ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour Inde

Écologisation des arbres dans les agroforêts des Ghâts occidentaux (Inde)

Article de Christelle Hinnewinkel, Sylvie Guillerme et Béatrice Moppert paru dans Développement Durable et territoires, Vol. 8, n°1 | Avril 2017 : Modalités de qualification et de gestion des ressources naturelles (2/2)

Habités depuis plus de 12 000 ans, les paysages arborés des Ghâts occidentaux constituent un objet d’étude intéressant pour comprendre comment, de nos jours, le discours écologiste à propos de l’arbre s’articule avec celui des agriculteurs sur la ressource arborée. L’analyse des manières de concevoir les arbres et leurs usages, de l’évolution de celles-ci et des modalités d’accès à la ressource arborée ainsi que des pratiques de gestion des arbres a été réalisée à partir 1/ d’observations de terrain associées à des enquêtes auprès d’agriculteurs valorisant la ressource arborée, et 2/ de l’étude des plans de gestion des forêts réservées, des inventaires forestiers et de la législation forestière. Ce travail montre que les agriculteurs font la distinction au sein de leurs agroforêts entre ce qu’ils qualifient d’« arbres forestiers » d’une part et « leurs arbres » d’autre part. L’analyse des politiques forestières permet de comprendre que cette manière de qualifier les arbres est le résultat de la mise en avant de l’agenda environnemental par l’administration forestière, et de l’intégration de cet agenda par les populations qui dépendent de la ressource arborée dans leur quotidien. Dans le discours, la majorité des agriculteurs mobilisent l’argument écologique en particulier pour justifier l’interdiction de couper les arbres qualifiés de « forestiers », mais ils n’en oublient pas pour autant leurs valeurs sociales et économiques.

Article intégralement accessible en version PDF sur Hal-Shs ou en ligne sur le site de la revue.

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Au fil du monde

Série de documentaires, chaîne Arte, octobre 2017

En cinq épisodes, ce voyage en Extrême-Orient lie les étoffes les plus rares aux destins romanesques de ceux qui les transforment. Pousser les portes d’ateliers textiles du bout du monde pour lever le voile sur les gestes et le savoir-faire des fileurs, brodeurs, tisserands, teinturiers… d’exception : Isabelle Dupuy-Chavanat et Jill Coulon partent à la découverte d’artisans singuliers du textile aux récits de vie hors du commun.

  • Sur la petite île d’Iriomote, dans le sud-ouest de l’archipel nippon, Akiko tisse la fibre de bananier et teint les étoffes avec les plantes de son jardin pour des créations honorées par Issey Miyake et les musées d’art contemporain. À 78 ans, elle transmet sa passion et partage ses secrets pour la première fois.
  • Au Tibet, Dechen relance depuis dix ans le tissage de la laine de yak sur les hauts plateaux tibétains de l’Amdo, aux confins de la Chine de l’Ouest. Son atelier, situé à 3 200 mètres d’altitude, emploie plus de cent artisans, dont une majorité d’anciens nomades. Ces étoffes, d’une qualité exceptionnelle, sont portées de Pékin à Paris.
  • En Inde, visite des ateliers de Max, où plus de six cents brodeurs travaillent pour les plus grands noms de la haute couture internationale. Né à Paris et diplômé de stylisme, Max a tout quitté pour l’Inde et milite au quotidien pour donner à ses artisans une véritable place dans la société.
  • Au Laos, rencontre avec Anou, designer textile et créateur de soies pour les plus grandes maisons parisiennes et new-yorkaises, qui a décidé de se réinstaller dans son pays natal, après y être retourné pour la première fois depuis ses 4 ans.
  • En Mongolie, Christopher, ancien producteur de rock allemand, a rencontré la femme de sa vie. Ensemble, ils produisent aujourd’hui l’un des plus beaux cachemires au monde.

Le génie des plantes

Reportages, Arte, janvier 2017

Médicinales, aromatiques ou d’apparat, les plantes présentent mille vertus. Un tour du monde végétal en cinq épisodes.

  • Génie des plantes en Amérique du Sud
  • Génie des plantes dans les Alpes
  • Génie des plantes dans les Balkans
  • Génie des plantes en Inde
  • Génie des plantes en Provence

Série d’émissions à revoir ici.

Les plantes à parfum donnent l’exemple

Article de Lili Barbery-Coulon paru dans le Monde, 17. 04. 2015

« Pour s’assurer un approvisionnement de qualité, le secteur développe des partenariats avec les producteurs, notamment en Inde du Sud. L’objectif est aussi de fournir aux marques de belles histoires pour faire rêver les consommateurs.

Il faut traverser plusieurs villages au nord-ouest de Madurai pour voir apparaître les premiers buissons de jasmin. Sur le bord de la route, on marchande pieds nus des bananes, alors que les petits écoliers habillés en uniformes pouffent en montrant du doigt les rares étrangers de passage dans cette zone perdue du Tamil Nadu. Bien loin des temples et des attractions touristiques, les quelques maisons qui bordent la route à la sortie de Nilakottai font progressivement place à des champs de fleurs. Des centaines de petites parcelles de tubéreuse et de jasmin découpent les champs de bananiers délimités par de grands palmiers au loin… »
Article payant sur le site du Monde.

La Rose Bengalesi de Silvia Stucky

Viaggio in Italia / Italienische Reise 2010-2012Werkschauhalle, Spinnerei

Spinnereistraße 7, 04179 Leipzig, exposition les 15 et 16 septembre 2012

Tina Bara / Alba D’Urbano, Jacopo Benci, Emerson Culurgioni, Katrina Blach, Gottfried Binder, Libia Castro & Ólafur Ólafsson, Johanna Diehl, Charlotte Eifler, Sarah Feulner / Lena-Rosa Händle, Valerio Figuccio / Michael Petri, Nina Fischer / Maroan el Sani, Ya-Wen Fu, Heike Gallmeier, Eiko Grimberg, Matthias Hoch, Franziska Jyrch, Susanne Keichel, Franziska Klose, Julia Krause, Kathrin Kunert, Verena Landau, Franziska Meinert, Berit Mücke, Nadine Neuhäuser, Marcel Noack, NUOVA, Jana Nowack, Ginevra Panzetti / Enrico Ticconi, Raphael Sbrzesny, Jana Schulz, Maya Schweizer, Maria Sewcz, Tim Sharp, Jakub Simcik, Schlatter / Sing, Heidi Specker, Silvia Stucky, Yukiko Terada, Dagmar Varady, Carolin Weinert

The exhibition project was inspired by the idea of the ‘Grand Tour’ which was given a contemporary actualisation within the field of tension between romantic nostalgia and today’s reality of post-industrial structural change. The area including the cities of Rome and Tivoli is especially interesting because of its overlapping layers that allow a period of time from antiquity to today to remain visible.
The works examine phenomena which arise from the transformations in working conditions and political structures, as manifested in the urban and architectural environment, as well as representational forms of tourism in relation to the projections of the tradition-laden educational journey.

Extrait temporairement visible de la vidéo de Silvia Stucky : http://www.youtube.com/watch?v=566lfvx2RVw&feature=plcp

Conserver la nature par l’exclusion des humains? La lutte pour l’accès et l’usage des ressources dans la réserve de biosphère de Nanda Devi, Uttarakhand (Inde)

Thèse soutenue en Ethnologie (EHESS) par Sarah Benabou le 21 février 2012, dir. J. Weber.

Nous n’en savons pas plus, désolé….

Penser les êtres -plantes et animaux-  » à l’indienne « 

Article de Jan E.M. Houben paru dans « Penser, dire et représenter l’animal dans le monde indien« , N. Balbir et G.-J. Pinault (Ed.) (2009), pp. 311-329

Pourquoi l’Europe a-t-elle développé la botanique et la zoologie, lorsque l’Inde ne l’a pas fait? Dans un ouvrage brillant et passionnant sur les animaux dans l’écologie et la médecine indiennes, Francis Zimmermann étudie et analyse les  » styles de pensée  » dans la tradition indienne et dans la tradition occidentale (gréco-latine), afin de trouver une réponse à cette question. Plus concrètement, Zimmermann, étudie, d’une part, les  » échelles des êtres  » trouvées dans les textes indiens, en particulier dans l’Ayurveda, le système indien de la santé et de la longévité, et, d’autre part, les origines de la botanique et la zoologie occidentales pour lequel il utilise en particulier l’étude de H. Daudin sur les méthodes de classification en botanique et en zoologie, de Linné à Lamarck. Le présent article enquête sur deux positions adoptées et défendues par Zimmermann dans son livre. Tout d’abord, suivant les suggestions de Daudin, Zimmermann constate que deux idées aristotéliennes ont ouvert la voie qui a conduit la pensée européenne à partir de la théologie aux sciences naturelles: (a) l’idée d’une hiérarchie des êtres (sur la base d’une hiérarchie de leurs fonctions mentales), et (b) l’idée de continuité. Deuxièmement, sur la base d’une enquête sur les sources antiques indiennes, Zimmermann conclut que, dans l’Inde, la classification a toujours été éthique, juridique et religieux. Pourtant, des passages de textes des écoles philosophiques du Vaisesika et du Sankhya, analysées dans cet article (§ 3.1 à 4.1), montrent clairement que la dernière position est intenable. Dans les paragraphes suivants, il est en outre montré qu’il ne peut pas être maintenu que l’Antiquité occidentale, c’est à dire, Aristote, avaient des idées, des concepts et une rigueur de pensée qui étaient absents en Inde. Un examen des conditions du développement de la botanique et de la zoologie dans le XVIIe et XVIIIe siècle révèle en outre qu’il existe une différence importante entre l’Occident et l’Inde qui a été entièrement négligé par Zimmermann. Le travail et la pensée de Linné présupposent une communauté internationale de chercheurs qui ne peut pas exister sans un moyen de communication, à savoir l’imprimerie, qui était absent dans l’Inde brahmanique et hindoue dont Zimmermann étudiait les textes. Une analyse subséquente concerne la caractère non-absolu de la différence entre l’Inde et l’Occident: il s’agit plutôt d’une équilibre entre les différentes façons de fixation et de transmission des textes, chacune ayant de profondes implications pour l’organisation des connaissances dans le texte. Parmi les différentes façons il y a: différentes façons de fixation orale (par exemple, dans la poésie), textes manuscrits, et, depuis le XVe siècle en Europe, l’imprimerie. Le  » style de pensée  » au sujet des êtres vivants – les plantes et les animaux, y compris l’homme – apparaît donc comme fortement conditionné par les moyens de la transmission des connaissances, ce qui rend le dispositif explicatif d’un « esprit indien » ou une « mentalité indienne » tout à fait inapproprié, même si l’on peut reconnaître, de façon impressionniste, un « mode de pensée » dans les anciennes œuvres indiennes à notre disposition.

Article accessible intégralement en version PDF (209,7 Kb) sur HAL-SHS.