ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archives de plante alimentaire

Assoiffés, les pistachiers iraniens se meurent

Article publié dans Sciences et Avenir, 07.09.2016

« Dans un village fantôme du sud de l’Iran, des machines agricoles rouillées et des maisons en ruine côtoient des champs de pistachiers asséchés et blanchis par le soleil. Logements et cultures ont été abandonnés il y a une dizaine d’années par les paysans, qui ont longtemps vécu de la culture de la pistache, deuxième produit d’exportation de l’Iran après le pétrole. Mais cette richesse s’est en partie évaporée, au fur et à mesure que les réserves souterraines d’eau s’asséchaient dans la province de Kerman, capitale de la pistache. La faute à des années de sécheresse mais aussi d’agriculture intensive peu régulée. « Les plantations sont en train de disparaître », se désole Hassan Ali Firouzabadi, qui habite dans la localité voisine d’Izadabad à quelques kilomètres. Et les habitants « sont partis en ville pour devenir ouvriers ou chauffeurs de taxi. Dans dix ans, il ne restera plus personne ». Dans son verger, certains pistachiers datent du 17e siècle, mais leurs feuilles tournent au jaune à cause de l’eau salée utilisée pour leur irrigation… »

Lire l’intégralité de l’article sur le site de la revue.

Étude ethnobotanique de quelques espèces du genre Corchorus rencontrées en Côte d’Ivoire

Article de Ta Bi Irié Honoré, N’Guessan Koffi, Bomisso Edson Lezin, Assa Rebecca Rachel et Aké Séverin, paru dans European Scientific Journal, août 2016, vol.12, No.24

Pour contribuer à la valorisation des plantes du genre Corchorus, 15 localités de la Côte d’Ivoire ont été visitées et 432 personnes ont été rencontrées, au cours d’une enquête ethnobotanique. Ces investigations ont permis d’identifier 4 espèces appartenant au genre Corchorus : C. aestuans, C. lobatus, C. olitorius et C. tridens. Ces espèces sont cultivées à la fois par les paysans et les maraîchers. En Côte d’Ivoire, ces plantes sont nommées « Kroala » qui est une appellation propre au groupe ethnique Baoulé localisé au centre du pays. Kroala est utilisé à la fois comme plante comestible et médicinale. Au plan alimentaire, les feuilles de ces espèces du genre Corchorus sont consommées sur l’étendue du territoire en sauce accompagnant plusieurs mets. Au plan ethnomedicinal, ces espèces interviennent dans le traitement de plusieurs pathologies telles que l’anémie, la constipation…Diverses parties de ces plantes sont utilisées à cet effet : les feuilles, les racines, les tiges feuillées et les graines, pour préparer plusieurs recettes médicamenteuses monospécifiques. Pour leurs importants apports aux populations, la culture de ces plantes doit être encouragée dans le pays.

Article intégralement accessible en version PDF sur le site de la revue.

La filière des algues dans le monde, en Europe, en France. Synthèse de résultats.

Synthèse de Marie Lesueur et Charline Comparini, projet Projet IDEALG, Agrocampus Ouest, 2015, 4p.

Étant donné l’intérêt croissant des consommateurs pour les produits aux algues d’inspiration française (voir synthèse de résultats intitulée « La consommation des algues alimentaires en France »), la filière des macro – algues possède un fort potentiel de développement en France. Il est, cependant, nécessaire de pérenniser la production nationale encore trop dépendante des importations. Deux solutions semblent envisageables : la culture de macro – algues ou l’exploitation de nouveau stocks d’algues sauvages .

Synthèse intégralement accessible en version PDF (1.34 Mo) sur Hal-Shs.

Des fleurs et des fusils

Émission « On ne parle pas la bouche pleine », radio France Culture, 17.04. 2016

Biologiste indépendant, George Oxley est un spécialiste de la vie des sols, passionné par le caractère bio-indicateur, alimentaire, médicinal des plantes et les symbioses qu’elles organisent avec leur socle naturel. Les plantes sauvages ont permis aux hommes de ne pas mourir en temps de guerre depuis Charlemagne. Elles pourraient aussi nous permettre de vivre en paix. George Oxley  propose des solutions écologiques aux entreprises cosmétiques et de construction et conseille les agriculteurs pour produire avec davantage de goût et de nutriments. Il agit notamment pour la biodiversité et l’agriculture du Bassin du Congo, dans l’optique de la création d’une fondation rassemblant les énergies autour de la nutrition et de la santé de l’Afrique.

« Il y a vingt ans à Sarajevo, les habitants ont survécu à quatre années de siège en consommant 90 plantes sauvages. Mais au-delà de cette fonction nourricière, ces herbes folles jouent un rôle de sentinelles de l’environnement. Elles sont le langage du sol, elles anticipent les effets des changements climatiques. Leur présence ou leur absence est significative des maltraitances que nous faisons subir à la planète. Depuis la découverte du biome humain, de notre incroyable biodiversité microbienne et fongique, nous prenons conscience de l’intime affinité que nous entretenons avec le sol vivant. Sachons reconnaître que de sa bonne santé dépend la nôtre, notamment à travers nos aliments, avant que nos enfants n’en subissent les dramatiques conséquences : autisme, dégénérescence nerveuse…Biologiste et homme de terrain, l’auteur décrit précisément les bienfaits multiples des plantes et s’appuie sur des faits scientifiques vérifiables pour montrer que les plantes ont continuellement été à nos côtés, qu’elles ont encore beaucoup de solutions à nous fournir et qu’il nous faut rapidement brandir la Fleur Au Fusil ! » (Quatrième de couverture).

Ré-écouter l’émission sur cette page.

Les plantes de sel du sol de Ré

Emission « On ne parle pas la bouche pleine » de Alain Kruger, radio France Culture, dimanche 5 octobre 2014

Halimione que l’on appelle aussi obione et qui signifie « fille de la mer », soude splendide, altriplex, autant des plantes sauvages, toutes les saveurs salées de l’ile de Ré. Ile du sel et du vin, qui a inspiré Rabelais et permet à la photographe Diana Ubarrechena et au biologiste George Oxley de cuisiner un livre passionnant,  « Saveurs sauvages de Ré » après leur « Manifeste gourmand des herbes folles« .

A (re) écouter sur le site de la radio.

Classification et valeurs thérapeutiques des plantes ornementales du Togo

Article de Raoufou Radji et Kouami Kokou paru dans « VertigO », vol. 13, n°3, dec. 2103

« Dans un environnement de plus en plus urbanisé, le besoin de verdure et de fleurs est davantage ressenti pour des raisons d’esthétique et des bienfaits écologiques. Dans les villes du Togo, zones de cette étude, 612 espèces utilisées comme plantes d’ornement sont recensées et identifiées dans 55 exploitations horticoles et plus de soixante-dix espaces aménagés. Environ 52 % des espèces identifiées proviennent de l’Amérique contre 20 % pour l’Afrique. Les 274 espèces préférentielles (RI<80 %) représentent plus de 44 % des espèces recensées. Quinze espèces sont fréquentes et retrouvées dans les 55 occurrences alors que 338 qualifiées de « rares » sont répertoriées dans moins de 10 % des relevés. Ces espèces horticoles sont classées suivant leurs organes décoratifs et leur positionnement spatial spécifique dans les villes. En dehors du rôle ornemental, ces plantes sont utilisées en alimentation, en cosmétique traditionnel et industriel, en psychothérapie et horticulturothérapie, en médecine traditionnelle et conventionnelle. Dans cette étude, 79 espèces regroupées dans 39 familles sont signalées comme plantes médicinales. Les Apocynaceae et Fabaceae (6 espèces) ; les Euphorbiaceae et Liliaceae (5 espèces) ; les Arecaceae et Verbenaceae (4 espèces) sont les familles les mieux représentées. »

Article intégralement accessible sur le site de la revue.

Néandertal se soignait-il vraiment par les plantes ?

Article de Pierre Barthélémy, blog du Monde Passeur de sciences, 23.10. 2013

C’était il y a un peu plus d’un an, en juillet 2012. Sous le titre « L’homme de Néandertal se soignait-il par les plantes« , je rendais compte sur ce blog d’une étude internationale publiée par la revue Naturwissenschaften. Ses auteurs avaient analysé le tartre des dents de cinq Néandertaliens dont les restes provenaient de la grotte espagnole d’El Sidrón. Dans ces dépôts dentaires, ils avaient tout d’abord retrouvé des grains d’amidon, probablement issus de céréales, ce qui me faisait écrire : « Cela a confirmé que Néandertal, longtemps considéré comme essentiellement carnivore (notamment parce qu’on avait découvert sur les sites beaucoup d’ossements animaux, qui se conservent mieux que les plantes…), savait aussi exploiter les réserves de glucides des végétaux. »

Les chercheurs allaient ensuite plus loin. Ayant retrouvé, dans la dent d’une jeune fille, la trace de composés chimiques contenus dans la camomille et l’achillée millefeuille, ils émettaient l’hypothèse que l’homme de Néandertal utilisait ces plantes pour leurs vertus thérapeutiques. Rien d’autre ne semblait en effet pouvoir expliquer la consommation de ces plantes au goût amer et dépourvues de valeur nutritive. Les auteurs de l’étude ainsi que moi-même mettions quelques couches de prudence autour de cette découverte et je concluais ainsi : « Néanmoins, la possibilité d’un homme de Néandertal capable de se soigner par les plantes est-elle au fond si surprenante que cela ? N’a-t-on pas déjà montré que d’autres grands primates, chimpanzés et gorilles, eux aussi cousins d’Homo sapiens, se servent de toute une pharmacopée végétale ? »

Tout cela était bel et bon mais deux chercheurs britanniques, Laura Buck et Chris Stringer, viennent de suggérer, dans un article à paraître dans Quaternary Science Reviews, que la présence de ces traces végétales dans le tartre des dents fossiles pouvait s’expliquer autrement que par la cueillette et la consommation de plantes… »

Lire l’intégralité de l’article sur le blog.