ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archives de Inde

Le génie des plantes

Reportages, Arte, janvier 2017

Médicinales, aromatiques ou d’apparat, les plantes présentent mille vertus. Un tour du monde végétal en cinq épisodes.

  • Génie des plantes en Amérique du Sud
  • Génie des plantes dans les Alpes
  • Génie des plantes dans les Balkans
  • Génie des plantes en Inde
  • Génie des plantes en Provence

Série d’émissions à revoir ici.

Les plantes à parfum donnent l’exemple

Article de Lili Barbery-Coulon paru dans le Monde, 17. 04. 2015

« Pour s’assurer un approvisionnement de qualité, le secteur développe des partenariats avec les producteurs, notamment en Inde du Sud. L’objectif est aussi de fournir aux marques de belles histoires pour faire rêver les consommateurs.

Il faut traverser plusieurs villages au nord-ouest de Madurai pour voir apparaître les premiers buissons de jasmin. Sur le bord de la route, on marchande pieds nus des bananes, alors que les petits écoliers habillés en uniformes pouffent en montrant du doigt les rares étrangers de passage dans cette zone perdue du Tamil Nadu. Bien loin des temples et des attractions touristiques, les quelques maisons qui bordent la route à la sortie de Nilakottai font progressivement place à des champs de fleurs. Des centaines de petites parcelles de tubéreuse et de jasmin découpent les champs de bananiers délimités par de grands palmiers au loin… »
Article payant sur le site du Monde.

La Rose Bengalesi de Silvia Stucky

Viaggio in Italia / Italienische Reise 2010-2012Werkschauhalle, Spinnerei

Spinnereistraße 7, 04179 Leipzig, exposition les 15 et 16 septembre 2012

Tina Bara / Alba D’Urbano, Jacopo Benci, Emerson Culurgioni, Katrina Blach, Gottfried Binder, Libia Castro & Ólafur Ólafsson, Johanna Diehl, Charlotte Eifler, Sarah Feulner / Lena-Rosa Händle, Valerio Figuccio / Michael Petri, Nina Fischer / Maroan el Sani, Ya-Wen Fu, Heike Gallmeier, Eiko Grimberg, Matthias Hoch, Franziska Jyrch, Susanne Keichel, Franziska Klose, Julia Krause, Kathrin Kunert, Verena Landau, Franziska Meinert, Berit Mücke, Nadine Neuhäuser, Marcel Noack, NUOVA, Jana Nowack, Ginevra Panzetti / Enrico Ticconi, Raphael Sbrzesny, Jana Schulz, Maya Schweizer, Maria Sewcz, Tim Sharp, Jakub Simcik, Schlatter / Sing, Heidi Specker, Silvia Stucky, Yukiko Terada, Dagmar Varady, Carolin Weinert

The exhibition project was inspired by the idea of the ‘Grand Tour’ which was given a contemporary actualisation within the field of tension between romantic nostalgia and today’s reality of post-industrial structural change. The area including the cities of Rome and Tivoli is especially interesting because of its overlapping layers that allow a period of time from antiquity to today to remain visible.
The works examine phenomena which arise from the transformations in working conditions and political structures, as manifested in the urban and architectural environment, as well as representational forms of tourism in relation to the projections of the tradition-laden educational journey.

Extrait temporairement visible de la vidéo de Silvia Stucky : http://www.youtube.com/watch?v=566lfvx2RVw&feature=plcp

Conserver la nature par l’exclusion des humains? La lutte pour l’accès et l’usage des ressources dans la réserve de biosphère de Nanda Devi, Uttarakhand (Inde)

Thèse soutenue en Ethnologie (EHESS) par Sarah Benabou le 21 février 2012, dir. J. Weber.

Nous n’en savons pas plus, désolé….

Penser les êtres -plantes et animaux-  » à l’indienne « 

Article de Jan E.M. Houben paru dans « Penser, dire et représenter l’animal dans le monde indien« , N. Balbir et G.-J. Pinault (Ed.) (2009), pp. 311-329

Pourquoi l’Europe a-t-elle développé la botanique et la zoologie, lorsque l’Inde ne l’a pas fait? Dans un ouvrage brillant et passionnant sur les animaux dans l’écologie et la médecine indiennes, Francis Zimmermann étudie et analyse les  » styles de pensée  » dans la tradition indienne et dans la tradition occidentale (gréco-latine), afin de trouver une réponse à cette question. Plus concrètement, Zimmermann, étudie, d’une part, les  » échelles des êtres  » trouvées dans les textes indiens, en particulier dans l’Ayurveda, le système indien de la santé et de la longévité, et, d’autre part, les origines de la botanique et la zoologie occidentales pour lequel il utilise en particulier l’étude de H. Daudin sur les méthodes de classification en botanique et en zoologie, de Linné à Lamarck. Le présent article enquête sur deux positions adoptées et défendues par Zimmermann dans son livre. Tout d’abord, suivant les suggestions de Daudin, Zimmermann constate que deux idées aristotéliennes ont ouvert la voie qui a conduit la pensée européenne à partir de la théologie aux sciences naturelles: (a) l’idée d’une hiérarchie des êtres (sur la base d’une hiérarchie de leurs fonctions mentales), et (b) l’idée de continuité. Deuxièmement, sur la base d’une enquête sur les sources antiques indiennes, Zimmermann conclut que, dans l’Inde, la classification a toujours été éthique, juridique et religieux. Pourtant, des passages de textes des écoles philosophiques du Vaisesika et du Sankhya, analysées dans cet article (§ 3.1 à 4.1), montrent clairement que la dernière position est intenable. Dans les paragraphes suivants, il est en outre montré qu’il ne peut pas être maintenu que l’Antiquité occidentale, c’est à dire, Aristote, avaient des idées, des concepts et une rigueur de pensée qui étaient absents en Inde. Un examen des conditions du développement de la botanique et de la zoologie dans le XVIIe et XVIIIe siècle révèle en outre qu’il existe une différence importante entre l’Occident et l’Inde qui a été entièrement négligé par Zimmermann. Le travail et la pensée de Linné présupposent une communauté internationale de chercheurs qui ne peut pas exister sans un moyen de communication, à savoir l’imprimerie, qui était absent dans l’Inde brahmanique et hindoue dont Zimmermann étudiait les textes. Une analyse subséquente concerne la caractère non-absolu de la différence entre l’Inde et l’Occident: il s’agit plutôt d’une équilibre entre les différentes façons de fixation et de transmission des textes, chacune ayant de profondes implications pour l’organisation des connaissances dans le texte. Parmi les différentes façons il y a: différentes façons de fixation orale (par exemple, dans la poésie), textes manuscrits, et, depuis le XVe siècle en Europe, l’imprimerie. Le  » style de pensée  » au sujet des êtres vivants – les plantes et les animaux, y compris l’homme – apparaît donc comme fortement conditionné par les moyens de la transmission des connaissances, ce qui rend le dispositif explicatif d’un « esprit indien » ou une « mentalité indienne » tout à fait inapproprié, même si l’on peut reconnaître, de façon impressionniste, un « mode de pensée » dans les anciennes œuvres indiennes à notre disposition.

Article accessible intégralement en version PDF (209,7 Kb) sur HAL-SHS.

Coton Bt en Inde : un anthropologue du Missouri propose une nouvelle approche pour l’étude de la controverse

Article de Magali Muller et Adèle Martial paru dans Les Bulletins de l’Actualité Technologique internationale, le 25/02/2011

Le sous-continent indien joue un rôle clé dans l’agriculture mondiale avec près de deux tiers de sa population (1,1 milliard d’habitant), dépendant directement de l’agriculture. Arrivé aux limites de la révolution verte, le pays s’est tourné vers la révolution des gènes. L’Inde est de loin le plus gros producteur de coton au monde : 9 millions d’hectares de cultures y sont consacrés, ce qui représente un quart des 35 millions d’hectares de coton cultivés dans le monde. Cependant les rendements en coton du pays lui valent seulement la 70ème place mondiale. La vulnérabilité du coton à de nombreux insectes ravageurs a conduit au développement du coton Bt, première culture transgénique à être introduite en Inde (en 2002). Il n’est pas sans rappeler que, depuis sa commercialisation par la compagnie Monsanto, l’Inde connaît une vague de suicides d’agriculteurs depuis plus d’une décennie et dont les causes ne sont pas précisément identifiées.

Glenn Stone, professeur d’anthropologie socioculturelle et d’études environnementales à Washington University à St. Louis, Missouri, s’est récemment engagé dans un projet de plusieurs années sponsorisé par la NSF sur la circulation de l’information, les compétences des agriculteurs, la propriété intellectuelle et la « political ecology » du coton génétiquement modifié en Inde.

La « political ecology » est une approche qui vise essentiellement à l’analyse des luttes pour le pouvoir en matière de gestion de l’environnement. Son principal objectif réside aujourd’hui dans une étude des transformations environnementales et politiques dégagées des préjugés qui pourraient affecter la recherche. Ses derniers travaux consistent en une étude anthropologique longitudinale sur l’exploitation du coton dans le Warangal District de l’état d’Andhra Pradesh en Inde, district le plus controversé et au centre des débats relatifs au suicide d’exploitants de coton. L’aspect longitudinal implique que l’étude développe une perspective plus large du changement technologique survenu dans la culture du coton qui, grâce à la prise en compte à deux niveaux (champ et exploitation) permet de révéler des dynamiques plus larges et sur le long terme. Celle-ci compare un groupe de 4 villages avant et après l’adoption du coton Bt. Elle s’étend sur une période de 5 ans, allant de 2003, dernière année avant l’adoption des semences Bt, à 2007, première année où environ la totalité des cultures de coton sont devenues Bt.

En conclusion, le professeur Stone clarifie ici la situation agricole en Inde pour le coton Bt, en prenant en compte l’environnement agricole dans son ensemble et non les simples augmentations de rendements agricoles et réduction des intrants constatées en champ. En prenant en compte l’ensemble de ces paramètres environnementaux, il apparaîtrait que les problèmes constatés en champ, comme l’accroissement des attaques de parasite non-ciblés par les cultures OGM, seraient en fait des symptômes d’un désordre plus grave dans les procédés de prise de décision agricole. En effet, les changements technologiques accélérés présentent deux inconvénients principaux : ils ciblent les symptômes des problèmes agricoles et non les causes sous-jacentes et ils ont mené à la déqualification des exploitants agricoles dépassés par toutes ces transformations. Mais, la situation reste controversée avec d’un côté les opposants au coton Bt qui remettent en cause les bénéfices de son adoption au niveau du « champ » alors que les adeptes n’ont quant à eux, pas reconnu que la culture GM pouvait avoir exacerbé les problèmes systémiques rencontrés par les producteurs de coton indiens.

Green leafy vegetables of rural India: ethnobotany and contribution to eye health

Thèse (en anglais) de Julie Bélanger, McGill University (Montréal), mai 2010, Timothy A Johns (Dir.), 232 p.

Afin de reconnaître la contribution de la biodiversité à la santé humaine, de solides preuves scientifiques additionnelles sont requises. D’autre part, la nature multifactorielle de cette relation nécessite l’élaboration de cadres de recherche innovateurs. Ce mémoire présente une étude de cas multidisciplinaire sur la contribution d’éléments de la biodiversité, en particulier les légumes feuillus cultivés et sauvages, en relation avec la prévention de la cataracte liée à l’âge dans le contexte rural de l’Inde du Sud. Au coeur de ce projet, une étude ethnobotanique a permis d’identifier les facteurs déterminant la consommation de légumes feuillus, et de démontrer l’influence significative des propriétés qui leur sont attribuées et de leur statut de culture sur les habitudes de consommation. Les espèces analysées par chromatographie en phase liquide à haute performance ont affiché d’importantes concentrations de lutéine et de β-carotène. Se basant sur ces données ethnobotaniques et analytiques, une étude cas témoin a été conduite dans un centre d’ophtalmologie afin de comparer la consommation de légumes feuillus, en quantité et en diversité, et de lutéine et zéaxanthine, chez des patientes diagnostiquées et des témoins sains. Des associations contradictoires concernant la consommation de légumes feuillus et le risque de cataracte ont été observées. En revanche, certains aliments traditionnels, comme le yaourt et le thé, ont démontré une association négative avec la cataracte. L’intégration de ces études à l’intérieur d’un cadre multidisciplinaire a permis de tenir compte des relations complexes entre les composantes biologiques, socio-économiques et environnementales de la santé de l’oeil et de la diversité botanique, permettant ainsi la découverte d’importantes connaissances applicables à la prévention de la cataracte chez des populations à risque.

Accessible intégralement en version PDF (4Mo) sur le site de l’Université Mc Gill.