrage intégralement accessible en version PDF (14,7 Mb) sur HAL-SHS et sur Open edition Books.

Des espaces publics au Caire : les jardins publics

Communication de Vincent Battesti, Espaces publics et espaces marchands. Actes de l’atelier tenu au Centre Île-de-France de l’IRD, Bondy IRD, UR 013

« Mobilités et recompositions urbaines », 8-9 octobre 2003

Cette communication est issue d’un travail de recherche et d’une réflexion en cours, que je menais au CEDEJ (Le Caire). Dans ce court exposé, je me concentre sur la question de l’espace public au Caire à la lumière des jardins publics.
« Le jardin urbain, espace public, ouvert, est pensé, composé, comme tout autre lieu urbain. Le choix et la mise en place des objets, des végétaux, des circulations, des différents équipements, sont le travail de professionnels de l’organisation de l’espace. Dans le même temps, le jardin s’oppose à la minéralité de la ville, à ses lignes simples, à sa fonctionnalité. Les plantes sont choisies et assemblées en fonction du sol, du climat, de leurs qualités propres, les volumes, les couleurs, les formes sont juxtaposés en vue de créer un décor et une ambiance, un plaisir esthétique. » (Auricoste et Dubost, 2002) Que ses auteurs me pardonnent, mais cette définition, qui est à mon sens une « interprétation adéquate », n’en est pas moins sans relief pour le cas qui nous concerne. Cela manque de quelques dimensions : celle du contexte cairote (il n’y a pas de jardin public dans l’absolu, pas plus que d’espace public dans l’absolu), de l’histoire (le jardin public n’est pas juste un donné, il a une genèse, une histoire), et surtout celle des usagers et de leurs pratiques.

Accessible en version PDF sur HAL-SHS.
Actes publiés sous forme de CD-ROM par l’IRD.

Les relations équivoques, approches circonspectes pour une socio-écologie des oasis sahariennes

Thèse en Anthropologie sociale de Vincent Battesti, 28/09/1998, Université Paris V, Raymond Pujol (Dir.), 364 p.

L’objectif de ce travail portait sur les relations entre les sociétés et leur milieu naturel. Plusieurs éléments m’incitèrent à travailler sur un modèle de la vie oasienne plus complexe. Ce fut d’abord l’ubiquité d’un déconcertant exotisme dans l’analyse scientifique et ce fut par ailleurs une tendance simplificatrice à concevoir l’oasis comme un « point fertile dans le désert » facile à saisir et comme définie exclusivement par une approche essentialiste de l’élément rare, l’eau.

Mes études antérieures en biologie m’encouragèrent à consacrer spécialement mon travail aux palmeraies des oasis. J’ai surtout travaillé sur une région du Sud tunisien, le Jérid, mais aussi sur Djanet, dans le sud de l’Algérie, et Zagora au Maroc.

Pour saisir ces relations entre les sociétés oasiennes et leur environnement, j’ai évité le dualisme nature / culture, en fusionnant ces catégories et poursuivant le projet d’établir une socioécologie oasienne.

La construction de la nature oasienne fut analysée en se basant sur sa structure spatiale à trois niveaux, du large (l’oasis en général) au restreint (le jardin). Selon leur localisation dans l’espace, trois niveaux de possibilités de praxis oasienne sont différenciés. Dérivant de l’organisation de l’espace, les niveaux correspondants de temporalités peuvent être distingués ; ils autorisent ces différentes praxis.

S’il est toutefois illusoire de définir une « norme oasienne » (ethnographique) pour les procès socioécologiques. Les praxis varient selon les différentes catégories d’acteurs. Ou plutôt, les acteurs du monde oasien usent de ressources variées selon la situation dans laquelle ils sont engagés et ces ressources sont certes des ressources naturelles, mais tout aussi des ressources d’ordre conceptuel ou idéel : ce que tel ou tel ensemble d’idées de la nature (de la nature) permet et facilite comme type de relation à l’environnement.

Les jardiniers des oasis, on le vérifie, n’agissent pas sur leur environnement selon une norme dont la praxis serait déterminée strictement par le milieu ou la société. Il n’y a pas de préséance de la société ou du milieu comme facteur déterminant. Il y a conjugaison des deux et on peut évaluer leurs influences relatives selon la trame oasienne d’espace et de temps. Cette approche circonspecte de la complexité oasienne éclaire les relations équivoques du chercheur à son objet (méthodologie), de l’individu à sa société (sociologie) et de la société à son milieu (écoanthropologie).

Plan

Introduction : le contexte

Chapitre 1 : Des hommes et des oasis dans le désert

Chapitre 2 : L’eau, l’oasis

Chapitre 3 : Dialectique et méthodologie

Chapitre 4 : Des espaces aux lieux en prenant son temps

Chapitre 5 : Hommes et plantes, l’agriculture

Chapitre 6 : Les pratiques agraires dans l’oasis

Chapitre 7 : Organisation sociale du travail agricole

Chapitre 8 : Les pratiques de l’espace

Chapitre 9 : Les acteurs du monde oasien

Chapitre 10 : Notions de progrès et modernité

Chapitre 11 : Conflits de représentations

Chapitre 12 : Analyse systémique et système de production

Chapitre 13 : Les états des jardins

Chapitre 14 : Temps, espaces et théorie hiérarchique

Chapitre 15 : Des procès socio-écologiques oasiens

Conclusion des relations équivoques

Bibliographie citée

Annexes : plans et états de jardins

Acronymes employés

Lexique des termes oasiens employés

Tables des illustrations, des tableaux et des photographies

Thèse accessible en texte intégral en version PDF sur HAL.

Ouvrage « Jardins au désert » édité par l’IRD à partir de ce terrain accessible intégralement sur HAL-SHS.