ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour territoire

Paysage et médiatisation dans les Alpes françaises. Approche géographique de la diffusion des cartes postales paysagères

Thèse de Jean-Baptiste Litot, Université de Franche-Comté (Géographie), 15/01/2010, Serge Ormaux (Dir.), 320 p.

Petit rituel des vacances, la carte postale paysagère a pour fonction première d’entretenir les relations sociales entre ceux qui partent et ceux qui restent. Mais en donnant à voir une portion d espace depuis un autre lieu, elle constitue une manière originale d appréhender les territoires touristiques et de répondre à une question a priori simple : pourquoi vend-on tel paysage dans tel lieu de vente ? A partir de cette question théorique, d’autres interrogations émergent : existe-t-il une hiérarchie entre les sites touristiques ? Des parties de territoire sont-elles évincées en raison de leur manque d attractivité ? La médiatisation des sites engendre t-elle des effets de déconstruction des territoires ? Pour répondre à ces questions, une enquête a été réalisée dans deux départements des Alpes françaises : la Savoie et la Haute-Savoie. Huit mille cartes postales ont ainsi pu être recensées, décrites, analysées puis géoréférencées, constituant un corpus paysager exceptionnel. Des méthodes d’analyse statistique et spatiale ont ensuite permis de dégager une série de facteurs intervenant dans la médiatisation paysagère et d’apporter un regard particulier sur les pratiques de mise en image des territoires.

Thèse intégralement accessible en version PDF (23,6 Mb) sur HAL-SHS.

Publicités

L’événementiel « agriculturel » en Rhône-Alpes

Rapport d’étude de P-A. Landel, C. Delfosse, N. Canova, N. Robinet et P. Caritey, sept 2008, 215 p.

Réaliser une étude sur les fêtes agriculturelles revêt un caractère particulier dans la mesure où c’est un domaine relativement peu étudié. A la croisée des chemins entre culture et agriculture, ces événements sont des objets complexes et difficiles à appréhender. Le regard du géographe est quelque peu perdu dans l’étude des fêtes tant la production scientifique géographique est à la marge dans la discipline. Hormis l’ouvrage de référence de Guy Di Méo, seuls quelques articles font état de l’intérêt des géographes français pour les fêtes . L’explication de ce constat est sans doute donnée par le caractère polymorphe des fêtes. Elles peuvent prendre des formes multiples selon les pays, les territoires, les populations. Parallèlement, d’autres sciences sociales se sont emparées de cet objet : l’ethnologie dont c’est un thème prisé, l’histoire qui voit là une manifestation sociale qui s’inscrit souvent dans la durée, la sociologie qui peut analyser les comportements de la population lors de ces événements, tout comme leur impact sur l’ensemble du monde social et plus récemment l’économie dans le renouvellement des formes de la fête avec l’essor des festivals. Ainsi, peu de gens connaîtraient Marciac dans le Gers s’il n’y avait pas le festival Jazz à Marciac. De la même façon, le Festival Interceltique de Lorient fait figure de moteur pour l’économie de la ville. Dans le cadre de cette étude, l’étude porte plus précisément sur les fêtes dîtes « agriculturelles ». Fruit de la contraction des termes agriculture et culture, ce nouveau vocable né lors du colloque « A propos du patrimoine agriculturel rhônalpin », a été notamment porté par Denise Menu et François Portet. Souvent appliqué au terme de patrimoine en tant que « patrimoine lié aux pratiques de l’agriculture « , ce terme peut être résumé par la définition qu’en donne Jean-Marc Giacopelli :  » l’agriculturel étant l’ensemble des valeurs, des connaissances, des représentations et des biens issus des actions de l’homme sur son environnement, sur ses modes de production, végétale et/ou animale « . D’autres préfèrent parler de fêtes agraires en les définissant comme « des manifestations dont le dénominateur commun est de célébrer des produits ou des moments précis d’un cycle de production agricole ». Il semble que la définition d’agriculturel englobe la définition de fête agraire dans le sens où l’agriculturel fait référence aux représentations, aux valeurs et aux connaissances. La fête agriculturelle peut donc être définie comme le moment où l’ensemble de ces valeurs, connaissances et représentations sont exprimées soit en mettant en avant une production agricole, soit en célébrant des pratiques agricoles ou d’autres aspects de la culture agricole d’un territoire.

Rapport intégralement accessible en version PDF (6,3 Mb) sur HAL-SHS.

Analyse des rapports entre l’organisation spatiale et la gestion des ressources renouvelables appliquée aux paysages de châtaigneraie en Cévennes

Thèse de Denis Gautier, Université d’Avignon (Géographie), 28/06/1996, Jean-Paul Cheylan (Dir.), 358 p.

L’objectif de ce travail est de comprendre les rapports entre l’organisation du territoire, détectable dans le paysage, et la gestion des ressources renouvelables. L’étude est appliquée aux paysages de châtaigneraies en Cévennes. La démarche d’analyse a une entrée spatiale. Elle part d’un état des lieux qui conduit à choisir, dans le domaine d’étude, l’entité spatiale la plus pertinente pour expliquer les aspects naturels et sociaux de la mise en valeur du territoire par l’homme. Pour les Cévennes, l’entité choisie est le quartier rural, qui est le motif élémentaire d’organisation des paysages. Il est composé d’éléments de paysage en interaction. Il peut être combiné à d’autres motifs pour former les paysages. Cela relie le quartier aux autres niveaux d’organisation spatiale. Pour comprendre les aspects spatiaux de la mise en valeur du territoire, une analyse spatiale de type hypothético-déductif suit cet état des lieux. Le motif de quartier est modélisé suivant les principes de la modélisation graphique. Les hypothèses d’organisation spatiale sont validées en partie grâce à la mise en œuvre d’un SIG. La règle spatiale fondamentale de la mise en valeur du territoire est un modèle centre-périphérie, avec une dualité marquée entre l’espace de mise en valeur intensive (bâti, terrasses, prairies, vergers) et l’espace de mise en valeur extensive (châtaigneraies, landes, boisements divers). Cette structure élémentaire est déformée par un système de pente jouant au niveau régional par des gradients d’altitude, et au niveau local par la topographie qui contraint la mise en valeur des terres. L’analyse spatiale est raccordée à une analyse en profondeur des éléments de paysage, par laquelle sont étudiés l’histoire, le fonctionnement et les dynamiques de chacun d’eux, considérés dans leurs aspects spatiaux. Cela permet de valider des hypothèses de mise en valeur du territoire et d’en faire émerger de nouvelles. L’étude des éléments de paysage permet d’établir des modèles de gestion des ressources. En particulier, une typologie des châtaigneraies est proposée, selon des critères spatiaux. Des modèles de fonctionnement sont construits pour chaque type. L’articulation entre le modèle spatial du quartier et le fonctionnement des éléments de paysage permet de comprendre les rapports entre l’organisation du territoire et les pratiques rurales. Des modèles graphiques spatio-temporels sont proposés pour les pratiques de gestion des ressources renouvelables qui s’exercent sur les paysages à châtaigneraie cévenol (élevage, gestion du feu, récoltes, cueillettes, chasse). Ces modèles synthétisent la transcription spatiale de ces pratiques au cours de l’année. Leur mise en correspondance permet de déceler les enjeux spatiaux de la gestion des ressources et les confrontations entre acteurs qu’ils génèrent. Enfin, les rapports entre l’organisation du territoire et la gestion des ressources sont considérés sous l’angle de leurs dynamiques. Pour comprendre l’évolution de la mise en valeur de petits territoires cévenols, trois méthodes d’analyse sont mises en œuvre : la comparaison par un SIG de deux états successifs d’un même territoire ; la mise en relation par un SIG d’un état de référence du territoire avec la chronique des événements qui l’ont modelé ; le croisement des modèles de fonctionnement des types de châtaigneraies avec une matrice d’évolution des surfaces au cours du temps. Une synthèse montre comment ces trois méthodes peuvent être intégrées pour la gestion de l’espace rural.

Thèse intégralement accessible en version PDF (18.2 Mb) sur HAL-SHS.

Paysage et politique du paysage dans le massif transfrontalier de Gavarnie/Mont-Perdu. Analyse pour servir de fondement à la gestion durable d’un bien inscrit au patrimoine mondial

Rapport de recherche de Briffaud S., Davasse B., Carré J., Galop D., Guttinger P., Heaulmé E., Henry D., Métailié J.-P., Moisset A., Rius D. et al., 2007, 229 p.

Cette recherche, appliquée à un territoire montagnard transfrontalier inscrit depuis 1997 au Patrimoine mondial de l’humanité au double titre des  » paysages naturels  » et des  » paysages culturels « , vise à explorer les relations effectives et potentielles que les politiques de protection/gestion/labellisation des paysages entretiennent avec la perspective de développement durable des territoires. Ce travail associe l’analyse, dans la durée, des politiques elle-mêmes à celle des paysages concernés. La combinaison de ces deux démarches de recherche interdisciplinaire, mises en œuvre ici simultanément, vise un double objectif : présenter une analyse et une évaluation des politiques, notamment celle du Patrimoine mondial, dans leurs liens avec les dynamiques du paysage et l’évolution des perceptions dont ce dernier fait l’objet ; dégager les enjeux, proposer une cadre problématique et des outils pour une politique paysagère axée sur la quête d’un développement durable du territoire concerné.

Rapport intégralement accessible en version PDF (15,2 Mb) sur HAL-SHS.

La vallée du Ciron : cohérence d’un territoire entre nature et cultures

Appel à communication, colloque annuel « Les entretiens du Sauternais« , 3 juin 2011

En partenariat avec la Chaire Unesco « Culture et tradition du vin » de l’Université de Bourgogne, les Entretiens du Sauternais lancent, pour leur première édition, un appel à contribution sur le thème « La vallée du Ciron : cohérence d’un territoire entre nature et cultures ». Le Sauternais est un vignoble hors norme, tant pour sa spécialisation de vigne blanche en région bordelaise que pour la nature même des vins produits. Le Sauternais s’appuie sur cette trajectoire singulière pour initier une réflexion autonome sur le vin qui peut être défini comme le produit conjoint d’une activité humaine fortement territorialisée et d’une culture quasi universelle. En créant les Entretiens du Sauternais, avec le soutien de la Chaire Unesco « Culture et tradition du vin » de l’Université de Bourgogne, les organisateurs situent leur démarche dans le cadre de cette caractéristique double. De ce fait, ces Entretiens auront à cœur de développer une connaissance réelle du vin conforme aux acteurs qui participent à son élaboration, mais aussi, ouverte à l’ensemble de la société. Chacune de leurs éditions permettra de décliner une thématique reconnue de la vitiviniculture sauternaise. La problématique choisie pour la traiter sera une invitation à conjuguer le matériel et le symbolique mais aussi le sensible que l’on voit toujours œuvrer de concert dans la civilisation du vin. Il s’agira de marier les différentes strates du réel, ou de son interprétation, qui concourent à la formation des enjeux complexes du monde de la vigne et du vin.

Les thèmes qui pourront être abordés (intervention à rendre au 24 avril 2011) :
– L’ensemble des composantes de la vallée du Ciron (géologie, géographie, histoire des occupations humaines, représentations artistiques ou culturelles, réflexions environnementales sur les particularités de cet espace fragile…)
– Histoire des appellations Sauternes et Barsac comme exemple de construction sociale d’un territoire dans la longue durée.
– Les techniques, les savoirs et savoir-faire comme instruments du rapport culturel à la nature.
– Les particularités physiques et matérielles qui concourent à l’élaboration du Sauternes (cépages, terroirs agrologiques, modes de conduite…) sont des facteurs d’identité pour le territoire et d’originalité pour ses vins.
– Le patrimoine viticole bâti de la vallée du Ciron.
– Les problématiques du paysage au cœur de tout patrimoine viticole.
– Les enjeux de la biodiversité et des modalités de l’insertion de la vigne dans son environnement naturel.
– L’évolution du rapport à la nature à travers les siècles et les différents modes de perception qu’il a suscité.

Contact : eric.pothier.sauternes@orange.fr

[Info Calenda]

Les Peuples des forêts tropicales aujourd’hui: volume II, Une approche thématique

Serge Bahuchet, « Les Peuples des forêts tropicales aujourd’hui: volume II, Une approche thématique », Bahuchet, Serge (Ed.) (2000),  654 p.

Le dispositif de terrain adopté par APFT répondait à notre souci de dépasser les particularismes locaux, en donnant une vision globale des habitants des forêts tropicales, confirmant certes l’extraordinaire diversité, mais montrant de grandes constantes. En effet, ces “cas” se complètent les uns les autres et illustrent des situations diverses, ce qui permet de dégager les traits communs aux populations forestières. L’approche comparative met en évidence des problèmes généraux récurrents dont la prise en compte nous semble nécessaire – et importante -, pour les décideurs comme pour les acteurs. Nous abordons ainsi les éléments caractéristiques de l’écologie et de la production des sociétés forestières (notamment la biodiversité, l’agriculture itinérante sur brûlis, l’alimentation, la santé, les systèmes de production, le temps et l’espace, les savoirs traditionnels), puis les communautés elles-mêmes (structure, démographie, mouvements de populations). Les thématiques abordées ensuite ont été choisies en fonction de leur récurrence dans des régions différentes, voire dans l’ensemble des zones de forêts tropicale, sur les trois continents où nous avons travaillé. Toutes ne se posent pas partout avec une égale acuité, mais, dans la plupart des cas, les situations observées, sur un continent ou dans une région particulière, se présenteront ailleurs dans un proche avenir. En effet, au delà de la diversité des situations particulières, les populations forestières sont confrontées à un ensemble de défis souvent assez comparables. Il n’est par conséquent guère surprenant qu’elles tentent d’y faire face avec des stratégies similaires. Les situations étudiées par APFT sont non seulement complexes et très diverses, mais elles s’inscrivent dans des processus dynamiques : toutes les populations sont peu ou prou touchées par la modernité, la mondialisation et leur cortège de bouleversements. Une série de chapitres concerne donc la dynamique du changement, que ce soit du point de vue des infrastructures (villes, exploitations forestières et minières, …) ou de la religion. Nous abordons aussi des domaines problématiques qui font actuellement l’objet d’intenses débats (la route, la viande de brousse), et d’autres qui sont susceptibles de fournir des outils pour les programmes de développement (la psychologie, les pratiques associatives). Face à ces changements, l’anthropologue ne saurait rester indifférent. Un ensemble de chapitres concerne donc la contribution qu’est susceptible d’apporter une discipline comme l’anthropologie, en matière d’aires protégées, d’écotourisme, de scolarisation, de droit et d’expertise, notamment, sans négliger la “quête de partenaires” de la part des populations indigènes elles-mêmes.

Accessible intégralement en version PDF (54,2 Mb) sur HAL-SHS.

L’état, les paysanneries et les cultures commerciales pérennes dans les plateaux du centre Vietnam

Thèse de Frédéric Fortunel, Université Toulouse le Mirail – Toulouse II (Géographie), 18/12/2003, Daniel Weissberg (Dir.), 519 p.

Cette thèse analyse les mécanismes de transformation et de construction d’appartenances territoriales. En partant de l’hypothèse que la plantation des cultures commerciales pérennes favorise l’ancrage des hommes, sont étudiés dans le cas des plateaux du Centre Viêt Nam les principes théoriques et pratiques allogènes incorporés à un territoire et à des populations autochtones. Le caféier, importé par les colons, ancré dans le territoire, conduit à la perte de repères symboliques et matériels des paysanneries autochtones mais aussi à l’appropriation politique et économique de ces espaces. Soucieux de contrôler des régions parfois rétives à la majorité nationale, L’État vietnamien dès son indépendance a favorisé l’arrivée et l’ancrage d’allochtones, désormais majoritaires. L’exploitation agricole et la conversion des représentations participent à la redéfinition de l’appartenance territoriale mais au prix de dégradations environnementales et d’une crise économique et sociale profonde.

Accessible intégralement en version PDF (50,2Mb) sur TEL.