ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archives de littérature

L’homme des bois et l’homme vert. L’imaginaire de l’homme sylvestre dans la littérature et les arts

Colloque international, Université de Toulouse, 8 et 9 février 2017

Ce colloque international représente le dernier volet d’un projet de recherche engagé sur trois ans (2015-2017) et ayant pour objet l’étude diachronique et transdisciplinaire de la représentation de l’homme et de la femme sauvages. Après avoir analysé les caractéristiques physiques et morales de l’homme sauvage allogène (soit le représentant des habitants des confins de la terre, ou le barbare envahisseur, étranger à toute norme et à la civilisation) ou indigène (soit le représentant des « enfances » de la civilisation, ou l’habitant des territoires « découverts » par le voyageur-colonisateur), il s’agit à présent d’interroger des aspects spécifiques liés à l’imaginaire de l’homme sauvage : son interdépendance avec la nature « sauvage » d’une part et son caractère ambivalent et souvent instable de l’autre.

Programme et informations ici.

[Info Calenda]

Forêt, arts et culture, l’esprit des lieux

Journée d’étude du GHFF, Sorbonne (Paris), 28 janvier 2017

La journée d’études sera précédée le 27 janvier d’une soirée cinéma avec conférence. Nul besoin de présenter le film « Lady Chatterley », réalisé par Pascale Ferran en 2006. Ses nombreux prix attestent sa notoriété. Mais peu savent que ses paysages ont été filmés dans les forêts limousines. La forêt tient une place majeure et abrite plusieurs scènes essentielles. L’esprit de la forêt habite les personnages…

Le paysagiste Gilles Clément abordera l’idée d’un génie naturel des écosystèmes forestiers et les questions soulevées par leur mise en paysage. Sa contribution au choix des paysages du film de Pascale Ferran illustre les enjeux de la spatialité forestière.

Télécharger le flyer avec la totalité du programme : flyer-programme-j2-051216

 

Raconter le haschich dans l’époque mamelouke : étude et édition critique partielle de la Rāḥat al-arwāḥ fī l-ḥašīš wa-l-rāḥ de Badr al-Dīn Abū l-Tuqā al-Badrī (847-894/1443-1489)

Thèse de Danilo Marino, Littératures. Institut National des Langues et Civilisations Orientales, Paris, 2015, 209 p.

Dans cette étude nous cherchons à explorer le lien entre haschich et humour par l’analyse du corpus des récits arabes contenus dans la Rāḥat al-arwāḥ fī l-ḥašīš wa-l-rāḥ (“Le repos des âmes dans le haschich et le vin”) de Badr al-Dīn Abū l-Tuqā al-Badrī (847-894/1443-1489). L’originalité de cette anthologie qui existe en quatre manuscrits dont seulement deux étaient connus à la critique, découle du fait qu’elle est le plus ancien recueil en langue arabe de textes en prose et en vers inspirés du haschich. Dans la première partie, nous abordons le haschich d’un point de vue historique, médicale et juridico-religieux. Longtemps utilisé en médicine et pour la fabrication de cordes et tissus, on ignore quand le cannabis (qinnab) est passé de médicament à substance enivrante et récréative. Cependant l’utilisation de cette herbe était devenue un problème social, si entre le VIIe/XIIIe et le VIIIe/XIVe siècle plusieurs oulémas y consacrèrent des écrits, tant qu’ils l’incluront dans la liste des munkarāt, (les choses blâmables, défendues), à côté du vin (ḫamr), de la fornication (zinā) et de l’homosexualité (liwāṭ). Parallèlement, la littérature n’a pas manqué de représenter l’expérience de psychotropes. Et c’est autour des enjeux littéraires soulevés par cette substance que nous centrons la deuxième partie de notre travail. Par l’étude d’un certain nombre de motifs nous montrons que le personnage du ḥaššāš fonctionne comme un «catalyseur thématique» des motifs littéraires auparavant associés aux ivrognes, aux stupides ou aux fous. L’ordre que nous avons suivi est: la méprise, la stupidité et folie, le rapport au rêve et à l’imaginaire et l’avidité. Nous concluons sur le fait que le passage à la littérature du motif du mangeur de haschich représente le processus de cristallisation d’une figure narrative à potentiel fortement humoristique, née dans la première époque post-abbasside et dérivée d’une série de matériaux narratifs attribués auparavant à d’autres figures littéraires.

Thèse intégralement accessible en version PDF (2.83 Mo) sur Tel.

Le jardin

Émission « Carnet nomade » de Colette Fellous, radio France Culture, 13. 06. 2015

Invités :
– Sylvie et Patrick Quibel au Jardin Plume, à Auzouville sur Ry
– Evelyne Bloch-Dano pour « Jardins de papier » (Stock)
– Pierre Higonnet dans son jardin de Gerberoy
– Dominique Le Sidaner pour la Fête des roses de Gerberoy et les jardins Le Sidaner

A ré-écouter sur la page de l’émission.

Jardins de papier. De Rousseau à Modiano

Ouvrage de Evelyne Bloch-Dano, ed. Stock, 2015,  256 p. sujet de l’émission « L’invité littéraire », radio France Inter, 10. 05. 2015

De la biographe et essayiste Evelyne Bloch-Dano on connaissait déja un goût certain pour l’éclectisme, le grand air et le jardin. Celle qui signa en 2008 La Fabuleuse Histoire des légumes concilie aujourd’hui deux cultures, avec Jardin de Papier, de Rousseau à Modiano, paru aux éditions Stock: celle des lettres et celle de la terre.

Évelyne Bloch-Dano passe ici du potager au jardin dans la vie ou l’oeuvre de grands prosateurs. Après une promenade historique du paradis de la Bible aux parcs à l’anglaise, elle montre comment, dans les romans, le jardin est le reflet de l’âme, le travail qui rend meilleur, le repos mérité, la nostalgie de l’enfance, le rêve d’un monde idéal.  

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De Rousseau à Proust, de Duras à Sand, de Colette à Modiano, il apparaît à la fois comme une représentation du réel et un miroir de l’imaginaire. Il y a aussi une part d’autobiographie joyeuse dans ce vagabondage cultivé : tout lecteur saura parcourir, déchiffrer, aimer, ce tableau naturel.

Émission à re-écouter sur cette page de France Inter.

Le Génie du paysage : l’idéologie paysagère dans la littérature française des années 1800

Thèse de Luc Henri Lefort (Littérature française et comparée), Université de Sorbonne nouvelle-Paris 3, janvier 20104, 412 p.

Le premier romantisme, au tournant du XIXe siècle, serait l’héritier du rousseauisme. Il nous semble pourtant lire une rupture radicale entre l’idée de nature comme l’entend le XVIIIe siècle et l’idée de paysage telle que l’expriment les jeunes écrivains des années 1800.L’idée de nature reste envisagée, jusqu’à la Révolution, comme le décor idéal d’un bonheur possible, dont témoignent, jusque sur le terrain, les paysagistes de la fin de l’Ancien Régime. Du jardin régulier au jardin paysager, le paysage n’est toujours conçu que comme le fond du tableau. Au lendemain de la Révolution, le paysage prend un tout autre sens. Il n’est plus l’écrin divin où doit s’épanouir l’homme raisonnable, il est devenu la figure sublime d’une nouvelle relation qu’a l’homme à lui-même. Les représentations de la culture des Lumières reposaient sur la transcendance et la verticalité ; elles font place aux représentations de la pensée romantique, construite sur l’immanence et l’horizontalité.Le paysage, en s’élevant ainsi au statut de concept, induit un nouveau rapport au temps et à l’espace, redéfinit le point de vue et l’horizon, fait primer le rapport sur l’essence. Cette métamorphose des représentations, qui signe l’entrée dans l’ère contemporaine, nous semble l’effet le plus profond du bouleversement qu’a produit la Révolution. Il convient, c’est notre thèse, de parler de l’émergence d’une idéologie paysagère, pour ces années 1800, si l’on veut comprendre ce qui engendre à la fois la littérature des Senancour, Germaine de Staël, Chateaubriand, la philosophie des Destutt de Tracy, Maine de Biran, et l’essor tant des sciences physiques, avec Georges Cuvier, que des sciences humaines, avec Jean-Baptiste Say, pour citer nos principaux auteurs.

Thèse intégralement accessible en version PDF (2.61 Mo) sur Tel.

« Eloge des arborinidés » de Julien Nouveau

Émission de radio Les Bonnes Feuilles, France Culture, 19.12.2014

Chaque jour,  un auteur lit les premières pages de son dernier livre.

« C’est au cours d’un voyage que ma sensibilité aux végétaux s’est éveillée. Une parcelle intime s’anima en moi, la fascination me saisit et me tint coi, me dévoilant le foyer d’un attachement, d’ordinaire amuï par la rigueur de l’habitude, se révéla dans la découverte d’arbres inconnus. Ils s’imposèrent à moi, semblant taire une lointaine filiation qui me liait à eux pour mieux la laisser battre dans la force de leur présence. »

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Julien Nouveau, « Eloge des arborinidés » (ed. Intervalles, 2014)