ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archives de sociologie

Jeux de nature, natures en jeu. Des loisirs aux prises avec l’écologisation des sociétés

Thèse de Ludovic Ginelli, Sociologie, Université de Bordeaux, 2015, 380 p.

Aujourd’hui massivement pratiqués, les « sports et loisirs de nature » sont traversés par des tensions majeures à l’œuvre dans nos sociétés. Comment sont-ils remodelés par l’écologisation des sociétés, analysée ici comme un processus à la fois cognitif, normatif et politique ? Cette problématique est traitée à partir d’usages différents par leur histoire, leurs publics et leurs techniques (chasses anciennes, kayak de mer, chasse sous-marine et chasse à l’arc) mais travaillés par des processus analogues (naturalisation des espaces, sportivisation des usages) dans deux « hauts lieux de nature » en partie protégés, le bassin d’Arcachon et les Calanques de Marseille. Pour l’analyse de tels processus socio-environnementaux, nous avons opté pour une démarche pragmatiste, en retenant notamment les concepts-clés d’expérience, de trouble, d’enquête et de prise. La thèse défendue prend à contrepied le consensus écologique apparent : lorsqu’on les observe « en action », les normalisations écologiques actuelles créent davantage de tensions et de clivages au sein des collectifs d’usagers qu’elles ne les fédèrent. En situations de co-présence au quotidien, les usagers inscrits dans d’autres mondes sociaux que ceux de l’écologie et contrariés dans leurs « passions cognitives » se montrent ambivalents envers les normalisations écologiques. Ils sont partagés entre l’impératif social d’adhésion à l’exemplarité écologique et le rejet de ses appuis normatifs, individualisants et experts (« impact », « écocompatibilité » «écoresponsabilité »). Ces appuis normatifs sont particulièrement présents dans les espaces protégés (parc national des Calanques, réserve naturelle sur le bassin d’Arcachon), où l’écologisation est portée par des acteurs mandatés, les normes sont légales ou réglementaires et traduites en dispositifs de gestion. C’est seulement en tant qu’experts que certains usagers et porte-parole peuvent se faire entendre, sans que ne changent véritablement ni le collectif des participants, ni les manières de formuler les enjeux et les réponses à apporter. Au plan théorique, ces résultats interrogent certaines propositions du pragmatisme. D’un point de vue plus politique, ils nous amènent également à discuter les appuis normatifs des écologisations contemporaines.

Thèse intégralement accessible en version PDF (5,91 Mo) su Tel.

Création, patrimonialisation et marchandisation dans le monde de la rose

Carnet de recherche du programme RosesMonde, Programme financé par l‘ANR – Cultures, patrimoines, création (DS0805) 2015

Objets vivants de culture et de nature, les plantes ornementales sont entrées dans le domaine du patrimoine dans les années 1970-80. Redonnant valeur à des variétés tombées en désuétude, cette patrimonialisation se nourrit d’une critique esthétique de l’offre horticole et d’une critique de la marchandisation. L’originalité de la création dans ce secteur est son caractère hybride, à la fois création à vocation esthétique et obtention fondée sur des savoirs génétiques. RosesMonde s’intéresse à cette hybridité créative et à son intrication avec les logiques de patrimonialisation et de marchandisation du capitalisme esthétique, à travers un produit : la rose, au carrefour des industries culturelles et de l’agro-business. Comment la création variétale rosicole enregistre-t-elle la tension entre marchandisation et patrimonialisation, au cœur des dynamiques sociales et politiques actuelles ?
Pour répondre à cette question, un consortium associant des chercheurs en SHS (géographes, historiens, économistes et sociologues) à des généticiens met en œuvre une approche comportant trois entrées : par les variétés, par les acteurs, par les lieux, avant de déboucher sur des études de cas à valeur heuristique et synthétique.
Voir le Carnet en ligne ici.

La filière oléicole obstacle: adaptations et contournements socio-économiques palestiniens face à l’occupation israélienne

Thèse de Arnaud Garcette, Sociologie. Aix-Marseille Université, 2015, 443 p.

Cette recherche porte sur l’adaptation de la filière oléicole palestinienne face aux dispositifs de contrôle et de séparation israéliens entre 1993 et 2013. Elle s’attache à en analyser les répercussions en termes de structuration des rapports de pouvoirs et des réseaux relationnels au niveau local, régional mais aussi international, en interrogeant notamment la place qu’occupent les acteurs étrangers dans ce processus d’adaptation.

Thèse intégralement accessible en version PDF (13,73 Mo)  sur Hal-Shs.

Importer des femmes pour exporter des fraises ? : Flexibilité du travail, canalisation des flux migratoires et échappatoires dans une monoculture intensive globalisée : le cas des saisonnières marocaines en Andalousie

Thèse de sociologie de Emmanuelle Hellio, Université Nice Sophia Antipolis, J. Streiff-Fenart (dir.), 2014, 577 p.

A partir du cas des saisonnières marocaines travaillant sous contrat dans la fraisiculture intensive, cette thèse explore la manière dont le recrutement se fonde sur leur place dans les rapports de sexe (mères avec enfants en bas âge) et la réduction de leur séjour au travail à des fins de contrôle de la mobilité des étrangers (assignation à circuler). On s’intéresse à la manière dont l’utilitarisme migratoire s’appuie sur des rapports matériels de sexe et des représentations de genre, les effets que cela produit en matière d’invisibilisation et de mise à l’écart de ce groupe de travailleuses ainsi qu’en matière de flexibilité dans l’organisation du travail. Enfin, on aborde, dans ce contexte particulier, la manière dont la vie des saisonnières s’articule autour d’une conciliation, parfois impossible à trouver, entre rôle domestique ou familial et salariat saisonnier.

Thèse intégralement accessible en version PDF (12,34 Mo) sur Tel.

Stage. Enquête sociologique auprès des chasseurs et cueilleurs : approche socio-spatiale

Objectifs du stage
Le stage s’inscrit dans un programme de recherche interdisciplinaire appelé A*MIDEX SYNTERCALM « Synergie sur le territoire des Calanques Marseillaises » piloté par Isabelle Laffont-Schwob, maître de conférences en écologie et réunissant des équipes de recherche d’Aix-Marseille Université. Dans le cadre de ce programme, des recherches visent à mieux comprendre les pratiques et les discours des habitants et des usagers d’une partie du massif des Calanques concernant  les pollutions industrielles résiduelles du site.
Le stage portera plus spécifiquement sur les pratiques de cueillette de la flore sauvage et de chasse afin d’étudier les interactions existantes entre pratiques de prélèvement, connaissances des pollutions sur le site et attitudes quant aux risques potentiels de contamination. Un travail historique de ces pratiques sera également inclus.
La recherche reposera majoritairement sur une enquête socio-spatiale par entretiens semi-directifs et par questionnaires intégrant un support cartographique. Cette enquête se réalisera auprès des usagers rencontrés via les associations ou directement sur le terrain.
L’enquête s’inscrit dans une démarche interdisciplinaire, à la croisée de réflexions entre sciences sociales et sciences de l’environnement.
Méthodologies et résultats attendus :
 – Etat de l’art sur les notions de risque et pollution et prise de connaissance des travaux antérieurs réalisés en sciences sociales mais également en sciences de l’environnement sur le site ; recherches sur les usages passés de cueillette et de chasse.
    – Réalisation et élaboration du questionnaire en collaboration avec les chercheurs en sciences de l’environnement
    – Passation du questionnaire
    – Saisie et traitement des données
    – Rédaction d’un rapport de stage

Pré-requis
Etudiants en M2 recherche ou professionnel liés aux domaines suivants : sociologie, ethnologie et anthropologie, ethnoécologie, géographie et formations transversales « sciences sociales/sciences de l’environnement »

Encadrement du stage
Responsables :
    Carole Barthélémy, maître de conférences en sociologie,
    Aurélie Arnaud, maître de conférences en géographie

Renseignements pratiques
Lieu du stage : UMR LPED – Faculté Saint-Charles – Marseille
Durée : 6 mois / Mise à disposition d’un poste informatique
Financement : Stage financé selon les conventions collectives (500,51 € mensuels sur la base de 35 heures hebdomadaires pour les conventions signées à partir du 01 janvier 2015)

Conditions de candidature
Envoyez un CV et une lettre de motivation à : Carole.barthelemy@univ-amu.fr et aurelie.arnaud@univ-amu.fr

[Info Calenda]

La ruralité entre savoirs et imaginaires

Colloque, 25 et 26 septembre 2014, Collège doctoral européen  et MISHA, Strasbourg

L’année 2014 marque les 25 ans de la parution de l’ouvrage dirigé par Nicole Mathieu et Marcel Jollivet, Du rural à l’environnement : la question de la nature aujourd’hui, faisant suite à un important colloque qui s’était tenu à Strasbourg, en liaison avec l’Institut d’urbanisme et d’aménagement régional (IUAR). Le présent colloque cherche à la fois à rebondir sur les conclusions de l’ouvrage de 1989 et à dégager un état des lieux des problématiques qui ont pu émerger depuis lors (justice environnementale, transition socio-environnementale, « dé-ruralisation » de la sociologie de l’environnement, etc.). Se trouve-t-on dès lors face à un trop plein ou un déficit de catégories pour penser la nature telle qu’elle se présente aujourd’hui ? Parler de « rural » et de « nature » est-il devenu désuet face à l’irruption d’autres mises en mots, dont celles, prêtant à débat, de la « durabilité ».

Voir la totalité du programme ici.

Les pratiques de jardinage face aux risques sanitaires et environnementaux des pesticides : les approches différenciées de la France et du Québec

Thèse de Julia Barrault, Université Toulouse le Mirail – Toulouse II UQAM – Canada (Sociologie), 21/09/2012, Denis Salles;Louise Vandelac (Dir.), 447 p.

La thèse met en évidence, dans le cas de la France, une forme de régulation composite des risques sanitaires et environnementaux liés aux usages des pesticides par les jardiniers amateurs, qui comporte trois principales dimensions. (1) Intimement articulée aux mécanismes de marché, cette forme de régulation impute l’essentiel de la responsabilité à l’utilisateur considéré en tant que consommateur à responsabiliser, alors que les autorités publiques considèrent les firmes de pesticides comme des opérateurs économiques dont les avantages compétitifs sont à valoriser, veillant donc à respecter la dynamique de l’offre et de la demande tout en se chargeant d’encadrer ce marché par l’homologation des produits. (2) Elle épouse les principes de la société singulariste où l’individu serait la référence centrale de la dynamique des sociétés contemporaines et le régulateur des problèmes collectifs par ses choix de consommation et ses prises de positions individuelles. (3) Elle s’opère dans un contexte où l’État a perdu sa centralité sous la double influence de l’européanisation et de la décentralisation et où les modes de régulations politiques sont caractérisés par des formes moins dirigistes de gouvernement pouvant être définies comme des  » politiques sans politique « . La régulation composite des pesticides domestiques est porteuse d’un postulat implicite qui impute la responsabilité des risques aux usagers et qui, si elle laisse ouverte la voie à une potentielle réduction de l’usage des produits, tend à limiter leur exclusion et réduit les possibilités d’une transition vers un jardinage sans pesticides.

Thèse en accès intégral libre, disponible en version PDF (9,9 Mb) sur HAL-SHS.