ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour plante invasive

Plantas tintóreas, taníferas y cauchíferas

Ouvrage (en espagnol) de Mas-Guindal y Meseguer, Joaquín & Mas-Guindal, Ascensión, Ministerio de Agricultura, Madrid, 1940, 328 p.

Ouvrage intégralement accessible en différents formats sur la Biblioteca digital del Real Jardin Botanico.

Sommaire p.323-328.

 

Quels sont les facteurs naturels et humains conduisant au statut public d’espèce invasive ? Le cas de l’ajonc d’Europe (Ulex europaeus) sur l’île de La Réunion

Thèse de Nathalie Udo, Environnement et Société. Université de Rennes 1; Université Européenne de Bretagne, 2016, 377 p.

Depuis plus d’une vingtaine d’années, les espèces invasives ont été hissées au rang des problèmes publics majeurs en raison de leurs effets sur l’environnement, l’économie ou la santé. L’objectif général de cette thèse est d’identifier les facteurs naturels et humains conduisant à attribuer au cours du temps le statut public d’espèce invasive à certaines espèces et dans certains contextes, à travers le cas de l’ajonc d’Europe (Ulex europaeus) sur l’île de La Réunion (Océan Indien). Ce travail se structure en trois parties : (i) une comparaison des caractéristiques biologiques de l’ajonc entre La Réunion, où il est déclaré invasif, et la France métropolitaine, d’où est-il originaire, (ii) une analyse historique de sa dynamique d’expansion géographique et des facteurs naturels et humains qui l’ont favorisée, et (iii) une étude de la construction des statuts publics qui lui ont été attribués depuis son introduction. Les résultats ont révélé une évolution biologique entre des populations d’ajonc de France et de La Réunion sur le taux et la vitesse de germination, et la production et dispersion des graines. Couplée à une croissance des individus plus rapide précédemment démontrée, ceci suggère que les capacités de colonisation de l’ajonc sont plus importantes dans l’île que dans sa zone d’origine. Ces capacités ont favorisé son expansion géographique dans les milieux agricoles et naturels, en interaction avec les usages du sol, les pratiques agricoles et les savoir-faire liés à l’ajonc. Ces éléments découlent eux-mêmes du contexte socio-économique global à l’œuvre, de l’échelle européenne à l’échelle de l’exploitation agricole familiale. La construction et publicisation du statut invasif de l’ajonc dans l’île résulte d’une combinaison entre ces éléments écologiques et les éléments sociologiques suivants : une nouvelle lecture scientifique écologique du monde à l’échelle globale, et, à l’échelle régionale, des jeux d’acteurs complexes autour de la gestion des milieux naturels protégés. Ces résultats mettent une fois de plus en évidence l’importance des approches interdisciplinaires pour appréhender les objets foncièrement hybrides, produits de nature et de culture.

Thèse intégralement accessible en version PDF (9,96 Mo) sur Hal-Shs.

L’extension annoncée de l’ambroisie

Article de Pascaline Minet paru dans Le Temps, 26. 05. 2015

Plante envahissante et allergène, l’ambroisie va continuer à s’étendre en Europe sous l’effet des changements climatiques, d’après une nouvelle étude.
Mais où s’arrêtera l’ambroisie? Cette plante envahissante et très allergène pousse déjà dans de nombreux pays européens dont la Suisse. A l’avenir, elle risque de s’étendre encore davantage, si on en croit une nouvelle étude publiée dans la revue Nature Climate Change le 25 mai. Selon les évaluations des scientifiques, les concentrations en pollen d’ambroisie pourraient quadrupler en Europe d’ici à 2050. Un phénomène largement imputable aux changements climatiques.
Originaire d’Amérique du Nord, l’ambroisie à feuilles d’armoise (Ambrosia artemisiifolia) s’est répandue à travers le monde au cours des dernières décennies. On la trouve désormais en Australie, en Asie et en Amérique du Sud, mais aussi en Europe; elle est particulièrement bien implantée en France dans la région de Lyon, mais aussi dans le nord de l’Italie et en Hongrie. En Suisse, des colonies d’ambroisie se sont installées à la fin du siècle dernier dans les cantons de Genève et du Tessin, tous deux frontaliers de zones fortement touchées.
L’arrivée de l’ambroisie est une mauvaise nouvelle pour les personnes sensibles. «Dans les zones où ces plantes sont abondantes, leur pollen constitue le principal allergène, devant les autres pollens comme celui des graminées», explique Bernard Clot, ­responsable de l’équipe d’aérobiologie à MétéoSuisse. Au menu pour les personnes allergiques à l’ambroisie: rhinites, conjonctivites, trachéites et crises d’asthme potentiellement graves… »

Lire la suite de l’article sur le site du journal.

Plantes invasives : des écosystèmes bouleversés

Documentaire de Ingo Thöne (Allemagne 2014), Arte, vendredi 11 juillet 2014, 53 min.

La flore européenne est menacée par des espèces invasives, qui prolifèrent de façon exponentielle et accaparent les habitats traditionnels des plantes endémiques. Nombre de ces plantes invasives sont originaires de pays lointains et n’ont quasiment pas de parasites naturels en Europe. Et elles sont souvent toxiques. Ces espèces menacent de précieux biotopes en France et en Allemagne. Comment maîtriser l’expansion massive des plantes invasives dans nos régions ?

En Europe, les forêts, champs, bordures d’autoroute et de voies de chemin de fer, parcs et jardins particuliers sont le théâtre d’une lutte sans merci entre les espèces végétales. Des plantes endémiques et des espèces exotiques luttent pour les meilleurs emplacements et aires de répartition. Très souvent, ce sont les variétés exotiques et toxiques qui l’emportent. Avec des conséquences néfastes pour l’homme et l’environnement. 

Si la berce du Caucase, le séneçon du Cap ou l’ambroisie sont bien agréables à regarder, ces plantes exotiques, introduites en Europe centrale au cours des siècles derniers, sont pourtant nuisibles. Envahissantes, elles représentent une menace pour l’équilibre des milieux naturels locaux, en accaparant l’espace vital des plantes indigènes. Elles sont également nocives pour l’homme. Le pollen de l’ambroisie déclenche en effet des allergies extrêmement handicapantes : selon les prévisions des chercheurs, cette plante occasionnera à elle seule des dépenses de santé de plusieurs millions d’euros. Des champs allemands jusqu’à la côte atlantique française en passant par le plus ancien jardin botanique de France, à Montpellier, des spécialistes de toute l’Europe analysent les conséquences de la prolifération des plantes invasives.

Voir un extrait sur le site d’Arte.

Qui a peur des espèces invasives ? Un entretien avec Jacques Tassin

Article de Pierre Barthélémy paru sur le blog « Passeur de sciences », 16 février 2014

Chercheur au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), Jacques Tassin vient de publier « La grande invasion » aux éditions Odile Jacob. Dans cet ouvrage limpide et profond, il remet en cause la vision manichéenne portée sur les espèces dites invasives et, du même coup, notre regard sur la nature et son évolution.

Lire la suite de l’entretien sur le Blog.

De plantes dignes et d’invasions barbares : Les sociétés au miroir du végétal

Article de Juliet J. Fall et Laurent Matthey paru dans VertigO – la revue électronique en sciences de l’environnement [En ligne], Débats et Perspectives, 2011, mis en ligne le 27 septembre 2011

Cet article traite de la dotation d’un statut éthique au règne végétal, moralement hiérarchisé et stratifié. Nous isolons trois champs problématiques connexes qui entrecroisent une conception dynamique et morale du végétal, en utilisant l’exemple des plantes dites invasives : la tension entre le contrôlé et le contrôlable ; le rapport des mots et des choses, soit les modalités de catégorisation du « réel » dans les pratiques scientifiques ; et finalement la dialectique de la production et de la consommation des pratiques sociales. Cela conduit à nous interroger sur la réception des discours experts et les normes de régulation, et appeler à une plus grande prise en compte de ces facteurs dans le champ de la gestion de la biodiversité et des espèces invasives.

Article en texte intégral sur le site de la revue et possibilité dé réagir sur le blog de la revue.

Les jussies : caractérisation des relations entre sites, populations et activités humaines. Implications pour la gestion

Rapport d’étude final d’Alain Dutartre, Cemagref, 2007, 128 p.

L’objectif du présent projet (2003-2006) était de tenter de couvrir les trois thèmes de l’appel d’offre « Invasions Biologiques » afin de proposer une approche intégrée d’une question d’invasion du territoire national par deux taxons appartenant au même genre de plante aquatique. Dans la mesure où une part notable des participants au projet étaient déjà engagés dans des investigations portant sur les jussies, soit dans des domaines de recherches appliquées à la biologie et l’écologie, soit dans des opérations d’aide à la gestion, il paraissait envisageable de faire porter des efforts sur toutes ces thématiques en y ajoutant des intervenants des sciences humaines et sociales.

C’était un objectif et également un pari car il était déjà connu que les jussies colonisaient des écosystèmes et des biotopes extrêmement variés, ce qui rendait de fait relativement complexe toute approche cherchant à produire des résultats de recherche.

Par ailleurs, ce qui a été proposé dans le texte original du projet était bien une approche transdisciplinaire, se déployant de la biologie à l’économie en passant par l’autoécologie, seule manière adéquate à notre sens de débuter l’analyse d’une invasion biologique. C’est ce qui a été tenté par l’ensemble des participants dans les investigations réalisées durant l’exécution de ce projet.

Sommaire

1. Préambule

2. Les deux espèces de jussies

3. Histoire et géographie de l’invasion

4. Caractérisation des biotopes d’élection

5. Traits biologiques

6. Compétition

7. Impacts sur l’environnement

8. Approche ethnobotanique et dimension sociologique de la gestion

9. Approche économique

10. Gestion des jussies

11. Un bilan ?

Bibliographie

Valorisation des travaux

Annexes

Accessible intégralement en version PDF sur le site du Ministère de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de la mer.