ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour Pérou

L’ingestion d’ayahuasca parmi les populations indigènes et métisses de l’actuel Pérou. Une définition du chamanisme amazonien

Article de Sébastien Baud paru sur « ethnographiques.org », Les nouveaux mouvements religieux, 2008

Connue au Pérou sous le nom d’ayahuasca, Banisteriopsis caapi est une liane qui, bue en décoction, est émétique et laxative. Associée à d’autres plantes, elle est un inhibiteur de monoamine oxydase (IMAO), c’est-à-dire qu’elle favorise le passage hémato-encéphalique du DMT et autres alcaloïdes hallucinogènes présents dans ces dernières. Voilà ce qu’en disent les pharmacologues. Banisteriopsis caapi jouerait donc un rôle secondaire lors de l’ivresse hallucinogène induite par l’absorption du breuvage parmi les populations amérindiennes et métisses de l’Ouest amazonien. Pourquoi alors le breuvage est-il communément appelé du nom de cette liane ? La réponse nous vient du discours indigène. Celui-ci affirme en effet que l’ayahuasca est ingérée avant tout pour ses propriétés purgatives : elle est una planta maestra, une plante qui enseigne. Purgative et fortifiante, elle est de fait médiatrice entre l’homme et le monde-autre. Autrement dit, elle aide à l’introduction dans le corps de l’apprenti chaman d’un principe spirituel, à l’origine des visions.

Article en ligne sur le site de la revue et en version PDF (300.74 Ko) sur Hal-Shs.

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6,000-year-old fabric reveals Peruvians were dyeing textiles with indigo long before Egyptians

Article (en anglais) de Deborah Netburn, paru dans Los Angeles Times, 16.09.2016

L’indigo était utilisé comme teinture il y a 6 000 ans par des habitants de l’actuel Pérou. Soit un millénaire et demi plus tôt qu’en Egypte…

Lire l’article ici.

A l’ombre du Bois Sacré, la fièvre de l’ayahuasca en forêt amazonienne

Emission « Tout un monde« , radio France Culture, 5.11.2013

Analyse du marché du « tourisme de soi » en Amazonie, de la médecine « chamanique » et de ses motivations… Par un anthropologue observateur, quoique peu participant, puisqu’il refuse d’expérimenter le « produit », une liane hallucinogène présente dans les forêts équatoriales du Pérou et du Gabon. Une enquête qui s’inscrit dans les travaux de Jean-Loup Amselle autour des « primitivismes contemporains ».

A ré-écouter sur le site de l’émission.

Dynamique du café au Pérou et son succès sur les marchés internationaux

Thèse de Dominique Allier, Université de la Sorbonne nouvelle – Paris III Université de la Sorbonne nouvelle (Sciences économiques), 02/02/2011, Jean-Pierre Bertrand (Dir.), 352 p.

La réussite surprenante du Pérou sur le marché international du café dans un contexte adverse résulte de deux principaux phénomènes : le changement de modèle économique national et la capacité des acteurs péruviens centrer leur stratégie sur la qualité. La réapparition d’un modèle de croissance extravertie à partir des années 1990 a stimulé les activités agricoles d’exportation, au premier rang desquelles figure l’activité caféière. Sur les marchés internationaux, de nouvelles tendances révélatrices d’une conception postmoderne de la qualité émergent et offrent aux acteurs des pays producteurs de nouvelles possibilités de valorisation. Ainsi au Pérou deux stratégies sont adoptées : la domination par les coûts et la différenciation spécialisée. Dans les deux cas la qualité fut placée au centre des stratégies de positionnement. D’un part, Les firmes de négoce ont progressivement améliorée de la qualité normative du café exporté afin d’augmenter le prix moyen de leurs exportations. D’autre part, les organisations de producteurs ont privilégié la commercialisation de cafés équitable et biologique, synonymes de qualité postmoderne. Avec plus du quart de son café exporté en tant que café différencié, le Pérou se retrouve aujourd’hui le premier exportateur mondial de café biologique et l’un des principaux fournisseurs de café équitable.

Thèse intégralement accessible en version PDF (6,8 Mb) sur TEL.

Patati et Patata :1001 espèces de pommes de terre

Emission radio Culturesmonde, France Culture, 11h, 08. 01. 2013

La pomme de terre trouve ses origines sur les plateaux andins d’Amérique du Sud. Elle a été consommée et cultivée depuis l’époque néolithique. Plusieurs pays – le Pérou, la Bolivie et le Chili – s’en disputent la paternité mais les plus anciennes traces de cultures ont été découvertes dans les grottes de Tres Ventanasà 2800m d’altitude (à quelques 65kms de la capitale péruvienne Lima).

Quoiqu’il en soit, la culture de la pomme de terre s’est généralisée dans la région du Lac Titicaca (à cheval sur l’actuel territoire de la Bolivie et du Pérou) une zone où l’on trouve une très grande variabilité génétique des espèces et des variétés (une bonne centaine d’espèces sauvages et plus de 400 variétés cultivées). Mais que reste-t-il aujoud’hui de l’attachement des populations indigènes à cette fameuse “Patata”? Quelle trace a-t-elle laissé dans la culture indigèneEst-elle encore associée à l’identité indigène? S’agissant de sa diffusion, on sait que ce sont les conquistadors qui l’avaient rapportée en Espagne d’abord avant d’être introduite en allemagne, en France, en angleterre puis dans toute l’Europe. Mais elle a eu quelque mal à s’imposer, jouissant, pendant longtemps, d’une mauvaise image.

Pourtant, la pomme de terre s’est peu à peu imposée comme un élément prédominant dans beaucoup de régimes alimentaires parfois trop puisqu’elle fut, par exemple, à l’origine d’une grande famine dans l’Irlande du 19ème siècle où tous les paysans l’avaient largement adoptée. A l’époque, un champignon – le Mildiou – avait ravagé les cultures. Ce qui nous pousse, aujourd’hui, à suivre des recherches pour mieux comprendre la résistance de la pomme de terre, pour tenter d’améliorer  les rendements et la production.

Jean-Eric Chauvin, ingénieur de recherche à l’INRA.
Madeleine Ferrières, historienne.
Alejandro Argumedo, ingénieur agronome, fondateur du « parque de la papa ».

A écouter sur le site de l’émission.

Approche ethnopharmacologique comparative des traitements phytothérapeutiques de la leishmaniose en Amazonie. Application aux communautés Chayahuita (Pérou) et du haut et moyen Oyapock (Guyane française)

Thèse de Guillaume Odonne, Université des Antilles-Guyane (Chimie), 22/06/2010, Didier Stien et Geneviève Bourdy (Dir.),

Après avoir dressé un inventaire des connaissances, attitudes et pratiques concernant les leishmanioses en Amazonie d’après la littérature, le présent travail s’est focalisé sur les espèces végétales connues et utilisées dans le traitement de ces maladies. L’utilisation d’indices de diffusion (géographique, culturelle) a permis de caractériser des taxons antileishmaniens panamazoniens et de définir certains mécanismes impliqués dans leur diffusion. Des cohérences entre usages traditionnels et résultats de laboratoire ont été recherchés. Deux enquêtes de type  » connaissance, attitudes et pratiques  » effectuées au sein du groupe chayahuita (Pérou), et sur le haut et moyen cours du fleuve Oyapock (Guyane, communautés teko et wayãpi) ont permis d’affiner les connaissances sur la perception de cette maladie dans ces différents groupes culturels, de comprendre les recours aux différentes thérapeutiques et de dresser un inventaire des espèces médicinales utilisées. Trente et une espèces collectées chez les Chayahuita ont été soumises à des essais in vitro sur amastigotes axéniques de Leishmania amazonensis. Pseudoelephantopus spicatus (Asteraceae) compte parmi les espèces les plus actives et les plus fréquemment utilisées, et des dérivés du piptocarphol très actifs sur les parasites in vitro ont été isolés conjointement à l’acide ursolique. La présence de ces molécules permet de justifier en partie l’usage de cette espèce comme antileishmanien traditionnel par les Chayahuita.

Thèse intégralement accessible en version pdf (4,6 Mb) sur TEL.

A quantitative synthesis of the medicinal ethnobotany of the Malinké of Mali and the Asháninka of Peru, with a new theoretical framework

Article (en anglais) de Nathaniel Bletter paru dans « Journal of Ethnobiology and Ethnomedicine », 2007, 3:36

Par rapport aux recherches menées de façon aléatoire, les recherches effectuées par des critères ethnobotaniques et taxonomiques ont de meilleures chances à découvrir de nouvelles plantes médicinales à produit chimique actifs. Pendant les dernières décennies pourtant, l’ethnobotanique a réalisé peu de ces promesses à révéler un grand nombre de plantes médicinales et de nouveaux produits chimiques, testés au laboratoire. Avec les ressources limitées pour la recherche au laboratoire et le coût élevé des épreuves cliniques pour trouver de nouveaux candidats aux médicaments, il est difficile d’étudier, d’isoler et d’élucider la structure et le mécanisme des produits chimiques de chacune des nombreuses plantes médicinales (et les utilisations de ces plantes) décrites chaque année. Nous proposons une nouvelle technique théorique et quantitative pour préciser la recherche de nouvelles plantes médicinales; elle est basée sur l’hypothèse que les plantes étroitement apparentées, employées pour traiter les maladies étroitement apparentées dans les cultures très éloignées les unes des autres, ont une potentialité d’efficacité supérieure parce qu’elles représentent la découverte indépendante des propriétés chimiques semblables des plantes. Une partie de cette hypothèse qui démontre que la sélection des plantes médicinales semblables est un choix rationnel et qu’il y a davantage de ressemblance dans la flore médicinale de deux cultures éloignées que dans leur flore générale-est examinée par un re-échantillonnage des données de recherches effectuées parmi les Malinké au Mali et les Asháninka au Pérou, en particulier sur la malaria, la maladie africaine du sommeil, la maladie de Chagas, la leishmania, le diabète, l’eczéma, l’asthme et les fibromes utérins. Dans ces cas précis, la similitude de la flore médicinale s’avère sensiblement plus grande que la similitude de la flore générale, mais seulement quand les maladies en question sont regroupées ensemble comme maladies parasitaires et auto-immunitaires. Si cette hypothèse est prouvée, elle permettra la synthèse des informations recueillies sur les plantes médicinales du monde entier pour en sélectionner de façon plus précise celles qui sont les plus efficaces et qui méritent analyse plus approfondie au laboratoire.

Accessible intégralement en lecture seule sur le site de la revue.