ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour jardin potager

Le jardin partagé de Jacques Lenoir, une oasis pour les réfugiés de Vichy

Article de Maryline Baumard, Le Monde, 18.08.2017

« Un matin, Jacques Lenoir a été tiré de son sommeil par une idée fixe. Celle que Rezan devait être protégé par la France. C’est ce qu’il s’est encore répété en avalant un petit-déjeuner et en s’attelant au dossier de ce jeune Kurde pour qui il prépare un recours devant la Cour nationale du droit d’asile (CNDA).

À 67 ans, ce Vichyssois d’adoption né à Paris vient de finir une formation pour défendre les migrants qui font appel de leur refus du droit d’asile. Durant des semaines, il a observé et interrogé une bénévole chevronnée de la Cimade, à Clermont-Ferrand, retenant ses arguments juridiques, sa façon de monter les dossiers. À la rentrée, après un stage en droits des étrangers à Paris, il ouvrira à Vichy une annexe de l’association pour que les exilés de sa ville aient un espace juridique où se référer. Un nouveau combat pour cet homme qui en est déjà à sa seconde vie. Avant 2013, ce maître d’œuvre en bâtiment, qui gagnait bien sa vie dans le Jura, n’avait rien contre la société de consommation. « Je ne renie pas cette période où j’évoluais dans le confort matériel, mais je suis passé à autre chose », explique celui qui, il y a quatre ans, a troqué l’avoir pour se centrer un peu plus sur l’être et porte désormais sur le monde un regard plus protecteur, plus respectueux de la terre et des hommes.

« Avant, je n’aurais sans doute pas prêté attention aux réfugiés. Aujourd’hui ils font partie de mon environnement », commente celui qui, comme eux, a vu la mort de près. Son ennemi à lui, ce n’était pas un gouvernement liberticide, mais une maladie. Une expérience qui les rapproche sans doute, inconsciemment, et les rend plus enclins à célébrer ensemble la première « fête de la vie » que Jacques veut organiser dans le jardin partagé, à l’automne, quand la terre aura donné ses récoltes estivales.

Car pour les réfugiés, Jacques est devenu l’homme du jardin, celui qui a mis à leur disposition un lopin de terre et tout ce que celui-ci peut offrir : des herbes aromatiques, des tomates ou des courges. Des cultures bios, respectueuses du sol. Ce n’est pas pour rien que Jacques s’est offert une semaine de stage chez le pionnier de l’agriculture biologique Pierre Rabhi. Il n’en est pas sorti expert mais il a appris « à aimer la terre », dit-il. « Et j’essaie aujourd’hui de transmettre cet amour. »

Lire l’intégralité de l’article ici.

Les Agités du Potager ! Regards croisés sur un potager

Bulletin des CAUE, avril 2017, 47 p.

Après avoir mené une étude sur les jardins collectifs du département de la Somme, le CAUE 80 a souhaité développer une action favorisant leur développement et leur reconnaissance. Menée de 2012 à 2016, accompagnée et financée par le Conseil départemental de la Somme, elle s’est traduite par un appel à projets en 2013 nommé “Les Agités du Potager !”, consistant à créer des espaces de rencontre au sein de ces jardins pouvant prendre des formes très diverses. Elle a ainsi permis à l’ensemble de ces jardiniers de se rencontrer et d’échanger tout au long de l’action lors d’ateliers ou de visites.

Cet ouvrage évoque le cheminement de l’action participative qui a pris la forme d’une étude sur les jardins collectifs avant de se décliner “concrètement” à travers des ateliers, esquisses, visites et enfin la réalisation de projets par les principaux acteurs de la démarche : les jardiniers eux-mêmes.

Témoignage de cette démarche, la publication offre le regard de Sylvie Gosselin Photographe, afin de mieux donner à voir, à apprécier et à comprendre tout ce qui fait la richesse de ces jardins : les paysages et les territoires, leurs histoires, les productions vivrières ou plus artistiques et bien sûr les femmes et les hommes qui les font vivre au quotidien.

Bulletin à télécharger en version PDF sur le site du CAUE80.

Le jardin potager, un petit monde

Exposition, musée de l’Image d’Epinal (France), 19 mai 2017-5 novembre 2017

S’appuyant sur les images anciennes de ses collections, saint Fiacre, patron des jardiniers, les images de l’enfance « Les petits jardiniers », des gravures, des peintures fin 19e siècle d’Adan ou de Saintin mais aussi des œuvres de Robert Doisneau, Joan Fontcuberta, ou Sébastien Gouju, l’exposition proposera un regard sur le jardin.

Espace d’apprentissage, de métissage, d’innovation, école de persévérance et de patience, il est aussi un lieu où se retrouvent amis ou ennemis, victoire et désillusion, tradition et expérimentation… un petit monde.

Entre imagerie ancienne / beaux-arts / musique / littérature / cinéma / photographie / art contemporain

Voyagez parmi les oeuvres de Robert Doisneau / Joan Fontcuberta / Sébastien Gouju / Sanna Kannisto / Florence Paradeis / Jacqueline Salmon

Et aussi Adan / Saintin / La Quintinye / Offenbach / Debussy / …

Informations sur le site du musée et lire cet article du Monde.

Jardins et jardiniers : les pieds dans la terre, la tête dans les nuages. Une anthropologie du potager

Thèse de Vincent Larbey, Sociologie. Université Paul Valéry – Montpellier III, 2013, 460 p.

Depuis le XIXe siècle en France, l’opposition entre agrément et utilitaire détermine nos représentations du jardin. Ainsi, le potager s’inscrirait avant tout dans une logique de production, à l’opposé du plaisir créatif et distingué propre au jardin d’agrément. L’observation de nombreux jardins vivriers et des manières de faire de leurs jardiniers, montre que ces jardins sont chargés d’intentions et de symboles dépassant la seule préoccupation de produire de la nourriture. C’est le cas des jardins éloignés du domicile, tels les jardins collectifs, familiaux ou partagés, mais aussi d’autres jardins, vivriers en Papouasie et en Amazonie, transitoires à New York. L’intimité du jardin, la mémoire du lieu, le « contact » avec la terre, l’autoproduction de nourriture, la dimension collective et l’exposition au regard des autres sont sources d’un fort investissement symbolique, suscitant des formes particulières d’appropriation, de sociabilité et d’expression ; une façon de concrétiser sa présence au monde, sa relation au temps, à « l’environnement », aux autres et à soi-même. Sans doute le mythe paradisiaque se construit-il sur ces aspects, dont se saisissent aussi les philosophes et les poètes. Cette recherche a également pour objet de souligner le hiatus entre la conception des jardins proposés par les collectivités publiques et les pratiques quotidiennes des jardiniers.

Thèse intégralement accessible en version PDF (77.43 Mo) sur Tel.

Des tomates sur le toit de la Poste

Emission « L’esprit d’initiative », radio France Inter, 14.03.2017

Sophie Jankowski et son association Communauté Facteur Graine aménagent au mieux le toit terrasse de 700 mètres carrés du centre de tri de la porte de la Chapelle mis à leur disposition par le Groupe La Poste. Aidées par des postiers aux mains vertes, elles agencent au mieux les lieux pour y faire cohabiter toutes sortes de fruits et légumes selon le principe de la permaculture. Un poulailler devrait aussi trouver sa place. Sans oublier des épouvantails créés avec les gens du quartier.

Sophie Jankowski du groupe La poste au micro d’Emmanuel Moreau.

Emission à ré-écouter ici.

 

Migrer et cultiver la ville : l’exemple de l’agriculture communautaire à Malmö

Communication de Camille Hochedez, 5èmes journées Petites paysanneries : « Les petites paysanneries et la ville. Un mariage de raisons…Hommage aux travaux de Nicole Mathieu » , Oct 2016, Nanterre, France

La présente communication envisage les liens entre agriculture urbaine et migrations, en se demandant dans quelle mesure les communautés de migrants participent au maintien des espaces de l’agriculture urbaine, voire à leur développement. Contribuent-ils à développer des formes d’agriculture urbaine particulières, par leur localisation, les types de cultures, les pratiques de commercialisation et les débouchés ? A partir d’une étude de cas sur le jardinage communautaire à Malmö (Suède), le travail propose une définition de l’agriculture communautaire au regard de son rôle dans la justice alimentaire. Le travail replace ces formes d’agriculture communautaire dans les dynamiques métropolitaines plus globales, caractérisées à Malmö par une politique de la ville durable. Dans ce contexte, les espaces de l’agriculture urbaine favorisent-ils une intégration des migrants à la ville ? Le texte pose l’hypothèse que la politique de soutien à l’agriculture urbaine, par le biais du développement des espaces de jardinage, entraîne des reconfigurations porteuses d’inégalités, ou du moins de vulnérabilités pour les espaces agricoles tenus par les migrants.

Document intégralement accessible en version PDF (545.68 Ko) sur Hal-Shs.

Et si demain vous partagiez votre jardin avec moi ?

Émission « Et si demain ? » de C. Boullay, radio France Inter, 24 août 2016

« Pour certains d’entre vous, vous avez des terrains, parfois en friche dont vous n’avez pas le temps de vous occuper. Ou bien vous ne savez pas quoi en faire… Et moi la citadine, j’ai vraiment besoin de me mettre au vert.

Je pourrais venir chez vous avec mes graines, avec mes plants avec mes outils et je nous fait un potager ! A la fin on partagerait nos patates, nos tomates et nos fraises bio.

Sachez qu’en France depuis 6 ans, vous avez déjà une plateforme qui s’appelle Prêter son jardin.com qui rassemble ainsi quelques centaines de personnes.

Aux Etats-Unis, ça s’appelle Shared Earth et c’est la plus grande communauté de jardins partagés de la planète. C’est petite parcelle du rêve américain en 2016 : une agriculture moins centralisée, moins verticale, avec moins de fertilisants moins de pesticides et moins de gaspillage d’eau… »

Ré-écouter le reportage ici.