ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour jardin

Jardin et mélancolie en Europe entre le XVIIIe siècle et l’époque contemporaine

Appel à articles, revue électronique Histoire culturelle de l’Europe, automne 2018

Jardin de paradis ou jardin des supplices, hortus conclusus ou locus amoenus, utopie ou idylle, miroir de la société ou antithèse, lieu de mémoire ou lieu de l’oubli, lieu vivant et cultivé par l’homme, « work in progress » sans fin ou lieu oublié et délaissé, vivant néanmoins – le microcosme du jardin est toujours non seulement l’espace onirique par excellence, mais souvent aussi celui de la mélancolie. Sous ses multiples facettes, le jardin reflète toujours son créateur et le  sujet  se prête à mettre en lumière des aspects essentiels de l’histoire des consciences.

Qu’il s’agisse  d’une œuvre implantée dans la réalité, ou d’une représentation dans une œuvre, texte, image, musique, – le jardin exerce une fascination universelle, sur les architectes paysagistes comme sur les littérateurs, poètes, cinéastes, graphistes, peintres, philosophes et musiciens. Cette fascination connait tout récemment un renouveau qui va de pair avec une conscience de plus en plus aigüe de la crise climatique et donne de nouvelles impulsions aussi bien aux pratiques jardinistes qu’à la réflexion théorique. On peut parler d’un véritable engouement, signe de changements fondamentaux de nos sociétés. Le jardin devient aujourd’hui espace de résistance contre le libéralisme exacerbé voire, plus généralement, la perte d’humanité.

Qui dit résistance, dit mélancolie. Le jardin, comme « hétérotopie » semble par essence le lieu « où dort la mélancolie » (Apollinaire). On peut le considérer dans une visée thérapeutique : s’y promener, le contempler apaise et libère l’âme ; en prendre soin signifie exercer une activité humaine et sociale fondamentale et « universelle ». Dès les Lumières, le jardin devient ainsi un élément de politique hygiéniste. La médecine et la psychiatrie s’en servent à des fins thérapeutiques. Ou on  peut lui donner une place dans une œuvre d’art. Là aussi son rôle est intimement lié à la mélancolie, il peut agir comme une drogue, comme un remède, il peut être le lieu de la réflexion, de la prise de distance par rapport à la réalité, il peut mettre en évidence le lien entre la beauté et la mort, ou simplement séduire par la réponse que son silence éloquent oppose à la violence du monde des humains : il est toujours l’espace dans lequel on vit à la fois librement sa mélancolie et celui où on peut s’en libérer, voire en guérir, celui où la mélancolie pathologique peut se transformer en « mélancolie douce », celui où la mélancolie devient créatrice. Le jardin peut même éveiller le désir de la métamorphose, le désir de devenir plante, car la plante y devient perceptible comme l’image, voire le modèle de la puissance de ce qui n’aspire pas au pouvoir. Voilà quelques pistes de réflexion autour du jardin et la mélancolie.

Le dossier thématique cherchera à éclairer sous divers angles ce lien qu’entretient le jardin avec la mélancolie. Suivant la nature de son objet,  interdisciplinaire, il se propose de réunir des articles issus des divers domaines linguistiques européens dans les disciplines suivantes : littérature, sociologie, psychologie, histoire de l’art et architecture, histoire de la médecine, géographie, philosophie, sciences des médias, arts plastiques et musique.

Voir toutes les modalités sur Calenda.

Publicités

Jardins et communs : terreaux de transition ?

Cinquième journée de l’atelier « Habiter la transition. Des pratiques existantes
aux politiques de transition : circulations et ambiguïtés », Maison des Sciences de l’Homme et de l’Environnement, Besançon (France), 12 octobre 2017

Tandis que les jardins collectifs, jardins partagés, sèment divers territoires urbains, périurbains, ruraux, l’idée de changement, d’alternatives en cours, s’affirme sur ces terrains cultivés à plusieurs. Entre nature et culture et au croisement des problématiques de l’habiter, différentes qualités, sociales, économiques, politiques, esthétiques, sanitaires et environnementales, ont été associées aux jardins selon les époques, les sociétés et les territoires. Aujourd’hui, leur essor s’observe notamment au cœur de nouveaux collectifs. Le mouvement des « villes en transition » développe ainsi des potagers et des vergers urbains, gérés en groupe et présentés comme les « ingrédients » fondamentaux d’un territoire résilient face à la déplétion pétrolière et au réchauffement climatique. Si les jardins collectifs constituent une des initiatives les plus concrètes, fréquentes et visibles pour « rendre la Transition palpable par la communauté », cet atelier vise à poser plus largement la question…

Informations sur le site du réseau AC/DD.

De l’écriture du paysage au déchiffrement du monde : Art des jardins et création chez Edgar Poe

Article de Isabelle Krzywkowski, version présentée au colloque Edgar Allan Poe de Cerisy-la-Salle, 2008

L’article réfléchit sur la fonction du jardin dans l’œuvre d’Edgar Poe. La première partie propose une analyse renouvelée des sources, qui fait apparaître l’influence déterminante des théories du second pittoresque (Gilpin, Paine, Knight). Dans un second temps, il analyse les raisons qui incitent Poe à défendre le parallèle entre le jardinier-paysagiste et l’artiste : l’art des jardins (et singulièrement sa variante pittoresque) fait écho à sa théorie esthétique (le rapport à l’imitation, la place centrale du principe de composition, la fonction d’évocation et de révélation, le principe stylistique de l’arabesque, etc.). Enfin, l’étude revient, à l’aune de ces sources, sur la place des deux contes, « The Domain of Arnheim » et « Landor’s Cottage », qu’on invite à lire comme un triptyque autour d' »Eureka » : le voyage initiatique que décrit « Arnheim » (nekhya qui révèle la fonction réelle de l’art telle qu’elle sera présentée l’année suivante dans « Eureka ») est repris de manière ironique un an plus tard dans « Landor », récit d’une initiation ratée qui fonctionne comme une mise en garde. L’art des jardins représente ainsi pour Poe l’illustration, et même la mise en pratique de sa philosophie esthétique, conception idéaliste qui confie à l’artiste le rôle d’agencer le monde pour en révéler le dessein et l’énigme.

Document intégralement accessible en version PDF (340.79 Ko) sur Hal-Shs.

Santé des plantes : de l’observation au diagnostic

MOOC, Agrocampus Ouest, 15 septembre 2017

La suppression prochaine des produits phytosanitaires de synthèse pour les Jardins, Espaces Végétalisés et Infrastructures (JEVI) dont font partie les jardins amateurs, impose un accompagnement des utilisateurs. Ces produits peuvent être remplacés par des techniques dites « alternatives ». Ces techniques sont propres à chaque bioagresseur pour une période donnée. Il est donc primordial de savoir reconnaitre les bioagresseurs et autres causes de désordre affectant la santé et le développement des plantes pour viser au plus juste.
Ce MOOC donne toutes les clefs pour passer d’une simple observation au diagnostic, afin d’identifier précisément les causes de désordre affectant la santé des plantes : comprendre le fonctionnement des plantes, connaitre et identifier les principaux ravageurs et maladies des plantes.

Ce MOOC se déroulera sur 6 semaines, au cours desquelles vous découvrirez diverses vidéos.
Un questionnaire à choix multiple (QCM) d’évaluation portant sur les éléments clés à retenir sera proposé lors des semaines 2, 3, 4 et 5. Ils permettront de valider votre compréhension des diverses vidéos, vous permettant ainsi de revenir sur certaines si besoin.
En fin de dernière semaine, une étude de cas finale, corrigée par les pairs, vous permettra de mettre en pratique la démarche de diagnostic que vous aurez acquis au cours des 6 semaines de vidéos.

Aucun prérequis scolaire n’est nécessaire. Ce MOOC s’adresse :
Aux personnes curieuses et intéressées par les questions environnementales et/ou engagées dans sa préservation ; Aux utilisateurs de produits phytosanitaires qui souhaitent mettre en place des techniques de protection des plantes plus respectueuses de l’environnement ;
Aux particuliers, jardiniers amateurs, élèves et étudiants souhaitant acquérir des connaissances.

Informations sur FUN.

Jardins et Communs : terreaux de « transitions » ?

Colloque, Cinquième atelier « Habiter la transition », MSH de Besançon (France), 12 octobre 2017

Jardins partagés, jardins collectifs ou jardins communautaires, toutes ces dénominations mettent en avant l’usage et la gestion en commun de pratiques auxquelles les jardins offrent un horizon de possibles. Ces possibles partagent l’idée de commun aussi, c’est à cette notion que sera décernée cette journée. L’idée de communs est née d’une critique de l’intérêt général, dont elle se distingue sans renier l’intérêt d’une montée en généralité. Il s’agit de jouer d’équilibres instables, non comme d’une fragilité, mais comme l’affirmation d’une ouverture : ouverture à l’altérité (humaine et non humaine), ouverture sur le monde et le devenir.

Programme

Introduction de Sophie Némoz

Matinée (10h00 – 12h30) : Fragments locaux

  • Christian Guinchard : « Le nouveau monde de Charles Fourier est un jardin »
  • Éric Doidy et Sophie Némoz : « Pistes pour une pragmatique terrestre : quels jardins pour dessiner quelles communautés ? »
  • Karine Terral, Floriane Vauthier et Patrick Bourque : « Du jardin partagé à l’habitat participatif de La Pernotte : comment le jardin partagé a nourri notre futur mode d’habiter ? »

Discutante : Laurence Granchamp

Après-midi (14h – 17h) : Mises en perspectives internationales

  • Alexandre Aebi : « Regard interdisciplinaire sur trois projets de jardins potagers dans le canton de Neuchâtel. Du militantisme étudiant aux tentatives d’institutionnalisation d’un projet communal »
  • Arnaud Frauenfelder : « La mise en ordre des jardins ouvriers comme instrument de régulation sociale entre hier et aujourd’hui. Le cas de Genève »
  • Sandrine Baudry et Sandrine Glatron : « Perspective historique sur le jardinage urbain en temps de crise aux États-Unis et au Royaume-Uni (1890-2017) »

Discutante : Sophie Némoz

Conclusion de la journée : Florence Rudolf

Entrée libre (sur inscription : communication@mshe.univ-fcomte.fr)

[Info Calenda]

Ce que nos jardins disent de nous

Émission Dans quel monde on vit, radio France Inter, 21.07.2017

Camélias, roses, coquelicots… Le jardinier Alain Baraton et la paysagiste Charlotte Fauve font visiter de beaux espaces fleuris le temps d’une émission ensoleillée.

A (ré) écouter sur la page de l’émission.

Gilles Clément : « Avec la création d’un jardin, on entre dans une dimension politique »

Les Masterclasses, radio France Culture, 13.07.2017

Le jardinier, paysagiste, botaniste, biologiste et écrivain Gilles Clément revient sur les principaux concepts résultant de ses recherches et de ses réalisations associées telles que le Jardin en Mouvement, le Jardin Planétaire ou encore le Tiers-Paysage. Ayant longtemps enseigné à l’École nationale supérieure du paysage de Versailles, Gilles Clément devient en 2011 titulaire de la Chaire annuelle de Création artistique au Collège de France. Pour présenter sa proposition au Collège de France, il écrit : « Ma pratique professionnelle consiste en une activité globale où figurent la conception et la réalisation de paysages ou de jardins, l’écriture et la publication de textes liés à cette activité et la communication raisonnée de cette pratique. Ce dernier point donne lieu aux conférences, aux expositions mais aussi et surtout à une pédagogie du ‘projet de paysage’ dans le cadre d’un enseignement dispensé, notamment, à l’Ecole nationale supérieure de paysage de Versailles ». Tout semble lié pour ce jardinier qui défend le concept de « génie naturel » permettant de mieux comprendre la nature, en exploitant sa diversité sans la détruire.

Émission à ré-écouter ici.