ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour Versailles

Des arbres au coeur d’une émotion. La fabrique d’un consensus patrimonial : le parc de Versailles après la tempête

Ouvrage de Véronique Dassié, Les carnets du Lahic, Ministère de la Culture, direction générale des Patrimoines, département pilotage de la recherche et de la politique scientifique, 2014, n°9, 223 p.

En 1999, une tempête dévaste le territoire français. Rapidement, l’attention se cristallise sur le parc du château de Versailles où de nombreux arbres multi-centenaires ont été abattus par les vents. L’enquête ethnographique menée sur cette émotion patrimoniale révèle toutes les contradictions du rapport à la nature chez nos contemporains et analyse les rouages du consensus patrimonial auquel il a donné forme. Ce carnet analyse les conditions qui ont permis la mobilisation d’une communauté d’action aussi éphémère qu’atomisée autour d’une émotion aux multiples facettes. L’histoire du parc, elle-même constitutive de la notion de patrimoine collectif, révèle l’importance de la nature pour faire culture commune.

Ouvrage intégralement accessible en version PDF (3.5 Mo) sur Hal-Amu.

Versailles côté jardins ouvriers

Article de Pascale Krémer paru dans M le Monde Magazine, 19.06. 2015

« Au milieu des HLM, les jardins familiaux des Petits-Bois mettent des légumes dans les assiettes et du lien social dans le quartier. Un coin de verdure préservé des assauts des promoteurs grâce au label Jardin remarquable.

Il aura fallu 225 ans, mais c’est chose faite : à Versailles, la Révolution a gagné les potagers. Les jardins familiaux des HLM font jeu égal avec le parc du château du Roi-Soleil. En décembre 2014, ils ont, eux aussi, été labellisés Jardin remarquable par le ministère de la culture. Et c’est une première en France.

Sur la liste flatteuse, parmi 400 jardins botaniques, cloîtres d’abbaye et autres roseraies de palais épiscopaux rivalisant de sophistication végétale, figurent désormais les rangs de laitues d’Andrée Pauwels, les fraisiers d’Ali Lacem et les buttes à asperges de Marcel Saintonge. « Ça nous a fait tout drôle. On n’en est pas revenus… » L’incrédulité se mêle à la fierté chez les jardiniers des parcelles familiales du quartier Petits-Bois… »

Article en accès restreint sur le site du journal.

Bosquet du Théâtre d’Eau au château de Versailles

Conçu par André Le Nôtre entre 1671 et 1674, ce bosquet est situé dans les jardins du château de Versailles, entre le bosquet de l’Étoile et celui des Trois Fontaines. Il était à l’origine l’un des plus riches et des plus complexes des jardins.

Suite à un concours international lancé auprès de créateurs de jardin pour la restauration du bosquet du Théâtre d’Eau, le paysagiste Louis Benech et l’artiste Jean-Michel Othoniel ont été choisis pour leur projet de création contemporaine.

Un jardin contemporain

Le parti pris de Louis Benech a été de créer un bosquet accueillant, moins fragile que ceux du XVIIe siècle et pouvant être ouvert au public en permanence, permettant au visiteur de goûter seul ou en famille à l’intimité de ces salons de verdure. 

Les arbres choisis par Louis Benech – hêtres, chênes verts, quercus ilex, phillyrea latifolia… ne dépasseront pas les dix-sept mètres voulus par Le Nôtre, permettant ainsi au bosquet de rester complètement invisible depuis le Château et de s’intégrer au domaine.

Pour que le visiteur fasse une halte sereine et agréable, Louis Benech a conçu spécifiquement pour le bosquet un banc : Versailles XXI. Ces bancs tout à fait originaux, aux formes simples et épurées, constituent à la fois un hommage au passé et une célébration du présent.

 

Une promenade dansante

Le visiteur sera convié à découvrir une promenade dansante menant à une grande clairière de lumière et d’eau. Trois sculptures-fontaines ont été réalisées par Jean-Michel Othoniel. Posées à fleur d’eau et composées d’entrelacs et d’arabesques dorées en perles de Murano, matériau « signature » de l’artiste, elles s’inspirent directement des ballets donnés par Louis XIV et de l’Art de décrire la danse de Raoul-Auger Feuillet de 1701. Des calligraphies dynamiques qui rappellent les parterres en broderie présents à Versailles.

Ce projet a été imaginé dans une volonté permanente de respect des lieux et de leur histoire. En effet, cette création sera totalement réversible : tous les ouvrages maçonnés et hydrauliques encore présents ont été conservés et tous ceux conçus aujourd’hui sont réalisés en « sur-œuvre ».

Ouvert tous les jours à partir du 12 mai 2015. Mises en eaux exceptionnelles toutes les heures de 10h à 18h du 12 au 25 mai, puis lors des Grandes Eaux et des Jardins Musicaux.

Informations et vidéo sur le site du Château de Versailles.

Les jardins de Versailles : une découverte interdisciplinaire ?

Mémoire de Master 2 de Pauline Marais, IUFM Pays de Loire, 03/06/2013, Laurent Bourquin (Dir.), 100 p.

Ce mémoire porte sur les jardins français de Versailles, de leur naissance sous Louis XIV jusqu’à la mort de ce dernier. Ces jardins sont l’œuvre d’André Le Nôtre, jardinier du roi, à la renommée internationale. Inspirés des jardins de Vaux-le-Vicomte, les jardins de Versailles se partagent entre espaces ouverts et espaces clos, mais aussi lumières et ombres renforcées par cette perspective si célèbre. Cet endroit regorge d’une symbolique au service de l’exaltation du pouvoir du Roi Soleil, tant par la présence d’Apollon, des statuaires et de l’eau que par la domestication de la nature. Cela en fait un prolongement de la cour où promenades, plaisirs et fêtes occupent une place importante. Les jardins français de Versailles sont également un support d’étude au cycle 3 concernant différentes matières telles l’histoire et l’histoire des arts. Cette découverte interdisciplinaire permet aux jardins français de rayonner à la fois à Versailles mais aussi dans les classes de l’école élémentaire.

Mémoire intégralement accessible en version PDF (11,8 Mb) sur Dumas.

 

Le promeneur dans le jardin : de la promenade considérée comme acte esthétique. Regard sur les jardins de Versailles

Thèse de Catherine Szanto, Université Paris VIII Vincennes-Saint Denis (Architecture), 09/12/2009, Jean-Pierre Le Dantec (Dir.), 450 p.

De nombreux chercheurs ont récemment reconnu l’importance du mouvement pour étudier les usages des jardins. En effet le jardin n’existe pour ses visiteurs que dans la mesure où ils l’ont découvert, parcouru, « vécu ». C’est pourquoi la promenade comme mode d’expérience du jardin apparaît comme un thème de recherche essentiel pour comprendre l’expérience spatiale offerte par le jardin. Le jardin de Versailles, souvent considéré comme statique, a été dès l’origine un lieu de promenade très apprécié. L’analyse du jardin que je propose est basée d’une part sur des descriptions de promenade contemporaines à sa création sous Louis XIV, et d’autre part sur une analyse phénoménologique de l’expérience des formes spatiales, corroborée par les récents résultats de la recherche sur la perception. L’espace est compris non comme une chose vue qui se déroule à nos côtés, ni comme un réceptacle neutre pour nos mouvements, mais comme une constante invitation, comme un partenaire dans un dialogue qui prend ici la forme d’une promenade. La richesse du dialogue vient des choix complexes que l’espace propose au promeneur par ses formes qui s’offrent à la possibilité simultanée d’attitudes spatiales variées (en repos ici, en attente de…, en mouvement vers…), à plusieurs échelles spatiales et temporelles. Ce travail pourrait être l’ébauche d’une théorie de l’«acte de la promenade», d’une «esthétique de la promenade». La promenade, comme la lecture, est un « acte de construction de sens », requérant la « compétence » du promeneur. La question est de comprendre ce que peut vouloir dire « structure de sens » dans le jardin, et ce que constitue sa « construction » au cours de la promenade.

Intégralement accessible en version PDF (12,7 Mb) sur TEL.