ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour Paris

Le jardin extraordinaire

Reportage de Rémi Douat, émission Les Pieds sur Terre, radio France Culture, 17.07.2017 (rediffusion du 27. 05 .2011)

Coincé entre deux immeubles du 18ème arrondissement de Paris, le ravissant jardin partagé du « Square des deux Nèthes », à deux pas de la place de Clichy, est le terrain d’une petite lutte entre les jeunes fumeurs de pétards et les néo réacs ou quasi bobos. Les jeunes fumeurs de pétards viennent y prendre leurs aises et les néo réacs’ ou quasi bobos du quartier veulent les chasser pour cultiver leur jardin en paix.

A ré-écouter ici.

Des jardinier.e.s partagé.e.s entre discours et pratiques : du lien social à l’entre-soi

Thèse de Léa Mestdagh, Sociologie. Université Sorbonne Paris Cité, 2015, 456 p.

Centrée sur l’étude de plusieurs jardins partagés parisiens et de proche banlieue, cette thèse se propose de questionner les discours – institutionnels, associatifs, et des jardinier.e.s eux.elles-mêmes – présentant ces jardins comme des lieux de création de lien social. L’enquête de terrain, mêlant observation participante, questionnaires et entretiens semi-directifs, révèle que ces jardins constituent des espaces d’entre-soi, fréquentés par des acteur.rice.s proches, en particulier en termes de positions sociales, de niveaux de diplômes et de pratiques culturelles et de loisirs. Si des liens peuvent émerger dans et par ces jardins, leur portée reste ainsi limitée par le fait qu’ils se créent presque exclusivement entre les membres des collectifs, sélectionné.e.s socialement. L’enjeu de cette thèse est donc de mettre à l’épreuve du terrain l’inadéquation entre les éléments de discours recueillis et les pratiques effectives des acteur.rice.s. Ce travail se situe dans une réflexion plus large à propos du lien social contemporain caractérisé par sa nature élective. Il soulève aussi la participation des collectifs associatifs aux stratégies d’appropriation de l’espace et aux processus ségrégatifs en jeu dans les territoires urbains, en particulier la gentrification en cours à Paris et dans les communes de proche banlieue.

Thèse intégralement accessible en version PDF (8.57 Mo) sur Hal-Shs.

Des tomates sur le toit de la Poste

Emission « L’esprit d’initiative », radio France Inter, 14.03.2017

Sophie Jankowski et son association Communauté Facteur Graine aménagent au mieux le toit terrasse de 700 mètres carrés du centre de tri de la porte de la Chapelle mis à leur disposition par le Groupe La Poste. Aidées par des postiers aux mains vertes, elles agencent au mieux les lieux pour y faire cohabiter toutes sortes de fruits et légumes selon le principe de la permaculture. Un poulailler devrait aussi trouver sa place. Sans oublier des épouvantails créés avec les gens du quartier.

Sophie Jankowski du groupe La poste au micro d’Emmanuel Moreau.

Emission à ré-écouter ici.

 

La RATP étudie un projet de végétalisation du métro

Article de Lisa Burek paru dans Le Monde, 1.03.2017

« Des espaces verts dans le métro pour améliorer la qualité de l’air et l’environnement dans les stations ? C’est l’idée lancée par Susana F. dans le cadre de la consultation citoyenne lancée le 2 novembre 2016 par la RATP. « Il paraît que la qualité de l’air qui circule dans le métro parisien est plus qu’irrespirable : pourquoi ne pas investir dans les plantes dépolluantes ? En plus d’être utiles, elles mettront un peu de couleurs dans les stations », écrit-elle dans sa proposition plébiscitée par les voyageurs. L’idée a récolté le plus grand nombre de voix, 6 133 sur un total de 47 795 votes.

La consultation citoyenne avait été lancée le 2 novembre 2016 par la RATP pour « améliorer ses services ». Au total, 2 211 idées ont été proposées parmi lesquelles la RATP en a choisi 15, selon des critères de faisabilité (technique, financière, juridique) et d’originalité. Elle n’a pas retenu les idées déjà en cours de développement, celles qui contraignaient la sécurité du réseau ou qui touchaient au financement des transports (comme la suppression totale de la publicité).

Les Franciliens ont voté pour n’en garder que cinq, que la RATP s’est engagée à réaliser. Outre les espaces verts, les votants ont demandé des purificateurs d’air dans les stations, contre les mauvaises odeurs, une amélioration des accès aux gares grâce à des ascenseurs ou des rampes à bagages, une application RATP hors connexion et des indications de sorties sur les sites et applis… »

Lire l’intégralité de l’article ici.

De la friche urbaine à la biodiversité. Ethnologie d’une reconquête : La petite ceinture de Paris

Thèse de Julie Scapino, Architecture, aménagement de l’espace. Museum national d’histoire naturelle – MNHN Paris, 2016, 525 p.

L’attention pour la biodiversité se porte aujourd’hui sur les villes : il faut désormais prendre soin des espèces et des écosystèmes jusqu’au cœur des milieux les plus artificiels. Or, accueillir une nature sauvage bouleverse les critères d’ordre et de propreté des espaces urbains, et modifie les cultures professionnelles de leurs concepteurs et gestionnaires. Fin 2011, la Ville de Paris s’est dotée d’un Plan biodiversité. Fondé sur les savoirs de l’écologie scientifique, il doit permettre de renforcer la présence du vivant dans la capitale et affiche la volonté de changer le regard sur le sauvage en ville. Cette politique est confrontée à l’ethnographie d’une vaste friche urbaine, enjeu territorial pour la biodiversité parisienne : la petite ceinture. Construite au XIXe siècle autour de Paris, cette voie ferrée, en grande partie inutilisée, a été colonisée par la flore et la faune. Officiellement interdite au public, elle est pourtant intensément fréquentée par de nombreux habitants. Les rapports au lieu et à la nature qu’il abrite ont été étudiés chez les usagers informels des rails. L’absence de fonction officielle et une surveillance lâche permettent l’existence d’une vie sociale diversifiée, transgressive et inventive. Si la nature n’est pas centrale dans les relations à la friche, elle est une composante de l’identité du lieu. Le développement libre du végétal est valorisé pour sa rareté dans un monde urbain ultra-contrôlé, alors que son intérêt écologique est peu évoqué. En parallèle, la petite ceinture s’institutionnalise au titre de la nature. D’une part, une gestion différenciée est appliquée depuis 2006 par des équipes dont l’action participe d’une mise en ordre de l’espace. D’autre part, la Mairie de Paris aménage certains points du linéaire en jardins associatifs ou publics. L’étude du cas d’une promenade dans le XVe arrondissement révèle une véritable attention portée à la biodiversité. Mais la reconquête du délaissé va aussi de pair avec des modalités nouvelles de maîtrise du vivant et une normalisation du lieu et de sa pratique sociale. Herbes folles et pratiques informelles émergent là où le contrôle se desserre. Si les mauvaises herbes ont été réhabilitées, peut-être est-il possible de changer notre regard sur la fertilité sociale de la friche.

Thèse intégralement accessible en version PDF (23.92 Mo) sur Tel.

Les Buttes Chaumont, le technoparc du Baron Haussmann

Reportage radiophonique, série LSD, radio France Culture, 23.01.2017

Un paysage paysager à Paris. Dans l’histoire de ce parc achevé en 1867, on croise le Baron Haussmann et ce souci d’offrir un morceau de nature aux habitants des villes. Grotte, cascades, rivières et ponts suspendus, le tout dans un mobilier en béton creux imitant des rondins de bois et des rochers.

C’est l’étonnante histoire de ce parc du 2nd Empire achevé en 1867 à côté du village de Belleville, ses principes paysagers, sa mise en scène dramatique et tourmentée faite de grotte, de cascades, de rivières, de ponts suspendus, de belvédère, le tout dans un mobilier en béton creux imitant des rondins de bois, des rochers, des pierres. Y apparaissent en contrepoint les mille et uns personnages qui le peuplent aujourd’hui : gardiens, jardiniers, paysagistes et, bien sûr, ceux qui le pratiquent, s’y promènent, y courent, le traversent.

S’intéresser à grand parc urbain, c’est retourner à ce moment où la ville changeait radicalement de visage et aux tout premiers questionnements sur la place que la modernité pouvait faire à la nature, entre paradis perdu, domestication et paysagisme obligé.

A (re) écouter sur le site de la radio.

 

La Librairie des jardins baisse le rideau

Article de Lucien Jedwab, le Monde, 06. 01. 2016

« C’est par une affichette apposée sur sa devanture que les visiteurs du jardin des Tuileries à Paris ont pu apprendre la fermeture de la Librairie des jardins, programmée pour le 6 janvier par son concessionnaire, la Réunion des musées nationaux (RMN). Attenante à la grille de la place de la Concorde, cette ancienne salle des gardes sous Catherine de Médicis fut transformée en librairie spécialisée par Françoise Simon, en 1996, pour le compte du Centre des ­monuments nationaux, rattaché au ministère de la culture. Elle l’anima pendant une vingtaine d’années, avant de prendre sa retraite en 2015. Elle y a proposé des milliers d’ouvrages, touchant tous les domaines du jardin : patrimoine, histoire, paysage, horticulture, botanique, médecine…

Fréquentée par les professionnels, fleuristes, jardiniers ou paysagistes, par les historiens ou les enseignants, par les touristes ou amateurs de passage, la librairie a accueilli de nombreux auteurs venus y faire des lectures ou participer à des conférences et des débats. Pour Françoise Simon, « attristée » par ce qu’elle nomme un « vaste gâchis », ce « lieu unique » remplissait une « mission culturelle »…

Lire l’intégralité de l’article sur le site du journal.