ETHNOBOTANIQUE

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Archives de légume

Fruits et légumes « moches », retour en grâce et en rayon

Reportages de France Culture, 18.02.2015

Près de 30% des fruits et légumes produits en France ne parviennent jamais dans nos assiettes. Parmi ces 30%, près de 10% partent à la benne, sans états d’âme. Trop petits, trop tachés, pas assez colorés… trop différents.

Mais depuis plus d’un an, des labels tentent de réhabiliter ces marginalisés sur les rayonnages des enseignes de la grande distribution en les vendant au rabais. Alors que s’ouvre le Salon International de l’agriculture à Paris, ce 21 février, retour sur un emballement où se mêlent considérations écologiques et quête du bon coup marketing.

Enquêtes à écouter sur le site de la radio.

Du Kenya à l’assiette, le parcours pas si vert des haricots

Article de Audrey Garric, Le Monde, le 20.02.2015

« Il est 10 heures ce jour-là et le soleil tape déjà fort sur les hauts plateaux kényans. Dans les champs fraîchement labourés de la ferme Hippo, située à Thika, au nord de Nairobi, des femmes pliées en deux sèment des graines. Plus loin, d’autres récoltent méthodiquement les légumes arrivés à maturité. Dans leurs cagettes : des brocolis, des courges, des piments, du maïs doux, des oignons, des pois et, surtout, des haricots verts, la principale production du groupe AAA Growers, qui se retrouveront trois jours plus tard dans les assiettes des consommateurs anglais ou néerlandais. Avec des récoltes tout au long de l’année et une main-d’œuvre très bon marché, le Kenya est le deuxième exportateur de french beans, comme on les appelle là-bas, à destination de l’Europe, surtout à contre-saison. Un secteur critiqué qui cherche à se verdir… »
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Lire la suite de l’article sur le site du journal.

Des légumes aux petits oignons

Article de Aline Duval, Le Monde, 2 juin 2014

« Maître du daïkon (radis blanc) comme du kabu (sorte de navet) et fournisseur de petits légumes pour les meilleures tables parisiennes, Asafumi Yamashita a accédé au statut de star depuis qu’il a honoré de sa présence « Top-Chef », l’émission de M6, en février.

Des cuisiniers, comme Pierre Gagnaire (Restaurant Pierre Gagnaire), William Ledeuil (Ze Kitchen Galerie), Pascal Barbot (Astrance), Eric Briffard (Le Cinq), Sylvain Sendra (Itinéraires) ou Christian Le Squer (Ledoyen), s’arrachent sa production. Ses légumes ont un goût incomparable. Mais comment y parvient-il ?

Comment, dans cette terre lourde du sud du Vexin français où il s’est installé, Asafumi Yamashita réussit-il à « élever » des variétés nippones de légumes dont il sublime le goût ? Ses navets, notamment, ont une saveur de banane, de miel ou de kaki, suivant les crus, et sont juteux comme des grenades… »

Lire la suite de l’article sur le site du Monde.

Fruits et légumes de part et d’autre de la Méditerranée 15e-20e siècle

Colloque international organisé par la Chaire Unesco Sauvegarde et valorisation des patrimoines culturels alimentaires de l’université François-Rabelais de Tours et l’université Ibn Tofaïl de Kénitra, 30, 31 octobre et 1er novembre, Salle des conférences, Faculté des Lettres et des Sciences Humaines (Kénitra, Maroc)

Ce colloque s’intéresse à un patrimoine spécifique, celui des fruits et légumes qui, de part et d’autre du bassin méditerranéen, ont toujours occupé une place majeure. D’une rive à l’autre, on relève des ressemblances et des dissemblances : pratiques arboricoles et maraîchères, productions et consommations, systèmes d’adaptation et d’adoption des plantes, fonction sociale et culturelle de leur consommation, etc. Le temps long (15e-20e siècle) constitue la toile de fond de notre problématique comparatiste : les découvertes de nouveaux mondes, les innovations techniques, le mouvement de (dé)colonisation ont entraîné des changements notables dans les pratiques agraires et les consommations alimentaires. Notre problématique est tout aussi ouverte aux questions du temps présent, à savoir le développement des productions des fruits et légumes dans les pays de la rive sud et les contraintes du commerce international, les enjeux de la biodiversité et la patrimonialisation des cultures alimentaires présentées comme « traditionnelles » (régimes alimentaires, spécialités régionales, légumes ou fruits emblématiques).

Programme

Mercredi 30 octobre 2013

19h Conférence inaugurale à l’Institut français de Kénitra (320 avenue Mohamed V) : Florent QUELLIER, Université François-Rabelais, France. « Bête comme chou ? Le jardin potager dans la culture alimentaire française ».

Jeudi 31 octobre 2013

8h45 Accueil des participants

9h-9h30 Mots d’accueil

Fruits et légumes, une identité méditerranéenne ? (9h30-11h10)

Président de séance : Abdelahad SEBTI

  • Cristina BRAGAGLIA, Université de Bologne, Italie. « Fruits et légumes dans le cinéma des deux côtés de la Méditerranée ».
  • Aïda KANAFANI-ZAHAR, Centre National de la Recherche Scientifique, France. « Légumes et herbes aromatiques dans le mezzé libanais ».
  • Halima FERHAT, Université Mohammed V, Maroc. « Consommation des légumes dans une société où la viande garde son prestige : anciens et nouveaux produits dans la cuisine marocaine ».
  • Najah NEZHA, Université Ibn Tofaïl, Maroc. « La place des légumes frais dans l’alimentation des Marocains ». Communication en langue arabe.

Des fruits et des sociétés (11h30-12h50)

Présidente de séance : Hélène ILBERT

  • Abdelmajid MOUKHLI, INRA-Centre Régional de la Recherche Agronomique de Marrakech, Maroc. « Introduction et diffusion de l’oléiculture au Maroc : une histoire complexe éclairée par les textes et par l’ADN ».
  • Laetizia CASTELLANI, Université Pasquale Paoli, France. « L’arboriculture en Balagne du début du XIXe siècle à aujourd’hui : mutations et enjeux ».
  • Corinne MARACHE, Université Michel de Montaigne, France. « Quand un fruit raconte l’histoire de son « pays » : la châtaigne, miroir des transformations économiques et sociales du monde rural (L’exemple de la Dordogne (France), XIXe – début XXe siècle) ».

Fruits, légumes et diététique(s) méditerranéenne(s) (14h30-16h50)

Président de séance : Najib GMIRA

  • Francesca PUCCI-DONATI, Université de Bologne, Italie. « Plaisir et santé dans les proverbes de la Méditerranée au Moyen Âge et à l’époque moderne ».
  • Philippe DUBOIS, Bucknell University, Etats-Unis. « Modernité alimentaire des cuisines à base de plantes ».
  • Antonio José MARQUES DA SILVA, Université de Coimbra, Portugal. « Idéal et pratiques alimentaires de Méditerranée : entre désir de chair et raison végétarienne ».
  • Badiaa LAFDAILLI, Université Ibn Tofaïl, Maroc. « Fruits et légumes dans l’imaginaire populaire marocain ». Communication en langue arabe.
  • Houria OULARBI-ABDENNEBI, Université Mouloud Mammeri, Algérie. « Les filières commerciales des plantes comestibles entre deux guerres dans le Djurdjura ».

Fruits et légumes de l’Autre de part et d’autre de la Méditerranée (17h-18h30)

Présidente de séance : Halima FERHAT

  • Luis FÉ CANTO, Université d’Orléans, France. « Manger dans les présides espagnols du Maghreb à la période moderne : une alimentation entre deux continents ? Deux alimentations autour d’une mer ? »
  • Faouzia BOURISSA, Université de Gafsa, Tunisie. « Cuisines et pratiques de table en Tunisie ».
  • Jamoussi HABIB, Université de Sfax, Tunisie. « Le régime alimentaire des Tunisiens à l’époque Moderne à travers les récits de voyages des Européens ».

Vendredi 1er novembre 2013

Intégration méditerranéenne de plantes vivrières venues d’ailleurs (9h-10h30)

Président de séance : Marc DE FERRIÈRE

  • Elisabeth MOTTE-FLORAC, Université de Montpellier, France. « De l’ail et du piment : variations méditerranéennes ».
  • Athéna-Hélène STOURNA, Université ouverte de Chypre, Grèce. « Introduction de la pomme de terre en Grèce (1828) : entre légende et faits historiques ».
  • Stefano MAGAGNOLI, Université de Parme, Italie. « La naissance de l’industrie de tomates à Parme ».

Des fruits et des sociétés (10h40-12h20)

Présidente de séance : Marie-Pierre RUAS

  • Gilles FUMEY, Université de Paris-Sorbonne, France. « Le melon de Cavaillon, une géohistoire agrocommerciale ».
  • Philippe MEYZIE, Université Michel de Montaigne, France. « Réputation et commerce des prunes en France (XVIIe-XVIIIe siècles) ».
  • Mohamed MONKACHI, Université Ibn Tofaïl, Maroc. « Raisins et raisins secs dans le Maroc précolonial ».
  • Younès HMIMSA, Université Abdelmalek Essaadi, Maroc. « Gestion et dynamique locale de la diversité variétale du Figuier (Ficus carica L.) dans les agroécosystèmes du Rif au Maroc ».

12h20-12h40 : Conclusions par Hélène ILBERT, Institut Agronomique Méditerranéen, France.

Inscriptions :  flk@univ-ibntofail.ac.ma

[Info Calenda]

D’ « incroyables comestibles » et des potagers en partage

Article de Aline Leclerc paru sur le blog « Une annee en France », 17.12.2012

« C’est calme en ce moment, trop calme… » En essuyant les verres du restaurant où il est salarié à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), Cédric Dérouin, 34 ans, évoque en quelques minutes, pêle-mêle, les fermetures successives de dizaines de commerces dans le centre-ville, le licenciement économique de son unique collègue il y a quelques mois, l’incertitude qui pèse sur son avenir comme sur celui des ouvriers des chantiers de l’Atlantique, principal employeur du secteur. « Y’a plus de commandes… Que va-t-il se passer quand les deux derniers bateaux seront livrés ? » s’interroge-t-il morose.

Mais où est-il celui dont nous avions lu les messages enthousiastes et fédérateurs sur Facebook ? Celui au ton plein d’espoir que nous avions eu au téléphone ? Il faut lui laisser le temps de fermer boutique. Le suivre jusque chez lui et le voir enfin nous présenter avec un plaisir non feint, malgré la pluie battante, les poireaux et le petit chou qui ont poussé dans le bac qu’il a installé devant sa maison, surmonté d’un accueillant panneau « nourriture à partager », petit supplément d’âme dans ce lotissement neuf….

Lire la suite sur le blog.

Fruits et légumes de part et d’autre de la Méditerranée (XVe-XXe siècle)

Appel à contribution, colloque international, Kénitra (Maroc), 30 novembre 2012

Les fruits et légumes intéressent aujourd’hui aussi bien les scientifiques que les professionnels. Historiens, sociologues, anthropologues, agronomes, diététiciens, producteurs de fruits et légumes, industriels de l’agro‐alimentaire, travaillent sur ces nourritures végétales selon leurs paramètres scientifiques, leurs outils méthodologiques, leurs intérêts économiques. Les travaux de recherche menés en ce domaine s’imposent avec des méthodes et des questionnements appropriés, loin de toute considération anecdotique ou pittoresque. Ils s’inscrivent dans une problématique féconde, celle de l’histoire et des cultures de l’alimentation où se recoupent le matériel et le culturel, les techniques et les usages, les nécessités et les préférences.

Sur les deux rives de la Méditerranée, les fruits et légumes ont toujours occupé une place majeure dans le paysage agraire, la production agricole, la consommation locale et les échanges interrégionaux. Mais dans les systèmes de vie et de valeurs des différentes sociétés du pourtour méditerranéen, la fonction agronomique, économique, sociale et culturelle, voire symbolique, dévolue aux fruits et légumes n’était pas forcément identique. De part et d’autre du bassin, l’on relève des ressemblances et des dissemblances concernant les pratiques arboricoles et maraîchères, les productions et les consommations, les systèmes d’adaptation et d’adoption des plantes. Prenons l’exemple de l’artichaut, plante issue d’un chardon des bords de la Méditerranée : signe de prestige et de plaisir en Europe occidentale aux 16e – 17e siècles, il renvoie à la pauvreté dans le Maghreb contemporain.

Le temps long constitue la toile de fond de notre problématique comparatiste. Du 15e au 20e siècle, les pratiques agraires et les consommations alimentaires ont fortement changé de part et d’autre de la Méditerranée, premièrement par le biais des découvertes des nouveaux mondes qui ont amené de nouvelles plantes sur la rive nord de la Méditerranée; deuxièmement, par les innovations techniques des temps modernes en Europe en particulier; troisièmement, par le mouvement de colonisation qui a inséré de nouvelles plantes et de nouvelles techniques sur les terres de la rive sud.

Notre problématique est tout aussi ouverte aux questions du temps présent, à savoir le développement des productions des fruits et légumes dans les pays de la rive sud et les contraintes du commerce international, les enjeux de la biodiversité et la patrimonialisation des cultures alimentaires présentées comme « traditionnelles » (régimes alimentaires, spécialités régionales, légumes ou fruits emblématiques).

D’où la pertinence d’un colloque international, dans les deux langues, arabe et français, sur cette thématique qui aspire à fédérer plusieurs disciplines pour débattre des axes de recherche suivants :

– Arboriculture et maraichage : paysages, pratiques, usages, espaces de production
– Productions et circuits d’échange : produire pour la vente, produire pour le ventre, diversité variétale, circuits courts, échanges régionaux
– Développement des productions, globalisation des marchés
– Transformation des fruits et légumes : transformation domestique, fabrication artisanale, production industrielle
– Pratiques de table : consommation, recettes, ordre des mets, repas ordinaires / repas festifs, patrimonialisation
– Les fruits et légumes venus d’ailleurs : domestication agraire, adaptation culinaire
– Imaginaire des fruits et légumes : prestige social ou pauvreté, diète(s) méditerranéenne(s), représentations diététiques

Conditions de soumission
Les propositions, comprenant un titre, un résumé autour de 500 mots et un court cv en arabe ou en français, sont à adresser à houbaidamohamed@yahoo.fr ou florent.quellier@univ-tours.fr

avant le 30 novembre 2012

Délai pour les textes définitifs : le 15 septembre 2013

Organisation scientifique :

Houbaida Mohamed, Université Ibn Tofail, Kénitra, Maroc
Quellier Florent, Université François‐Rabelais, Tours, France
Comité scientifique
De Ferriere Le Vayer Marc, Université François‐Rabelais, Tours, France
Gmira Najib, Université Ibn Tofail, Kénitra, Maroc
Ilbert Hélène, Institut Agronomique Méditerranéen de Montpellier, France
Nasreddine Lara, American University of Beirut, Liban
Ruas Marie‐Pierre, Museum d’histoire naturel, Paris, France
Sebti Abdelahad, Université Mohamed V, Rabat, Maroc

[Info Calenda]

Les fruits et légumes : un objet sociologique ?

Colloque organisé par l’INRA, jeudi 20 octobre 2011, Ivry-sur-Seine (France)

L’historiographie et la sociologie du monde rural, et particulièrement de sa modernisation, ont été implicitement constituées autour de certains objets, particulièrement les productions qui étaient au centre des grands compromis institutionnels entre la paysannerie et l’Etat. Or, le secteur des fruits et légumes permet de nuancer très fortement l’idée d’une modernisation uniforme du secteur agricole. D’une part, les travaux sur les fruits et légumes mettent en exergue l’inscription très ancienne des agriculteurs dans le marché, leur proximité aux attentes des consommateurs, et leur appropriation différenciée des spécificités de ces produits, notamment la saisonnalité et la périssabilité ; d’autre part ils montrent l’hétérogénéité des filières agro-alimentaires et les tensions qui habitent les politiques de modernisation.
En déplaçant le regard vers un objet longtemps resté marginal aussi bien dans les politiques publiques que dans l’étude du monde rural, quels apports nouveaux en termes de connaissance peut-on obtenir ? Quelles sont les problématiques qui émergent et de quelles façons les sociologues les appréhendent-ils ?

Programme

09.00 – 09.15/ Introduction – Antoine Bernard de Raymond, Laure Bonnaud, Marie Plessz

09.15 – 12.15/ Session « La distribution des fruits et légumes », animé par François Purseigle

– Sophie Dubuisson : Prix des produits et valeurs des circuits. La formation des prix dans la commercialisation des pêches
– Cécile Praly & Carole Chazoule : Les circuits courts en fruits, exemple d’économie de la variabilité ? Enseignements à partir de l’arboriculture de la Moyenne Vallée du Rhône
– Madlyne Samak : Entre contraintes morales et contraintes économiques : gérer la périssabilité et la saisonnalité des fruits et légumes biologiques

13.30 – 16.30/ Session « Qualification / requalification des fruits et légumes », animée par Marie-France Garcia

– Jeanne Piedallu : Les catégorisations du statut de l’objet F&L (vendabilité/consommabilité) en tant qu’analyseur des relations sociales. Analyse de cas : les relations entre primeurs et glaneurs sur les marchés populaires parisiens
– Lucile Garçon : Jardiniers, médiateurs fruitiers et croqueurs de pommes : quand les acteurs sont des amateurs
– Chrystèle Dondeyne : Le processus de qualification des légumes en bio. Le cas du chou-fleur

16.30 – 17.30/ Conférence de Susanne Freidberg

Susanne Freidberg est l’auteur de Fresh: a perishable story.
That rosy tomato perched on your plate in December is at the end of a great journey—not just over land and sea, but across a vast and varied cultural history. This is the territory charted in Fresh. Opening the door of an ordinary refrigerator, it tells the curious story of the quality stored inside: freshness.
We want fresh foods to keep us healthy, and to connect us to nature and community. We also want them convenient, pretty, and cheap. Fresh traces our paradoxical hunger to its roots in the rise of mass consumption, when freshness seemed both proof of and an antidote to progress.

17.30 – 17.45/ Clôture du colloque : Bilan et perspectives, par les organisateurs

Contact : colloquefl@ivry.inra.fr