ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archives de protocole de Nagoya

Mapuche les hommes – plantes

Emission « Tout un monde », radio France Culture, 04.02.2017

Malgré les exactions coloniales, les spoliations territoriales, près de un million de Mapuche vivent au Chili. Leurs subtiles connaissances des plantes, les usages qu’ils en font pour l’artisanat, la construction, l’alimentation, la médecine ou les activités rituelles pratiquées par les machis (leurs chamanes), perdurent et même renaissent sous nos yeux. Dans cette perspective, l’émission fera le point sur l’application du protocole de Nagoya en matière de biodiversité dans le monde et sur l’appropriation illégale des ressources génétiques et des connaissances traditionnelles associées, sans partage des avantages issus de leur utilisation.

Émission à (re) écouter sur le site de la radio.

La stevia au cœur d’un scandale de biopiraterie

Article de Patricia Jolly, Le Monde, 28.11.2016

« Des multinationales sont accusées de ne pas partager leurs bénéfices avec les Indiens Guarani-Kaiowa du Brésil et Paî Tavyterâs du Paraguay.

Aux yeux des patrons de Coca-Cola ou de PepsiCo, la stevia est un ingrédient miracle. Cette plante qui pousse en Amazonie possède des propriétés édulcorantes permettant d’offrir aux consommateurs des boissons naturellement allégées en calories. Comme le Coca-Cola Life ou le Pepsi Next qui, sous leurs emballages verts, se targuent de contenir 30 % à 60 % de sucre en moins que les boissons originales des mêmes fabricants.

Les Indiens Guarani-Kaiowa du Brésil et Paî Tavyterâs du Paraguay, qui ont découvert la stevia il y a des siècles, adoucissent leur maté avec ses feuilles fraîches ou infusées, et l’utilisent à des fins médicinales, se réjouissent eux aussi des propriétés naturelles de cette plante et ne sont pas fâchés que celles-ci soient mondialement reconnues.

A un détail près. Ils considèrent que l’utilisation industrielle et la commercialisation de leur végétal fétiche par ces géants de l’agroalimentaire et les enseignes de grande distribution constituent un cas flagrant de « biopiraterie ». En clair, que ces entreprises se sont appropriées leurs ressources génétiques et leurs connaissances traditionnelles à des fins commerciales. Aussi les Guaranis refusent-ils désormais de laisser l’industrie se partager les bénéfices de l’utilisation de la stevia à leurs dépens… »

Lire l’intégralité de l’article ici.

 

De la plante au médicament

Article interactif de Angela Bolis et Antonin Sabot, site internet du Monde, octobre 2014

« Comment le protocole de Nagoya prétend changer le rapport de force entre les pays du sud, riches en biodiversité, et les pays du nord, dont l’industrie pharmaceutique tire profit.

De l’aspirine aux anticancéreux, le monde végétal a apporté à l’industrie pharmaceutique la matière première à la fabrication d’une grande partie de ses médicaments. Derrière ce juteux marché se dessine pourtant un déséquilibre géographique : d’un côté, la biodiversité à la source des substances actives se concentre dans les pays du Sud ; de l’autre, les centres de recherches et laboratoires pharmaceutiques se situent plutôt dans ceux du Nord. Gardiens de la biodiversité contre gardiens des technologies : c’est du moins avec cette représentation du monde qu’a été adopté, en 2010, le protocole de Nagoya.

Cet accord international, qui encadre l’accès aux ressources naturelles et le partage de ses bénéfices, entre en vigueur, dimanche 12 octobre, après avoir été ratifié par plus de cinquante Etats et par l’Union européenne – en l’absence notable des Etats-Unis. La France attend pour l’entériner l’adoption de son projet de loi sur la biodiversité, qui doit poser les bases du dispositif national, après les débats parlementaires prévus cet automne… »

Lire la suite sur le site du Monde.