ETHNOBOTANIQUE

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Archive pour politique

Forêt, arts et culture : critiques et utopies

Journée d’études organisée par le GHFF, Paris, 27 janvier 2018

Après « L’épreuve des sens » en 2016, puis « L’esprit des lieux » en 2017, le Groupe d’Histoire des Forêts Françaises entend clôturer sa trilogie « Forêt, arts et culture » en scrutant les critiques et utopies exprimées par les ambiances et sensibilités forestières. Les séances précédentes ont permis de baliser la diversité de mise en scène de la forêt dans des sociétés très diverses et de mettre en évidence les enjeux cachés de sa présence dans une œuvre. Il s’agit cette fois de révéler les mutations sociétales et les engagements politiques qui en font l’arrière-plan.

« A l’écoute de la forêt »
Immersion sensorielle proposée par Boris Jollivet, preneur de son

Conférences
– Diana B. Viñoles,
Pr., Université nationale de la Terre de Feu : Le Parc National de la Terre de Feu comme métaphore épistémique et espace de paix

Étienne Bourel, Doctorant, Université Lumière Lyon 2 : Une anthropologie politique des forêts ?
Élias Burgel, Elève de l’ENS Ulm : Une guerre des forêts solognote : retour analytique sur le Raboliot (1925) de Maurice Genevoix
François Lormant, IGR, Université de Lorraine : La forêt dans le monde d’Avatar (J. Cameron, 2009) : un lieu imaginaire loin d’être totalement utopique…
Matouš Turek, Doctorant, Université Rennes 2 et Université de Prague : La rationalisation du mythe d’origine de la Bohême ou le défrichement d’une utopie
Catherine Szanto, École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris-La Villette : Un Laboratoire pour une appropriation vécue du paysage : notes sur la forêt expérimentale d’Alnarp (Suède)
Sylvie Dallet, Pr., Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines : La quête libertaire des écrivains de la forêt

Informations sur le site du GHFF.

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L’image des légumes. Circulation des discours dans l’espace médiatique et désenchantement

Article de Hélène Burzala-Ory, Clémentine Hugol-Gential et Jean-Jacques Boutaud, Revue Anthropology of Food, Varia le numéro permanent, 15.07.2017

Au sein du vaste champ de recherche qu’est l’alimentation, les légumes et les représentations qu’en ont les mangeurs ont été délaissés malgré la place importante qu’ils occupent dans les discours officiels depuis la mise en place en 2001 du PNNS. Dans un contexte de stagnation de leur consommation, il semble judicieux de tenter de comprendre quels en sont les freins. Notre hypothèse veut que les discours médiatiques sur le sujet, dans la lignée du discours des autorités publiques, présentent les légumes avant tout comme un aliment fonctionnel, dans un pays où le goût et le plaisir restent pourtant des piliers de la culture alimentaire. Pour mettre à l’épreuve ce postulat, notamment à travers la circulation des discours sur les légumes, il est question ici d’analyser un corpus constitué à partir d’une source unique, l’agrégateur d’informations Google Actualités, qui a l’avantage d’agréger indistinctement les informations mises en circulation. Les premiers résultats obtenus montrent l’intérêt de cette méthode et confortent l’idée d’une image désenchantée des légumes dans les discours médiatiques malgré toutes les recommandations et prescriptions dont les médias se font aussi les relais.

Article intégralement accessible sur le site de la revue.

 

Du court, du local ! Une sociologie du gouvernement de la filière fruits et légumes

Thèse de Pierre Naves, Sociologie. Université de Bordeaux, 2016, 420 p.

La filière des fruits et légumes frais est aujourd’hui confrontée à la mise en question des institutions gouvernant ses rapports institués de distribution. De plus en plus, une partie des acteurs intervenant dans le gouvernement de cette filière (collectivités territoriales, producteurs, distributeurs, organisations professionnelles) cherchent à promouvoir de nouvelles formes de distribution, caractérisées par la réduction des distances sociales et / ou relationnelles entre producteurs et consommateurs. La fin des années 2000 a notamment été marquée par la mise en œuvre d’une politique publique nationale destinée à développer les« circuits courts » de commercialisation des produits agricoles, caractérisés par l’absence ou la présence d’un seul intermédiaire entre producteurs et consommateurs. Ces circuits courts sont, en outre, souvent associés par les acteurs à des dynamiques de relocalisation des processus de distribution. Historiquement peu concernée par ces modes de distribution, dont les titulaires de son gouvernement ont au contraire cherché à l’affranchir en les marginalisant économiquement, la filière des fruits et légumes frais redécouvre aujourd’hui de nouvelles manières d’organiser ses marchés et de qualifier les produits. Doit-on pour autant conclure au triomphe des challengers du gouvernement de cette filière, parce qu’ils auraient réussi à institutionnaliser de nouveaux rapports institués de distribution ? Nous prétendons justement montrer, à partir d’une sociologie du gouvernement de la filière inspirée des travaux de la sociologie économique et de l’économie politique, que la réalité est plus complexe et ambigüe. En effet, si, à l’échelle locale, ces challengers parviennent à mieux contrôler les opérations de problématisation, d’instrumentation et de légitimation des enjeux associés à l’institutionnalisation de nouveaux modèles de distribution des fruits et légumes, aux échelles nationale et communautaire, le gouvernement de la filière demeure contrôlé par les acteurs les plus puissants : producteurs spécialisés, organisations de producteurs, enseignes de la grande distribution. Finalement, plutôt qu’à une relocalisation des circuits de distribution de la filière, on assiste en réalité à une évolution des dynamiques de qualification, marquée par la stabilisation du « local » comme une nouvelle institution marchande, dont l’usage stratégique permet aux titulaires du gouvernement de conserver la mainmise sur la définition des enjeux légitimes à traiter, en particulier ceux relatifs aux modèles de développement agricoles à soutenir et encourager.

Thèse intégralement accessible en version PDF (3.67 Mo) sur Tel.

Arbres en otages : L’utilisation à Lyon de l’image de l’arbre en ville par le politique

Article de Inès Méliani et Paul Arnould paru dans François Lormant, Charles Dereix, Christine Farcy (dir.). « Forêt et communication : héritages, représentations et défis », L’Harmattan, 2016

Depuis les années 1990 à Lyon, le choix d’une politique de réhabilitation de l’image de l’arbre en milieu urbain a été soutenu par une communication territoriale assidue autour des concepts d’ « écologie urbaine » et de « nature en ville ». Les responsables de la communication institutionnelle du Grand Lyon ont peu à peu introduit dans leurs écrits les questions relatives à la présence de l’arbre en ville – l’arbre et plus généralement le tissu forestier y étant envisagés à la fois en tant que composantes fondatrices du paysage urbain mais aussi comme éléments structurants dans sa complexité. L’émergence et la fabrication d’un récit autour de l’image de l’arbre en ville repose sur sa valorisation procédant d’une stratégie conduisant à remporter l’adhésion des habitants et à la reconnaissance de l’arbre en tant qu’objet patrimonial. Mais pas seulement. Ce travail a aussi l’ambition de montrer qu’il existe une interdépendance entre la volonté de modeler l’identité du territoire et des motivations locales d’ordre essentiellement économiques : en jouant sur les concepts d’identité territoriale grâce à la présence d’objets de nature en ville, l’arbre en chef de file, le support d’une promotion territoriale pour la métropole lyonnaise est alors tout trouvé.

Article intégralement accessible en version PDF (1.45 Mo) sur Hal-Shs.

Le Jardin des Deux Rives – der Garten der Zwei Ufer (Strasbourg-Kehl). L’émergence d’une centralité frontalière.

Communication de Antoine Beyer, colloque «La dimension paysagère des itinéraires culturels du Conseil de l’Europe », 15 et 16 décembre 2010, Luxembourg

A cheval sur le Rhin, entre Strasbourg et Kehl, le Jardin des Deux Rives est emblématique de l’évolution de la fonction frontalière dans un cadre européen. C’est autour d’elle que le jardin s’est constitué pour en faire évoluer la signification, instaurant un lieu de rencontre dévolu à la promenade et aux animations pacifiques dans un lieu longtemps marqué par la logique de séparation et de conflit.

Communication intégralement accessible en version PDF (769.61 Ko) sur Hal-Shs.

La filière oléicole obstacle: adaptations et contournements socio-économiques palestiniens face à l’occupation israélienne

Thèse de Arnaud Garcette, Sociologie. Aix-Marseille Université, 2015, 443 p.

Cette recherche porte sur l’adaptation de la filière oléicole palestinienne face aux dispositifs de contrôle et de séparation israéliens entre 1993 et 2013. Elle s’attache à en analyser les répercussions en termes de structuration des rapports de pouvoirs et des réseaux relationnels au niveau local, régional mais aussi international, en interrogeant notamment la place qu’occupent les acteurs étrangers dans ce processus d’adaptation.

Thèse intégralement accessible en version PDF (13,73 Mo)  sur Hal-Shs.

La Nature, les territoires et le politique en Afrique du Sud

Article de Frédéric Giraut, Sylvain Guyot, Myriam Houssay-Holzschuch paru dans Les Annales. Histoire, Sciences Sociales, EHESS, 2005, pp.695-717

Le traitement de la nature dans les colonies de peuplement prend en Afrique du Sud une dimension particulière. La gestion de la nature y fut remarquablement instrumentalisée dans le cadre d’une ingénierie territoriale de la ségrégation coloniale puis de l’apartheid, au point d’être l’une des pièces maîtresses des dispositifs territoriaux et de l’idéologie qui les sous-tendait. Dans la nouvelle Afrique du Sud, elle constitue l’un des terrains privilégiés du raccommodage socio-spatial, et ceci à trois niveaux. Au niveau local avec le développement de formes participatives communautaires de gestion et d’appropriation qui ne vont pas sans poser de problème avec une municipalisation qui privilégie la démocratie représentative ; au niveau national avec un certain consensus autour de la promotion et la restauration d’un patrimoine naturel autochtone d’où l’on doit extirper les plantes allochtones ; et au niveau international avec la transformation des parcs frontaliers en des objets internationaux de développement, les transfrontier peace parks.

Article intégralement accessible en version PDF (1,3 Mo) sur Hal-Shs.