ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur le sujet

Archives de histoire

Le magnan et l’arbre d’or. Regards anthropologiques

Ouvrage de Françoise Clavairolle, ed. MSH, Paris, 2003, 320 p.

La sériciculture – l’élevage des vers à soie – a été pratiquée en Cévennes à partir du XIIIe siècle. Françoise Clavairolle en restitue la mémoire, des débuts du XIXe siècle aux années 1960.Cependant, plus que relater des savoir-faire, elle rend compte de cette pratique dans la pluralité de ses dimensions : économique, sociale et symbolique.
L’auteur décrit ces multiples facettes avec une extrême minu­tie, soulignant la manière dont elles s’ajustent les unes par rapport aux autres. Après s’être livrée à une archéologie des savoirs relatifs au ver à soie, le magnan, ainsi que des savoir-faire à l’œuvre dans la sériciculture, elle met en évidence le rôle prépondérant des femmes auxquelles incombe la responsabilité de 1′ « éducation » des vers à soie. Son analyse de l’organisation sociale de la sérici­culture dévoile les relations complexes qui lient les éleveurs et les filateurs. Les continuités et les mutations de la société cévenole sont ainsi saisies à travers le prisme d’une activité qui apparaît comme une clé de voûte sociale et économique.
Ce faisant, Françoise Clavairolle ne cède pas à la tentation de confondre activité séricicole et culture cévenole. Inscrivant l’ana­lyse du système technique dans sa dynamique socio-historique, elle questionne la disparition de cette activité et s’interroge sur les conditions de son renouveau.

Ouvrage intégralement accessible sur OpenEditionBooks.

 

Entre Orient et Occident, le voyage des plantes au Moyen Âge

Nouvelle collection du Jardin des 4 carrés, Abbaye de Royaumont, 2016-2018

Créé en 2004 par Damée, Vallet & Associés Paysagistes (DVA), le Jardin des 9 carrés, évocation paysagère du monde médiéval, est conçu pour accueillir des expositions renouvelées tous les trois ans sur les plantes, leurs usages et les regards que l’on porte sur elles.

Cette nouvelle exposition végétale nous interroge sur le métissage, la traçabilité, l’hybridation et les modifications génétiques des graines.
Entre croisades, explorations de terres inconnues et échanges commerciaux, les migrations végétales à l’époque de Saint Louis nous permettent d’aborder la notion d’origine des plantes.
Peut-on parler aujourd’hui d’espèce locale ?

Voir ici une présentation du jardin.

Journal for the History of Environment and Society

Parution d’une nouvelle revue d’Histoire environnementale (en anglais) et en libre accès sur ce lien.

Bois de construction et ressources forestières dans les Alpes du sud au IIe millénaire : dendrochrono-écologie et archéologie

Thèse de Lisa Shindo, Sciences de l’Homme et Société, Aix-Marseille Université, 2016, 942 p.

L’étude des pièces de bois de construction permet de dater le bâti vernaculaire (fermes, granges, pressoirs à vin, moulin, pont…) et de préciser les variations temporelles des relations entre les sociétés humaines d’une part, et la ressource-bois et la forêt d’autre part. La zone d’étude est la vallée de la Durance, depuis le Briançonnais jusqu’à la région de Riez et, plus généralement, les Alpes françaises du sud. Le cadre temporel retenu comprend les époques médiévale, moderne et contemporaine, périodes pour lesquelles l’effectif du matériel étudiable est très élevé. Le premier objectif est une meilleure connaissance du patrimoine bâti, au moyen de la dendrochronologie. Les types de bois mis en œuvre (essence, âge, calibre) ainsi que les phases d’abattage et de construction sont mises en évidence. Dans un contexte de changement de l’occupation humaine et d’aménagement du territoire, le développement de ce type d’étude est essentiel pour conserver les traces historiques de ce patrimoine fragile, témoin d’une société montagnarde en relation forte avec son environnement, spécialement forestier. Le deuxième objectif est de développer la compréhension de la relation entre le bâti et la forêt. Cette relation entre les populations humaines et la forêt ressource pose la question de l’état des forêts des Alpes et de la forêt comme ressource au cours du dernier millénaire. L’histoire de l’occupation humaine dans les Alpes françaises du sud est ainsi questionnée. Pour répondre à la problématique, l’interdisciplinarité a été une nécessité. Un dialogue avec des historiens, archéologues, forestiers, informaticiens, charpentiers, anthracologues, gestionnaires, ingénieurs et ouvriers dans la construction et la restauration a été instauré. Et, la dendrochronologie a servi de creuset à la mise en œuvre d’une approche interdisciplinaire, dans le but de dépasser les limites de chaque discipline.

Thèse intégralement accessible en version PDF (85,85 Mo) sur Hal-Shs.

Appel à valorisation des archives de l’Institut du Pin

L’Institut du Pin a constitué tout au long du XXe siècle une des plus importantes institutions scientifiques dans la région bordelaise. Son importance pour la mise en valeur des richesses du plus grand massif forestier, la forêt landaise, est difficile à surestimer.

Après la fermeture de l’Institut du Pin à la fin des années 2010, ses vastes archives ont pu devenir l’objet d’études historiques par Marcin KRASNODEBSKI, dans le cadre d’une thèse dirigée par Jérôme Pierrel et Pascal Duris de l’EA 4574 SPH à l’Université de Bordeaux. Cette étude a porté sur l’histoire de la chimie des résines et de l’infrastructure scientifique et industrielle dans la région bordelaise dans les années 1900-1970. Néanmoins, elle ne couvre qu’une petite partie des archives en question. Le fonds en question est extrêmement riche. De nombreux sujets passionnants restent toujours inexplorés : l’implantation de la papeterie dans la forêt landaise, l’utilisation du bois de pin dans la fabrication des gazogènes et carburants, les premiers travaux sur les énergies forestières renouvelables ou bien sur la biologie du pin.

Les Archives Départementales visent à conserver une partie du fonds et sauver cet héritage matériel, mais les laboratoires de l’Université de Bordeaux ne possèdent plus de moyens pour continuer le financement des travaux historiques sur le fonds. En outre, un certain nombre de documents risque de ne pas être conservé. La valorisation des archives de l’Institut du Pin est en conséquence un problème urgent qui nécessite un financement supplémentaire. Il serait malheureux de perdre l’opportunité de l’étudier dans son intégralité et de compléter la reconstruction de cet épisode intéressant au carrefour de l’histoire des sciences, de l’histoire environnementale et de l’histoire économique.

En conséquence, nous sommes à la rechercher des organismes, des entités aussi bien que des initiatives ponctuelles qui pourraient faciliter le financement d’un projet de recherche en histoire, et permettre de continuer notre travail visant à préserver l’Institut du Pin de l’oubli. La problématique à aborder est riche, et nous sommes ouverts à forger une collaboration à caractère interdisciplinaire afin d’éclaircir les archives de l’Institut du Pin en fonction de perspectives différentes (par exemple : énergies forestières renouvelables dans la première moitié du XXe siècle, l’implantation de la papeterie dans les Landes, etc.)

Pour des renseignements complémentaires, veuillez contacter Marcin Krasnodebski (marcin.krasnodebski@u-bordeaux.fr). Toute proposition de collaboration ou suggestion de piste pour trouver le financement serait très bienvenue.

[Info Le Ruche].

La gestion de la forêt pour la mine et le charbonnage dans la Haute-Durance du Xè au XIIIè siècle

Article de Vanessa Py, Bruno Ancel, Aline Durand, Colloque du Groupe d’Histoire des Forêts Françaises: « Forêt et montagne : évolution et aménagement », Sept. 2012, Chambéry, France. L’Harmattan, pp.53-75, 2015

La Haute-Durance est l’une des plus importantes régions minières des Alpes du sud occidentales au Moyen Age. Dès le XIè siècle, des aventuriers ont tenté l’entreprise minière du fait du morcellement du droit régalien. En parallèle, les besoins en minerais argentifères pour la production monétaire ont augmenté. Ceci a engendré une expansion de l’activité minière. On note que l’abattage par le feu a été choisi pour creuser les roches et extraire ainsi les minerais. Cette technique qui est grande consommatrice de bois aurait été un facteur déterminant du déboisement dans les Alpes du Sud.

Article intégralement accessible en version PDF (3,48 Mo) sur Hal-Shs.

Espaces forestiers et sociétés en Avesnois (XIVe – début du XVIIIe siècle) : étude du paysage

Thèse de Marie Debarre, Histoire. Université de Valenciennes et du Hainaut-Cambresis, 2016, 1072 p.

La forêt n’est pas un espace naturel comme nous l’avons longtemps pensé. En utilisant l’ensemble des services que lui offre la forêt, l’homme influence la dynamique des espaces forestiers. L’objectif de cette thèse, s’inscrivant dans le champ de l’histoire de l’environnement, est d’analyser, dans le temps long, les interrelations entre paysages et sociétés riveraines, d’identifier les ruptures et continuités paysagères qui ont jalonné l’histoire forestière de l’Avesnois pour aboutir à ce que nous connaissons aujourd’hui. Cette recherche a été menée dans le cadre d’un contrat Cifre participant au Plan Forêt Régional – dont l’objectif est de doubler la superficie boisée sur l’ensemble du territoire d’ici une vingtaine d’années- et au Schéma Régional de Cohérence Ecologique Trames Vertes et Bleues. Ce dispositif en Sciences humaines et plus particulièrement en Histoire étant rare, il a fallu construire une démarche au carrefour de la démarche fondamentale et la démarche appliquée. Car non seulement il s’agissait d’analyser les modalités des actions humaines et leurs impacts sur les espaces forestiers mais il fallait plus particulièrement répondre à une demande des acteurs du monde forestier actuel conditionnant ainsi certaines problématiques scientifiques. Essentiel à la compréhension des interactions entre l’homme et son milieu, l’emboîtement des échelles spatio-temporelles constitue le cœur de cette recherche. La prise en considération de l’importance des emboîtements des échelles d’analyses, impliquant un croisement de sources de nature variée, ont conduit à une réflexion sur les outils et les méthodes à employer pour répondre aux questionnements initiaux. Tout en composant avec les limites des sources qu’il étudie, l’historien offre un recul sur les processus spatio-temporels qui ont fabriqué le paysage forestier d’aujourd’hui. Cette distanciation est nécessaire pour mener à bien les politiques environnementales actuelles : préserver un paysage, sa biodiversité doit nécessairement interroger le temps.

Thèse intégralement accessible en version PDF (40,36 Mo) sur Tel.