ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archives de patrimoine naturel

Effervescence patrimoniale au Sud. Entre nature et société

Ouvrage, Dominique Juhé-Beaulaton, Marie-Christine Cormier-Salem, Pascale de Robert et Bernard Roussel (dir.), IRD Editions, coll. Latitudes 23, Marseille, 2013.

Dans les pays du Nord comme dans ceux du Sud, la patrimonialisation de la nature connaît actuellement un engouement de plus en plus vif. Des espèces aux espaces, des pratiques aux savoirs, les champs du patrimoine ne cessent de s’étendre, de se diversifier, et les processus de patrimonialisation de se multiplier : les populations locales interviennent de plus en plus fréquemment dans les démarches d’identification, de reconnaissance, de réhabilitation et de valorisation de leur patrimoine.

Cette mise en patrimoine s’accompagne cependant souvent de conflits de représentations ou d’intérêts. Les acteurs locaux questionnent notamment les objectifs des instruments de réglementation ou de qualification et s’inquiètent de la multiplication des normes et obligations qui accompagnent la culture imposée d’une plante, la mise en place d ́une indication géographique ou la création d’un parc national.

Cet ouvrage pluridisciplinaire met l’accent sur les nouveaux types de patrimoines (cultivars, pratiques gastronomiques, savoirs et savoir-faire locaux, etc.) et les nouveaux instruments de mise en valeur du patrimoine, naturel et culturel. Sont en particulier analysés les jeux d’acteurs, du local au global, les recompositions sociales, les réorganisations spatiales et institutionnelles, dans des contextes écologiques, politiques, économiques et sociaux en pleine mutation. Il offre un état des lieux actualisé et original sur les dangers de la patrimonialisation, ses limites et ses dérives.  

Extraits de l’ouvrage accessible sur Open Edition Books.

Des arbres au coeur d’une émotion. La fabrique d’un consensus patrimonial : le parc de Versailles après la tempête

Ouvrage de Véronique Dassié, Les carnets du Lahic, Ministère de la Culture, direction générale des Patrimoines, département pilotage de la recherche et de la politique scientifique, 2014, n°9, 223 p.

En 1999, une tempête dévaste le territoire français. Rapidement, l’attention se cristallise sur le parc du château de Versailles où de nombreux arbres multi-centenaires ont été abattus par les vents. L’enquête ethnographique menée sur cette émotion patrimoniale révèle toutes les contradictions du rapport à la nature chez nos contemporains et analyse les rouages du consensus patrimonial auquel il a donné forme. Ce carnet analyse les conditions qui ont permis la mobilisation d’une communauté d’action aussi éphémère qu’atomisée autour d’une émotion aux multiples facettes. L’histoire du parc, elle-même constitutive de la notion de patrimoine collectif, révèle l’importance de la nature pour faire culture commune.

Ouvrage intégralement accessible en version PDF (3.5 Mo) sur Hal-Amu.

Les plantes de montagne : regards et débats sur un patrimoine

Actes de colloque de Marlène Albert-Llorca, Raphaële Garreta et Jean-Paul Métailié, Université Toulouse le Mirail, Maison de la Recherche, 6-8 Novembre 2009, 127 p.

L’idée que la nature est un patrimoine que l’humanité se doit de conserver est aujourd’hui largement admise. Plus problématique est la question des moyens à mettre en œuvre pour atteindre ce but. Car cet objectif ne suppose pas seulement qu’on dispose de savoirs et de techniques scientifiquement valides mais aussi qu’on prenne en compte les enjeux sociaux, économiques et symboliques des processus de patrimonialisation. C’est autour de ces prémisses que le colloque international  » Les plantes de montagne : regards et débats sur un patrimoine  » a réuni du 6 au 8 novembre 2009 à l’Université de Toulouse II des chercheurs en sciences sociales (géographes, sociologues, ethnologues) et des naturalistes ou écologues, appartenant pour la plupart à des institutions chargées de la conservation de la nature ou de la gestion des espaces naturels. Deux types de questions ont été abordées. D’une part, les processus de patrimonialisation de la flore : leurs justifications scientifiques et les questions qu’elles soulèvent, leurs enjeux socio-économiques et symboliques (les plantes peuvent avoir une valeur emblématique de l’identité régionale ou nationale), les tensions sociales suscitées par les mesures de protection de certains habitats ou espèces végétales utilisées par les populations locales. L’autre volet du colloque a porté sur les débats concernant la gestion patrimoniale de la végétation. Faut-il laisser faire la nature ou intervenir sur ses dynamiques pour conserver la biodiversité ? Et, dans ce cas, faut-il laisser aux scientifiques le soin d’intervenir ou faut-il tenir compte aussi, et comment, des savoirs et savoir-faire traditionnels des populations locales ?

Actes intégralement accessibles en version PDF (3.91 Mo) sur Hal-Shs et sur Symposciences.

 

Les labels dans le domaine du patrimoine culturel et naturel

Colloque, Orléans, 15 et 16 décembre 2016

Apparue dans les années soixante, l’utilisation de la technique du label en matière de patrimoine connaît depuis quelques années une croissance spectaculaire.

Issue du domaine de l’activité économique, ce label appliqué au patrimoine rend compte de l’ouverture du champ patrimonial à toute une série de nouveaux objets, en référence au sens anthropologique. D’initiative publique ou privée, il se retrouve à toutes les échelles territoriales : régionale, nationale mais aussi européenne et internationale.

Au regard de cette évolution, le colloque entend porter l’accent sur la typologie diversifiée de ces labels, sur leur portée juridique et leur impact auprès des acteurs du patrimoine et des publics.

Voir l’intégralité du programme sur Calenda.

Canal du midi, les platanes qu’on abat

Émission « Interception », reportage de Corinne Cutilla, radio France Inter, 19. 07. 2015

Le Canal du Midi : c’est l’un des joyaux paysagers et touristiques de la France. Il est inscrit depuis 1996 au patrimoine de l’Humanité établi par l’UNESCO.  Mais aujourd’hui, sa parure est en danger. Interception vous propose une balade le long du Canal du Midi.
Cette voie conçue au XVIIe siècle chemine entre les régions Midi-Pyrénées et Languedoc Roussillon sur une longueur de 240 km. Elle est bordée par 42 000 platanes. Les plus anciens ont deux siècles d’existence. Ils formaient jusqu’à présent une voûte végétale unique.

Mais le Canal se « déplume » : en 2006, on y a découvert un parasite, le chancre coloré. Un parasite tellement virulent qu’il met en péril l’ensemble des platanes du Canal. Et au-delà, ce sont tous les platanes de France qui sont menacés.

Pour tenter de contenir, ou au moins de ralentir l’extension du mal, un immense chantier est en cours : c’est un chantier radical, puisqu’il s’agit d’abattre, non seulement les arbres malades, mais aussi tous ceux qui les entourent, pendant qu’à Toulouse, des chercheurs espèrent trouver une solution qui mettra un terme au massacre.

A ré-écouter sur le site de l’émission.

 

Communiquer sur le patrimoine naturel. Discours de presse locale dans les Ramières de la Drôme, Rhône-Alpes (1981-2008)

Article de Emeline Comby et Yves-François Le Lay paru dans « Développement Durable & Territoires », 5, 2 (2014), p. 17

Les représentations drômoises envers un espace patrimonialisé ont connu d’importantes mutations entre 1981 et 2008. 85 articles et 56 images d’un hebdomadaire local montrent comment se forment les images d’un espace singulier et celles de politiques d’aménagement et de gestion. Des figures animales et végétales sont utilisées tour à tour, dans une optique de marketing territorial. Ce choix d’emblèmes témoigne du passage d’un espace protégé valorisant l’espèce menacée à un vecteur du développement local. Les attentes du public à l’égard de leur patrimoine peuvent alors se distinguer de ce que les scientifiques considèrent comme patrimonial. Les définitions du patrimoine naturel dépendent certes du contexte environnemental, mais aussi politique (avec l’appropriation d’une protection de type top down), économique (avec la mise en tourisme) ou socioculturel.

Accessible intégralement en version PDF (2,9 Mb) sur HAL-SHS.