ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archives de patrimoine

Arbre(s) et paysage(s)

Colloque organisé par l’École de la Nature et du Paysage, Blois (France), 16 et 17 mars 2016

Organisé dans le cadre de la biennale Nature et Paysage 2016, « Arbre(s) & Paysage(s) » (à l’initiative du CAUE 41, Agglopolys, INSA CVL), le colloque souhaite être un lieu d’échange et de débat autour de l’arbre et des enjeux qui y sont associés en lien avec le paysage.

L’arbre est une composante essentielle des paysages tant dans les territoires urbains que ruraux. Les réflexions autour des trames vertes et bleues, du cadre de vie mais également sur les modes de gestion et de protection du patrimoine végétal ou de la biodiversité liée aux arbres ont été développées ces dernières années. Ces approches ont été menées tant dans les travaux de recherche qu’opérationnels et ont permis d’identifier des enjeux écologiques, économiques mais également socioculturels.

L’objectif de ce colloque est de faire se rencontrer des chercheurs traitant de problématique intégrant l’arbre mais également des acteurs impliqués dans des actions de gestion ou de protection du paysage arboré. Les travaux de thèse et de jeunes chercheurs seront plus spécifiquement privilégiés afin d’aborder des thématiques nouvellement développées.

Il s’agira ici de s’intéresser plus spécifiquement à trois entrées thématiques permettant de coupler des approches de différentes disciplines :

  1. Le patrimoine arboré et paysage, en milieu urbain et rural : l’arbre est de plus en plus considéré comme un patrimoine à identifier et protéger. Nous nous interrogerons sur ce qui fait sa spécificité, les dispositifs d’inventaire, de gestion et de protection, et comment il contribue à la diversité des paysages mais également sur les conflits d’usage dont il peut être source.
  2. Les paysages d’arbres hors forêt : les arbres hors de la forêts ont été identifiés comme contribuant au fonctionnement des écosystèmes et des sociosystèmes en Europe mais aussi sous d’autres latitudes. Nous souhaitons mobiliser ici les travaux portant plus spécifiquement sur les zones d’interfaces entre les espaces ruraux et les espaces agricoles ainsi que de milieux spécifiques comme le littoral. 
  3. Arbre et biodiversité : la composante arborée de la biodiversité sera interrogée en tant qu’élément contribuant à la richesse écologique et génétique mais également à la structuration des écosystèmes.

Voir le programme détaillé sur Calenda.

Création, patrimonialisation et marchandisation dans le monde de la rose

Carnet de recherche du programme RosesMonde, Programme financé par l‘ANR – Cultures, patrimoines, création (DS0805) 2015

Objets vivants de culture et de nature, les plantes ornementales sont entrées dans le domaine du patrimoine dans les années 1970-80. Redonnant valeur à des variétés tombées en désuétude, cette patrimonialisation se nourrit d’une critique esthétique de l’offre horticole et d’une critique de la marchandisation. L’originalité de la création dans ce secteur est son caractère hybride, à la fois création à vocation esthétique et obtention fondée sur des savoirs génétiques. RosesMonde s’intéresse à cette hybridité créative et à son intrication avec les logiques de patrimonialisation et de marchandisation du capitalisme esthétique, à travers un produit : la rose, au carrefour des industries culturelles et de l’agro-business. Comment la création variétale rosicole enregistre-t-elle la tension entre marchandisation et patrimonialisation, au cœur des dynamiques sociales et politiques actuelles ?
Pour répondre à cette question, un consortium associant des chercheurs en SHS (géographes, historiens, économistes et sociologues) à des généticiens met en œuvre une approche comportant trois entrées : par les variétés, par les acteurs, par les lieux, avant de déboucher sur des études de cas à valeur heuristique et synthétique.
Voir le Carnet en ligne ici.

Canal du midi, les platanes qu’on abat

Reportage de Corinne Cutilla, émission « Interception » de Pascal Dervieux et Lionel Thompson, radio France Inter, 2.11. 2014

Le Canal du Midi : c’est l’un des joyaux paysagers et touristiques de la France. Il est inscrit depuis 1996 au patrimoine de l’Humanité établi par l’UNESCO. Mais aujourd’hui, sa parure est en danger. Interception vous propose une balade le long du Canal du Midi. Cette voie conçue au XVIIe siècle chemine entre les régions Midi-Pyrénées et Languedoc Roussillon sur une longueur de 240 km. Elle est bordée par 42 000 platanes. Les plus anciens ont deux siècles d’existence. Ils formaient jusqu’à présent une voûte végétale unique. Mais le Canal se déplume : en 2006, on y a découvert un parasite, le chancre coloré. Un parasite tellement virulent qu’il met en péril l’ensemble des platanes du Canal. Et au-delà, ce sont tous les platanes de France qui sont menacés. Pour tenter de contenir, ou au moins de ralentir l’extension du mal, un immense chantier est en cours : c’est un chantier radical, puisqu’il s’agit d’abattre, non seulement les arbres malades, mais aussi tous ceux qui les entourent, pendant qu’à Toulouse, des chercheurs espèrent trouver une solution qui mettra un terme au massacre.

A (ré) écouter sur la page de l’émission.

L’art du bois à Sanaa. Architecture domestique

Ouvrage de Guillemette Bonnenfant et Paul Bonnenfant, Iremam, ed. Edisud, 1987, 192 p.

Sanaa… Ébloui par la blancheur du plâtre, admirant la richesse des vitraux et des motifs de briques, le visiteur perçoit souvent mal les décors de bois. Il a bien des excuses. Leurs volumes visuels sont modestes par rapport à la masse des façades : limités aux portes et menuiseries de fenêtres, ils sont souvent situés en hauteur et peu visibles de la rue. Il n’occupent pas de surfaces considérables comme sur les façades de la mer Rouge. Pourtant les décors de bois existent dans l’architecture domestique de Sanaa. Mais ils sont discrets et, de fait, s’apprécient surtout de l’intérieur. Seule, la porte d’entrée sur la rue peut vraiment être appréciée par le passant qui doit franchir le seuil pour goûter le reste. Dans la pénombre, au bas de l’escalier, il devine une autre belle porte. Aux étages, des portes parfois somptueuses séparent le vestibule des escaliers et des pièces qu’il dessert. Entré dans l’intimité d’un dîwân ou d’une chambre, le visiteur peut alors apprécier ce qu’il n’avait pas vu de la rue : des volets de bois aux décors sculptés ou peints commandent l’accès aux moucharabiehs, la richesse de leurs motifs apparaît pleinement dans le contre-jour. L’ouvrage, agrémenté d’une abondante illustration – plus de 400 dessins, 161 photos en noir et blanc, 17 en couleurs -, expose les divers aspects de l’Art du bois à Sanaa. Portes et volets, grilles et moucharabiehs : après l’étude des décors et de leur genèse, le livre entraîne dans un musée imaginaire où seraient rassemblées les plus belles œuvres de la capitale yéménite, un des fleurons du patrimoine arabe, désormais objet d’une campagne de sauvegarde de l’UNESCO.

Ouvrage intégralement accessible sur OpenBooks Editions.

 

Habiter le patrimoine : la maison-jardin à Hue

Thèse de Thi Huong Hué Nguyen, Université Michel de Montaigne – Bordeaux III (Géographie),23/05/2013, Denis Retaille ; Ghislaine Marie Mellac (Dir.), 257 p.

Les monuments de Hué sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO depuis 1993. Ils contribuent, par leur histoire même, au rachat d’une guerre qui a aussi été fratricide. La patrimonialisation des constructions impériales entrent dans une politique de construction de l’identité nationale par la culture et le lieu où l’unité vietnamienne s’est la première fois unifiée. La demande de l’organisation internationale qui porte désormais sur le  » paysage culturel  » suit la même orientation en valorisant ce qui devient une iconographie territoriale. L’extension du patrimoine au  » paysage culturel  » inclut nécessairement les  » maisons-jardin  » qui, outre les monuments impériaux, font la gloire d’une culture de Hué très subtile, à la fois élevée et modeste. La continuité de la nature à l’habitat est assurée par le jardin ordonné selon les règles de la géomancie. Mais les maisons-jardin ne sont plus, pour la majorité de leurs habitants, les résidences des mandarins, des artistes et des musiciens de cours. L’histoire est passée par là, provoquant une tension qui a pu être politique (idéologique), qui est sociale et économique assurément. Le discours traditionnaliste qui s’est réveillé autour de l’opération de patrimonialisation visant une  » capitale féodale orientale  » (ICOMOS, sic, n’est pas sans trouver contradiction dans la réalité contemporaine de l’habitat. Comment peut-on habiter le patrimoine et échapper à la seule vocation touristique qui conduit au musée ou au folklore. C’est à quoi cette thèse tente de répondre.

Thèse intégralement accessible en version PDF (111 Mb) sur HAL-SHS.

Le futur Parc Naturel Régional des Boucles du Rhône : une structure porteuse pour la valorisation du patrimoine en Nord Isère ?

Mémoire de Jérôme Deschamps, Master 2 Pro, IEP Grenoble, 2006, Jean Guibal (Dir.), 85 p.

Les Parcs naturels régionaux sont créés pour protéger et mettre en valeur de grands espaces ruraux habités. Peut être classé Parc naturel régional un territoire à dominante rurale dont les paysages, les milieux naturels et le patrimoine culturel sont de grande qualité, mais dont l’équilibre est fragile. Un Parc naturel régional s’organise autour d’un projet concerté de développement durable, fondé sur la protection et la valorisation de son patrimoine naturel et culturel. Le plateau de l’Isle Crémieu est éligible à la création d’un Parc Naturel Régional selon les critères de la Région Rhône Alpes, qui a rendu un avis favorable en juillet 2003. Ce parc répondrait à une attente de la population et surtout du public qui verrait d’un bon oeil un « poumon vert » à quelques dizaines de minutes de l’agglomération lyonnaise. À ce titre, la complémentarité de l’offre touristique serait un bon atout. Le territoire de la Boucle du Rhône est-il propice à une conciliation harmonieuse entre protection et développement ? Quelles actions pourraient se mettre en place pour animer et mettre en valeur le patrimoine ? Une superposition entre un Parc naturel régional et un label Villes et Pays d’Art et d’Histoire est-elle envisageable ? Notre développement suivra une logique en trois partie. Tout d’abord, nous prendrons soin d’analyser le dispositif des « Parcs naturels régionaux », en traitant entre autre des aspects historiques de la notion, de son évolution législatives, de ses principes politiques et de gestion. Par la suite, nous nous focaliserons sur la région Rhône-Alpes, territoire aux nombreux espaces naturels et culturels de qualité, ce qui en fait un terrain privilégié pour voir se développer ce type de dispositif. Nous nous attarderons dans cette seconde partie sur des politiques culturelles et patrimoniales menées dans des Parcs plus ou moins anciens et parfois extérieurs à Rhône-Alpes, ce qui nous donnera un aperçu des actions qui pourraient être menées dans le futur Parc des Boucles du Rhône. Enfin, notre troisième partie sera exclusivement centrée sur le territoire du Haut Rhône Dauphinois, où doit naître le futur Parc, ce qui nous amènera à étudier le projet, et le territoire dans lequel il s’inscrit, en privilégiant bien entendu la dimension patrimoniale de cet espace, notamment en s’attardant sur possible relance d’un label « Pays d’Art et d’Histoire » sur le périmètre.

Mémoire intégralement accessible en version PDF (2, 9 Mb) sur Dumas.

Leçon de terrain en forêt libanaise

Billet de Justine Pasquier paru sur le site des Cafés Géographiques, 1er mars 2013

« Qu’est-ce que c’est que cette m… ? ». Que répondre à des étudiants de licence de géographie qui expriment leur désappointement face aux troncs torturés que l’on découvre au cœur de la forêt des Cèdres de Dieu (Nord-Liban) ?

J. Pasquier

Ce fameux bosquet nommé Arz el Rabb, est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en tant que Paysage Culturel depuis 1998. Bien que l’inscription soit censée mettre en avant la valeur universelle exceptionnelle d’un site, la question est posée de ce qui fait ou a pu faire la valeur de ce « simple bouquet d’arbres » pour reprendre l’expression de Jacques Eddé (1964).

D’une superficie de 11 hectares, cette forêt fait effectivement bien pâle figure au sein du cirque dénudé dans lequel elle se trouve. Pourtant, elle est demeurée l’objet de toutes les attentions depuis des siècles de la part du Patriarcat maronite, des voyageurs, des touristes et des populations autochtones… »

Lire la suite sur le site des Cafés.