ETHNOBOTANIQUE

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Archive pour Nicole Vernazza-Licht

Du fouillis végétal à l’espace gazonné : structure et typologie des jardins réunionnais de la Ravine des Cabris

Article de Dominique Soulance, Daniel Bley, Maryse Gaimard, Nicole Vernazza-Licht paru dans Menozzi Marie Jo, et al. (eds). « Les jardins dans la ville entre nature et culture », Presses Universitaires de Rennes & Société d’Ecologie Humaine, pp.317-339, 2014, Collection « Espaces et territoires »

S’intéresser aux jardins de l’île de la Réunion ne procède pas uniquement d’un attrait naturaliste ou esthétique car les jardins sont aussi des espaces de vie qui ont été au centre des préoccupations lors de l’épidémie de chikungunya qui a sévit sur l’île de 2005 à 2006. Les politiques de prévention ont mis l’accent sur le risque que constituait le jardin et il a été rapidement demandé à la population de devenir acteur en agissant sur son environnement et en éliminant les sources potentielles de gîtes. Dans le cadre d’un projet de recherches ANR SEST (2006-2009) « Anthropo-MTV » sur la gestion de l’épidémie de chikungunya les auteurs ont mené une enquête sur les jardins de la Ravine des Cabris à La Réunion (415 ménages ont été enquêtés et les jardins ont fait l’objet d’une observation minutieuse et détaillée à partir d’un questionnaire). 11 jardins représentatifs de la Ravine des Cabris, parmi les 415 jardins visités, ont été plus particulièrement étudiés : cartographie de chaque parcelle (habitation, espèces cultivées, plantées, points d’eau) et inventaire complet des espèces présentes. Une typologie propre à la Ravine des Cabris a été dressée : du simple fouillis végétal au jardin-pelouse facile d’entretien en passant par le fouillis bien coloré et organisé ou encore par le jardin bien structuré, utile et géré de manière écologique. Les auteurs concluent que le jardin est une dimension importante de la vie des Réunionnais de par le nombre et la diversité des espèces végétales plantées, le temps consacré à l’entretien, les multiples usages, l’investissement affectif et la fierté du résultat. Les habitants des maisons traditionnelles comme ceux des maisons plus modernes considèrent que le jardin est indispensable à leur qualité de vie : les uns soulignent la dimension esthétique, les autres la dimension ludique. La kour reste toute l’année colorée et attrayante du fait de l’abondance des espèces et de la floraison perpétuelle : les nouvelles fleurs masquent celles qui se fanent. Même si l’étude met en évidence des types de jardins très différents, chaque jardin garde cependant son originalité. À la Ravine des Cabris, il y a une grande hétérogénéité des habitats et des jardins : dans une même rue, le jardin de la petite case créole peut avoisiner une grande maison clôturée. Cette passion des Réunionnais pour leur jardin explique également leur faible adhésion aux mesures de lutte anti-vectorielle lors de l’épidémie de chikungunya. Les auteurs font toutefois le constat que 18 mois après l’épidémie, une grande partie de la population avait suivi les conseils de prévention pour éliminer les gîtes larvaires en enlevant les soucoupes sous les pots de fleurs, en nettoyant l’arrière de leur maison et en couvrant leurs réservoirs d’eau pluviale.

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La Société d’Ecologie Humaine : douze ans de réflexion et de valorisation autour de l’Ecologie Humaine

Article de Nicole Vernazza-Licht et Bernard Brun paru dans Natures Sciences Sociétés, EDP Sciences, 2000, vol. 8 (2), pp.74-76

L’écologie humaine correspond à un questionnement où la relation entre l’humanité et la nature est abordée essentiellement à partir de la relation entre les populations humaines et leur environnement. A l’écologie générale, l’écologie humaine emprunte l’habitude de raisonner en termes de dynamiques de populations, d’interactivité avec les autres espèces et l’ensemble des conditions de milieu. Mais il est clair que les êtres humains interagissent avec le milieu “ naturel ” en fonction de techniques, de représentations et à travers des organisations fort diverses qui n’ont aucun équivalent dans le monde animal. À ce titre l’écologie humaine s’inscrit dans une démarche interdisciplinaire destinée à examiner les interfaces biologie/culture et société/nature. C’est cette démarche dont la SEH fait la promotion à travers ses activités et ses publications et que l’article de Bernard Brun et Nicole Vernazza-Licht explicite dans sa démarche et sa volonté d’interdisciplinarité. La Société d’Écologie Humaine a été créée en 1987 à l’initiative de chercheurs et enseignants en sciences sociales et biologiques convaincus des bienfaits de la pluridisciplinarité et ayant la volonté d’instaurer un lieu d’échange et une fonction de dialogue pour tous ceux qui s’intéressent à l’étude des relations des hommes et de leur milieu de vie. La SEH organise des journées scientifiques annuelles qui constituent pour des spécialistes (chercheurs, acteurs) de champs différents, un moment privilégié pour débattre sur des questions parfois situées aux marges de leur discipline. Dès sa création, la SEH s’est donnée les moyens de diffuser les résultats des recherches ou les opinions de spécialistes.

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