ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archives de paysage

Les Buttes Chaumont, le technoparc du Baron Haussmann

Reportage radiophonique, série LSD, radio France Culture, 23.01.2017

Un paysage paysager à Paris. Dans l’histoire de ce parc achevé en 1867, on croise le Baron Haussmann et ce souci d’offrir un morceau de nature aux habitants des villes. Grotte, cascades, rivières et ponts suspendus, le tout dans un mobilier en béton creux imitant des rondins de bois et des rochers.

C’est l’étonnante histoire de ce parc du 2nd Empire achevé en 1867 à côté du village de Belleville, ses principes paysagers, sa mise en scène dramatique et tourmentée faite de grotte, de cascades, de rivières, de ponts suspendus, de belvédère, le tout dans un mobilier en béton creux imitant des rondins de bois, des rochers, des pierres. Y apparaissent en contrepoint les mille et uns personnages qui le peuplent aujourd’hui : gardiens, jardiniers, paysagistes et, bien sûr, ceux qui le pratiquent, s’y promènent, y courent, le traversent.

S’intéresser à grand parc urbain, c’est retourner à ce moment où la ville changeait radicalement de visage et aux tout premiers questionnements sur la place que la modernité pouvait faire à la nature, entre paradis perdu, domestication et paysagisme obligé.

A (re) écouter sur le site de la radio.

 

Paysages, usages et images de la nature dans une grande ville du Sud : quels enjeux à Antananarivo (Madagascar) ?

Article de Catherine Fournet-Guérin paru dans « Projets de paysage. Revue scientifique sur la conception et l’aménagement de l’espace », 2014

Alors que les travaux scientifiques consacrés aux villes des pays du Sud sont très abondants, d’une part, et que ceux portant sur la nature en ville le sont tout autant, d’autre part, peu nombreux sont ceux figurant à l’intersection de ces deux champs thématiques, à savoir la nature dans les villes du Sud. En effet, l’étude des liens entre la nature et le monde urbain fait l’objet d’un regain d’intérêt presque exclusivement centré sur les villes des pays riches. L’article est consacré à la nature à Antananarivo, capitale souvent décrite comme désagréable à vivre car polluée et saturée, par ses habitants comme par les visiteurs de passage, et dans laquelle la place de la nature peut de prime abord sembler secondaire. Sont tout d’abord présentés les paysages de la nature dans l’espace urbain : agriculture urbaine, squares et jardins de l’époque coloniale, mais aussi efforts de végétalisation, tant domestique que dans l’espace public. Les usages de la nature sont ensuite analysés : récréatifs, voués à l’intimité difficile à trouver dans les logements, ou cultuels (rites ancestraux discrets). Le désir de végétaliser son logement, fût-il très modeste, comme quête de beauté et indicateur de citadinité, est également pris en compte. Enfin, le statut de la nature en tant qu’objet d’aménagement est étudié : de plus en plus, celle-ci est utilisée par les pouvoirs publics pour tenter de promouvoir une image internationale valorisante de la ville, sous couvert de discours marqués du sceau du développement durable. Des plans d’aménagement, séduisants sur le papier mais non fondés sur les besoins effectifs des habitants, sont ainsi conçus. Ainsi, même dans une ville très pauvre, où les préoccupations écologiques et la prise en compte du bien-être des habitants sont secondaires, la nature est désormais considérée comme un atout valorisable dans le cadre d’une politique de marketing urbain, ce qui permet de contribuer à son maintien.

Article intégralement accessible en version PDF (1.45 Mo) sur Hal-Shs.

Des micro-paysages ambigus : les ronds-points. Recherche exploratoire

Rapport de Henry Torgue, Philippe Mouillon, Maryvonne Arnaud, Emilie Lapraz et Bénédicte Motte, Ministère de la culture et de la communication; Direction de l’architecture et du patrimoine; Bureau de la recherche architecturale, urbaine et paysagère; Bureau de la création architecturale, du paysage et du cadre de vie ; CRESSON. 2006, 120 p.

Le premier temps du travail s’est concentré sur une phase documentaire permettant de resituer la prise en compte des ronds-points par les diverses analyses du paysage, et sur une phase plus théorique destinée à préciser les concepts sur lesquels s’appuie notre recherche. Une nomenclature typologique dégage les grands principes de représentation observés : Les citations de paysage, les emblèmes locaux, les allégories identitaires, Les expressions de l’incongru populaire, les citations médiatiques, les œuvres d’art, les réalisations calendaires… Le second temps développe une enquête sur les représentations et les systèmes d’acteurs à partir de six situations emblématiques de la région Rhône-Alpes : Chabeuil (Drôme), Saint Égrève et Sassenage (Isère), Saint Jean de Maurienne et La Motte Servolex (Savoie), Annemasse (Haute- Savoie). Pour chacune d’elles, un protocole d’enquête a été mis en place aboutissant à un corpus d’entretiens avec les acteurs impliqués dans son processus de décision et de réalisation. Une analyse en dégage les lignes de force. En plus des notions-clés de la problématique générale (théorie du paysage, fonction du symbolique et des représentations) notre objectif a également été de resserrer les pivots théoriques autour des questions apparues en cours d’enquête, comme les images de l’identité, les expressions du local et du présent, ou encore les stratégies d’occupation de l’espace. Le troisième temps de ce projet se concentre sur une réflexion plus directement artistique et qui interpelle l’imagination. Des propositions libres mais situées sur les mêmes lieux sont développées à différentes échelles paysagères. Elles proposent d’autres repères, engagent de nouvelles lectures de ces mêmes espaces, de leurs contraintes et de leurs capacités imaginaires.

Rapport intégralement accessible en version PDF (4.62 Mo) sur Hal-Shs.

La mise en ordre écologique des parcs urbains. Savoirs, pratiques et paysages. Exemple d’un grand parc francilien

Thèse de Marine Legrand, Anthropologie sociale et ethnologie, Muséum national d’Histoire Naturelle (Paris, France), 2015,  419 p.

En France, l’intérêt des collectivités locales pour la gestion écologique des parcs et jardins s’est structuré dans les années 1980. Cela conduit à la création d’un nouveau modèle paysager, qui traduit la rencontre, dans les territoires urbains, de deux dynamiques, la transformation de l’aménagement urbain sous le regard des sciences biologiques, et celle de l’élargissement du spectre de la conservation de la nature à l’aune de la biodiversité urbaine. L’objectif de cette thèse a été d’analyser les rapports entre pratiques locales, construction des savoirs et production du paysage, autour de la tentative d’une collectivité locale de faire cohabiter dans un même espace loisirs urbains et conservation de la biodiversité. Cette réflexion s’appuie sur une étude de cas en Seine-Saint-Denis, où c’est sous le terme de « gestion harmonique » que le Conseil général a affiché son intérêt pour la biodiversité urbaine. Ce modèle a formé le point focal d’une enquête ethnographique centrée sur un parc d’environ 400 hectares construit dans les années 1960, dont la gestion a changé suite à un conflit autour de la préservation d’un étang. Celui-ci accueille aujourd’hui 2 millions de visiteurs par an. L’intérêt les acteurs naturalistes locaux pour les espèces rares d’oiseaux et d’amphibiens qu’il abrite, lui vaut finalement d’être désigné comme site Natura 2000. L’histoire de la construction du parc est étroitement liée à l’influence de l’idéologie hygiéniste sur l’aménagement de la banlieue de Paris. La redéfinition de l’action publique et son appropriation de la question de la biodiversité comme objectif de gestion constitue un tournant par rapport à cette historie, au travers d’un remplacement du modèle paysager institutionnel des espaces verts par un nouveau modèle institutionnel, celui de l’espace naturel urbain, dont la gestion emprunte à l’horticulture et à la restauration écologique. La redéfinition du statut des lieux se traduit par des modes de sélections nouveaux des savoirs et des pratiques légitimes, à l’aune de l’écologie scientifique. La rationalisation de l’action publique en faveur de la biodiversité s’accompagne de déplacements des contraintes qui pèsent sur les pratiques citadines, et produisent de nouveaux dispositifs de surveillance qui restent néanmoins toujours lacunaires.

Thèse intégralement accessible en version PDF (23.86 Mo) sur Hal-Shs.

Arbres et paysages

Appel à contributions d’articles pour le numéro 16 de la revue Projets de Paysage

Le numéro 16 de la revue Projets de paysage fait suite au colloque « Arbre(s) et paysage(s) » organisé à Blois par l’École de la nature et du paysage dans le cadre de la Biennale nature et paysage 2016 sur le thème de l’arbre. L’arbre, c’est presque l’invariant du paysage reconnu comme le tiers entre société et nature. Objet géographique facilement perçu, l’arbre a du sens puisqu’il participe à la construction de l’espace et à son évolution. À la fois héritage intergénérationnel et ressource pour l’avenir, l’arbre se prête aux recherches au filtre d’une approche plus intégrée, capable de considérer à la fois sa biologie, sa fonction économique, et sa dimension socioculturelle, symbolique et historique.

Le colloque fut l’occasion de croiser les approches de chercheurs, de praticiens et de professionnels de la gestion des territoires autour de problématiques liées à l’arbre et aux paysages.

Ce dossier thématique entend saisir les relations qu’entretiennent les sociétés avec les paysages arborés au regard de diverses approches disciplinaires ou interdisciplinaires, de différents espaces géographiques, échelles de temps et socio-écosystèmes.

L’arbre est une composante essentielle des paysages tant dans les territoires urbains que ruraux. Les réflexions sur le cadre de vie, les trames arborées, mais également sur la gestion et la protection du patrimoine arboré sont portées par les travaux de recherche  éclairant ainsi les enjeux actuels socioculturels, économiques ou écologiques et plus généralement de développement durable liés à l’arbre et aux paysages.

L’objectif de ce numéro est d’explorer les problématiques intégrant arbres et acteurs impliqués dans la connaissance ou l’action sur les paysages arborés.

Voir les thématiques et les modalités de soumission sur le site de Calenda.

Espaces forestiers et sociétés en Avesnois (XIVe – début du XVIIIe siècle) : étude du paysage

Thèse de Marie Debarre, Histoire. Université de Valenciennes et du Hainaut-Cambresis, 2016, 1072 p.

La forêt n’est pas un espace naturel comme nous l’avons longtemps pensé. En utilisant l’ensemble des services que lui offre la forêt, l’homme influence la dynamique des espaces forestiers. L’objectif de cette thèse, s’inscrivant dans le champ de l’histoire de l’environnement, est d’analyser, dans le temps long, les interrelations entre paysages et sociétés riveraines, d’identifier les ruptures et continuités paysagères qui ont jalonné l’histoire forestière de l’Avesnois pour aboutir à ce que nous connaissons aujourd’hui. Cette recherche a été menée dans le cadre d’un contrat Cifre participant au Plan Forêt Régional – dont l’objectif est de doubler la superficie boisée sur l’ensemble du territoire d’ici une vingtaine d’années- et au Schéma Régional de Cohérence Ecologique Trames Vertes et Bleues. Ce dispositif en Sciences humaines et plus particulièrement en Histoire étant rare, il a fallu construire une démarche au carrefour de la démarche fondamentale et la démarche appliquée. Car non seulement il s’agissait d’analyser les modalités des actions humaines et leurs impacts sur les espaces forestiers mais il fallait plus particulièrement répondre à une demande des acteurs du monde forestier actuel conditionnant ainsi certaines problématiques scientifiques. Essentiel à la compréhension des interactions entre l’homme et son milieu, l’emboîtement des échelles spatio-temporelles constitue le cœur de cette recherche. La prise en considération de l’importance des emboîtements des échelles d’analyses, impliquant un croisement de sources de nature variée, ont conduit à une réflexion sur les outils et les méthodes à employer pour répondre aux questionnements initiaux. Tout en composant avec les limites des sources qu’il étudie, l’historien offre un recul sur les processus spatio-temporels qui ont fabriqué le paysage forestier d’aujourd’hui. Cette distanciation est nécessaire pour mener à bien les politiques environnementales actuelles : préserver un paysage, sa biodiversité doit nécessairement interroger le temps.

Thèse intégralement accessible en version PDF (40,36 Mo) sur Tel.

Arbre(s) et paysage(s)

Colloque organisé par l’École de la Nature et du Paysage, Blois (France), 16 et 17 mars 2016

Organisé dans le cadre de la biennale Nature et Paysage 2016, « Arbre(s) & Paysage(s) » (à l’initiative du CAUE 41, Agglopolys, INSA CVL), le colloque souhaite être un lieu d’échange et de débat autour de l’arbre et des enjeux qui y sont associés en lien avec le paysage.

L’arbre est une composante essentielle des paysages tant dans les territoires urbains que ruraux. Les réflexions autour des trames vertes et bleues, du cadre de vie mais également sur les modes de gestion et de protection du patrimoine végétal ou de la biodiversité liée aux arbres ont été développées ces dernières années. Ces approches ont été menées tant dans les travaux de recherche qu’opérationnels et ont permis d’identifier des enjeux écologiques, économiques mais également socioculturels.

L’objectif de ce colloque est de faire se rencontrer des chercheurs traitant de problématique intégrant l’arbre mais également des acteurs impliqués dans des actions de gestion ou de protection du paysage arboré. Les travaux de thèse et de jeunes chercheurs seront plus spécifiquement privilégiés afin d’aborder des thématiques nouvellement développées.

Il s’agira ici de s’intéresser plus spécifiquement à trois entrées thématiques permettant de coupler des approches de différentes disciplines :

  1. Le patrimoine arboré et paysage, en milieu urbain et rural : l’arbre est de plus en plus considéré comme un patrimoine à identifier et protéger. Nous nous interrogerons sur ce qui fait sa spécificité, les dispositifs d’inventaire, de gestion et de protection, et comment il contribue à la diversité des paysages mais également sur les conflits d’usage dont il peut être source.
  2. Les paysages d’arbres hors forêt : les arbres hors de la forêts ont été identifiés comme contribuant au fonctionnement des écosystèmes et des sociosystèmes en Europe mais aussi sous d’autres latitudes. Nous souhaitons mobiliser ici les travaux portant plus spécifiquement sur les zones d’interfaces entre les espaces ruraux et les espaces agricoles ainsi que de milieux spécifiques comme le littoral. 
  3. Arbre et biodiversité : la composante arborée de la biodiversité sera interrogée en tant qu’élément contribuant à la richesse écologique et génétique mais également à la structuration des écosystèmes.

Voir le programme détaillé sur Calenda.