ETHNOBOTANIQUE

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Archives de géographie

L’habiter citadin interrogé par l’agriculture urbaine

Thèse de Paula Nahmias, Géographie. Université Rennes 2, 2017, 409 p.

Dans le cadre d’une recherche en géographie sociale, cette thèse s’intéresse aux agricultures urbaines, particulièrement à celles pratiquées ou vécues par les citadins : agriculture professionnelle formant les paysages périurbains, agriculture de proximité en circuits courts, agriculture de loisirs, jardins familiaux et jardins partagés, espaces publics mis en production. Sur la base de critères de localisation, de fonctionnalités réciproques et de gouvernance métropolitaine, nous avons proposé une définition de l’agriculture urbaine qui intègre de manière constructive les espaces intra- et périurbains, les agricultures professionnelles et non professionnelles, les espaces agricoles privés, publics et auto-appropriés.La réflexion a été menée dans la ville de Rennes, en Bretagne, sur la base d’études exploratoires, d’observation participante et de douze entretiens approfondis avec des citadins jardiniers qui vivent le rapport ville campagne en termes d’activités productives mais aussi de sociabilités, de pratiques alimentaires et d’initiatives agro-écologiques. Les principaux résultats de la thèse sont au nombre de quatre. Premièrement, la description détaillée des modes d’investissement de l’espace-enjeu que représente aujourd’hui la nature productive dans la ville. Deuxièmement la mise en évidence, grâce à une approche topologique et à la cartographie associée, de la richesse des espaces vécus des habitants-jardiniers, espaces vécus qui dépassent largement le seul jardin du moment. Troisièmement, les « réseaux polytopiques » construits par les expériences agricoles des citadins, facteurs de questionnement non seulement sur les modes d’agriculture mais aussi sur l’alimentation et sur leur contribution à la construction de la ville. Quatrièmement, la production agricole construite comme une fonction urbaine qui renouvelle les modes d’habiter en reconnectant l’habitant à son milieu, par une déclinaison d’« attitudes jardinières » : « jardinier malin », « jardinier rurbain » et « jardinier militant ».

Thèse en accès intégral, version PDF (20.4 Mo) sur Hal-Shs.

La valorisation du végétal dans la trajectoire de mutation des friches urbaines : une approche socio-environnementale

Thèse de Virginie Anquetil, Géographie, Université de Nantes, 2016

Héritages de la mutation des tissus urbains, les friches représentent de véritables ressources foncières pour reconstruire la ville sur la ville. Ces espaces peuvent également être l’objet d’une recolonisation végétale spontanée. Certains projets de mutation valorisent cette végétation en la conservant, partiellement ou totalement. Comment se construit la persistance de cette végétation au cours de la trajectoire de mutation des friches ? En quoi cette persistance influence-t-elle le fonctionnement socio-spatial et environnemental des espaces publics ainsi créés ? Nous avons réalisé une évaluation compréhensive de trois projets de mutation de friches urbaines : la Courrouze (Rennes), le Transformateur (Saint-Nicolas-de-Redon) et Micheville (Villerupt). La persistance de la végétation a été notre fil conducteur pour comprendre la trajectoire de ces friches dans son ensemble, de l’abandon de l’espace (avant-friche) jusqu’à sa réappropriation sociale (après-friche). Nous pouvions alors comprendre les liens entre un fonctionnement endogène spécifique au temps d’attente de la friche, dont la végétation est un marqueur, et un fonctionnement nouveau instauré par le biais d’un projet de réaménagement. L’éthique et l’économie de l’environnement ont fourni les bases théoriques de cette évaluation : les valeurs d’usage, d’échange et d’existence ont été réinterprétées. Alors que les deux premières sont dites systémiques et caractérisent un fonctionnement nouveau de l’espace, la valeur d’existence exprime les potentialités du fonctionnement endogène, tant d’un point de vue environnemental qu’en terme d’appropriations physique, perceptive et émotionnelle.

Thèse intégralement accessible en version PDF (133,85 Mo) sur Tel.

Méthodologie de mise en oeuvre d’un répertoire de toponymes et d’une ontologie forestière pour un accès aux ressources environnementales : application aux forêts du bassin congolais

Article de Marius Massala, Martin Paegelow, Robert Laurini et Franck Favetta paru dans MASHS 2011, Juin 2011, Marseille, France. 9 p., 2011

L’exploitation des données de télédétection a pour conséquence la production massive des données géographiques. Les acteurs impliqués dans leur gestion utilisent des catalogues d’archivage basés sur des normes géographiques complexes ne prenant pas en compte l’évolution spatiale, temporelle et des noms des lieux des objets géographiques. Dans cet article, nous présentons une solution basée sur les l’exploitation des toponymes avec une application pour les pays d’Afrique centrale. La solution repose sur un répertoire de toponymes et une ontologie forestière intégrant des relations topologiques qualitatives. L’application finale est de fournir aux acteurs impliqués dans la gestion des forêts un outil qui facilite le suivi des objets géographiques et in fine faciliter l’accès aux ressources informationnelles.

Article intégralement accessible en version PDF (315 Ko) sur Hal-Shs.

Ces autres espaces. Les jardins publics dans les grandes villes du monde arabe : politiques et pratiques au Caire, à Rabat et à Damas

Thèse de Gaëlle Gillot, Géographie, Université François Rabelais – Tours, 2002, 515 p.

Les jardins publics dans le monde arabe sont des équipements récents, inspirés ou imposés par l’Occident. Leur présence modifie le tissu urbain, l’image de la ville, et on leur assigne un rôle prophylactique en raison d’une assimilation largement admise entre la pureté et la salubrité et la « nature ». La pratique de ces « autres espaces » permet aux valeurs et aux nouvelles tendances des sociétés de prendre place dans les espaces publics des villes. Espaces exutoires, de la mixité, l’intimité, de la fête, de l’ordinaire et de l’exceptionnel, ils connaissent depuis les années soixante des mutations. Devenus « espaces verts », ils ont souffert des périodes de forte croissance qu’ont connu nos trois villes. La tendance est aujourd’hui double : d’une part, privatisés et suréquipés, certains semblent perdre leur caractère d’espace public ; d’autres, revalorisés par le récent intérêt au cadre de vie et une sensibilité à l’écologie, semblent pouvoir résoudre tous les maux de la ville, de l’environnement naturel et des sociétés.

Thèse intégralement accessible en version PDF (75,87 Mo) sur Tel.

Entre nature et agriculture. Agricultures patrimoniales et services environnementaux en aire d’adhésion des parcs nationaux à la Réunion et en Guadeloupe

Thèse de Camille Demené, Géographie, Université de la Réunion, 2013, 521 p.

Ce travail de recherche prend sa source dans les dynamiques actuelles qui affectent les liens entre agricultures et territoires. L’activité agricole n’est plus évaluée à l’aune de son seul rôle alimentaire, son inscription sur le territoire est aujourd’hui renégociée au regard d’enjeux sociaux et environnementaux. Cet examen de l’agriculture sous l’angle d’une pluralité de fonctions ouvre une fenêtre de réflexion sur la place au sein des territoires de filières agricoles à la marge des modèles d’intensification et de modernisation promus depuis une cinquantaine d’années par les politiques agricoles. Nous nous interrogeons en particulier sur l’incidence pour ces filières de l’attention accrue accordée à la biodiversité. En déplaçant le curseur, dans les représentations des acteurs, entre agriculture auxiliaire et agriculture prédatrice, l’enjeu biodiversité est susceptible de modifier les ressources et les contraintes avec lesquelles se construit l’inscription territoriale d’une filière agricole. Nous faisons l’hypothèse que ce processus ne se résume pas à un encadrement de la fonction environnementale, mais est le résultat de compromis territoriaux faisant également intervenir les représentations des autres fonctions de l’activité agricole, économiques, sociales, culturelles. A partir des concepts et des outils de la géographie sociale, en considérant une filière agricole, à l’instar du territoire, comme un objet socio-spatial, nous proposons une analyse en deux temps. A partir des discours d’un panel d’acteurs intervenant sur le territoire, nous analysons, dans un premier temps les représentations des fonctions de l’activité agricole, et, dans un second temps, l’intégration de ces représentations dans leurs stratégies, et les ajustements induits sur les ressources (géographiques, économiques, politiques, symboliques) que mobilise une filière agricole. Nous appliquons cette démarche d’analyse à une filière agricole réunionnaise, la vanille, héritière d’une histoire économique florissante aujourd’hui fragilisée. L’analyse montre que l’attention accrue portée à la biodiversité réunionnaise est un facteur d’évolution de l’inscription territoriale de cette filière : porteuse de contraintes, elle s’accompagne également de nouvelles opportunités. Les arbitrages observés font intervenir, au-delà des seuls enjeux écologiques, les représentations des fonctions sociales, culturelles, et économiques de cette filière. Les acteurs de la filière construisent notamment différentes stratégies de reterritorialisation, s’appuyant à des degrés divers sur ces fonctions attribuées à l’activité agricole. La mise en perspective de cette étude de cas avec celle de la filière café guadeloupéenne pose les bases d’une discussion sur la pertinence de la mobilisation du concept de « service environnemental » dans le cas de ces filières à la marge des modèles promus par les politiques agricoles. L’intervention du Parc National de Guadeloupe sur les dynamiques de relance des filières patrimoniales guadeloupéennes fournit des éléments de discussion sur le rôle d’un Parc National vis-à-vis de ce type de filières agricoles. Leur fragilité met en balance des enjeux économiques, sociaux, culturels et environnementaux dont l’imbrication invite à dépasser leur prise en compte segmentée dans le cadre des politiques sectorielles.

Thèse intégralement accessible en version PDF (12,69 Mo) sur Tel.

Etudier les forêts métallurgiques : analyses dendro-anthracologiques et approches géohistoriques. L’exemple des forêts du mont Lozère et du Périgord-Limousin

Thèse de Sandrine Paradis-Grenouillet, Géographie, université de Limoges, 2012, 460 p.

Les forêts ont toujours été au cœur d’enjeux sociétaux et parmi eux les activités métallurgiques, grosses consommatrices de bois, ont joué un rôle important dans leur évolution. Considérées généralement comme « prédatrices » des espaces boisés, les activités métallurgiques peuvent aussi être considérées comme « protectrices » des forêts, comme un moyen de valoriser des espaces délaissés. Les relations entre les activités métallurgiques et les forêts sont d’une extrême complexité et intéressent de nombreuses disciplines, chacune utilisant des documents et des méthodes spécifiques. Approches historiques, géographiques, archéologiques ou encore archéobotaniques et paléoenvironnementales permettent d’évoquer la question des « forêts métallurgiques ». Cette thèse aborde la question des « forêts métallurgiques » à travers ces différents champs disciplinaires et thématiques. En combinant approches méthodologiques et théoriques, démarches expérimentales et applications sur des contextes régionaux et historiques privilégiés, de nouvelles approches sont proposées pour parler de la question des « forêts métallurgiques » de manière transversale. Centré sur l’étude des documents historiques des établissements sidérurgiques modernes et contemporains du Périgord-Limousin et sur l’analyse anthracologique des plateformes de charbonnage médiévales du mont Lozère, ce travail est l’occasion de développer de nouvelles démarches. La mise en place de ratios pour évaluer les surfaces de taillis consommés à partir de quantités de métal produites et l’étude des cadastres napoléoniens permettent d’évaluer l’emprise des activités sidérurgiques sur le couvert forestier. D’autre part la démarche expérimentale conduite sur trois charbonnières permet d’affiner et de développer de nouvelles méthodes pour restituer le diamètre des bois afin d’envisager plus sereinement l’étude des sylvofaciès charbonnés et leur mode de gestion imposé pour produire le charbon de bois nécessaire au fonctionnement des ateliers de réduction. Cette thèse, propose aujourd’hui une nouvelle façon de penser l’étude des « forêts métallurgiques ».

Thèse intégralement accessible en version PDF (76,96 Mo) sur Tel.

Cannabis dans le Rif central (Maroc). Construction d’un espace de déviance

Article de Kenza Afsahi et Khalid Mouna paru sur EspacesTemps.net, 30. 09. 2014

La culture de cannabis au Maroc s’est intensifiée durant les années 1970 dans la région du Rif central, bouleversant les rapports socio-économiques entre les acteurs. Cet article se propose d’interroger le processus historique qui a occasionné le développement d’un espace favorable à la production de cannabis, notamment dans les tribus de Ketama et de Ghomara, ce qui a conféré à ces tribus l’identité notoire de « bled du kif ». Nous analyserons également les interdépendances entre les différents acteurs impliqués dans la production de cannabis dans cet espace de « bled du kif », acteurs qui souffrent de stigmatisation mais qui, de manière paradoxale, revendiquent la légitimité historique de la culture de cannabis.

Lire l’intégralité de l’article sur le site de la revue.