ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archives de médecine

Des simples et des mélanges, l’herboristerie sous certificat

Émission « La fabrique de l’histoire », cycle « Histoire des remèdes et des médicaments« , radio France Culture, 14.03.2017

Le syndicat des Simples revendique aujourd’hui environ 600 paysans-herboristes, qui perpétuent les savoirs et les usages de cette pratique empirique, datant des temps les plus anciens. Un documentaire de Franck Thoraval et Anne Fleury.

Le 11 septembre 1941, le régime de Vichy supprime le certificat d’herboriste, créé sous Napoléon. Dès lors, la profession, majoritairement féminine, était censée s’éteindre après le décès des dernières certifiées. Et pourtant, le syndicat des Simples revendique aujourd’hui environ 600 paysans-herboristes, qui perpétuent les savoirs et les usages de cette pratique empirique, datant des temps les plus anciens.

Thierry Thévenin, porte parole du syndicat, en témoigne dans son jardin des simples, situé en Creuse. Il s’est également penché sur l’histoire négligée de cette médecine des pauvres, aux côtés de deux jeunes chercheuses en ethnologie : Ida bost et Carole Brousse. Ils prennent ainsi la relève de celles et ceux qui n’ont jamais accepté la suppression par le régime de Philippe Pétain du fameux certificat. Comme Marie Roubieux, herboriste-certifiée, qui a participé à l’aventure de l’école des plantes de Clotilde Boisvert dans les années 80, ou Michel Pierre, propriétaire de l’Herboristerie du Palais Royale, qui a dû, comme d’autres, faire face à la justice pour pratique illégale de la pharmacie.

La pharmacie, la rivale historique. Après avoir réussi à mettre sous tutelle l’herboristerie dès 1803, elle connait une expansion, portée par des découvertes majeures et une foi sans borne dans le progrès. Mais c’est la montée en puissance de son industrie qui précipitera une décision, jamais remise en cause depuis…

Emission à (re) écouter ici.

Archéopages 43 – Médecines

Revue, Inrap, ed. Faton, n°43, 2016

Comment l’archéologie peut-elle faire le lien entre ce qui est vécu à un moment donné comme une maladie, une atteinte physique ou mentale, contre laquelle on doit se prémunir, ou se défendre, à titre individuel ou social, et les remèdes choisis pour ce faire ? Parce qu’elle a accès directement ou indirectement aux traces de nombreuses manières de soigner d’ordre très divers : l’instrument, la pharmacopée, le rite, le parcours, le mot, le geste…

Sommaire

Éditorial
Dominique Garcia

Quand se soigner, c’est croire. Les ex-voto anatomiques, témoins des appels aux dieux dans les processus de guérison
Stéphanie Raux

Le sanctuaire antique du site des Jacobins au Mans. Des eaux pour guérir et pour maudire
Pierre Chevet

Un objet prophylactique ? L’intaille en argent de Mandeure
Bérangère Fort

Au fil de Sirona… la déesse de Mediolanum/Mâlain. Nouvelles données épigraphique et iconographique
Marie-Agnès Widehen, Michel Kasprzyk

Nouvelle documentation épigraphique à Mâlain. Se soigner à Fanum Martis dans l’Antiquité. Les enseignements de l’instrumentum
Bérangère Fort, Nicolas Tisserand
avec la collaboration de Jennifer Clerget, Raphaël Clotuche

Le verre dans la sphère médicale. Une utilisation plurielle de l’Antiquité au Moyen Âge
Lydie Joan

Plantes médicinales et régime alimentaire. Les nonnes de Clairefontaine au XVIIIe siècle
Sidonie Preiss

Autopsies à l’Hôpital Général de Dijon (1785-1841). Le cimetière du « Pont des Tanneries »
Carole Fossurier

Organisation médicale pendant la première guerre mondiale. L’exemple de l’hôpital américain de Saint-Parize-le-Châtel
Nicolas Tisserand, Alexandre Coulaud

Remèdes et médicaments au début du XXe siècle. L’apport d’un dépotoir de la métropole lyonnaise
Stéphane Brouillaud, Alban Horry

Débat : Le médecin face à l’homme
Joël Chandelier, Denis Roland

Numéro en vente sur le site de l’Inrap.

MÉDECINE TRADITIONNELLE ET « MÉDECINE INTÉGRATIVE » À MADAGASCAR : ENTRE DÉCISIONS INTERNATIONALES ET APPLICATIONS LOCALES

Thèse de Perrine Didier, Anthropologie sociale et ethnologie, Université de Bordeaux, 2015, 600 p.

Depuis les recommandations de l’OMS de la fin des années 1970, de nombreux pays en Afrique ont mis en place des dynamiques de reconnaissance de la médecine traditionnelle et de ses praticiens. Cette thèse s’intéresse au projet de développement de la « médecine intégrative » à Madagascar, consistant en son intégration au sein du système de soins officiel et conventionnel. Ce projet a pour objectif l’amélioration de la santé des populations et passe par une double évaluation : au niveau social avec l’encadrement des activités des tradipraticiens et au niveau thérapeutique avec la recherche sur les plantes médicinales et le développement de remèdes traditionnels améliorés. Cette recherche est le fruit d’une démarche méthodologique qui s’appuie sur des enquêtes multi-situées, avec un terrain de recherche dans la capitale malgache et ses environs et avec l’ethnographie d’une localité rurale de la région Analanjirofo (côte est de Madagascar). Cette approche s’intéresse d’un côté aux tentatives d’applications des décisions politiques en matière d’encadrement de la médecine traditionnelle et de l’autre à la pratique concrète des soins traditionnels ainsi qu’aux comportements individuels et communautaires face à la gestion des maux, des malheurs et de la maladie avec des études de cas approfondies. Cette thèse s’inscrit dans le champ de l’anthropologie de la santé avec une orientation sur les dynamiques politiques et de développement. Un intérêt particulier est porté à la nature de la cohabitation entre praticiens (médecins, guérisseurs) se déclinant d’un simple référencement de patients à une plus rare collaboration. Cette étude met en exergue le décalage pouvant exister entre des décisions gouvernementales et leurs applications locales ainsi que les enjeux sociaux, politiques et économiques qui en résultent.

Thèse intégralement accessible en version PDF (7,57 Mo) sur Hal-Shs.

Une technique révolutionnaire permettrait de produire de la morphine à partir de sucre

Article de Paul Benkimoun paru dans Le Monde, 25.06.2015

« C’est une bonne nouvelle pour le monde du médicament, mais qui risque d’attirer l’attention des narcotrafiquants. Ces derniers mois, plusieurs équipes de chercheurs ont publié des articles détaillant les étapes permettant de faire produire de la morphine et d’autres opiacés par de la levure de bière modifiée génétiquement. Dans la revue américaine Science datée du jeudi 25 juin, des chercheurs de l’université de York (Royaume-Uni) apportent le chaînon manquant pour synthétiser des antalgiques majeurs. Une percée qui fait cependant craindre l’utilisation de ce procédé à des fins illicites.

La morphine est le traitement puissant de référence contre la douleur. Sa production s’effectue à partir du latex du pavot (Papaver somniferum), plus communément appelé opium, qui possède des vertus sédatives et analgésiques. L’opium contient en effet de nombreux alcaloïdes dont, outre la morphine, la codéine et la thébaïne. Précieuse pour la médecine, la culture de ce pavot restait jusque-là, comme toute production agricole, soumise aux aléas naturels… »

Lire l’intégralité de l’article sur le site du journal.

Le profane et le sacré dans les tradipratiques à l’île Maurice

Thèse de Maya De Salle-Essoo, Anthropologie, Université de la Réunion, 2011, 414 p.

Dans cette thèse nous avons abordé les tradipratiques à l’île Maurice et nous avons tenté de délimiter une zone d’interculturalité où se situent ces tradipratiques, partagées par les différentes communautés religieuses et ethnoculturelles de l’île et s’insérant dans un fonds commun mauricien. Ainsi, nous avons constaté qu’il existe une conception commune de la maladie, du corps, des Invisibles et des traitements qui font partie de cette zone interculturelle, issue du contact de cultures et de la créolisation. Nous avons ainsi été amenée à envisager l’imbrication du sacré et du profane au sein des tradipratiques et fait le constat que ces deux facettes sont indissociables et nécessaires à l’efficacité des traitements. Nous avons également envisagé les rituels de soins sous leur aspect identitaire, mettant en évidence le rôle central joué par les ancêtres dans les traitements, la transmission transgénérationnelle du don de guérison et de voyance, mais également comme agents à l’origine de certains syndromes. Ce qui nous amène à souligner l’aspect identitaire des rituels de soins venant répondre à la nécessité de réaffirmer les liens aux ancêtres, la filiation du patient et celle de sa famille, l’insérant dans un groupe et renforçant ainsi son identité.

Thèse intégralement accessible en version PDF (3,98 Mo) sur Hal-Shs.

Médecine et santé dans les campagnes du Moyen Âge à nos jours

Appel à communication, Maison des Sciences de l’Homme de Clermont-Ferrand, samedi 10 janvier 2015

L’ambition de cette rencontre est de mieux connaître la situation sanitaire et médicale dans les campagnes de France, d’Europe et des espaces coloniaux (ou anciennement coloniaux) dans la longue durée, tout en repensant les processus de médicalisation à l’œuvre et en réinterrogeant ce concept de médicalisation. Il s’agit notamment de prendre en considération autant les pratiques que les savoirs, les flux et les réseaux que les institutions, dans une perspective dynamique du Moyen Âge à nos jours. Les héritages mais aussi les mutations de paradigme feront l’objet d’une attention particulière afin de mettre en évidence la façon dont l’organisation médicale des campagnes actuelles a été construite et quels enseignements peuvent être tirés des choix effectués dans différentes configurations historiques.

Voir l’intégralité des modalités sur Calenda.

Hildegarde de Bingen, les plantes médicinales et le jugement de la postérité : pour une mise en perspective

Article de Laurence Moulinier publié dans « Les plantes médicinales chez Hildegarde de Bingen », Gent, Belgique, 1993

Les écrits médicaux de Hildegarde de Bingen (†1179) sont aujourd’hui l’objet d’une attention redoublée, de la part des chercheurs comme de celle du grand public, de plus en plus nombreux, dans différents pays, à les redécouvrir avec enthousiasme et à adapter aux maux de notre temps ces préceptes et remèdes du Moyen Age. Ce phénomène de réappropriation, unique par ses proportions, est en soi déjà assez intéressant pour qu’on s’y arrête. Mais le formidable écho que la médecine de Hildegarde rencontre actuellement ne doit pas faire oublier que des interrogations demeurent, par exemple : l’œuvre médicale qu’on lui attribue aujourd’hui se présentait-elle de cette manière à l’origine ? Certains chapitres ou notices particulièrement novateurs pour le XIIe siècle n’ont-ils pas pu être ajoutés plus tard par quelque continuateur ? En d’autres termes : la médecine de Hildegarde, dont notre fin de siècle se montre friande, est-elle bien de son temps ? C’est ce qu’on examinera, en évoquant entre autres la question des sources d’inspiration probables de ces écrits médicaux, en les comparant avec d’autres traités contemporains, et en retraçant l’histoire des manuscrits qui nous les ont transmis.

Article intégralement accessible en version PDF (268,6 Kb) sur HAL-SHS.