ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archives de patrimoine

Produits oubliés, produits menacés, produits disparus Causes et mécanismes du déclin, XIVe-XXIe siècle

Colloque international, Université Bordeaux Montaigne, 4-6 avril 2017

Dans le cadre du programme TERESMA qui s’intéresse aux liens entre produits de terroirs, territoires, espaces et marchés hier et aujourd’hui, ce colloque se propose d’essayer de comprendre les causes et les mécanismes du déclin de certains produits du XIVe au XXIe siècle. Si l’histoire et les sciences sociales en général se sont beaucoup intéressées aux success stories, aux produits qui ont réussi à se diffuser largement, à s’inscrire dans la durée, à assoir leur notoriété et à entraîner la croissance de secteurs économiques, d’entreprises ou de territoires, l’échec peut lui aussi être un objet historique permettant de mettre en lumière les transformations économiques, sociales et culturelles d’une époque et d’un espace. Étudier les multiples processus de déclin, de la menace latente sur un aliment à sa disparition définitive, conduit ainsi à interroger les choix alimentaires et leurs contraintes, les orientations du secteur agro-alimentaire ou les politiques menées dans ce domaine.

Programme sur le carnet de Teresma.

La culture du cresson en Essonne : valorisation d’un produit, reconnaissance d’un terroir ?

Article de Laurène Matern Camille Millot Vincent Moriniaux Martine Tabeaud paru dans « Food Geography », 2012, Terroirs et appellations d’origine en France et dans le monde, pp.6-15.

La culture traditionnelle du cresson en Essonne, et en France de manière générale, connaît depuis les années 1960 une crise qui la met en difficulté et risque, à terme, de la faire disparaître. Pourtant fréquemment consommé pendant la première moitié du XX e siècle, ce produit est aujourd’hui oublié des consommateurs et ne trouve plus sa place dans les pratiques alimentaires actuelles. De plus, les cressonnières sont aujourd’hui mises en danger par une périurbanisation croissante et des normes sanitaires mal adaptées. Or, elles constituent un patrimoine à la fois culturel et paysager. Ces atouts peuvent permettre au cresson essonnien d’être reconnu en tant que produit de terroir typique et, à terme, d’être protégé et valorisé à l’échelle nationale.

Article intégralement accessible en version PDF (854 Ko) sur Hal-Shs.

Arbre(s) et paysage(s)

Colloque organisé par l’École de la Nature et du Paysage, Blois (France), 16 et 17 mars 2016

Organisé dans le cadre de la biennale Nature et Paysage 2016, « Arbre(s) & Paysage(s) » (à l’initiative du CAUE 41, Agglopolys, INSA CVL), le colloque souhaite être un lieu d’échange et de débat autour de l’arbre et des enjeux qui y sont associés en lien avec le paysage.

L’arbre est une composante essentielle des paysages tant dans les territoires urbains que ruraux. Les réflexions autour des trames vertes et bleues, du cadre de vie mais également sur les modes de gestion et de protection du patrimoine végétal ou de la biodiversité liée aux arbres ont été développées ces dernières années. Ces approches ont été menées tant dans les travaux de recherche qu’opérationnels et ont permis d’identifier des enjeux écologiques, économiques mais également socioculturels.

L’objectif de ce colloque est de faire se rencontrer des chercheurs traitant de problématique intégrant l’arbre mais également des acteurs impliqués dans des actions de gestion ou de protection du paysage arboré. Les travaux de thèse et de jeunes chercheurs seront plus spécifiquement privilégiés afin d’aborder des thématiques nouvellement développées.

Il s’agira ici de s’intéresser plus spécifiquement à trois entrées thématiques permettant de coupler des approches de différentes disciplines :

  1. Le patrimoine arboré et paysage, en milieu urbain et rural : l’arbre est de plus en plus considéré comme un patrimoine à identifier et protéger. Nous nous interrogerons sur ce qui fait sa spécificité, les dispositifs d’inventaire, de gestion et de protection, et comment il contribue à la diversité des paysages mais également sur les conflits d’usage dont il peut être source.
  2. Les paysages d’arbres hors forêt : les arbres hors de la forêts ont été identifiés comme contribuant au fonctionnement des écosystèmes et des sociosystèmes en Europe mais aussi sous d’autres latitudes. Nous souhaitons mobiliser ici les travaux portant plus spécifiquement sur les zones d’interfaces entre les espaces ruraux et les espaces agricoles ainsi que de milieux spécifiques comme le littoral. 
  3. Arbre et biodiversité : la composante arborée de la biodiversité sera interrogée en tant qu’élément contribuant à la richesse écologique et génétique mais également à la structuration des écosystèmes.

Voir le programme détaillé sur Calenda.

Création, patrimonialisation et marchandisation dans le monde de la rose

Carnet de recherche du programme RosesMonde, Programme financé par l‘ANR – Cultures, patrimoines, création (DS0805) 2015

Objets vivants de culture et de nature, les plantes ornementales sont entrées dans le domaine du patrimoine dans les années 1970-80. Redonnant valeur à des variétés tombées en désuétude, cette patrimonialisation se nourrit d’une critique esthétique de l’offre horticole et d’une critique de la marchandisation. L’originalité de la création dans ce secteur est son caractère hybride, à la fois création à vocation esthétique et obtention fondée sur des savoirs génétiques. RosesMonde s’intéresse à cette hybridité créative et à son intrication avec les logiques de patrimonialisation et de marchandisation du capitalisme esthétique, à travers un produit : la rose, au carrefour des industries culturelles et de l’agro-business. Comment la création variétale rosicole enregistre-t-elle la tension entre marchandisation et patrimonialisation, au cœur des dynamiques sociales et politiques actuelles ?
Pour répondre à cette question, un consortium associant des chercheurs en SHS (géographes, historiens, économistes et sociologues) à des généticiens met en œuvre une approche comportant trois entrées : par les variétés, par les acteurs, par les lieux, avant de déboucher sur des études de cas à valeur heuristique et synthétique.
Voir le Carnet en ligne ici.

Canal du midi, les platanes qu’on abat

Reportage de Corinne Cutilla, émission « Interception » de Pascal Dervieux et Lionel Thompson, radio France Inter, 2.11. 2014

Le Canal du Midi : c’est l’un des joyaux paysagers et touristiques de la France. Il est inscrit depuis 1996 au patrimoine de l’Humanité établi par l’UNESCO. Mais aujourd’hui, sa parure est en danger. Interception vous propose une balade le long du Canal du Midi. Cette voie conçue au XVIIe siècle chemine entre les régions Midi-Pyrénées et Languedoc Roussillon sur une longueur de 240 km. Elle est bordée par 42 000 platanes. Les plus anciens ont deux siècles d’existence. Ils formaient jusqu’à présent une voûte végétale unique. Mais le Canal se déplume : en 2006, on y a découvert un parasite, le chancre coloré. Un parasite tellement virulent qu’il met en péril l’ensemble des platanes du Canal. Et au-delà, ce sont tous les platanes de France qui sont menacés. Pour tenter de contenir, ou au moins de ralentir l’extension du mal, un immense chantier est en cours : c’est un chantier radical, puisqu’il s’agit d’abattre, non seulement les arbres malades, mais aussi tous ceux qui les entourent, pendant qu’à Toulouse, des chercheurs espèrent trouver une solution qui mettra un terme au massacre.

A (ré) écouter sur la page de l’émission.

L’art du bois à Sanaa. Architecture domestique

Ouvrage de Guillemette Bonnenfant et Paul Bonnenfant, Iremam, ed. Edisud, 1987, 192 p.

Sanaa… Ébloui par la blancheur du plâtre, admirant la richesse des vitraux et des motifs de briques, le visiteur perçoit souvent mal les décors de bois. Il a bien des excuses. Leurs volumes visuels sont modestes par rapport à la masse des façades : limités aux portes et menuiseries de fenêtres, ils sont souvent situés en hauteur et peu visibles de la rue. Il n’occupent pas de surfaces considérables comme sur les façades de la mer Rouge. Pourtant les décors de bois existent dans l’architecture domestique de Sanaa. Mais ils sont discrets et, de fait, s’apprécient surtout de l’intérieur. Seule, la porte d’entrée sur la rue peut vraiment être appréciée par le passant qui doit franchir le seuil pour goûter le reste. Dans la pénombre, au bas de l’escalier, il devine une autre belle porte. Aux étages, des portes parfois somptueuses séparent le vestibule des escaliers et des pièces qu’il dessert. Entré dans l’intimité d’un dîwân ou d’une chambre, le visiteur peut alors apprécier ce qu’il n’avait pas vu de la rue : des volets de bois aux décors sculptés ou peints commandent l’accès aux moucharabiehs, la richesse de leurs motifs apparaît pleinement dans le contre-jour. L’ouvrage, agrémenté d’une abondante illustration – plus de 400 dessins, 161 photos en noir et blanc, 17 en couleurs -, expose les divers aspects de l’Art du bois à Sanaa. Portes et volets, grilles et moucharabiehs : après l’étude des décors et de leur genèse, le livre entraîne dans un musée imaginaire où seraient rassemblées les plus belles œuvres de la capitale yéménite, un des fleurons du patrimoine arabe, désormais objet d’une campagne de sauvegarde de l’UNESCO.

Ouvrage intégralement accessible sur OpenBooks Editions.

 

Habiter le patrimoine : la maison-jardin à Hue

Thèse de Thi Huong Hué Nguyen, Université Michel de Montaigne – Bordeaux III (Géographie),23/05/2013, Denis Retaille ; Ghislaine Marie Mellac (Dir.), 257 p.

Les monuments de Hué sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO depuis 1993. Ils contribuent, par leur histoire même, au rachat d’une guerre qui a aussi été fratricide. La patrimonialisation des constructions impériales entrent dans une politique de construction de l’identité nationale par la culture et le lieu où l’unité vietnamienne s’est la première fois unifiée. La demande de l’organisation internationale qui porte désormais sur le  » paysage culturel  » suit la même orientation en valorisant ce qui devient une iconographie territoriale. L’extension du patrimoine au  » paysage culturel  » inclut nécessairement les  » maisons-jardin  » qui, outre les monuments impériaux, font la gloire d’une culture de Hué très subtile, à la fois élevée et modeste. La continuité de la nature à l’habitat est assurée par le jardin ordonné selon les règles de la géomancie. Mais les maisons-jardin ne sont plus, pour la majorité de leurs habitants, les résidences des mandarins, des artistes et des musiciens de cours. L’histoire est passée par là, provoquant une tension qui a pu être politique (idéologique), qui est sociale et économique assurément. Le discours traditionnaliste qui s’est réveillé autour de l’opération de patrimonialisation visant une  » capitale féodale orientale  » (ICOMOS, sic, n’est pas sans trouver contradiction dans la réalité contemporaine de l’habitat. Comment peut-on habiter le patrimoine et échapper à la seule vocation touristique qui conduit au musée ou au folklore. C’est à quoi cette thèse tente de répondre.

Thèse intégralement accessible en version PDF (111 Mb) sur HAL-SHS.