ETHNOBOTANIQUE

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Archive pour Lyon

La nature en ville, entre protection, communication et patrimonialisation : approches géographiques dans les territoires du Grand Lyon

Thèse de Inès Méliani, Géographie. Ecole normale supérieure de lyon – ENS LYON, 2013, 297 p.

À l’heure où la notion de ville durable s’inscrit au cœur des objectifs des politiques d’aménagement urbain, la nature revient sur le devant de la scène. Il en est ainsi pour ce qui concerne l’Agglomération lyonnaise où, dans leurs démarches visant à écrire la ville d’aujourd’hui et de demain, les acteurs confèrent à la « restauration » de la nature en ville une place majeure. En effet, alors que, longtemps, la présence de la nature dans les villes n’était regardée que comme l’un des éléments consubstantiels au tissu urbain, l’émergence des préoccupations écologistes dans le champ politique a, à partir des années 1990, changé la donne : aujourd’hui, les espaces de nature constituent l’une des pièces prépondérantes dans la panoplie des outils et des mesures mobilisés par les aménageurs pour répondre aux problématiques des villes contemporaines et concevoir la ville de demain. La question des relations entre ville et nature recouvre un champ sémantique complexe conduisant à soulever nombre d’interrogations, auxquelles la présente recherche tente de répondre. Comment et quand les politiques prennent-ils en compte la place de la nature dans la ville ? Au service de qui ? Au service de quoi ? Et à quelles fins ? Ce travail s’appuie sur deux études de cas, complémentaires l’une de l’autre. La première s’applique à analyser la façon dont les instances politiques lyonnaises communiquent sur la nature auprès de leurs administrés depuis vingt ans : de 1989 (élection de Michel Noir à la fonction de maire de Lyon) à 2009 (sous la mandature actuelle de Gérard Collomb). La seconde étude s’est appliquée à analyser les représentations, propres aux acteurs politiques, de la nature en milieu urbain : la patrimonialisation de la nature est apparue, simultanément aux préoccupations environnementales, comme un outil efficace pour prendre en compte la nature en ville.

Thèse intégralement accessible en version PDF (14.44 Mo) sur Hal-Shs.

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Arbres en otages : L’utilisation à Lyon de l’image de l’arbre en ville par le politique

Article de Inès Méliani et Paul Arnould paru dans François Lormant, Charles Dereix, Christine Farcy (dir.). « Forêt et communication : héritages, représentations et défis », L’Harmattan, 2016

Depuis les années 1990 à Lyon, le choix d’une politique de réhabilitation de l’image de l’arbre en milieu urbain a été soutenu par une communication territoriale assidue autour des concepts d’ « écologie urbaine » et de « nature en ville ». Les responsables de la communication institutionnelle du Grand Lyon ont peu à peu introduit dans leurs écrits les questions relatives à la présence de l’arbre en ville – l’arbre et plus généralement le tissu forestier y étant envisagés à la fois en tant que composantes fondatrices du paysage urbain mais aussi comme éléments structurants dans sa complexité. L’émergence et la fabrication d’un récit autour de l’image de l’arbre en ville repose sur sa valorisation procédant d’une stratégie conduisant à remporter l’adhésion des habitants et à la reconnaissance de l’arbre en tant qu’objet patrimonial. Mais pas seulement. Ce travail a aussi l’ambition de montrer qu’il existe une interdépendance entre la volonté de modeler l’identité du territoire et des motivations locales d’ordre essentiellement économiques : en jouant sur les concepts d’identité territoriale grâce à la présence d’objets de nature en ville, l’arbre en chef de file, le support d’une promotion territoriale pour la métropole lyonnaise est alors tout trouvé.

Article intégralement accessible en version PDF (1.45 Mo) sur Hal-Shs.

Le futur Parc Naturel Régional des Boucles du Rhône : une structure porteuse pour la valorisation du patrimoine en Nord Isère ?

Mémoire de Jérôme Deschamps, Master 2 Pro, IEP Grenoble, 2006, Jean Guibal (Dir.), 85 p.

Les Parcs naturels régionaux sont créés pour protéger et mettre en valeur de grands espaces ruraux habités. Peut être classé Parc naturel régional un territoire à dominante rurale dont les paysages, les milieux naturels et le patrimoine culturel sont de grande qualité, mais dont l’équilibre est fragile. Un Parc naturel régional s’organise autour d’un projet concerté de développement durable, fondé sur la protection et la valorisation de son patrimoine naturel et culturel. Le plateau de l’Isle Crémieu est éligible à la création d’un Parc Naturel Régional selon les critères de la Région Rhône Alpes, qui a rendu un avis favorable en juillet 2003. Ce parc répondrait à une attente de la population et surtout du public qui verrait d’un bon oeil un « poumon vert » à quelques dizaines de minutes de l’agglomération lyonnaise. À ce titre, la complémentarité de l’offre touristique serait un bon atout. Le territoire de la Boucle du Rhône est-il propice à une conciliation harmonieuse entre protection et développement ? Quelles actions pourraient se mettre en place pour animer et mettre en valeur le patrimoine ? Une superposition entre un Parc naturel régional et un label Villes et Pays d’Art et d’Histoire est-elle envisageable ? Notre développement suivra une logique en trois partie. Tout d’abord, nous prendrons soin d’analyser le dispositif des « Parcs naturels régionaux », en traitant entre autre des aspects historiques de la notion, de son évolution législatives, de ses principes politiques et de gestion. Par la suite, nous nous focaliserons sur la région Rhône-Alpes, territoire aux nombreux espaces naturels et culturels de qualité, ce qui en fait un terrain privilégié pour voir se développer ce type de dispositif. Nous nous attarderons dans cette seconde partie sur des politiques culturelles et patrimoniales menées dans des Parcs plus ou moins anciens et parfois extérieurs à Rhône-Alpes, ce qui nous donnera un aperçu des actions qui pourraient être menées dans le futur Parc des Boucles du Rhône. Enfin, notre troisième partie sera exclusivement centrée sur le territoire du Haut Rhône Dauphinois, où doit naître le futur Parc, ce qui nous amènera à étudier le projet, et le territoire dans lequel il s’inscrit, en privilégiant bien entendu la dimension patrimoniale de cet espace, notamment en s’attardant sur possible relance d’un label « Pays d’Art et d’Histoire » sur le périmètre.

Mémoire intégralement accessible en version PDF (2, 9 Mb) sur Dumas.

Sous les pavés, les fleurs : un portrait de l’agriculture urbaine à Paris et à Lyon, Montréal

Conférence de Marie-Ève Chaume et Anne-Marie Legaul, 4 février 2010, UQAM (Montréal, Québec)

Devant désormais conjuguer avec des phénomènes d’urbanisation et d’étalement urbain de plus en plus intensifs, nombre de métropoles intègrent, à titre de solution, des programmes d’agriculture urbaine dans leur plan de développement territorial. Ainsi, le jardinage urbain apparaît dorénavant essentiel, autant en termes d’outils de développement urbain durable favorisant une qualité accrue de l’environnement que comme catalyseur social, agissant comme espace éducatif, de socialisation et d’autonomisation.

Dans cette perspective, les Villes de Paris et de Lyon ont chacune développé un programme incitant les activités de jardinage urbain. Le programme de la Ville de Paris s’appuie sur l’adhésion des parties prenantes à une charte “La Main Verte” spécifiant les responsabilités et engagements de chacun, alors que le programme de l’agglomération de Lyon repose sur la reconnaissance politique et l’appui concret aux associations porteuses de projets de jardinage urbain par leur accompagnement à partir d’une organisation facilitatrice nommée le Passe Jardin.

Organisateur :
Eric Duchemin, chargé de cours et professeur associé, Institut des sciences de l’environnement/UQAM.

Renseignements sur le site d’Agriculture urbaine au Québec et ailleurs.