ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour phytothérapie

Etude ethnobotanique sur les plantes médicinales spontanées poussant dans le versant nord de l’Atlas d’Azilal (Maroc)

Article de Abderrazak El Alami, Farouk Loubna, Abderrahman Chait paru dans Algerian Journal of Natural Products, vol. 4, n°2, 2016, pp. 271-282.

Dans ce manuscrit, l’inventaire ainsi que les usages thérapeutiques des plantes médicinales spontanées poussant dans le versant nord de l’Atlas d’Azilal (Maroc) ont été répertoriés. 66 espèces végétales spontanées sont utilisées en phytothérapie dont 14 espèces ont un usage fréquent. Les Gymnospermes ne sont représentées que par trois espèces, tandis que les Angiospermes sont représentées par 63 espèces dont 55 sont des dicotylédones et huit sont des monocotylédones. Les familles végétales, bien représentées dans la région explorée, sont les Lamiaceae et les Asteraceae. A la base de l’enquête ethnobotanique, nous avons recensé 25 plantes médicinales spontanées destinées au traitement  des affections digestives, huit plantes pour traiter les troubles uro-génitaux, cinq espèces sont connues pour leurs effets sur le système nerveux, 14 plantes sont utilisées contre les affections métaboliques, 11 plantes pour soigner les maladies de l’appareil respiratoire  et 26 plantes sont employées pour les soins la peau et les cheveux.

Article intégralement accessible en version PDF (504 Ko) sur le site du journal.

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Maurice Mességué, père de la phytothérapie, est mort

Le fondateur des laboratoires Mességué, 95 ans, s’est éteint à son domicile, dans le Tarn-et-Garonne.

Maurice Mességué est mort samedi 17 juin 2017 à 95 ans, à son domicile d’Auvillar dans le Tarn-et-Garonne, a annoncé la préfecture du département. Le fondateur des laboratoires Mességué a publié de nombreux ouvrages de vulgarisation sur l’herboristerie et la phytothérapie.

Né le 14 décembre 1921, M. Mességué a créé en 1958 un laboratoire à Paris spécialisé dans les produits à partir de plantes, qu’il a déplacé plus tard à Fleurance, dans le Gers. Ce pionnier de la phytothérapie en Europe n’était pas médecin, mais soulageait stars et anonymes, comme le dramaturge et cinéaste Jean Cocteau ou la chanteuse Mistinguett.

« Cet amour des fleurs et des plantes, c’est son père, agriculteur à Gavarret-sur-Aulouste, tout près de Fleurance, qui le lui avait transmis », racontait-il dans les conférences sur les soins par les plantes qu’il donnait partout dans le monde, selon La Dépêche.

Maire de Fleurance pendant dix-huit ans (1971-1989), M. Mességué a été conseiller général et président de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) du département, avant de se mettre en retrait et de déménager dans le département voisin du Tarn-et-Garonne.

En 2000, le président du groupe de distribution GiFi, Philippe Ginestet, a pris le contrôle des laboratoires Mességué. « La Nature perd l’un de ses plus vibrants poètes », a-t-il écrit sur Twitter, en hommage au défunt.

La Nature perd l’un de ses plus vibrants poètes et nous pleurons avec elle. Philippe Ginestet https://t.co/u2BT5NiyhP

La société comptait 24 salariés en 2016, traitant quelque 1 000 commandes par jour, principalement à partir de vente par internet et par correspondance, en France et dans le monde, selon un document de la CCI du Gers.

[Info Le Monde]

Étude ethnobotanique et phytochimique de Momordica charantia Linn (Cucurbitaceae) à Cotonou au Bénin

Article de Roch Christian Johnson, Eustache Enock Houéto, Gratien Boni, Wilfrid Hinnoutondji Kpètèhoto, Victorien Dougnon, Elias Pognon, Fidèle Assogba, Frédéric Loko, Michel Boko, Joachim Gbénou paru dans Journal of Applied Biosciences, vol. 106, oct. 2016

La  présente  étude,  sur Momordica  charantia  Linn (Cucurbitaceae),  communément  appelé  margose une plante très utilisée pour le traitement de nombreuses maladies, est menée dans la ville de Cotonou au Bénin. Elle vise à vérifier la portée scientifique des usages empiriques que fait la population de cette plante, afin de promouvoir son utilisation sans risque.  
Une  étude  ethnobotanique  est  réalisée  auprès  de  32 vendeurs  des trois marchés de plantes médicinales les plus fréquentés de Cotonou. Elle est complétée par une. Exploration phytochimique,  associée  au  dosage  des  métaux  lourds et  de  quelques  éléments  nutritifs.  Les  vertus connues de la plante, recensées lors de l’étude ethnobotanique, sont corrélées avec les fractions actives mises  en  évidence  par  l’étude  phytochimique  qui  révèle  la  présence  des  tanins,  flavonoïdes, dérivés anthracéniques, alcaloïdes, stéroïdes, et mucilages. Le plomb et le cadmium sont aussi détectés à des concentrations  d’environ  neuf  et  six  fois,  respectivement,  supérieures  aux  normes  de  l’Organisation Mondiale de la Santé
Cette étude a permis de connaitre les usages empiriques que fait la population de cette plante puis de les lier aux substances actives présentes. Ces résultats constituent un outil  indispensable  dans  la  mise  en  place  d’une  base  de  données  pour  la  validation  scientifique  des connaissances traditionnelles des plantes au Bénin. Toutefois, ces recherches  révèlent les risques de contamination au plomb et cadmium auxquels la population est soumise dans l’utilisation de Momordica charantia.

Article intégralement accessible ici.

Enquête paysans-herboristes : pratiques et savoirs sur les plantes médicinales

En 2016, un travail parlementaire a été entamé autour du Sénateur Joël LABBE (EELV- Morbihan) afin de proposer une loi qui permette d’encadrer et de pérenniser les métiers de l’herboristerie.

Nous soutenons pleinement cette démarche et nous engagerons sans réserve pour tenter de faire valoir au maximum notre vision du métier de paysan-herboriste, à savoir accompagner le public pour des solutions complémentaires, locales et écologiques de santé et pour une certaine autonomie dans la gestion de son hygiène de vie.

Dans le cadre de ce travail, nous pensons qu’il est important que vous puissiez exprimer vos pratiques, vos attentes, votre vision du métier d’herboriste afin que la future loi soit la plus pertinente possible. C’est pourquoi, au lieu des habituelles pétitions, au lieu de vous demander tel ou tel soutien financier ou moral nous souhaitons diffuser une grande enquête nationale par différents réseaux.

Ce questionnaire s’inscrit dans le cadre des recherches menées à l’initiative de la Fédération des PAYSANS-HERBORISTES (www.paysans-herboristes.org) sur les pratiques et les acteurs de la phytothérapie en France. Ce questionnaire restera au seul usage de la fédération et les données éventuellement publiées dans le cadre de travaux de recherche resteront anonymes et utilisées pour des statistiques globales.

Accéder à l’Enquête publique autour de l’herboristerie en France

Pour les paysans herboristes, Thierry THEVENIN (23) producteur SIMPLES, porte-parole du syndicat Simples
Adresse :
Fédération des Paysans-herboristes
C/O Thierry THEVENIN
11, Mercin 23420 MERINCHAL

[Info Tela Botanica]

Enquête de santé. Plantes médicinales : la santé est dans le pré ?

Émission « Enquête de santé », France 5, 3 mars 2015, 20h40 avec le reportage « Phytothérapie : des racines et des herbes »  de Laetitia Fouque.

Tisanes, huiles essentielles, compléments alimentaires… Les plantes médicinales ont envahi les rayons des pharmacies et des grandes surfaces. Et des millions de Français, à la recherche d’une médecine plus naturelle, se tournent vers la phytothérapie pour se soigner. Une cure d’ortie contre la fatigue, du ginseng pour prévenir la grippe, de la passiflore contre le stress… Des spécialistes affirment que la phytothérapie permet de soigner plus de 80 troubles et maladies. Pendant des siècles, les plantes ont fourni aux hommes l’essentiel des remèdes. Aujourd’hui encore, de nombreux médicaments tels que l’aspirine et la morphine sont la synthèse de molécules extraites de plantes.

Mais avec l’avènement de la chimie, la médecine moderne s’est détournée de cette pharmacopée naturelle, reléguant les plantes médicinales au rang de simples « remèdes de grands-mères ». La phytothérapie n’est pas reconnue en tant que spécialité médicale et les herboristes n’ont plus le droit d’exercer. Seuls les pharmaciens sont habilités à vendre des plantes médicinales, mais leur formation à la phytothérapie est très limitée : une trentaine d’heures seulement sur 6 années d’études.

Si la santé par les plantes est à la mode, sa pratique doit être encadrée, car ces traitements contiennent des actifs puissants, souvent difficiles à doser. Naturel ne veut pas dire sans danger, et il arrive que la potion magique se transforme en poison toxique.

Face à ces risques peut-on encore faire confiance aux plantes médicinales pour se soigner ? Comment être sûr de la qualité et de l’efficacité de ces traitements ? A quels contrôles sont-ils soumis ?

Invités :

  • Christelle Chapteuil (Vice-présidente du Syndicat National des Compléments Alimentaires)
  • Pr Alain Astier (Chef de service de pharmacologie à l’hôpital Henri Mondor à Créteil)
  • Thierry Thévenin (Producteur-cueilleur de plantes médicinales)
  • Raphaël Jankowski (Pharmacien d’officine)

A revoir ici pendant une semaine.

Y a-t-il une place pour la phytothérapie dans la prévention des maladies cardiovasculaires ?

Thèse d’exercice de pharmacie de Olivier Berthet,09/07/2014, Christine Demeilliers (Dir.), 148 p.

Depuis quelques années, les patients recherchent des approches complémentaires telles que l’utilisation de substances naturelles, y compris dans le cas de pathologies métaboliques ou cardiovasculaires. Face à cet engouement pour le « naturel » à l’officine, le pharmacien est de plus en plus sollicité pour ses conseils et doit être à même de disposer d’un maximum d’arguments pour répondre au plus près des besoins des patients. Il doit notamment veiller à la pertinence scientifique de ses conseils, et bien évidemment à la qualité et à la sécurité des produits qu’il référence. Il est difficile pour la phytothérapie traditionnelle basée sur l’empirisme de trouver sa place dans la pratique clinique. On peut néanmoins se réjouir de voir de plus en plus de publications rigoureuses évaluant les plantes médicinales. Cette phytothérapie, appuyée par des études cliniques, basée sur les évidences (en référence à l’evidence-based medicine ou « médecine factuelle ») a, quant à elle, le potentiel de trouver sa place dans la pratique clinique s’il est démontré que la plante a une indication fondée. L’ail (Allium sativum L.), les feuilles d’olivier (Olea europaea L.), l’aubépine (Crataegus oxyacantha L.), l’ispaghul (Plantago Ovata Forsk.) ou encore l’artichaut (Cynara scolymus L.) et le fenugrec (Trigonella foenum-graecum L.), entre autres, seront abordés dans ce travail.

Thèse intégralement accessible en version PDF (3,8 Mb) sur Dumas.

Étude floristique et ethnobotanique de la flore médicinale du Haut Atlas oriental (Haute Moulouya)

Article de Noureddine Benlamdini, Mohamed Elhafian, Atmane Rochdi et Lahcen Zidane paru dans « Journal of Applied Biosciences », 30 juin 2014, n°78, p. 6771-6787

La présente étude est une contribution à la connaissance des plantes médicinales utilisées en phytothérapie traditionnelle par la population locale de la Haute Moulouya.
Méthodologie et résultats : A l’aide de 320 fiches questionnaires, une série d’enquêtes ethnobotaniques a été menée sur le terrain durant les années 2012 et 2013. La localisation des différents milieux, d’enquêtes ethnobotaniques et de relevés floristiques, a été repérée par la méthode d’échantillonnage stratifié et aléatoire. L’étude de la flore médicinale a fait ressortir une richesse floristique de 115 espèces médicinales réparties en 45 familles et 99 genres avec une prédominance des familles suivantes : Lamiaceae (20), Asteraceae (11), Apiaceae (8), Fabaceae (7), Rosaceae (6), et Poaceae (5). Les résultats de cette étude ont montré aussi que le feuillage constitue la partie la plus utilisée, et la majorité des remèdes est préparée sous forme de décoction. Les plantes médicinales sont souvent utilisées pour soigner les affections digestives (44%), et 40% de ces plantes ont provoqué des intoxications.
Conclusion et application de la recherche : Les enquêtes effectués ont permis de recueillir les informations sur les plantes médicinales (les données floristiques, la partie utilisée, le mode de préparation et la toxicité) et sur le profil de l’informateur (sexe, âge, le niveau d’instruction) et ont permis également d’évaluer l’impact de la collecte des plantes médicinales sur l’environnement. Par ailleurs, cette étude pourrait avoir une grande valeur bibliographique pour les recherches dans les domaines de la phytochimie et de la pharmacologie et une assise de base pour les générations futures.

Article intégralement disponible en version PDF sur Elewa.