ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour herboristerie

Ethnobotanique et herboristerie paysanne en France. Anthropologie de la relation des hommes au végétal médicinal (deuxième moitié du XXe siècle – première moitié du XXIe siècle)

Soutenance de thèse de Carole Brousse, MMSH, Aix-en-Provence, 13.07.2017 à 13h

L’herboristerie, activité consacrée à la préparation et à la vente de plantes médicinales, se renouvelle depuis les années 1970 autour d’acteurs aux pratiques techniques et approches scientifiques divergentes. Parmi eux, des paysans-herboristes cultivent, cueillent puis transforment eux-mêmes les espèces végétales qu’ils commercialisent tout en mobilisant les usages de la médecine végétale populaire transmis par l’ethnobotanique pour qualifier leurs qualités thérapeutiques. L’ethnobotanique est une discipline vouée à l’étude des relations flore-société investie notamment par des acteurs non-académiques qui travaillent sur le recueil des savoirs naturalistes populaires. La thèse met en lumière les ressorts de la relation que les paysans-herboristes tissent avec le végétal et la façon dont ils utilisent l’ethnobotanique pour asseoir la légitimité de leurs pratiques. En échangeant des savoirs sur les propriétés médicinales du végétal, il apparaît que les institutions de la recherche et du patrimoine d’une part, les paysans-herboristes et les ethnobotanistes d’autre part, participent à un processus de production collective de connaissances sur les plantes orienté vers le développement de l’autonomie thérapeutique. La thèse met également en évidence l’attention particulière des paysans-producteurs aux vulnérabilités humaines et végétales et la prise en compte de l’intentionnalité des plantes qui caractérise leur pratique de l’herboristerie. Les données de terrain ont été recueillies dans différents contextes entrelacés : les institutions patrimoniales et scientifiques (séminaires de l’ethnopôle de Salagon, collections ethnobotaniques du musée du quai Branly et du Muséum national d’Histoire naturelle), les arènes de l’herboristerie française et les fermes des paysans-herboristes.

Jury composé de :
– Nicolas ADELL, Maître de conférences HDR, LISST, Université de Toulouse II Le Mirail, Examinateur.
– Serge BAHUCHET, Directeur de recherche, Éco-anthropologie et Ethnobiologie, CNRS, Rapporteur.
– Élise DEMEULENAERE, Chargée de recherche, Éco-anthropologie et Ethnobiologie, CNRS, Examinatrice.
– Valérie FESCHET, Maître de conférences HDR, IDEMEC, Université d’Aix-Marseille, Directrice de thèse.
– Jean-Paul GAUDILLIÈRE, Directeur de recherche et directeur d’études INSERM-CERMES3, EHESS, Rapporteur.
– Cyril ISNART, Chargé de recherche, IDEMEC, CNRS, Examinateur.
Publicités

Dans les pas d’un herboriste…

Emission CO2 mon amour, radio France Inter, 24.06.2017

Reportage dans le Massif des Monédières (qui appartient au Massif Central), dans les pas d’un herboriste passionné et spirituel, Jean Maison, fondateur du Comptoir d’Herboristerie -lequel s’inscrit dans la tradition des cueilleurs producteurs.

Emission à ré-écouter ici.

Maurice Mességué, père de la phytothérapie, est mort

Le fondateur des laboratoires Mességué, 95 ans, s’est éteint à son domicile, dans le Tarn-et-Garonne.

Maurice Mességué est mort samedi 17 juin 2017 à 95 ans, à son domicile d’Auvillar dans le Tarn-et-Garonne, a annoncé la préfecture du département. Le fondateur des laboratoires Mességué a publié de nombreux ouvrages de vulgarisation sur l’herboristerie et la phytothérapie.

Né le 14 décembre 1921, M. Mességué a créé en 1958 un laboratoire à Paris spécialisé dans les produits à partir de plantes, qu’il a déplacé plus tard à Fleurance, dans le Gers. Ce pionnier de la phytothérapie en Europe n’était pas médecin, mais soulageait stars et anonymes, comme le dramaturge et cinéaste Jean Cocteau ou la chanteuse Mistinguett.

« Cet amour des fleurs et des plantes, c’est son père, agriculteur à Gavarret-sur-Aulouste, tout près de Fleurance, qui le lui avait transmis », racontait-il dans les conférences sur les soins par les plantes qu’il donnait partout dans le monde, selon La Dépêche.

Maire de Fleurance pendant dix-huit ans (1971-1989), M. Mességué a été conseiller général et président de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) du département, avant de se mettre en retrait et de déménager dans le département voisin du Tarn-et-Garonne.

En 2000, le président du groupe de distribution GiFi, Philippe Ginestet, a pris le contrôle des laboratoires Mességué. « La Nature perd l’un de ses plus vibrants poètes », a-t-il écrit sur Twitter, en hommage au défunt.

La Nature perd l’un de ses plus vibrants poètes et nous pleurons avec elle. Philippe Ginestet https://t.co/u2BT5NiyhP

La société comptait 24 salariés en 2016, traitant quelque 1 000 commandes par jour, principalement à partir de vente par internet et par correspondance, en France et dans le monde, selon un document de la CCI du Gers.

[Info Le Monde]

Des simples et des mélanges, l’herboristerie sous certificat

Émission « La fabrique de l’histoire », cycle « Histoire des remèdes et des médicaments« , radio France Culture, 14.03.2017

Le syndicat des Simples revendique aujourd’hui environ 600 paysans-herboristes, qui perpétuent les savoirs et les usages de cette pratique empirique, datant des temps les plus anciens. Un documentaire de Franck Thoraval et Anne Fleury.

Le 11 septembre 1941, le régime de Vichy supprime le certificat d’herboriste, créé sous Napoléon. Dès lors, la profession, majoritairement féminine, était censée s’éteindre après le décès des dernières certifiées. Et pourtant, le syndicat des Simples revendique aujourd’hui environ 600 paysans-herboristes, qui perpétuent les savoirs et les usages de cette pratique empirique, datant des temps les plus anciens.

Thierry Thévenin, porte parole du syndicat, en témoigne dans son jardin des simples, situé en Creuse. Il s’est également penché sur l’histoire négligée de cette médecine des pauvres, aux côtés de deux jeunes chercheuses en ethnologie : Ida bost et Carole Brousse. Ils prennent ainsi la relève de celles et ceux qui n’ont jamais accepté la suppression par le régime de Philippe Pétain du fameux certificat. Comme Marie Roubieux, herboriste-certifiée, qui a participé à l’aventure de l’école des plantes de Clotilde Boisvert dans les années 80, ou Michel Pierre, propriétaire de l’Herboristerie du Palais Royale, qui a dû, comme d’autres, faire face à la justice pour pratique illégale de la pharmacie.

La pharmacie, la rivale historique. Après avoir réussi à mettre sous tutelle l’herboristerie dès 1803, elle connait une expansion, portée par des découvertes majeures et une foi sans borne dans le progrès. Mais c’est la montée en puissance de son industrie qui précipitera une décision, jamais remise en cause depuis…

Emission à (re) écouter ici.

Enquête paysans-herboristes : pratiques et savoirs sur les plantes médicinales

En 2016, un travail parlementaire a été entamé autour du Sénateur Joël LABBE (EELV- Morbihan) afin de proposer une loi qui permette d’encadrer et de pérenniser les métiers de l’herboristerie.

Nous soutenons pleinement cette démarche et nous engagerons sans réserve pour tenter de faire valoir au maximum notre vision du métier de paysan-herboriste, à savoir accompagner le public pour des solutions complémentaires, locales et écologiques de santé et pour une certaine autonomie dans la gestion de son hygiène de vie.

Dans le cadre de ce travail, nous pensons qu’il est important que vous puissiez exprimer vos pratiques, vos attentes, votre vision du métier d’herboriste afin que la future loi soit la plus pertinente possible. C’est pourquoi, au lieu des habituelles pétitions, au lieu de vous demander tel ou tel soutien financier ou moral nous souhaitons diffuser une grande enquête nationale par différents réseaux.

Ce questionnaire s’inscrit dans le cadre des recherches menées à l’initiative de la Fédération des PAYSANS-HERBORISTES (www.paysans-herboristes.org) sur les pratiques et les acteurs de la phytothérapie en France. Ce questionnaire restera au seul usage de la fédération et les données éventuellement publiées dans le cadre de travaux de recherche resteront anonymes et utilisées pour des statistiques globales.

Accéder à l’Enquête publique autour de l’herboristerie en France

Pour les paysans herboristes, Thierry THEVENIN (23) producteur SIMPLES, porte-parole du syndicat Simples
Adresse :
Fédération des Paysans-herboristes
C/O Thierry THEVENIN
11, Mercin 23420 MERINCHAL

[Info Tela Botanica]

En Bretagne, le combat d’une jeune paysanne crée un buzz inattendu

Article de Anne-Sophie Novel publié sur le blog « Même pas mal », 25 juin 2014

« La réalisatrice Marion Gervais ne s’attendait pas à un tel succès : son premier documentaire diffusé depuis fin avril 2014 sur TV Rennes et son site web associé a été visionné plus de 340 000 fois. Anaïs Kerhoas, la jeune agricultrice bretonne qu’elle a suivie pendant un an, y témoigne de son combat pour trouver un terrain où cultiver ses plantes. Vivifiant.

Elle est fraîche, dynamique et résolument déterminée à mener à bien son projet… au point de crever l’écran ! Petite, les odeurs et les fleurs l’attiraient déjà. Elle voulait être nez, puis fleuriste. C’est après son bac et suite à un voyage de six mois en Inde qu’elle se décide à suivre une formation de deux ans pour devenir herboriste – métier qui n’est plus reconnu officiellement mais permet d’accéder à des emplois très divers, dont celui de producteur de plantes alimentaires et médicinales, ce que fait Anaïs.

En 2011, un producteur de tisanes de la région de Quimper où elle est en stage la pousse à s’installer. « Je pensais que c’était plus pour les hommes, je n’y connaissais rien » confie celle qui se décide à suivre une formation agricole avant de suivre ce conseil.

Et c’est là qu’elle se confronte à la dure réalité des paysans d’aujourd’hui. Le premier terrain qu’elle loue ne lui permet pas d’avoir accès à l’eau ou à l’électricité. Ce qui l’a fait pester (« Je peux te dire, le plus beau village de France, ils vont le garder pour les touristes ») et l’incite à se défouler en désherbant, comme le montrent les premières minutes du documentaire…. »

Lire la suite (et visionner le documentaire) sur le blog.

Les plantes magiques traditionnelles les plus réputées des femmes de la ville de Mahajanga

Article inédit de RANARIJAONA Hery Lisy Tiana, TSITOMOTRA Arsène, Ravoniarisoa Jolicia Bapdistine, ANDRIANASETRA Georges Simon, 2012, 20 p.

Les plantes médicinales prennent une place importante dans la vie quotidienne de la population Malagasy, aussi bien en milieu urbain qu’en milieu rural. Les femmes majungaises ne peuvent pas se séparer de la plante. Des enquêtes ont été effectuées auprès des femmes âgées de plus de 25 ans dans la ville de Mahajanga, auprès des herboristes des trois grands marchés locaux, ainsi qu’aux femmes choisies au hasard dans les hôpitaux et auprès des boutiques qui valorisent les plantes médicinales à Mahajanga. 
Quinze plantes médicinales et cosmétiques de l’ouest de Madagascar ont été recensées comme étant les plus utilisées par les femmes dans la commune urbaine de Mahajanga. Ces plantes sont en général très faciles à trouver, car elles sont rencontrées soit tout près de l’habitation, dans la cour, soit dans les lieux publics ou bien vendues par les herboristes. Parmi les quinze espèces recensées, des plantes sont également alimentaires. 
Le présent travail révèle les actions curatives et cosmétiques des plantes recensées. Parmi les espèces les plus réputées utilisées : l’espèce endémique Coptosperma madagascariensis (Baill.) De Block ou « masinjoany » est la célèbre plante cosmétique des Majungaises tandis que Aloe vera L. ou « vahona » est la plante à usage médicinal la plus employée. Par ailleurs, les plantes recensées sont également valorisées par les laboratoires de recherche et pharmaceutiques Malagasy alliant science et tradition.

Article intégralement accessible en version PDF (655 ko) dans les Publications de TelaBotanica.