ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour saint Valentin

Dîtes-le avec des fleurs !

Edito de Denis Cheissoux, radio France Inter, 11.02.2017

« Dîtes-le avec des fleurs ! Et plutôt deux fois qu’une !.. à la St Valentin… mais sans doute pas avec n’importe lesquelles !… Voilà le message que nous susurre à l’oreille cette semaine, Reporterre, le magazine de l’écologie sur Internet.

Fleurs que nous Français – peuple autant sentimental que bucolique – importons gaillardement, essentiellement depuis le pays des tulipes et des moulins à vent, qui lui-même pratique une cueillette intensive dans les pays du Sud, depuis le Kenya notamment.

Séduisantes mais ces jolies fleurs ont un côté « peau de vache », et nous dissimulent quelques surprises passées sous silence par les producteurs. Ben oui, autant de beauté cache une gourmandise sans bornes en énergie, en eau et en produits chimiques. Une chimie pas toujours homologuée que des ouvriers payés au lance-pierres appliquent au mieux … en bermuda. Bah, le salarié kenyan résiste à tout !.. »

Edito à ré-écouter ici.

Écouter également le Billet économique, France Culture du 14.02.2017 ici.

Lire l’article de Reporterre sur les fleurs bio.

Au Kenya, les épineuses roses de la Saint-Valentin

Article de Audrey Garric publié dans Le Monde, le 13. 02. 2015

« Il est 8 heures et on entend les oiseaux chanter dans la serre. Jemima Wanjiku fredonne, elle aussi, quelques notes en enfilant ses gants. Sécateur en main, elle parcourt les longues allées de rosiers à la recherche des boutons presque éclos, coupe les tiges et les rassemble sans même interrompre sa marche. Immédiatement après leur récolte, les fleurs sont transportées dans l’atelier attenant. Là, l’effervescence règne. Des centaines de petites mains saisissent, sectionnent, effeuillent, ajustent et rassemblent les tiges en bouquets. Le temps est compté. Ces roses, cultivées par la ferme horticole Wildfire sur le lac Naivasha, à une centaine de kilomètres au nord de Nairobi, au Kenya, doivent arriver le lendemain sur les étals français, anglais ou néerlandais pour la Saint-Valentin… »
Lire l’article sur le site du journal.

Au nom de la rose

Une brève de comptoir de Cyril Froidure sur le site des Cafés Géographiques, 09 février 2013

« Encore quelques jours à attendre pour observer une étrange transhumance qui va lancer sur nos trottoirs des hordes d’hommes : la Saint-Valentin. Lors de leur quête fébrile du Graal à pétales, ces gentlemen auront-ils une idée, même furtive, de l’origine des fleurs achetées, du trajet parcouru par celles-ci ou encore des conséquences en tous genres de leur geste chevaleresque ?

On peut répondre non et pourtant, derrière ces quelques fleurs, se cachent des dizaines de millions d’autres fleurs, une économie, des pays producteurs et d’autres consommateurs. Les fleurs coupées, que la gente masculine s’apprête à acheter, auront parcouru plusieurs milliers de kilomètres pour satisfaire nos besoins éphémères… »

Lire la suite sur le site des Cafés.

Le monde de la rose, une filière mondiale

Débat animé par Bernard CALAS (professeur de géographie à Bordeaux 3), le mercredi 30 janvier 2013 à 18h30 au Papagayo (Place Anatole France, Paris) dans le cadre des Cafés Géographiques.

A la Saint Valentin, cette année encore comme chaque année depuis trente ans, ceux des Amoureux qui auront échappé à l’explicite des sex toys et autres dessous féminins, offriront à leur Préférée des Roses, le plus souvent mais pas toujours rouges, symboles échappés d’un Moyen Age courtois.

Au-delà de son irréductible intimité, ce geste déclamatoire est porteur d’une géographie peu étudiée, qui ouvre au Monde. En effet, le don, dans sa répétition, anime une économie florissante. En France, en 2011, les dépenses de la Saint Valentin se montaient à 26 millions d’euros, dont la moitié environ pour les roses, soit 12 % des roses offertes sur l’année.

Le Café Géo du 30 janvier est donc l’occasion de revenir sur ce « Monde de la Rose », en géographe. Car avant de nourrir la passion et de médiatiser les transports des Amoureux du Nord, la rose a parcouru des distances considérables, depuis la Hollande voire l’Equateur, le Kenya ou l’Ethiopie. Aussi, s’agit-il de démonter une filière, ou une « chaîne de coopération » mondialisée, structurée par les stratégies d’acteurs très puissants. Cette déconstruction suivra les étapes de la trajectoire de la fleur depuis son invention jusqu’à sa consommation en passant par sa production. Elle permettra de comprendre comment l’inflation de la demande de la Saint Valentin peut être satisfaite.

Au-delà, l’un des intérêts de cette étude est de revisiter la vieille notion de dépendance, à partir d’un produit dont la culture et la diffusion tropicales sont post coloniales. Il s’agit donc d’abord de déployer une géographie économique classique, néanmoins originale parce que consacrée à un produit peu étudié et porteur d’utilité symbolique plus que d’utilité pratique.

Ce faisant, cette analyse géographique de la rose amène à interroger les contours mêmes de la discipline et les rapports hommes-nature.

[Info des Cafés Géographiques].