ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour imaginaire

L’atelier de la nature. Production des savoirs matériels, production matérielle des savoirs

Appel à communication, journée d’étude, EHESS (Paris), 10 novembre 2016

Cette journée d’étude vise à penser les relations entre l’expérience in situ en plein air, telle qu’elle a été construite par une variété d’acteurs (savants, voyageurs, peintres, habitants) en la mettant en relation avec le travail dans « l’atelier » pris au sens large de lieu de travail, dans lequel la nature peut être transformée (laboratoires) recréée (peintres), classifiée (savoirs antiquaires et collectionneurs).
Les sites naturels, « atelier de la nature », constituent des lieux de savoirs où les matériaux sont transformés par le biais de connaissances et de savoir faire et où réciproquement ces savoirs sont également transformés — à l’image des champs disciplinaires nouveaux comme la chimie, la minéralogie et la géologie de la seconde moitié du XVIIIe siècle — cultivés dans un espace qui est non seulement le théâtre mais aussi un élément actif de leur métamorphose.

Ainsi nous aimerions envisager la manière dont ces interactions entre les sites naturels et la production des savoirs de la matière qu’ils suscitent participent plus généralement d’un changement culturel de la perception de la nature et les éléments qui s’opère au long de la période moderne et particulièrement à la fin des Lumières. Comment s’effectue leur traduction dans la société et leurs réinterprétations ?

Nous souhaitons donc explorer ce lien entre le travail sur les sites naturel et celui des ateliers/fabriques/laboratoire, recréant des expériences similaires. Un site naturel, lieu de savoirs, est le produit d’une constante évolution des pratiques, imaginations, et négociations des utilisateurs du lieu donné. En portant attention à ces « lieux de savoir », il s‘agit de saisir les circulations qui s’opèrent entre la production matérielle des savoirs et la production des connaissances sur la matière, et la manière dont elles irriguent diversement les dimensions de l’imaginaire picturale et littéraire.
Cette rencontre vise à faire dialoguer historiens des sciences, des techniques et de l’environnement, historiens des arts et de la littérature.

Résumé de 250 mots (en anglais ou français) et courte biographie a faire parvenir avant le 20 septembre 2016 à Corinna Guerra corinna.guerra@ehess.fr et Marie Thébaud-Sorger Marie.THEBAUD-SORGER@cnrs.fr

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Recherches sur la mythologie du frêne

Mémoire de Jérôme Cappello, Master 1 (Littérature)- 14/06/2012, Philippe Walter (Dir.), 70 p.

Le frêne est un arbre à l’allure solennelle connu de tous les peuples et qui, notamment sous la forme d’Yggdrasil, l’arbre cosmogonique scandinave, semble avoir profondément marqué leur imaginaire. Le but du présent essai est de tenter de retracer les origines d’une possible mythologie du frêne en explorant les textes de l’ancienne Europe et la survivance des concepts véhiculés au sein de contes, rites et croyances populaires qui ont perduré jusqu’à nos jours. Il faudra avoir à l’esprit le postulat suivant, qui restera le fil conducteur de l’essai : la symbolique générale de l’arbre en tant que figure elle-même générique, objet d’étude des décennies précédentes, est un sujet qui aujourd’hui s’épuise ; il n’y a pas une « mythologie de l’Arbre », mais une mythologie des arbres, chaque espèce possédant son propre vivier de croyances et de mythes affiliés L’étude débutera par un examen des principales littéraires sources anciennes, allant de l’antiquité grecque au Moyen Âge. S’en suivront des considérations philologiques, étymologiques et folkloriques par l’observation des différents noms du frêne dans les langues indo-européennes ainsi que des vertus qui lui sont octroyées par la sagesse populaire, pour finir par les rites et la magie qui lui sont associés. La recherche se terminera par une investigation herméneutique révélant les paradoxes et les réalités de l’imaginaire du frêne.

Mémoire intégralement accessible en version PDF (2,5 Mb) sur Dumas.

La forêt : imaginaires et territoires

Journée d’études organisée par Françoise Aubès (GRELPP) et Catherine Heymann (GRECUN), Nanterre, 5 avril 2014

Voir ici le programme détaillée de la journée.

[Info Le Ruche].

L’identité d’une ville au travers de ses artefacts : Grasse, de 1860 à nos jours : étude de la co-construction d’un imaginaire touristique et d’une identité locale

Thèse de Chloe Rosati-Marzetti, Université Nice Sophia Antipolis (Anthropologie), 03/07/2013, Joel Candau et Philippe Hameau (Dir.), 442 p.

Cette recherche aborde la question de la production et de la réception d’un imaginaire touristique. Résultant d’une enquête ethnographique effectuée sur la ville de Grasse dans les Alpes-Maritimes, ce travail met en lumière la construction de l’ambivalence Grasse/parfum et dépasse ce modèle en montrant que l’association Grasse/Provence est également prégnante. Après une présentation évolutive de l’essentialisation des caractéristiques de la ville, de certains traits topologiques, culturels et sociaux, qui l’érigent aujourd’hui comme un territoire singulier et reconnaissable, on montre comment, à travers divers aménagements urbains et productions locales, les municipalités et les professionnels du tourisme mettent en spectacle l’essence de la cité. Ainsi, les objets-souvenir syncrétisent les discours transmis autour et au sujet de la ville et participent à la création et à la transmission des représentations de soi, pour soi et pour les autres. Etudier les représentations de la localité grassoise met en évidence les logiques identitaires locales, sous tendues par la promotion touristique, et qui passent par la culture matérielle (affiches, cartes postales, objets-souvenir) et idéelle (discours, littérature, idées véhiculées) soumise aux touristes. Le processus de patrimonialisation lui-même influe sur les habitants. La parole leur est alors donnée pour comprendre la manière dont ils se positionnent face à cet imaginaire touristique omniprésent.

Thèse intégralement accessible en version PDF (5,2 Mb) sur TEL.

L’invention de la nature : à la croisée des savoirs, des disciplines et des imaginaires

Journée d’étude, MISHA d’Alsace (programme 2013-2015 « La nature à la lettre »), Strasbourg, 25 octobre 2013

Cette journée d’étude du  questionne les rapports entre savoirs et imaginaires de la nature sous l’angle de leur production, c’est-à-dire des régimes de connaissance et des modes de percolation qui voient l’enjeu « nature » irriguer une pluralité de champs du savoir et leur ordonnancement disciplinaire.

Les sociétés contemporaines sont aujourd’hui confrontées à un problème de révision et de transformation des savoirs, des énoncés et des représentations sociales de la nature, voire même directement à la nécessité de concevoir de nouveaux dispositifs de connaissance de la nature et de production de normes (juridiques, sociales, culturelles…) en matière d’environnement. Dans cette optique, la question des régimes de connaissances de la nature propres aux sociétés de l’Europe moderne et contemporaine conduit à interroger une pluralité d’imaginaires, d’écritures et de savoirs, aux relations non moins diverses, aux hiérarchies et aux circulations recomposées, dans un contexte à la fois localisé et globalisé.

Programme

8h45 : Accueil

9h : Introduction. Aurélie Choné et Philippe Hamman, Maître de conférences HDR en études germaniques, EA 1341 Études germaniques, Université de Strasbourg & Professeur de sociologie, Directeur-adjoint de l’UMR 7363 Sociétés, acteurs, gouvernement en Europe (SAGE), CNRS-UdS

Session 1: 9h20 – 11h

Présidence de séance : Isabelle Hajek, Maître de conférences en sociologie, SAGE, UMR 7363 CNRS-UdS

– Interroger les cultures de la nature des habitants en leurs lieux : vers l’émergence de modes d’habiter durables ?
Nicole Mathieu, Directrice de recherche au CNRS, UMR 7533 Laboratoire Dynamiques sociales et recomposition des espaces (LADYSS), Université Paris 1
– Petite phénoménologie environnementale : retour sur quelques cas de crise environnementale à la lecture de Dewey, Von Uexkull et Ingold Florian Charvolin, Chargé de recherche au CNRS, HDR, UMR 5283 Centre Max Weber, Université de Saint-Étienne

Session 2 : 11h20 – 13h

Présidence de séance : Pierre Le Roux, Maître de conférences HDR en ethnologie, SAGE, UMR 7363 CNRS-UdS

– Le Zanskar, entre Lha-yul (pays des esprits) et baromètre du réchauffement climatique
Salomé Deboos, Maître de conférences en ethnologie, SAGE, UMR 7363 CNRS-UdS
– Survivances du sentiment océanique dans l’art contemporain
Philippe Filliot, Professeur agrégé d’arts plastiques à l’Université de Reims Champagne-Ardenne

Session 3 : 14h20 – 17h

Présidence de séance : Maryse Staiber, Professeur en études germaniques, Directrice de l’EA 1341 Études germaniques, UdS

– Le monde naturel de C.F. Ramuz : une approche écocritique de son œuvre
Montserrat López Mújica, Professeure de langue française à l’Université de Alcalá
– « Ce ciel qui me traverse me surprend ». Approches de la nature chez un poète « tardif », Philippe Jaccottet
Peter Schnyder, Professeur de littérature française et européenne, Directeur de l’Institut de recherche en langues et littératures européennes (EA 4363, ILLE), Université de Haute-Alsace
– Pierre Sansot (1928-2005). Poétique et Ville-Nature
Jean-Michel Rietsch, Docteur ès lettres, EA 4363 ILLE, Université de Haute-Alsace

[Info Calenda]

Auprès de nos arbres, vivions-nous heureux ?

Emission de radio « Concordance des temps », de J.N. Jeanneney, France Culture, 27 avril 2013

Alain Corbin est le maître reconnu de l’histoire des sensibilités et a ouvert à la curiosité bien des pistes nouvelles selon bon nombre d’intuitions fécondes. Voici à présent qu’il s’attache dans un livre tout neuf à l’imaginaire des arbres, dans la crainte que cet imaginaire se perde, et dans la conviction qu’il mérite en notre siècle de fer et d’industries brutales d’être restitué avec tendresse. Sur les souffrances des arbres bien des événements récents ont attiré l’attention collective. Les événements naturels comme l’effroyable tempête de 1999, qui en a jonché nos paysages, nos parcs et nos jardins, ou bien encore, plus récemment, le cyclone Dean de 2007, qui a martyrisé les forêts martiniquaises. Des ravages dus aux hommes, aussi bien, telle la déforestation à l’œuvre au Brésil ou en Indonésie, sous l’effet de la quête dévergondée de bois exotiques ou d’une extension irréfléchie des terres agricoles. Sans compter, ici ou là, des violences symboliques, telle la menace accablant le marronnier d’Anne Franck, que la municipalité d’Amsterdam projetait d’abattre en 2007, et que les riverains se sont acharnés à préserver pour sauvegarder la mémoire de la jeune fille assassinée. La sensibilité des humains devant les arbres, telle que l’ont exprimés les artistes, les peintres, les écrivains depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours, méritait bien qu’Alain Corbin s’y attache, et que nos auditeurs y prêtent, une heure durant, attention.

A réécouter sur le site de l’émission.      

Des jardins autres

Appel à communications, Journée d’Étude de l’École Doctorale « Europe Latine – Amérique Latine » (ED 122), vendredi 17 mai 2013.
L’importance et la pertinence renouvelées de la notion d’espace et du thème écologique dans les sciences humaines font du jardin un objet d’étude privilégié. Espace luxuriant, soumis à de constantes métamorphoses, le plus souvent morcelé, volontiers labyrinthique, le jardin relève d’une relation unique de l’homme à un lieu et c’est pourquoi il se trouve à la croisée des disciplines : littérature, sociologie, architecture, histoire, anthropologie s’attachent à en rendre compte. En effet, le jardin occupe une place indéniable dans l’imaginaire et les cultures humaines comme en témoigne le substrat mythologique dont il est le centre. Pour la géographie culturelle, l’extension des villes et le phénomène de périurbanisation font du jardin un des fondements du « paysage urbain », une bouffée d’air pur, permettant d’échapper à des espaces citadins de plus en plus agressifs. Mais ce sont véritablement les tensions qui le caractérisent qui en font un lieu à part : tension entre l’ouvert et le clos, le public et le privé, la nature et la culture, le travail et l’oisiveté, l’utile et l’esthétique. Reprenant ainsi la formule consacrée par Michel Foucault, la journée d’étude « Des Jardins Autres » vise à interroger, dans une approche pluridisciplinaire, l’altérité caractéristique du jardin. Les études de cas seront privilégiées bien que les approches théoriques soient aussi acceptées. 
Plusieurs axes de recherches sont proposés :
– Le jardin et ses représentations dans l’espace lusophone (Portugal, Brésil et Afrique Lusophone), hispanique (Espagne et Amérique hispanique) et italien.
– Les images du jardin dans les arts visuels (photographies, cinéma et arts plastiques).
– Le jardin de l’autre ou le jardin comme lieu de la co-présence, de la rencontre, mais aussi celui du devenir autre.
– Jardin et domestication de l’espace précaire.
– La limite du jardin et sa clôture.

Les propositions de communication (titre et résumé de 10 lignes) sont à envoyer jusqu’au 28 février 2013 inclus aux deux organisateurs : Paolo Alexandre Néné (alexandre_nene@hotmail.com) et Sarah Carmo (sarah.carmo@neuf.fr). Les communications se feront en français et dureront vingt minutes.

[Info Crévilles]