ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour loisirs

Pratiques fun, aventures sportives et sports de nature. Trois moments dans l’évolution des dynamiques sportives de nature en France (1970-2010)

Article de André Suchet et John Tuppen paru dans Jean-Paul Callède, Fabien Sabatier & Christine Bouneau. « Sport, nature et développement durable. Une question de génération ? », Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine, pp.389-406, 2014

Un certain nombre d’auteurs mélangent abusivement les vocables : sports de nature, pratiques fun, ou nature/aventure pour désigner les activités physiques ayant renouvelé le paysage sportif centré autour du sport moderne organisé en compétitions et en fédérations sportives. Il s’agit du surf, de l’escalade ou varappe, du vol libre, du fun board, canyoning, rafting, hydrospeed, mountain bike devenu VTT, du benji ou saut à l’élastique, et depuis peu du kite surf, ou aussi du BASE-jump. Plus encore, d’autres auteurs contrarient l’une de ces notions élaborée pour décrire les années 1970-80 à partir d’observations actuelles, c’est-à-dire relatives aux années 2010. Un certain nombre des critiques pensées à l’encontre du travail de Loret (1995) ou de Maurice (1987) tombe dans cet anachronisme. Contre ce biais, la présente étude envisage de tracer les contours de trois périodes au sein du renouvellement des dynamiques sportives ayant marqué le dernier tiers du XXème siècle.

Article intégralement accessible en version PDF (1.16 Mo) sur Hal-Shs.

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Passion pour des activités de pleine nature et comportements environnementaux : influence de la passion pour une APN sur la motivation environnementale

Thèse de Amandine Junot, Psychologie. Université de la Réunion, 2016, 178 p.

À La Réunion, les activités de pleine nature sont au cœur d’enjeux environnementaux importants. De plus en plus, ces activités sont présentées comme des pratiques passionnées. Selon le type de passion, l’engagement dans l’activité est différent et le degré d’ouverture à la nature et à l’environnement pourrait être impacté. En ce sens, la passion pourrait être un facteur clé dans le développement d’un pro-environnementalisme à la suite de la pratique de ces activités. L’objectif de cette thèse est d’étudier le rôle de la passion pour une activité de pleine nature sur l’affiliation à la nature et le conflit vis-à-vis de la protection de l’environnement et leur influence sur la motivation environnementale, tout en soulignant le rôle des émotions et de l’attachement au lieu comme médiateurs.

Thèse intégralement accessible en version PDF (2.36 Mo) sur Tel.

Jeux de nature, natures en jeu. Des loisirs aux prises avec l’écologisation des sociétés

Thèse de Ludovic Ginelli, Sociologie, Université de Bordeaux, 2015, 380 p.

Aujourd’hui massivement pratiqués, les « sports et loisirs de nature » sont traversés par des tensions majeures à l’œuvre dans nos sociétés. Comment sont-ils remodelés par l’écologisation des sociétés, analysée ici comme un processus à la fois cognitif, normatif et politique ? Cette problématique est traitée à partir d’usages différents par leur histoire, leurs publics et leurs techniques (chasses anciennes, kayak de mer, chasse sous-marine et chasse à l’arc) mais travaillés par des processus analogues (naturalisation des espaces, sportivisation des usages) dans deux « hauts lieux de nature » en partie protégés, le bassin d’Arcachon et les Calanques de Marseille. Pour l’analyse de tels processus socio-environnementaux, nous avons opté pour une démarche pragmatiste, en retenant notamment les concepts-clés d’expérience, de trouble, d’enquête et de prise. La thèse défendue prend à contrepied le consensus écologique apparent : lorsqu’on les observe « en action », les normalisations écologiques actuelles créent davantage de tensions et de clivages au sein des collectifs d’usagers qu’elles ne les fédèrent. En situations de co-présence au quotidien, les usagers inscrits dans d’autres mondes sociaux que ceux de l’écologie et contrariés dans leurs « passions cognitives » se montrent ambivalents envers les normalisations écologiques. Ils sont partagés entre l’impératif social d’adhésion à l’exemplarité écologique et le rejet de ses appuis normatifs, individualisants et experts (« impact », « écocompatibilité » «écoresponsabilité »). Ces appuis normatifs sont particulièrement présents dans les espaces protégés (parc national des Calanques, réserve naturelle sur le bassin d’Arcachon), où l’écologisation est portée par des acteurs mandatés, les normes sont légales ou réglementaires et traduites en dispositifs de gestion. C’est seulement en tant qu’experts que certains usagers et porte-parole peuvent se faire entendre, sans que ne changent véritablement ni le collectif des participants, ni les manières de formuler les enjeux et les réponses à apporter. Au plan théorique, ces résultats interrogent certaines propositions du pragmatisme. D’un point de vue plus politique, ils nous amènent également à discuter les appuis normatifs des écologisations contemporaines.

Thèse intégralement accessible en version PDF (5,91 Mo) su Tel.

Les éthiques en mouvement dans les pratiques récréatives de nature

Article de Jean Corneloup paru dans « Juristourisme », n°150 (2013), pp. 43- 47

Heureux ceux qui décident de larguer les amarres et de partir à l’aventure à la rencontre de soi et du monde. Libre de tout, la nature s’ouvre à eux et propose à chacun de vivre des expériences récréatives les plus exotiques qu’il soit ! La nature a toujours été perçue comme un univers de liberté, propice à toutes sortes de rêveries et d’amusement. Et pourtant, derrière cette image idyllique se profilent des éthiques qui viennent encadrer la pratique et ancrer celle-ci potentiellement dans un monde de la mesure. Contrairement à bien des imaginaires poétiques, on ne quitte pas la société lors de ces immersions sauvages. Les activités récréatives sont des pratiques sociales qui tissent des liens avec des règles et des normes plus ou moins prononcées en fonction des univers culturels et institutionnels, présents et convoqués. Au fur et à mesure du temps d’ailleurs, il semblerait que les questions d’éthique se généralisent obligeant chacun à se positionner. La multiplication des pratiques, les contraintes juridiques ou la fragilité des accords sociaux dans la pratique sont quelques facteurs explicatifs de cette tendance. Dès lors, poser un regard sur l’éthique oblige à différencier les objets et les cadres sociologiques par lesquels peuvent être abordés ce sujet. En effet, au-delà d’une approche contemplative que bien des pratiquants affectionnent, ces pratiques récréatives ont toujours été l’occasion de se mesurer à quelqu’un ou à la nature faisant entrer celles-ci dans le royaume de la sportivité la plus classique (Temps1). Une autre lecture nous invite à observer la manière dont chaque pratiquant organise sa relation avec son environnement de pratique qu’il soit humain ou naturel (Temps 2). Des styles de pratique émergent qui renvoient à des usages particuliers en fonction de l’éthique choisie et incorporée. Enfin, celle-ci renvoie à des questions de gestion d’un collectif, d’un territoire, d’un marché ou d’une corporation obligeant à définir les règles et les principes d’action engagés dans la définition des orientations politiques acceptables (Temps 3).

Article intégralement accessible en version PDF (174 Kb) sur HAL-SHS.

Les loisirs en espace agricole. L’expérience d’un espace partagé

Ouvrage de Yvon Le Caro, ed. Presses Universitaires de Rennes, 2007, 431 p.

L’espace agricole c’est d’abord des agriculteurs, mais il est aussi utilisé par les habitants locaux, par les visiteurs (en particulier des villes voisines) et par les touristes, pour exercer des loisirs tels que les promenades pédestres, équestres ou en VTT, la chasse, la pêche ou la cueillette. En un même lieu, l’agriculteur habite et travaille, le promeneur ou le chasseur circulent et se récréent. À l’échelle des territoires comme à l’échelle des parcelles, cela illustre et questionne la multifonctionnalité de l’espace agricole. Pour les individus, cela entraîne des contacts directs, et ces rencontres entre agriculteurs et usagers peuvent mettre leur tolérance à l’épreuve. Plus généralement, la fonction récréative de l’espace agricole concourt-elle à l’utilité sociale des agriculteurs ? Joue-t-elle un rôle significatif dans la qualité de vie des citoyens ? L’ouvrage, qui porte à la connaissance du public les résultats d’une décennie de recherches, balaie quelques idées reçues. Non, ce ne sont ni les touristes, ni les citadins qui fréquentent le plus l’espace agricole français, mais ce sont d’abord les habitants du coin ! Non, la fonction récréative n’est pas l’apanage des espaces agricoles montagnards, c’est au premier chef une fonction sociale essentielle des régions agricoles intensives du grand Nord-Ouest et des périphéries urbaines ! Non, le droit de propriété n’est pas suffisant pour comprendre les règles d’usage, car il est mâtiné de tolérance et de jeu… Contrairement au tourisme à la ferme, les loisirs en espace agricole concernent quasiment toutes les exploitations, et les deux tiers de la population. Ils permettent aux agriculteurs et aux usagers, autour de valeurs comme le travail, la nature, la propriété, de construire une expérience de l’altérité dans un espace agricole effectivement partagé, hybridé d’espace privé et d’espace public. S’appuyant sur une connaissance précise du terrain et un faisceau d’enquêtes en Ille-et-Vilaine, l’auteur illustre de cartes originales la cohabitation entre loisirs et agriculture à l’échelle du parcellaire, et montre que les agriculteurs, en régulant les usages, construisent un « assolement récréatif » de leur exploitation. Il explique pourquoi les nombreuses gênes ressenties par les uns ou les autres se résolvent généralement en accords informels, et rarement en conflits ouverts. Avec une ouverture pluridisciplinaire, il développe les fondements géographiques de ces interactions sociales. L’ouvrage s’adresse aux médiateurs territoriaux et animateurs de territoires, aux chercheurs, enseignants, aménageurs et étudiants qu’intéresse une réflexion de fond sur la multifonctionnalité et le partage de l’espace (bien au-delà du seul espace agricole), mais aussi aux usagers des loisirs et aux agriculteurs qui souhaitent mieux maîtriser la dimension territoriale de leurs pratiques.

Ouvrage intégralement accessible sur la plateforme OpenEdition Books.

Loisirs espace agricole

La naturalité en mouvement : environnement et usages récréatifs en nature. Le sauvage est-il une dimension forte des pratiques récréatives actuelles et à venir ?

Appel à communication, 20, 21 et 22 mars 2013, Le Pradel (Ardèche, France)

Les pratiques récréatives de nature ont toujours été l’expression d’un rapport historique à soi, aux autres, à la société et aux environnements de pratique. Derrière cet appel à la grande aventure et cette demande de contact avec les éléments se construit un rapport singulier avec les espaces de pratique. Certains aiment s’immerger dans les profondeurs des forêts, d’autres déambuler dans les lieux propices à la rêverie et à la contemplation, pendant que «les plus accros à la fun pratique» ne parlent que de jeux liftés avec les vagues, les ascendances et la neige. On observe ainsi une variété d’usages, attachés à des représentations sociales qui puisent leurs références dans des constellations symboliques diverses.

La nature est-elle en train de disparaître des environnements de pratique ? Quelle place occupe-t-elle aujourd’hui et qu’attendons-nous d’elle ? La notion de naturalité a-t-elle encore un sens dans cette recherche d’une relation primitive, sauvage et biologique ? Est-elle un actant qui a des droits dans une perspective environnementale et quelle place occupe-t-elle dans la définition des politiques publiques ? Sans aucun doute, peut-on observer des mouvements qui annoncent l’envie de retrouver des liens en profondeur avec elle : le goût pour les itinérances au long cours de la part de voyageurs qui partent sur les chemins du monde ; l’attrait pour le camping sauvage et les hébergements nature (yourtes, habitats en hauteur, éco-camping) ; le succès des AMAP et des produits bio ; l’attractivité publique pour des festivals sur les carnets de voyage et l’aventure ; le mouvement des randos nus, pieds nus et des stages de bien-être ou encore la montée de ces migrations d’agrément vers la ruralité (néo-ruraux) sont peut-être le signe d’une envie de repenser la place de la nature dans nos pratiques contemporaines.

Les thématiques du colloque

Ces thématiques ont pour finalité d’étudier les activités récréatives en naturalité telles que celles-ci se pratiquent, s’organisent et se développement. Mais aussi d’étudier la place occupée par la naturalité dans les pratiques d’aujourd’hui et en émergence en référence à la question initiale : le «sauvage» est-il une dimension forte des pratiques actuelles et à venir ?

1 / Pratiques, usages et représentations

Pratiques sportives des profondeurs ; habitabilité des immersions ; cultures et usages ; itinérances et voyages ; transitions récréatives ; spiritualité ; imaginaires, représentations et valeurs ; santé, bien être et développement personnel ; dissidences, expérimentations et pratiques alternatives ; esthétisme et métissage culturel.

2 / Gestion et développement

Technologie, aménagement et ingénierie ; parcs nature et espaces dédiés ; naturbanité, périurbain et nature en ville ; sécurité et gestion des risques ; institutions et pratiques organisées en milieu sauvage.

3 / Géo-politique et droit des espaces écologiques

Gestion, concertation, participation et médiation ; éthique, conflits et controverses ; droit de la nature, actant et usages.

4 / Le marché de la naturalité

Evénement, manifestations et festival ; communication, média et publicité ; marketing et commercialisation du sauvage ; éco-pratiques et tourisme scientifique ; explorateur, aventurier et scientifique.

5 / Formation et transmission

Projet éducatif, transmission et pratiques de sensibilisation ; pédagogie du sauvage et des engagements «extrêmes» ; métiers et culture professionnelle ; innovation et créativité en milieu sauvage.

6 / Histoire, société et épistémologie de la nature sauvage

Sciences et nature, écologisation, modèles émergents ; éco-connaissance et philosophie de la nature ; patrimonialisation, culture et idéologie ; valeurs et économie de la nature ; paradigme scientifiques et naturalité.

Date limite d’envoi de votre proposition de communication : 3 décembre 2012

Evaluation des propositions par le comité scientifique : réponse le 15 janvier 2013
Les inscriptions seront ouvertes à partir du lundi 4 février 2013 (clôture des inscriptions le 11 mars 2013)
Le colloque se déroulera les mercredi 20, jeudi 21 et vendredi 22 mars 2013 sur le site du Pradel (07170 Mirabel) en Ardèche
Soumission du texte intégral pour publication dans la revue Nature & Recréation (http://www.nature-etrecreation.com/) avant le 18 janvier 2013
Soumission du texte intégral pour publication dans un ouvrage collectif (collection sportsnature.org / Ed. du Fournel) avant le 15 mai 2013
Sélection d’articles pour un numéro spécial de la revue scientifique Revue du Développement Territorial, courant 2013.
Cette rencontre scientifique souhaite aussi associer les professionnels à la production et à la diffusion de connaissances. Nous encourageons donc les professionnels à soumettre une proposition de communication sur leur pratique et leur conception de la naturalité telles qu’ils la fabriquent concrètement et la vivent dans le quotidien de l’action.

Modalités d’inscription à la manifestation

Tous les participants devront remplir une fiche d’inscription et la faire parvenir aux organisateurs au plus tard le 11 mars 2013
Les transports vers le site et le logement sont à la charge des participants. Une liste des hébergements disponibles à proximité du site du Pradel sera envoyée lors de l’inscription (tarifs indicatifs : nuitée en gîte 20 euros ; en chambre d’hôte 45 euros et en hôtel 60 euros)
Des frais d’inscription liés à l’organisation et à la restauration durant la manifestation seront demandés à tous les participants (approximativement 60 euros par jour, 180 euros pour l’ensemble du colloque, un tarif réduit étudiant et doctorant sera proposé).
Contact du secrétariat technique du colloque : Brice JULIEN Cermosem/sportsnature.org / Domaine Olivier de Serres – Le Pradel / 07170 MIRABEL / Tel : 04.75.36.30.54 / Courriel : naturalite.cermosem@gmail.com

[Info Calenda]