ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archives de maraîchage

Les « Jardins Perchés », à Tours cherchent leur maraîcher

« Une fois n’est pas coutume, l’exploitation prendra place sur le toit et au pied d’une résidence sociale, portée par Tours Habitat,  dont le permis de construire est déposé depuis le mois de septembre 2016, pour lequel Toits Vivants a participé à l’étude de faisabilité avec l’association Fermes d’Avenir. Ce projet se veut précurseur et inspirera sans doute bien d’autres bailleurs.

Aujourd’hui, nombreux sont les programmes d’agriculture urbaine qui se développent. Pour chaque projet, l’objectif est le même : préserver l’environnement et ses habitants en ville. Faire venir la campagne dans la ville, c’est d’ailleurs le défi que s’est lancé Tour(s) Habitat. Le bailleur social a imaginé une résidence de 75 logements sociaux associés à 2 000 m2 de cultures maraîchères : « Les Jardins Perchés ».

 
Tour(s) Habitat a souhaité innover et s’est lancé dans un projet insolite d’agriculture urbaine. Dans le nord de la ville de Tours, le bailleur social a souhaité expérimenter un tout nouveau concept, celui de marier une opération de logements au gabarit urbain à la création d’une exploitation maraîchère économiquement viable.. »
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Lire la suite de l’article sur Toits Vivants.

Retour dans le marais de Saint Omer : La complainte du chou fleur

Emission « L’heure du documentaire », radio France Culture, documentaire de Claire Pouly et Yvon Croizier (rediffusion de Sur les Docks du 29 décembre 2010), 5 août 2014

En 1970, l’ethnologue-cinéaste Colette Piault signait un film, intitulé « Le Brouck », sur le travail des maraîchers dans le marais audomarois de Saint Omer (Pas-de-Calais). En 2009-2010, elle décide d’y retourner pour voir ce que sont devenus les anciens « jeunes maraîchers », et tourne un nouveau film sur la situation économique et écologique de ce marais aujourd’hui. L’occasion pour nous de réfléchir sur ce qu’on pourrait appeler le  « cinéma d’observation » ou le « cinéma du réel » : comment le travail de cette ethnologue est-il perçu dans le marais et quel effet a-t-il eu sur la vie des gens ?

A (re) écouter sur la page de l’émission.

Des légumes aux petits oignons

Article de Aline Duval, Le Monde, 2 juin 2014

« Maître du daïkon (radis blanc) comme du kabu (sorte de navet) et fournisseur de petits légumes pour les meilleures tables parisiennes, Asafumi Yamashita a accédé au statut de star depuis qu’il a honoré de sa présence « Top-Chef », l’émission de M6, en février.

Des cuisiniers, comme Pierre Gagnaire (Restaurant Pierre Gagnaire), William Ledeuil (Ze Kitchen Galerie), Pascal Barbot (Astrance), Eric Briffard (Le Cinq), Sylvain Sendra (Itinéraires) ou Christian Le Squer (Ledoyen), s’arrachent sa production. Ses légumes ont un goût incomparable. Mais comment y parvient-il ?

Comment, dans cette terre lourde du sud du Vexin français où il s’est installé, Asafumi Yamashita réussit-il à « élever » des variétés nippones de légumes dont il sublime le goût ? Ses navets, notamment, ont une saveur de banane, de miel ou de kaki, suivant les crus, et sont juteux comme des grenades… »

Lire la suite de l’article sur le site du Monde.

Fruits et légumes de part et d’autre de la Méditerranée (XVe-XXe siècle)

Appel à contribution, colloque international, Kénitra (Maroc), 30 novembre 2012

Les fruits et légumes intéressent aujourd’hui aussi bien les scientifiques que les professionnels. Historiens, sociologues, anthropologues, agronomes, diététiciens, producteurs de fruits et légumes, industriels de l’agro‐alimentaire, travaillent sur ces nourritures végétales selon leurs paramètres scientifiques, leurs outils méthodologiques, leurs intérêts économiques. Les travaux de recherche menés en ce domaine s’imposent avec des méthodes et des questionnements appropriés, loin de toute considération anecdotique ou pittoresque. Ils s’inscrivent dans une problématique féconde, celle de l’histoire et des cultures de l’alimentation où se recoupent le matériel et le culturel, les techniques et les usages, les nécessités et les préférences.

Sur les deux rives de la Méditerranée, les fruits et légumes ont toujours occupé une place majeure dans le paysage agraire, la production agricole, la consommation locale et les échanges interrégionaux. Mais dans les systèmes de vie et de valeurs des différentes sociétés du pourtour méditerranéen, la fonction agronomique, économique, sociale et culturelle, voire symbolique, dévolue aux fruits et légumes n’était pas forcément identique. De part et d’autre du bassin, l’on relève des ressemblances et des dissemblances concernant les pratiques arboricoles et maraîchères, les productions et les consommations, les systèmes d’adaptation et d’adoption des plantes. Prenons l’exemple de l’artichaut, plante issue d’un chardon des bords de la Méditerranée : signe de prestige et de plaisir en Europe occidentale aux 16e – 17e siècles, il renvoie à la pauvreté dans le Maghreb contemporain.

Le temps long constitue la toile de fond de notre problématique comparatiste. Du 15e au 20e siècle, les pratiques agraires et les consommations alimentaires ont fortement changé de part et d’autre de la Méditerranée, premièrement par le biais des découvertes des nouveaux mondes qui ont amené de nouvelles plantes sur la rive nord de la Méditerranée; deuxièmement, par les innovations techniques des temps modernes en Europe en particulier; troisièmement, par le mouvement de colonisation qui a inséré de nouvelles plantes et de nouvelles techniques sur les terres de la rive sud.

Notre problématique est tout aussi ouverte aux questions du temps présent, à savoir le développement des productions des fruits et légumes dans les pays de la rive sud et les contraintes du commerce international, les enjeux de la biodiversité et la patrimonialisation des cultures alimentaires présentées comme « traditionnelles » (régimes alimentaires, spécialités régionales, légumes ou fruits emblématiques).

D’où la pertinence d’un colloque international, dans les deux langues, arabe et français, sur cette thématique qui aspire à fédérer plusieurs disciplines pour débattre des axes de recherche suivants :

– Arboriculture et maraichage : paysages, pratiques, usages, espaces de production
– Productions et circuits d’échange : produire pour la vente, produire pour le ventre, diversité variétale, circuits courts, échanges régionaux
– Développement des productions, globalisation des marchés
– Transformation des fruits et légumes : transformation domestique, fabrication artisanale, production industrielle
– Pratiques de table : consommation, recettes, ordre des mets, repas ordinaires / repas festifs, patrimonialisation
– Les fruits et légumes venus d’ailleurs : domestication agraire, adaptation culinaire
– Imaginaire des fruits et légumes : prestige social ou pauvreté, diète(s) méditerranéenne(s), représentations diététiques

Conditions de soumission
Les propositions, comprenant un titre, un résumé autour de 500 mots et un court cv en arabe ou en français, sont à adresser à houbaidamohamed@yahoo.fr ou florent.quellier@univ-tours.fr

avant le 30 novembre 2012

Délai pour les textes définitifs : le 15 septembre 2013

Organisation scientifique :

Houbaida Mohamed, Université Ibn Tofail, Kénitra, Maroc
Quellier Florent, Université François‐Rabelais, Tours, France
Comité scientifique
De Ferriere Le Vayer Marc, Université François‐Rabelais, Tours, France
Gmira Najib, Université Ibn Tofail, Kénitra, Maroc
Ilbert Hélène, Institut Agronomique Méditerranéen de Montpellier, France
Nasreddine Lara, American University of Beirut, Liban
Ruas Marie‐Pierre, Museum d’histoire naturel, Paris, France
Sebti Abdelahad, Université Mohamed V, Rabat, Maroc

[Info Calenda]

Les traditions maraichères dans la vallée du Tarn

Conférence donnée par Michel Loddo (association CORDAE/La Talvera),  dimanche 6 mai 2012 à Labruguière (Tarn), salle de la Méjane à 15h 

Los ortalièrs (les jardiniers) de la région de Lescure-d’Albigeois, d’Arthès et d’Albi, spécialisés dans la production de plants, notamment du fameux oignon de Lescure (la ceba de L’Escura) se déplaçaient autrefois loin de leur zone de production, jusque dans le Sud  du département du Tarn, dans le bas-Languedoc, et dans l’Aveyron. L’origine de cette activité remonte loin dans le temps. Au XVIIIème siècle par exemple, ils faisaient produire leurs graines par les chartreux de Saix ou par des agriculteurs du Lauragais. Aux mois de mai et de juin, on retrouvait ces plants dans toutes les foires du Haut-Languedoc, notamment à Anglès, à Lacaune, à Castres, ou à Mazamet. Les ortalièrs se déplaçaient ainsi sur les foires avec un âne, et plus tard avec des charrettes à deux roues attelées à un cheval ou à un mulet. Aujourd’hui, autour des jardins, se développent de nombreuses activités : jardins collectifs et partagés, jardins pédagogiques, jardins d’insertion, échanges de graines et de plants, redécouverte des espèces anciennes, etc. Le conférencier évoquera également le patrimoine bâti traditionnel lié aux activités de jardinage. 

Renseignements

Office de Tourisme 05 63 50 17 21 www.ville-labruguiere.com 

Association C.O.R.D.A.E./La Talvera BP 40 81170 Cordes-sur-Ciel 05 63 56 19 17
talvera@talvera.org

Parc naturel régional du Haut-Languedoc 1 place du Foirail 34220 Saint-Pons-de-Thomières 04 67 97 38 22

Constitution des systèmes de culture maraîchers à proximité d’une ville : quelles marges de manœuvre des agriculteurs pour répondre à une augmentation de la demande ? Cas des systèmes de culture à base de légumes feuilles dans l’espace périurbain de Mahajanga (Madagascar)

Thèse de Marie Mawois, AgroParisTech (Agronomie), 16/11/2009, Marianne Le Bail (Dir.), 222 p.

L’urbanisation croissante dans les pays en développement s’accompagne d’une augmentation de la demande alimentaire qui pose le problème de la sécurisation alimentaire et nutritionnelle de l’approvisionnement des villes. Les systèmes maraîchers contribuent fortement à l’approvisionnement alimentaire des villes en produits frais. Ils incluent fréquemment une proportion importante de légumes feuilles. Le développement de la production de légumes, dont les légumes-feuilles, par l’agriculture urbaine est un enjeu-clé face à la croissance urbaine. Il peut être obtenu en augmentant les rendements surfaciques et/ou en augmentant les surfaces cultivées. Ce dernier point, sur lequel porte ce travail de recherche en agronomie, pose fortement question en agriculture urbaine, où l’accès à certaines ressources, dont les surfaces à cultiver, est particulièrement difficile car potentiellement concurrencé par les usages urbains. Nous analysons ici la valorisation actuelle des terrains agricoles par les espèces maraîchères recherchées par la population, en comprenant comment les agriculteurs raisonnent la localisation des différentes cultures sur le territoire de leur exploitation agricole. Puis nous évaluons les marges de manœuvre pour augmenter éventuellement ces surfaces. Nous avons mené ce travail sur des systèmes de culture maraîchers à proximité de Mahajanga (Nord-Ouest de Madagascar), grande ville malgache à forte croissance. Pour instruire cette question de recherche, nous nous appuyons sur les modèles conceptuels pour l’analyse des décisions d’assolements et successions de cultures pré-existants. La procédure proposée consiste, à partir d’enquêtes et de suivis prolongés en exploitations agricoles, à reconstituer les surfaces cultivées (dites ici développées) dans l’exploitation sous forme de réseau de contraintes, c’est à dire de relations hiérarchiques liant des variables décisionnelles. La compréhension de ces réseaux de contraintes nous permet de discuter, in fine, des marges de manœuvre des agriculteurs pour s’adapter à une demande urbaine croissante, révélée par les premiers metteurs en marché que sont localement les collectrices. D’un point de vue théorique nous avons formalisé un modèle conceptuel de constitution des surfaces cultivées en légumes feuilles. Nous avons enrichi et affiné certaines variables utilisées dans les modèles pré-existants, proposé de nouvelles variables et de nouveaux déterminants. Nos résultats ont également une portée opérationnelle, par le diagnostic des facteurs limitants de l’extension des surfaces cultivées en légumes feuilles dans ce cas d’étude. On met en évidence ici que c’est à travers deux catégories de facteurs que l’on pourrait envisager l’augmentation des surfaces cultivées dans les exploitations : l’augmentation des ressources productives (terre, eau, travail) et une modification de l’organisation de la commercialisation. On a pu mettre en évidence une diversité des marges de manœuvre entre agriculteurs pour cette expansion des surfaces. Même si ces marges de manœuvre restent faibles, nous montrons que leur compréhension à l’échelle de l’exploitation est indispensable non seulement pour évaluer les contraintes et opportunités des agriculteurs pour adopter des propositions de changement mais aussi pour raisonner le développement des cultures à l’échelle du territoire périurbain. Les résultats obtenus discutés par rapport à la littérature et les limites de l’étude, débouchent sur des perspectives scientifiques et opérationnelles. Au delà de cette expérience locale, notre posture de recherche nous semble complémentaire des méthodes utilisées par les planificateurs urbains. Son intérêt majeur est d’aider à une identification précise, en termes de constitution des surfaces cultivées, des facteurs limitant leur augmentation potentielle et des marges de manœuvre à l’échelle de l’exploitation et du territoire pour lever ces facteurs limitants.

Thèse intégralement accessible en version PDF (5,9 Mb) sur TEL.

L’herbe est-elle plus verte dans le panier ? Satisfaction au travail et intégration professionnelle de maraîchers qui commercialisent sous forme de paniers

Communication de colloque de Annie Dufour, Catherine Hérault-Fournier, Emilie Lanciano et Noémie Pennec publié dans « Colloque national Circuits courts alimentaires – Etats des lieux de la recherche », Paris : France (mai 2010), 14 p.

La vente directe sous forme de paniers peut permettre à certaines exploitations agricoles qui n’ont pas la taille suffisante pour explorer les circuits longs de distribution, de pérenniser leur activité et d’accroître le revenu des agriculteurs. Toutefois, ce mode de commercialisation entraîne des modifications importantes de l’activité agricole et de l’organisation du travail et, par conséquent, du métier d’agriculteur. L’objectif de cet article est de montrer en quoi la commercialisation de légumes sous systèmes de paniers peut être porteuse d’intégration professionnelle ou au contraire de précarité. A partir d’entretiens semi-directifs menés auprès de onze maraîchers, cet article analyse le rapport au travail selon trois dimensions : homo faber, homo oeconomicus et homo sociologicus. Il ressort que certains agriculteurs parviennent à conjuguer un niveau de satisfaction élevé sur ces trois dimensions et sont relativement sereins par rapport à l’avenir de leur exploitation. Les tensions les plus fréquemment observées se trouvent sur les questions de temps de travail et de revenu. Dans tous les cas, ces agriculteurs inventent et développent une forme d’agriculture ancrée sur le territoire, peu spécialisée avec l’objectif de préserver les ressources naturelles au sein de l’exploitation.



Article intégralement accessible en version PDF (110,8 Kb) sur HAL-SHS.