ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archives de ville

Angers, Nantes et Strasbourg sacrées villes les plus vertes de France

Article de Laetitia Van Eeckhout, Le Monde, 14.03.2017

« Dans le palmarès publié le 14 mars par l’Union nationale des entreprises du paysage et Hortis, Angers décroche la palme de la ville la plus verte de France. Elle est suivie de Nantes et de Strasbourg.

Deuxième consécration pour Angers : comme dans leur premier palmarès de 2014, l’Union nationale des entreprises du paysage (UNEP) et Hortis, organisation professionnelle des responsables d’espaces verts en ville, ont consacré, mardi 14 mars, la préfecture du Maine-et-Loire, « ville la plus verte de France ». Elle est talonnée par Nantes et Strasbourg, qui détrône Limoges à la troisième place. Paris est classée au quatorzième rang.

Ce palmarès s’appuie sur une enquête, réalisée de juillet 2016 à janvier 2017, auprès des 50 villes les plus peuplées de France, à partir des données publiques et des questionnaires remplis par les services des espaces verts des municipalités concernées.

« Avec près de 100 mètres carrés d’espaces verts par habitant – loin devant la moyenne nationale de 48 mètres carrés – Angers fait figure d’exception. Les espaces verts publics (hors forêts) couvrent plus de 14 % de la superficie de la ville », notent l’UNEP et Hortis. Avec son Agence 21 pour la biodiversité, « Angers s’est fixé des objectifs ambitieux pour lutter contre toute disparition de faune et de flore sur son territoire », ajoutent-ils. Quelque 300 mini-jardins ont été créés, ainsi que 50 « greenpods », jardinières installées sur la voirie et entretenues par des collectifs d’habitants et de commerçants… »

Lire l’intégralité de l’article sur le site du journal.

Des tomates sur le toit de la Poste

Emission « L’esprit d’initiative », radio France Inter, 14.03.2017

Sophie Jankowski et son association Communauté Facteur Graine aménagent au mieux le toit terrasse de 700 mètres carrés du centre de tri de la porte de la Chapelle mis à leur disposition par le Groupe La Poste. Aidées par des postiers aux mains vertes, elles agencent au mieux les lieux pour y faire cohabiter toutes sortes de fruits et légumes selon le principe de la permaculture. Un poulailler devrait aussi trouver sa place. Sans oublier des épouvantails créés avec les gens du quartier.

Sophie Jankowski du groupe La poste au micro d’Emmanuel Moreau.

Emission à ré-écouter ici.

 

La RATP étudie un projet de végétalisation du métro

Article de Lisa Burek paru dans Le Monde, 1.03.2017

« Des espaces verts dans le métro pour améliorer la qualité de l’air et l’environnement dans les stations ? C’est l’idée lancée par Susana F. dans le cadre de la consultation citoyenne lancée le 2 novembre 2016 par la RATP. « Il paraît que la qualité de l’air qui circule dans le métro parisien est plus qu’irrespirable : pourquoi ne pas investir dans les plantes dépolluantes ? En plus d’être utiles, elles mettront un peu de couleurs dans les stations », écrit-elle dans sa proposition plébiscitée par les voyageurs. L’idée a récolté le plus grand nombre de voix, 6 133 sur un total de 47 795 votes.

La consultation citoyenne avait été lancée le 2 novembre 2016 par la RATP pour « améliorer ses services ». Au total, 2 211 idées ont été proposées parmi lesquelles la RATP en a choisi 15, selon des critères de faisabilité (technique, financière, juridique) et d’originalité. Elle n’a pas retenu les idées déjà en cours de développement, celles qui contraignaient la sécurité du réseau ou qui touchaient au financement des transports (comme la suppression totale de la publicité).

Les Franciliens ont voté pour n’en garder que cinq, que la RATP s’est engagée à réaliser. Outre les espaces verts, les votants ont demandé des purificateurs d’air dans les stations, contre les mauvaises odeurs, une amélioration des accès aux gares grâce à des ascenseurs ou des rampes à bagages, une application RATP hors connexion et des indications de sorties sur les sites et applis… »

Lire l’intégralité de l’article ici.

Le permis de végétaliser pour fleurir son trottoir

Émission « L’esprit des initiatives », radio France Inter, 06.02.2017

Des permis de végétaliser sont délivrés par les mairies aux habitants qui souhaitent planter sur l’espace public. Il est possible d’embellir sa rue avec des fleurs et des légumes à condition d’obtenir de la Mairie un permis de végétaliser. A Paris, celui-c i s’accompagne d’une charte qui encadre ces cultures. Il est par exemple interdit de cultiver des choses illicites, d’utiliser des pesticides et des tondeuses à gazon… Elle incite aussi à redistribuer les produits aux habitants.

Émission à (re) écouter ici.

De la friche urbaine à la biodiversité. Ethnologie d’une reconquête : La petite ceinture de Paris

Thèse de Julie Scapino, Architecture, aménagement de l’espace. Museum national d’histoire naturelle – MNHN Paris, 2016, 525 p.

L’attention pour la biodiversité se porte aujourd’hui sur les villes : il faut désormais prendre soin des espèces et des écosystèmes jusqu’au cœur des milieux les plus artificiels. Or, accueillir une nature sauvage bouleverse les critères d’ordre et de propreté des espaces urbains, et modifie les cultures professionnelles de leurs concepteurs et gestionnaires. Fin 2011, la Ville de Paris s’est dotée d’un Plan biodiversité. Fondé sur les savoirs de l’écologie scientifique, il doit permettre de renforcer la présence du vivant dans la capitale et affiche la volonté de changer le regard sur le sauvage en ville. Cette politique est confrontée à l’ethnographie d’une vaste friche urbaine, enjeu territorial pour la biodiversité parisienne : la petite ceinture. Construite au XIXe siècle autour de Paris, cette voie ferrée, en grande partie inutilisée, a été colonisée par la flore et la faune. Officiellement interdite au public, elle est pourtant intensément fréquentée par de nombreux habitants. Les rapports au lieu et à la nature qu’il abrite ont été étudiés chez les usagers informels des rails. L’absence de fonction officielle et une surveillance lâche permettent l’existence d’une vie sociale diversifiée, transgressive et inventive. Si la nature n’est pas centrale dans les relations à la friche, elle est une composante de l’identité du lieu. Le développement libre du végétal est valorisé pour sa rareté dans un monde urbain ultra-contrôlé, alors que son intérêt écologique est peu évoqué. En parallèle, la petite ceinture s’institutionnalise au titre de la nature. D’une part, une gestion différenciée est appliquée depuis 2006 par des équipes dont l’action participe d’une mise en ordre de l’espace. D’autre part, la Mairie de Paris aménage certains points du linéaire en jardins associatifs ou publics. L’étude du cas d’une promenade dans le XVe arrondissement révèle une véritable attention portée à la biodiversité. Mais la reconquête du délaissé va aussi de pair avec des modalités nouvelles de maîtrise du vivant et une normalisation du lieu et de sa pratique sociale. Herbes folles et pratiques informelles émergent là où le contrôle se desserre. Si les mauvaises herbes ont été réhabilitées, peut-être est-il possible de changer notre regard sur la fertilité sociale de la friche.

Thèse intégralement accessible en version PDF (23.92 Mo) sur Tel.

Les Buttes Chaumont, le technoparc du Baron Haussmann

Reportage radiophonique, série LSD, radio France Culture, 23.01.2017

Un paysage paysager à Paris. Dans l’histoire de ce parc achevé en 1867, on croise le Baron Haussmann et ce souci d’offrir un morceau de nature aux habitants des villes. Grotte, cascades, rivières et ponts suspendus, le tout dans un mobilier en béton creux imitant des rondins de bois et des rochers.

C’est l’étonnante histoire de ce parc du 2nd Empire achevé en 1867 à côté du village de Belleville, ses principes paysagers, sa mise en scène dramatique et tourmentée faite de grotte, de cascades, de rivières, de ponts suspendus, de belvédère, le tout dans un mobilier en béton creux imitant des rondins de bois, des rochers, des pierres. Y apparaissent en contrepoint les mille et uns personnages qui le peuplent aujourd’hui : gardiens, jardiniers, paysagistes et, bien sûr, ceux qui le pratiquent, s’y promènent, y courent, le traversent.

S’intéresser à grand parc urbain, c’est retourner à ce moment où la ville changeait radicalement de visage et aux tout premiers questionnements sur la place que la modernité pouvait faire à la nature, entre paradis perdu, domestication et paysagisme obligé.

A (re) écouter sur le site de la radio.

 

Le droit à la nature au Cap (Afrique du Sud) : gérer les parcs urbains dans une ville divisée

Article de Laura Jonnard publié sur le Carnet Dalvaa, 23.01.2017

« L’émergence d’une demande de droit à la nature et d’un modèle plus juste de gestion des espaces verts dans le contexte post-apartheid

La ville du Cap, en Afrique du Sud, est une ville au lourd passé de ségrégation raciale. Située au cœur de l’un des six hotspots du monde (point chaud) de la biodiversité, la Ville du Cap se trouve confrontée à la nécessité de préserver ce patrimoine naturel exceptionnel tout en maîtrisant le processus d’urbanisation très rapide dans cette métropole émergente et par ailleurs fortement ségréguée.

La ségrégation raciale a au Cap des origines précoces et la nature y joue un rôle important dès les débuts de la colonisation britannique (1814), notamment par l’appropriation des terres les plus fertiles par les colons européens. Ils délimitent en outre des zones protégées où les autochtones ne peuvent plus aller chasser une activité dont les colons s’arrogent privilège. Certains peuples autochtones, faute d’accéder à ces grands espaces où le gibier est fortement présent, ne peuvent plus se nourrir et sont rapidement décimés (Daraghma, 2009).

L’apartheid est institué en 1848 à l’échelle nationale, ce qui aura des conséquences destructrices et marquantes pour des siècles à venir (Yeld, 1997 in Anderson et O’Farrell, 2012 ; Mc Donald, 2002). L’espace urbain est divisé en fonction des 4 catégories raciales officiellement reconnues (Blancs, Indiens, Coloured, Noirs). Les « populations de couleur » (autres que « blancs ») sont déplacées de force dans des quartiers périphériques fortement ségrégués. Il en résulte une fracture raciale spatialisée, où les populations blanches s’approprient une grande partie de l’espace urbain et les quartiers où se concentrent services urbains, opportunités d’emplois mais aussi espaces verts. Les trois autres groupes raciaux sont désormais relégués dans les Cape Flats, éloignés des quartiers riches et faiblement aménagés et presque totalement privés d’espaces verts aménagés… »

Lire l’intégralité su billet sur le carnet.