ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archives de préhistoire

Découverte d’un champ de patates vieux de 3800 ans

Article, Tribune de Genève, 27.12.2016

« Canada. Des archéologues ont mis au jour la première preuve que les tribus de chasseurs-cueilleurs s’adonnaient au jardinage.

Des restes de pomme de terre découverts sur la côte pacifique du Canada sont la «première preuve» que les populations autochtones d’Amérique du Nord cultivaient déjà des potagers il y a presque quatre millénaires.

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Le champ de tubercules, découvert sur les terres ancestrales de la tribu Katzie, devenues aujourd’hui la Colombie-Britannique, est la «première preuve» de jardinage par les tribus de chasseurs-cueilleurs de la région pendant cette période, selon une étude publiée dans l’édition de décembre du journal «Science Advances»… »

Lire l’intégralité de l’article ici.

 

L’homme préhistorique et l’environnement

Article de Philippe de Carlos paru sur le carnet Didactica Préhistorica, 29/07/2016

« La question du climat (variations de température) et de la flore durant la préhistoire n’est pas abordée dans les manuels scolaires français. Celle de la faune n’est envisagée que du point de vue alimentaire. Les connaissances scientifiques sont quasi inexploitées et l’environnement est traité uniquement en tant que ressources (alimentation) ou problème (survivre dans un environnement hostile) : on retrouve le thème classique de l’Homme contre la Nature. Le discours est anthropocentriste ce qui interdit toute approche éco-systémique. La faune n’est ni située chronologiquement ni en fonction du climat ; elle est très souvent réduite à une liste de quelques animaux emblématiques ce qui favorise la vision d’un milieu pauvre en ressources. Les visuels proposés dans les manuels supplantent l’absence d’information en renforçant des représentations sociales erronées… »

Lire l’intégralité de l’article sur le carnet.

Economie végétale et pratiques agricoles au Bronze final et au premier âge du Fer, de la côte de l’Île-de-France à la côte de Champagne

Thèse de Françoise Ferrage, Archéologie et Préhistoire. Université Panthéon-Sorbonne – Paris I, 2013, 605 p.

Les âges du Bronze final et du premier Fer constituent, pour la Champagne, une phase d’expansion des installations humaines. C’est également au Bronze final que se généralise, à l’échelle européenne, l’adoption de nouvelles plantes cultivées, les millets, l’épeautre, l’ers, la féverole et la caméline. L’étude carpologique de 21 sites localisés dans la Plaine de Troyes, le Pays remois et la Bassée, livre des informations sur l’agriculture qui accompagne cette expansion, et sur la façon dont elle intègre les changements observés à l’échelle européenne. Dès le début du Bronze final, une agriculture diversifiée est en place. Elle inclue les nouvelles plantes, qui prennent une part importante aux productions régionales basées sur l’orge vêtue, le millet commun, et les blés vêtus, dont l’épeautre et le «new» glume wheat, blé jusqu’alors inconnu en France. La lentille, l’ers et la caméline jouent un rôle notable, complémentaire à celui des céréales. L’agriculture est stable pendant les 9 siècles étudiés. Les parcelles sont cultivées de manière permanente et plutôt intensive, sans baisse de la fertilité des sols. Une expansion des espaces pâturés est probable au cours du premier âge du Fer, peut-être sous forme de jachères. Les systèmes de culture semblent capables de répondre aux besoins de subsistance et de se perpétuer. Des pratiques sociales de repas collectifs sont attestées. Les différences qui existent entre les productions végétales, selon les secteurs géographiques, peuvent être liées aux contraintes du milieu, ou à certaines affinités culturelles.

Thèse intégralement accessible en version PDF (27,65 Mo) sur Tel.

The palaeoecological value of Diporotheca rhizophila ascospores (Diporothecaceae, Ascomycota) found in Holocene sediments from Lake Nussbaumersee, Switzerland

Article (en anglais) de Martina Hillbrand, Philippe Hadorn, 

Carole Cugny, Albin Hasenfratz, Didier Galop, 

Jean Nicolas Haas, paru dans Review of Palaeobotany and Palynology, n°186 (2012), pp. 62-68

Lake Nussbaumersee, a medium-sized lake Swof Lake Constance (Switzerland) and well known for its Neolithic and Bronze Age pile-dwelling settlements, provides invaluable insights into the possible interpretation of Diporotheca rhizophila ascospores (Diporothecaceae, Ascomycota) in palaeoecological studies. Calcareous gyttja sediments from a 7500 yrs old stratigraphy were analysed palynologically, resulting in statistical correlations of Diporotheca spores with pollen and non-pollen palynomorphs(NPPs). Positive correlation existed with arboreal taxa such as Corylus avellana and Acer, herb taxasuchas Allium, and aquatic taxa such as Anabaena (Cyanobacteria) and Filinia eggs (Rotifera). Negative statistical correlation was shown between Diporotheca and the arboreal taxa Quercus and Betula, Poaceae and Cyperaceae, and the fern Pteridium aquilinum. These results suggest that ecological indicator values for the root parasite D. rhizophila may not only be closely related to the autecology of its common host Solanum, but that D. rhizophila may generally be an indicator of major soil disturbance and extensive soil erosion due to the impact of agricultural activities by prehistorical people, as well as due to livestock trampling of wetlands and lake shore ecosystems.

Article intégralement accessible en version PDF (1,3 Mb) sur HAL-SHS.

Une Atlantide verte révélée par les tempêtes

Reportage d’Anthony Rivat, France Inter, 25.02.2014

C’est une forêt âgée de près de 4.500 ans. Invisible jusqu’ici, elle s’est extirpée du sable à la faveur des tempêtes successives dans le Pays de Galles. Le problème, c’est qu’une fois exposée, elle risque de disparaître tout aussi rapidement…

Atlantide galloise

 C’est une sorte d’Atlantide forestière, vieille de 4.500 ans et qui vient tout juste de retrouver la lumière du jour après des siècles de disparition. La forêt de Borth, dans le Pays de Galles, est le théâtre de nombreuses légendes populaires en Grande-Bretagne. Un trésor caché désormais exposé au regard de tous : plusieurs centaines de mètres de souches d’arbres qui ont pointé le bout de leur nez, après plusieurs semaines et vents et d’inondations. Le problème c’est que ces « apparitions » de la forêt cachée sont rares et de courte durée. Pour les chercheurs, c’est une course contre la montre qui a commencé pour prélever un maximum d’éléments et en savoir plus sur ses souches d’arbres et leur époque. En attendant, la presse britannique s’enthousiasme pour ce qu’elle appelle l’Atlantide galloise.

Lire également l’article du Guardian, et voir ici une vidéo.

Les comportements alimentaires des hommes préhistoriques

Documentaire de Marylène Patou-Mathis, 1.01. 2000, SFRS, 26 min

Ce film montre la nécessité d’un travail interdisciplinaire pour formuler les meilleures hypothèses sur les comportements alimentaires des hommes préhistoriques. Face à la pauvreté des restes végétaux, on a probablement surestimé l’importance de l’alimentation carnée, comme le pense François Couplan qui étaie ses observations d’ethnobotaniste par une approche fondée sur la phytosociologie. 
Marylène Patou-Mathis, archéozoologue, procédant par assemblages osseux, étudie les techniques d’approvisionnement en aliments carnés, les techniques de traitements des animaux consommés et d’utilisation de l’animal considéré comme source de matière alimentaire et non alimentaire. 
Giacomo Giacobini, anatomiste, interprète, à l’aide un microscope électronique à balayage, les traces laissées sur les dents et les os pour déterminer les techniques de boucherie en usage et les intérêts alimentaires des hommes préhistoriques. 
Hervé Bocherens procède à une analyse biogéochimique de l’os. Du collagène extrait des dents ou des os, il détermine si l’alimentation de nos lointains ancêtres était à dominante végétale, carnée, marine ou terrestre.

Documentaire intégralement accessible sur Canal-U.

« Haures terres » : l’anthropisation des monts d’Aubrac et du Lévezou (Massif Central, France) durant l’holocène : approche palynologique des dynamiques socio-environnementales en moyenne montagne

Thèse de Élodie Faure, Université Toulouse le Mirail – Toulouse II (Géographie de l’environnement), 17/09/2012, Jean-Paul Métailié;Didier Galop (Dir.), 309 p.

L’étude des interactions sociétés-milieux sur la longue durée, à l’origine de la construction des paysages de l’Aubrac et du Lévezou, a été menée à partir d’une démarche largement pluridisciplinaire dans laquelle la palynologie constitue l’outil principal. La constitution d’un référentiel actuel a conduit, dans un premier temps, à discriminer les principaux taxons polliniques représentatifs des activités humaines et d’en préciser la représentativité spatiale et fonctionnelle. L’étude multi-proxy de six séquences sédimentaires, étayées par 24 datations radiocarbones, a, dans second temps, permis de retracer l’histoire de la végétation et de l’anthropisation, notamment par l’identification des rythmes, des seuils et des ruptures durant l’Holocène. L’évolution des paysages en lien avec le développement des déboisements et des activités agricoles a pu être appréhendée à une échelle locale grâce aux apports combinés des pollens, des macrocharbons, des microfossiles non polliniques, de la confrontation avec les données archéologiques disponibles et de l’examen des sources archivistiques. Les premiers indices tangibles de fréquentation du massif de l’Aubrac apparaissent au cours du Néolithique moyen et les pratiques semblent se généraliser au Néolithique final sur l’Aubrac et le Lévezou. L’âge du Fer et le début de l’Antiquité marquent les premiers déboisements importants sur le plateau de l’Aubrac, concomitants d’une hausse de la pression agropastorale observée dans tous les sites. Enfin, les périodes médiévales et modernes contribuent à ancrer les formes du paysage esquissées aux époques plus anciennes. L’ensemble de ces dynamiques suggère avant tout l’importance des variabilités territoriales qui renvoient à des modes d’occupation temporaires jusqu’à l’âge du Bronze et à une grande mobilité des pratiques. Ces territoires présentent également des tendances communes qui répondent pour une part aux grandes trajectoires de colonisation des espaces montagnards. A l’examen de ces dynamiques d’anthropisation, le forçage climatique ne semble pas avoir été un facteur limitant et pourrait constituer un stimulus positif favorisant le développement de nouvelles stratégies adaptatives.

Thèse intégralement accessible en version PDF (19,7 Mb) sur HAL-SHS.