ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour palmier dattier

Biotechnologies du palmier dattier

Ouvrage dir. par Frédérique Aberlenc-Bertossi, IRD Editions, Marseille, 2010, 261 p.

Le palmier dattier est une plante d’intérêt écologique, économique et social majeur pour de nombreux pays des zones arides qui comptent parmi les plus pauvres du globe. En effet, en créant au milieu du désert un microclimat favorable au développement de cultures sous-jacentes, le palmier dattier constitue l’axe principal de l’agriculture dans les régions désertiques et représente la principale ressource vivrière et financière des populations oasiennes.

Pour traiter les problématiques liées à la culture du palmier au Maghreb, en Afrique et en Europe du Sud, 60 chercheurs font ici un bilan de leurs recherches sur l’évaluation, la conservation et la valorisation des ressources génétiques du palmier dattier, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives pluridisciplinaires.

L’ouvrage présente les dernières avancées scientifiques sur la production à grande échelle, les variations somaclonales et l’amélioration génétique. Enfin, il pose les bases de nouveaux projets internationaux sur la conservation des ressources génétiques du palmier dattier, un enjeu important pour développer l’agriculture oasienne.

Livre intégralement accessible sur le site Open edition Books.

 

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« L’arbre sans rival ». Palmiers dattiers et palmeraies au Moyen-Orient et en Égypte de la préhistoire à nos jours

Article de Margareta Tengberg, Claire Newton, Vincent Battesti paru dans la Revue d’ethnoécologie, n°4, 2013

Article d’introduction au numéro thématique de la la revue consacrée au palmier dattier.

Article intégralement accessible en version PDF (308,79 Ko) sur HAL-SHS.

Le palmier dattier

Numéro spécial de la Revue d’Ethnoécologie, n°4, 2013

Le palmier dattier (Phoenix dactylifera L.) constitue une espèce emblématique des régions chaudes et arides de l’Ancien Monde où il est cultivé depuis la Préhistoire. Malgré son rôle économique primordial, en tant qu’espèce nourricière et élément structurant dans les cultures en palmeraie, son origine et l’histoire ancienne de son exploitation avaient jusqu’alors fait l’objet de très peu de recherches.

palmier dattier

Dans ce numéro spécial, nous avons rassemblé onze textes qui abordent ces thématiques de perspectives très diverses, reflétant les travaux des auteurs venant d’horizons disciplinaires variés. Les questions centrales sont celles de la domestication et de la culture ancienne du palmier dattier, approchées par l’archéologie, l’archéobotanique, la morphométrie géométrique, la génétique et l’iconographie. À ces contributions percevant le palmier dattier dans une perspective historique s’ajoutent deux textes portant sur la gestion de l’agrobiodiversité et des ressources en eau dans des palmeraies actuelles en Oman et en Égypte.

Intégralité du numéro en accès libre sur le site de la revue.

L’agrobiodiversité du dattier (Phœnix dactylifera L.) dans l’oasis de Siwa (Égypte) : entre ce qui se dit, s’écrit et s’oublie

Article de Vincent Battesti, version soumise à publication à la Revue d’Ethnoécologie (Paris/New York/Le Caire, 2013),  juillet 2013

Cet article a pour ambition de mettre au clair la question de l’agrobiodiversité du palmier dattier (Phœnix dactylifera L.) dans l’oasis de Siwa (désert libyque en Égypte) en s’appuyant sur une démarche originale : s’appuyer d’abord sur ses propres données issues d’un travail ethnographique mené sur le terrain entre 2002 et 2012 et, d’autre part, les confronter aux résultats d’une travail d’analyse d’un corpus littéraire, l’ensemble de la littérature ayant évoqué Siwa et ses dattiers (depuis la toute fin du XVIIIe siècle) : la profusion apparente dans ce corpus de noms de  » variétés  » de dattiers à Siwa – mais n’en citant à chaque fois que peu -contraste avec ce petit chiffre d’une quinzaine que j’avance. Il nous faudra à la fois comprendre ou plutôt poser l’hypothèse d’un système local de classification des dattiers et ne pas négliger une autre hypothèse d’une évolution locale de la biodiversité du dattier cultivé. Enfin, cette recherche n’est que le premier étage d’une recherche qui en compte deux : j’ai organisé deux campagnes (2010 et 2011) de collectes d’échantillons de dattes et folioles de cultivars nommés de dattiers de Siwa et d’individus férals d’oasis abandonnées dans le désert environnant Siwa : ce second étage doit mener à l’analyse morphométrique des noyaux de dattes d’une part et à l’analyse génétique des folioles d’autres part, avec la collaboration du Centre de bio-archéologie et d’écologie à Montpellier.

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Article intégralement accessible en version PDF (6,2 Mb) sur HAL-SHS.

Denrées et cultures nouvelles : perceptions et lectures croisées autour des fruits de la Méditerranée historique

Séminaire, Muséum National d’Histoire Naturelle (Paris, France), 7 janvier 2011

Dans le cadre de l’ANR FRUCTIMEDHIS « Denrées et cultures nouvelles : perceptions et lectures croisées autour des fruits de la Méditerranée historique », aura lieu un séminaire de réflexion sur l’introduction d’espèces fruitières nouvelles en France se tiendra au . Il s’agit de confronter les regards et les approches à partir de sources variées iconographiques, historiques, bioarchéologiques, archéogénétiques afin de mieux cerner les proccessus techniques, culturaux, économiques, sociaux d’introduction des fruits venus de l’ailleurs dans le monde occidental aux périodes historiques.

Programme

– Introduction, Aline Durand (LAMM, Université Aix-Marseille), coordinatrice
– Un « fruit sec » aromatique de la cuisine romaine : le cas du Cyprès (Cupressus sempervirens) en Gaule d’après les données archéobotaniques, Marie-Pierre Ruas (AASPE, CNRS) et Laurent Bouby (CBAE, CNRS)
– Introduction des agrumes en Méditerranée occidentale: données textuelles, iconographiques, archéobotaniques. Nouvelles perspectives, Clémence Pagnoux (Paris 1, Master 2), Sylvie Coubray (AASPE, INRAP) et Véronique Zech-Matterne (AASPE, CNRS)
– Les fruits exotiques dans la religion chrétienne au Moyen Age (images et objets), Danielle Alexandre-Bidon (CRH, EHESS)
– Une pratique culturale méconnue au Moyen Âge : le complantage, Carole Puig (ACTER) et Aline Durand (LAMM, Université Aix-Marseille)
– Histoire évolutive et biogéographique du palmier dattier (Phoenix dactylifera), Muriel Gros-Balthazard (CBAE, doctorante Université Montpellier 2), Sarah Ivorra (CBAE, CNRS), Claire Newton (CBAE, université de Nottingham), Jean-Christophe Pintaud (IRD, Montpellier), Jean-Frédéric Terral (CBAE, Université Montpellier 2)
– Le palmier-dattier d’après la littérature agronomique antique et médiévale, Aline Durand (LAMM, Université Aix-Marseille)
– Les vestiges archéobotaniques de dattes (Phoenix dactylifera) en France : contextes et statut du fruit, Laurent Bouby (CBAE, CNRS) et Marie-Pierre Ruas (AASPE, CNRS)
– Production et commerce des dattes dans la Méditerranée médiévale, Mohammed Ouerfelli (LAMM, Université Aix-Marseille)
Contact
Aline Durand (adurand@mmsh.univ-aix.fr)

Les relations équivoques, approches circonspectes pour une socio-écologie des oasis sahariennes

Thèse en Anthropologie sociale de Vincent Battesti, 28/09/1998, Université Paris V, Raymond Pujol (Dir.), 364 p.

L’objectif de ce travail portait sur les relations entre les sociétés et leur milieu naturel. Plusieurs éléments m’incitèrent à travailler sur un modèle de la vie oasienne plus complexe. Ce fut d’abord l’ubiquité d’un déconcertant exotisme dans l’analyse scientifique et ce fut par ailleurs une tendance simplificatrice à concevoir l’oasis comme un « point fertile dans le désert » facile à saisir et comme définie exclusivement par une approche essentialiste de l’élément rare, l’eau.

Mes études antérieures en biologie m’encouragèrent à consacrer spécialement mon travail aux palmeraies des oasis. J’ai surtout travaillé sur une région du Sud tunisien, le Jérid, mais aussi sur Djanet, dans le sud de l’Algérie, et Zagora au Maroc.

Pour saisir ces relations entre les sociétés oasiennes et leur environnement, j’ai évité le dualisme nature / culture, en fusionnant ces catégories et poursuivant le projet d’établir une socioécologie oasienne.

La construction de la nature oasienne fut analysée en se basant sur sa structure spatiale à trois niveaux, du large (l’oasis en général) au restreint (le jardin). Selon leur localisation dans l’espace, trois niveaux de possibilités de praxis oasienne sont différenciés. Dérivant de l’organisation de l’espace, les niveaux correspondants de temporalités peuvent être distingués ; ils autorisent ces différentes praxis.

S’il est toutefois illusoire de définir une « norme oasienne » (ethnographique) pour les procès socioécologiques. Les praxis varient selon les différentes catégories d’acteurs. Ou plutôt, les acteurs du monde oasien usent de ressources variées selon la situation dans laquelle ils sont engagés et ces ressources sont certes des ressources naturelles, mais tout aussi des ressources d’ordre conceptuel ou idéel : ce que tel ou tel ensemble d’idées de la nature (de la nature) permet et facilite comme type de relation à l’environnement.

Les jardiniers des oasis, on le vérifie, n’agissent pas sur leur environnement selon une norme dont la praxis serait déterminée strictement par le milieu ou la société. Il n’y a pas de préséance de la société ou du milieu comme facteur déterminant. Il y a conjugaison des deux et on peut évaluer leurs influences relatives selon la trame oasienne d’espace et de temps. Cette approche circonspecte de la complexité oasienne éclaire les relations équivoques du chercheur à son objet (méthodologie), de l’individu à sa société (sociologie) et de la société à son milieu (écoanthropologie).

Plan

Introduction : le contexte

Chapitre 1 : Des hommes et des oasis dans le désert

Chapitre 2 : L’eau, l’oasis

Chapitre 3 : Dialectique et méthodologie

Chapitre 4 : Des espaces aux lieux en prenant son temps

Chapitre 5 : Hommes et plantes, l’agriculture

Chapitre 6 : Les pratiques agraires dans l’oasis

Chapitre 7 : Organisation sociale du travail agricole

Chapitre 8 : Les pratiques de l’espace

Chapitre 9 : Les acteurs du monde oasien

Chapitre 10 : Notions de progrès et modernité

Chapitre 11 : Conflits de représentations

Chapitre 12 : Analyse systémique et système de production

Chapitre 13 : Les états des jardins

Chapitre 14 : Temps, espaces et théorie hiérarchique

Chapitre 15 : Des procès socio-écologiques oasiens

Conclusion des relations équivoques

Bibliographie citée

Annexes : plans et états de jardins

Acronymes employés

Lexique des termes oasiens employés

Tables des illustrations, des tableaux et des photographies

Thèse accessible en texte intégral en version PDF sur HAL.

Ouvrage « Jardins au désert » édité par l’IRD à partir de ce terrain accessible intégralement sur HAL-SHS.

Production et commercialisation des vanneries dans les oasis du Sahara

Résumé de l’article de Tatiana Benfoughal paru dans

Le Journal des Africanistes n°77, 2007, pp. 112-140


Le tressage des vanneries  fait partie des activités des cultivateurs des oasis, parce qu’ils ont à leur disposition la matière première tirée du palmier dattier qui permet de produire un nombre considérable d’objets indispensables au travail agricole et à la vie quotidienne.  Dans la pratique oasienne, il y a plusieurs modes de fonctionnement, depuis la production domestique jusqu’à l’artisanat, en passant par différentes formules transitoires. Les transformations actuelles des sociétés sahariennes bousculent les fonctionnements traditionnels et complexifient les modes socio-économiques de cette activité.

Accessible en version intégrale en septembre 2010.