ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour identité

L’identité d’une ville au travers de ses artefacts : Grasse, de 1860 à nos jours : étude de la co-construction d’un imaginaire touristique et d’une identité locale

Thèse de Chloe Rosati-Marzetti, Université Nice Sophia Antipolis (Anthropologie), 03/07/2013, Joel Candau et Philippe Hameau (Dir.), 442 p.

Cette recherche aborde la question de la production et de la réception d’un imaginaire touristique. Résultant d’une enquête ethnographique effectuée sur la ville de Grasse dans les Alpes-Maritimes, ce travail met en lumière la construction de l’ambivalence Grasse/parfum et dépasse ce modèle en montrant que l’association Grasse/Provence est également prégnante. Après une présentation évolutive de l’essentialisation des caractéristiques de la ville, de certains traits topologiques, culturels et sociaux, qui l’érigent aujourd’hui comme un territoire singulier et reconnaissable, on montre comment, à travers divers aménagements urbains et productions locales, les municipalités et les professionnels du tourisme mettent en spectacle l’essence de la cité. Ainsi, les objets-souvenir syncrétisent les discours transmis autour et au sujet de la ville et participent à la création et à la transmission des représentations de soi, pour soi et pour les autres. Etudier les représentations de la localité grassoise met en évidence les logiques identitaires locales, sous tendues par la promotion touristique, et qui passent par la culture matérielle (affiches, cartes postales, objets-souvenir) et idéelle (discours, littérature, idées véhiculées) soumise aux touristes. Le processus de patrimonialisation lui-même influe sur les habitants. La parole leur est alors donnée pour comprendre la manière dont ils se positionnent face à cet imaginaire touristique omniprésent.

Thèse intégralement accessible en version PDF (5,2 Mb) sur TEL.

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Le paysage comme représentation spaciale : le paysage viticole comme symbole des indications de provenance des vins des régions Vale dos Vinhedos, Pinto Bandeira et Monte Belo (Brésil)

Thèse de Ivanira Falcade, Université de Bourgogne RIO GRANDE Université (Géographie),01/07/2011, Jocelyne Pérard;Rosa Maria Vieira Medeiros (Dir.),  275 p.

Le sujet de cette thèse est le paysage dans sa spécificité viticole analysée comme représentation spatiale dans le processus de construction de l’espace géographique de la vitiviniculture et aussi dans l’utilisation des images du paysage viticole comme l’image spatiale des vins des régions des Indications de Provenance (IP) Vale dos Vinhedos, Pinto Bandeira et Monte Belo (Brésil). Les sources théoriques sont en lien avec la Géographie Critique et la Géographie Culturelle. L’objectif a été d’expliquer le paysage viticole comme représentation spatiale des régions et d’analyser l’image du paysage viticole comme symbole spatial pour les vins des IP. L’organisation de l’espace géographique des régions des IP s’insère dans le contexte de la colonisation italienne. Le développement de la vitiviniculture régionale a occasionné des conditions de mise en place des IP, dont les associations de producteurs ont utilisé des images de paysages viticoles pour construire le lien espace-région-toponyme-vin. L’analyse des paysages a révélé six types et un sous-type avec deux formes de paysages viticoles traditionnels et cinq types de paysages viticoles modernes, y compris les éléments emblématiques naturels et construits, entre lesquels se remarquent l’Araucaria angustifolia, et l’usage des Platanus acerifolia pour soutenir les vignobles, héritage de la tradition viticole étrusque. L’analyse des images des paysages viticoles utilisées par les associations a montré qu’il y a des différences significatives et la majorité sont des paysages viticoles traditionnels. Les associations de l’IP Vale dos Vinhedos et IP Monte Belo ont établi des liaisons directes entre espace-vin-paysage, mais non celles de IP Pinto Bandeira. La recherche a montré que le paysage viticole est un symbole de la représentation de l’espace régional et du vin des IP Vale dos Vinhedos, Pinto Bandeira et Monte Belo.

Thèse intégralement accessible en version PDF (69 Mb) sur HAL-SHS.

Stratégies romanesques et construction des identités nationales : essai sur l’imaginaire post-colonial dans quatre fictions de la forêt.

Thèse de Claude Bourguignon, Université Stendhal – Grenoble III (Etudes hispaniques), 22/11/2010, Michel Lafon (Dir.), 452 p.

Cette thèse a pour objet l’exploration de l’imaginaire post-colonial dans quatre fictions de laforêt vierge. Elle se propose de dégager les fondements coloniaux des images véhiculées parles oeuvres de trois auteurs hispanophones : Canaima, La Vorágine, Sangama, et un lusophone : Inferno verde. La théorie de l’imaginaire de Gilbert Durand et celle de la décolonialité (Dussel, Mignolo,Castro-Gómez, Quijano) sont les outils scientifiques utilisés dans cette démonstration. Lacombinaison des deux approches permet de faire apparaître la nature coloniale de l’imaginaire national qui informe les récits de la forêt. Après voir étudié le symbolisme des fictions et celui des Chroniques de la Conquête, ce travail aborde l’analyse de l’imaginaire dans les sociétés coloniales, puis dans les entités nationales en formation. Il se clôt sur l’étude du mythe de la Race qui dynamise l’imaginaire des fictions et celui de la société. Les divers discours, scientifiques, historiques, littéraires, anthropologiques, etc, apparaissent finalement comme autant de moments d’une même formation discursive : le Grand Récit National.


Thèse intégralement accessible en version PDF (3,9 Mb) sur HAL-SHS.

Le rooibos : dynamiques locales autour d’un produit marchand à succès, révélatrices d’une société sud-africaine plurielle

Thèse de Maya Leclercq, Museum national d’histoire naturelle – MNHN PARIS (Socio-Anthropologie), 15/10/2010, Bernard Roussel (Dir.), 203 p.

Le rooibos est une tisane produite à partir d’une plante sud-africaine endémique (Aspalathus linaris), typique de la formation végétale fynbos. Il s’agit d’une production localisée ou « produit de terroir » au sens où elle est inscrite dans le temps et que les savoir-faire de production et la ressource sont liés à une région, le sud-ouest du pays. Cette production combine tous les caractères constitutifs d’un patrimoine : elle est produite collectivement, ancrée dans le temps et dans l’espace, transmise ou conservée. Le rooibos se situe donc dans le champ des études sur la patrimonialisation des productions localisées. Il fait actuellement l’objet d’un projet de valorisation par une indication géographique (IG) et présente à ce titre un caractère emblématique pour ces recherches dans les pays du Sud. Afin d’éclairer le processus de valorisation, notre recherche a consisté à étudier les dynamiques à l’origine de sa dimension patrimoniale. Nous montrons que cette production est indissociable des contextes et des enjeux (politiques, sociaux, identitaires) qui ont traversé la société sud-africaine à différentes époques. La filière du rooibos s’est révélée être un objet d’étude privilégié pour observer les tensions nationales dans l’Afrique du Sud post-apartheid. Nous observons une volonté de promouvoir une nation multiculturelle qui tranche avec celle de conserver la structure hiérarchique à l’origine des inégalités socio-économiques. L’imaginaire du rooibos associe l’ingénierie des producteurs afrikaners, le savoir-faire des ouvriers métis et l’utilisation de figures patrimoniale comme celle des Khoesan ; mais d’un autre côté, l’organisation actuelle de la filière reproduit les disparités au sein des acteurs locaux de la production, d’une part entre producteurs et ouvriers agricoles et d’autre part entre producteurs afrikaners et métis. Nos résultats suggèrent que la construction des nouveaux patrimoines sud-africains n’est pas nécessairement un facteur d’intégration et de réconciliation nationales.

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La cohérence des comportements professionnels et privés chez les viticulteurs biologiques alsaciens

Article de Jean Nizet, Denise Van Dam et Marcus Dejardin paru dans Recherches sociologiques et anthropologiques, n°39-2, 2008, pp.23-42

Cette contribution s’interroge sur la forte cohérence observée au niveau des comportements professionnels et privés d’un petit échantillon de viticulteurs alsaciens que nous avons interviewés longuement. On s’attache d’abord à décrire ces comportements et à identifier les principes à partir desquels les acteurs les justifient. On propose ensuite deux hypothèses susceptibles de rendre compte de la cohérence constatée. La première suggère que cette cohé­rence est en partie construite par le discours des interviewés. La seconde s’interroge sur les mécanismes de socialisation. Trois mécanismes sont iden­tifiés : les tensions identitaires que les personnes ressentent lorsqu’elles s’écar­tent des principes évoqués ; les contrôles, formels et surtout informels, qu’elles exercent les unes sur les autres ; la hiérarchie qui s’instaure dans le champ de la viticulture biologique, en raison précisément de la plus ou moins forte cohé­rence des comportements. On montre que ces mécanismes combinent leurs effets pour produire une socialisation puissante et uniforme, qui fait des viti­culteurs biologiques interviewés des individus beaucoup plus intégrés que ce que prédisent des théories sociologiques qui mettent en avant la diversité, ou encore l’éclatement de l’expérience de l’individu contemporain.

Accessible intégralement en version HTML sur le site de la revue.

Les Peuples des forêts tropicales aujourd’hui: volume II, Une approche thématique

Serge Bahuchet, « Les Peuples des forêts tropicales aujourd’hui: volume II, Une approche thématique », Bahuchet, Serge (Ed.) (2000),  654 p.

Le dispositif de terrain adopté par APFT répondait à notre souci de dépasser les particularismes locaux, en donnant une vision globale des habitants des forêts tropicales, confirmant certes l’extraordinaire diversité, mais montrant de grandes constantes. En effet, ces “cas” se complètent les uns les autres et illustrent des situations diverses, ce qui permet de dégager les traits communs aux populations forestières. L’approche comparative met en évidence des problèmes généraux récurrents dont la prise en compte nous semble nécessaire – et importante -, pour les décideurs comme pour les acteurs. Nous abordons ainsi les éléments caractéristiques de l’écologie et de la production des sociétés forestières (notamment la biodiversité, l’agriculture itinérante sur brûlis, l’alimentation, la santé, les systèmes de production, le temps et l’espace, les savoirs traditionnels), puis les communautés elles-mêmes (structure, démographie, mouvements de populations). Les thématiques abordées ensuite ont été choisies en fonction de leur récurrence dans des régions différentes, voire dans l’ensemble des zones de forêts tropicale, sur les trois continents où nous avons travaillé. Toutes ne se posent pas partout avec une égale acuité, mais, dans la plupart des cas, les situations observées, sur un continent ou dans une région particulière, se présenteront ailleurs dans un proche avenir. En effet, au delà de la diversité des situations particulières, les populations forestières sont confrontées à un ensemble de défis souvent assez comparables. Il n’est par conséquent guère surprenant qu’elles tentent d’y faire face avec des stratégies similaires. Les situations étudiées par APFT sont non seulement complexes et très diverses, mais elles s’inscrivent dans des processus dynamiques : toutes les populations sont peu ou prou touchées par la modernité, la mondialisation et leur cortège de bouleversements. Une série de chapitres concerne donc la dynamique du changement, que ce soit du point de vue des infrastructures (villes, exploitations forestières et minières, …) ou de la religion. Nous abordons aussi des domaines problématiques qui font actuellement l’objet d’intenses débats (la route, la viande de brousse), et d’autres qui sont susceptibles de fournir des outils pour les programmes de développement (la psychologie, les pratiques associatives). Face à ces changements, l’anthropologue ne saurait rester indifférent. Un ensemble de chapitres concerne donc la contribution qu’est susceptible d’apporter une discipline comme l’anthropologie, en matière d’aires protégées, d’écotourisme, de scolarisation, de droit et d’expertise, notamment, sans négliger la “quête de partenaires” de la part des populations indigènes elles-mêmes.

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L’état, les paysanneries et les cultures commerciales pérennes dans les plateaux du centre Vietnam

Thèse de Frédéric Fortunel, Université Toulouse le Mirail – Toulouse II (Géographie), 18/12/2003, Daniel Weissberg (Dir.), 519 p.

Cette thèse analyse les mécanismes de transformation et de construction d’appartenances territoriales. En partant de l’hypothèse que la plantation des cultures commerciales pérennes favorise l’ancrage des hommes, sont étudiés dans le cas des plateaux du Centre Viêt Nam les principes théoriques et pratiques allogènes incorporés à un territoire et à des populations autochtones. Le caféier, importé par les colons, ancré dans le territoire, conduit à la perte de repères symboliques et matériels des paysanneries autochtones mais aussi à l’appropriation politique et économique de ces espaces. Soucieux de contrôler des régions parfois rétives à la majorité nationale, L’État vietnamien dès son indépendance a favorisé l’arrivée et l’ancrage d’allochtones, désormais majoritaires. L’exploitation agricole et la conversion des représentations participent à la redéfinition de l’appartenance territoriale mais au prix de dégradations environnementales et d’une crise économique et sociale profonde.

Accessible intégralement en version PDF (50,2Mb) sur TEL.