ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur le sujet

Archives de santé

MÉDECINE TRADITIONNELLE ET « MÉDECINE INTÉGRATIVE » À MADAGASCAR : ENTRE DÉCISIONS INTERNATIONALES ET APPLICATIONS LOCALES

Thèse de Perrine Didier, Anthropologie sociale et ethnologie, Université de Bordeaux, 2015, 600 p.

Depuis les recommandations de l’OMS de la fin des années 1970, de nombreux pays en Afrique ont mis en place des dynamiques de reconnaissance de la médecine traditionnelle et de ses praticiens. Cette thèse s’intéresse au projet de développement de la « médecine intégrative » à Madagascar, consistant en son intégration au sein du système de soins officiel et conventionnel. Ce projet a pour objectif l’amélioration de la santé des populations et passe par une double évaluation : au niveau social avec l’encadrement des activités des tradipraticiens et au niveau thérapeutique avec la recherche sur les plantes médicinales et le développement de remèdes traditionnels améliorés. Cette recherche est le fruit d’une démarche méthodologique qui s’appuie sur des enquêtes multi-situées, avec un terrain de recherche dans la capitale malgache et ses environs et avec l’ethnographie d’une localité rurale de la région Analanjirofo (côte est de Madagascar). Cette approche s’intéresse d’un côté aux tentatives d’applications des décisions politiques en matière d’encadrement de la médecine traditionnelle et de l’autre à la pratique concrète des soins traditionnels ainsi qu’aux comportements individuels et communautaires face à la gestion des maux, des malheurs et de la maladie avec des études de cas approfondies. Cette thèse s’inscrit dans le champ de l’anthropologie de la santé avec une orientation sur les dynamiques politiques et de développement. Un intérêt particulier est porté à la nature de la cohabitation entre praticiens (médecins, guérisseurs) se déclinant d’un simple référencement de patients à une plus rare collaboration. Cette étude met en exergue le décalage pouvant exister entre des décisions gouvernementales et leurs applications locales ainsi que les enjeux sociaux, politiques et économiques qui en résultent.

Thèse intégralement accessible en version PDF (7,57 Mo) sur Hal-Shs.

Transformer la nature : guérir ou tuer ? Pharmacopées, corps et poisons : pour une éco-anthropologie de la materia medica

Journée d’études internationale Avec le soutien de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes (EPHE-Sorbonne), du Laboratoire d’Anthropologie Sociale-Collège de France (UMR 7130), de la Fondation de la Maison des Sciences de l’Homme (FMSH), de l’Institut Français d’Etudes Andines (IFEA, Umifre 17 CNRS SRS 3337) et de l’Association ARPIA, du 15 au 17 septembre 2015, Collège de France, Paris

Ces journées d’études internationales ont pour objectif d’amorcer une réflexion  interdisciplinaire sur la notion de pharmakôn, remède ou poison, et sur les ethnothéories des processus physiologiques, techniques et symboliques qui gouvernent la transformation, la guérison ou l’intoxication du corps humain et des organismes vivants. L’enjeu est ici de mettre en regard les perspectives de l’ethnographie, de la linguistique et de l’anthropologie de la nature avec les approches développées en ethnosciences, par des disciplines comme l’ethnopharmacologie, la chimie des plantes et la botanique. Parce qu’il existe plusieurs façon de rendre intelligibles les phénomènes biologiques et la classification du vivant, nous réfléchirons sur les définitions emic et etic de catégories conceptuelles partagées, comme la thérapeutique, la notion de materia medica, et celle de processus physiologique… Qu’est ce qu’un corps ? Quels critères permettent aux sociétés humaines ou animales de distinguer un remède d’un poison ? A quelles conditions – contextuelles ou épistémologiques – peut-on parler d’ « efficacité » ? Sur quel mode d’identification et de classification du vivant la constitution de pharmacopées opère t-elle ? Loin de s’épuiser dans l’ethnobotanique ou la biologie du vivant, l’anthropologie des remèdes met en lumière l’articulation des savoirs thérapeutiques et classificatoires avec un continuum de pratiques verbales et non-verbales de transmission culturelle : gloses secrètes associées à la cure, gestes, rituels, performances orales – récits et séquences d’apprentissage. La plupart des sociétés humaines intègre le pharmakôn – remède ou substance toxique – dans un processus plus général de transformation de la nature et de construction du savoir thérapeutique et religieux dans un champ commun, réunissant un réseau complexe d’acteurs humains et non-humains. L’étude du pharmakôn dévoilera dans une perspective sociologique et historique les régimes d’appropriation des pharmacopées au travers de réseaux étendus de transfert de connaissance à l’intérieur et en dehors du monde indigène, dans des contextes locaux ou internationaux… L’ensemble de ces interrogations au cœur d’une réflexion comparative sur la pluralité des formes de transformation de la nature a pour objet de renouer, à travers l’étude anthropologique des remèdes, le dialogue entre sciences de la nature et sciences humaines.

Voir le programme ici.

L’extension annoncée de l’ambroisie

Article de Pascaline Minet paru dans Le Temps, 26. 05. 2015

Plante envahissante et allergène, l’ambroisie va continuer à s’étendre en Europe sous l’effet des changements climatiques, d’après une nouvelle étude.
Mais où s’arrêtera l’ambroisie? Cette plante envahissante et très allergène pousse déjà dans de nombreux pays européens dont la Suisse. A l’avenir, elle risque de s’étendre encore davantage, si on en croit une nouvelle étude publiée dans la revue Nature Climate Change le 25 mai. Selon les évaluations des scientifiques, les concentrations en pollen d’ambroisie pourraient quadrupler en Europe d’ici à 2050. Un phénomène largement imputable aux changements climatiques.
Originaire d’Amérique du Nord, l’ambroisie à feuilles d’armoise (Ambrosia artemisiifolia) s’est répandue à travers le monde au cours des dernières décennies. On la trouve désormais en Australie, en Asie et en Amérique du Sud, mais aussi en Europe; elle est particulièrement bien implantée en France dans la région de Lyon, mais aussi dans le nord de l’Italie et en Hongrie. En Suisse, des colonies d’ambroisie se sont installées à la fin du siècle dernier dans les cantons de Genève et du Tessin, tous deux frontaliers de zones fortement touchées.
L’arrivée de l’ambroisie est une mauvaise nouvelle pour les personnes sensibles. «Dans les zones où ces plantes sont abondantes, leur pollen constitue le principal allergène, devant les autres pollens comme celui des graminées», explique Bernard Clot, ­responsable de l’équipe d’aérobiologie à MétéoSuisse. Au menu pour les personnes allergiques à l’ambroisie: rhinites, conjonctivites, trachéites et crises d’asthme potentiellement graves… »

Lire la suite de l’article sur le site du journal.

Médecine et santé dans les campagnes du Moyen Âge à nos jours

Appel à communication, Maison des Sciences de l’Homme de Clermont-Ferrand, samedi 10 janvier 2015

L’ambition de cette rencontre est de mieux connaître la situation sanitaire et médicale dans les campagnes de France, d’Europe et des espaces coloniaux (ou anciennement coloniaux) dans la longue durée, tout en repensant les processus de médicalisation à l’œuvre et en réinterrogeant ce concept de médicalisation. Il s’agit notamment de prendre en considération autant les pratiques que les savoirs, les flux et les réseaux que les institutions, dans une perspective dynamique du Moyen Âge à nos jours. Les héritages mais aussi les mutations de paradigme feront l’objet d’une attention particulière afin de mettre en évidence la façon dont l’organisation médicale des campagnes actuelles a été construite et quels enseignements peuvent être tirés des choix effectués dans différentes configurations historiques.

Voir l’intégralité des modalités sur Calenda.

Les forêts périurbaines : des espaces récréatifs à la fonction prophylactique : le cas des aires urbaines d’Alençon, de Blois et du Mans

Thèse de Pascal Papillon, Université du Maine (Géographie), 31/01/2014, Rodolphe Dodier (Dir.), 451 p.

En France, les espaces boisés périurbains font l’objet d’une forte demande sociale en tant qu’espaces récréatifs. Ces nouvelles demandes sont exprimées notamment par des pratiques renouvelées,sportives ou de ressourcement. De leur côté, les collectivités territoriales ont su aménager de nouveaux espaces forestiers plus proches des villes, très appréciés des habitants. Des usagers ont été interviewés dans les espaces boisés de trois villes moyennes, sur leurs usages et sur la justification de ces pratiques. Cela a permis de préciser des différences entre les espaces boisés suburbains et les forêts domaniales plus vastes mais plus éloignées des villes. De même, on observe l’émergence d’un nouvel usage lié à la santé, tant au niveau des individus qu’au niveau des établissements de soins. Ces nouvelles pratiques conduisent à considérer les espaces forestiers périurbains comme des espaces prophylactiques.

Thèse intégralement accessible en version PDF (6,4 Mb) sur TEL.

« La coriandre, le radis et le cédrat ou comment soigner la santé et la maladie »

Conférence de Brigitte Maire, jeudi 9 février 2012 à 18h30, Espace Mendès-France, Poitiers

Conférence de Brigitte Maire, maître d’enseignement et de recherche (Faculté des lettres et Faculté de biologie et de médecine, Université de Lausanne). La médecine antique repose sur un trépied formé de la pharmacologie, de la chirurgie et de la diététique sur laquelle nous centrerons plus particulièrement notre propos. Ses préceptes révèlent en effet une conception du corps intéressante à bien des égards. Ainsi, les médecins anciens s’intéressent-ils au corps avant qu’une maladie ne se soit déclarée en axant leur pratique sur la prévention qui motive bon nombre de leurs prescriptions diététiques. Ces conseils sont par ailleurs personnalisés et adaptés à chaque patient (âge, sexe, activités, environnement). Le médecin antique défend en effet une pratique individualisée de l’art médical dont l’action est d’autant plus efficace que le médecin est proche de son patient (medicus amicus). Après avoir succombé aux miracles technologiques, la médecine contemporaine tente de se recentrer sur l’individu dont elle aspire désormais à soigner en premier lieu la santé, si l’on en croit les nombreuses campagnes de prévention (p. ex. cancer, maladies cardiovasculaires). Elle (dé)montre par là toute l’actualité de la médecine antique qui n’a eu de cesse de placer l’individu au centre de sa réflexion et de sa pratique, et d’en faire un acteur de la Nature autant qu’un utilisateur avisé.

Médicament(s) XIIe-XVIIIe siècle

Colloque organisé par l’Académie nationale de Médecine, 21 et 22 octobre 2011, Paris et Nanterre (France)

Longtemps négligée, l’histoire de la thérapeutique des époques médiévale et moderne s’impose aujourd’hui par sa capacité à relancer des problématiques d’histoire sociale et culturelle. La thérapeutique articule savoirs et pratiques, se pose au cœur de la relation de soins et alimente alternativement rivalité et cohésion professionnelles. Autant de manières de relire le statut et les fonctions du médicament, comme élément important de la thérapeutique entre les XIIe et XVIIIe siècles. Son étude permet d’articuler des analyses portant sur le corps, les représentations médicales, l’économie ou les acteurs de la santé.

Vendredi 21 octobre

1. La Matérialité des remèdes : (prés. de séance Frank Collard)
– 10 h Mehrnaz Katouzian-Safadi (CNRS – UMR 7219 – SPHERE / CHSPAM – Université Paris 7 Diderot) : La tentation des composés dans la médecine arabe : assurance, doutes et nécessités chez Razi (m. 925), Avicenne (m. 1037), Averroès (m. 1198)
– 10 h 30 Danièle Alexandre-Bidon (EHESS – CRH ; Groupe d’archéologie médiévale) : Des fruits sur ordonnance. Parts et rôles respectifs des espèces cultivées, sauvages et exotiques dans la pharmacopée entre XIIe et XVIe siècle.
– 11 h 30 Mickaël Wilmart (EHESS) : Les remèdes pour animaux dans l’Occident médiéval (XIIe-XVe s.).

2. Remèdes et communautés (prés. de séance Monique Cottret)
– 12h Georges Sidéris (Université Paris 4 Sorbonne (IUFM) et Centre Byzantin au collège de France (UMR 8167 Orient et Méditerranée, CNRS) : L’hôpital impérial du Christ Sauveur Pantocrator au XIIe siècle à Constantinople et les médicaments.
– 12h30 Gilles Sinicropi (Nice) « Rendre service aux malades » : Les Carmes déchaux et la pratique médicale aux XVIIe et XVIIIe siècles.

3. Remèdes et communautés (2) (prés. de séance François Zanetti et Philip Rieder)
– 14h30 Cédric Gourjault (Faculté des lettres et des Sciences humaines de Limoges) : Les médicaments dans les hôpitaux de la Marche (fin XVIIe-XVIIIe siècle). Entre savoir médical et croyances religieuses
– 15h Gwénaël Murphy (Université de Poitiers ; CRIHAM) : L’apothicaire et le chirurgien. La médication au couvent au XVIIIe siècle.

4. Usages domestiques (prés. de séance Sophie Vasset)
– 16h Jean-François Viaud (Bordeaux) : Recettes de remèdes recueillies par les particuliers aux XVIIe et XVIIIe siècles. Origine et usage.
– 16 h30 Nahema Hanafi (Université de Lausanne ; Université de Toulouse-Le Mirail) : Les femmes et la pharmacopée domestique (Pays de Vaud, XVIIIe siècle).
– 17h Aurélie Chatenet-Calyste (Université de Limoges ; Université de Champagne-Ardennes) : Soigner une maison aristocratique à la fin du XVIIIe siècle : le cas de la maison de Marie-Fortunée d’Este, princesse de Conti (1731-1803).

Samedi 22 octobre

5. Querelles, conflits, contestations (prés. de séance François Zanetti)
– 9h30 Samir Boumediene (Université de Nancy 2 – Casa de Velazquez) : Les plantes hallucinogènes et l’Inquisition au Mexique (XVIe-XVIIIe).
– 10h00 Olivier Lafont (Société d’histoire de la pharmacie) : Quinquina contre théorie des humeurs : un choc culturel au XVIIe siècle.
– 10h30 Cécile Floury-Buchalin (Université Lyon 3) : Les querelles autour des remèdes chimiques et exotiques dans la littérature du XVIIe siècle : Enjeux philosophiques et enjeux professionnels.

6. Soignants et patients (prés. de séance Philip Rieder)
– 11 h 30 Mireille Ausécache (EA 4116-EPHE) : Le médicament au cœur de la relation médecin-patient dans le De laudibus et virtutibus compositorum medicaminum de Gilles de Corbeil (XIIe siècle).
– 12h Radu Suciu (Université de Genève) : Ingérer et guérir. La thérapeutique de la mélancolie à la fin de la Renaissance.
– 12h30 Carles Vela Aulesa (Institució Milà i Fontanals ; CSIC, Barcelone) et Carmel Ferragud Domingo (Universitat Miguel Hernández d’Elx) : De l’apothicaire à la maison : la distribution des médicaments au Bas Moyen Âge à partir du cas de la maison nobiliaire des Tous (Valence, 1446).

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