ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archives de France

Freins et leviers pour l’installation de jardins en bord de voies

Article de Grégoire Chelkoff et Magali Paris paru dans VertigO, hors-série n°24, juin 2016

Prenant le contre-pied d’une posture visant à « réparer » les territoires détruits par les infrastructures de transport, nous investiguons les potentiels de développement urbain inhérents aux situations routes/jardins. Les territoires de bord de route possèdent leurs propres règles qui pourraient informer une manière de produire autrement la ville. Perçue depuis un véhicule personnel ou un transport en commun la nature en bord de voie, et en particulier la nature domestiquée des collectifs de jardins, compose des paysages inédits : chaotiques, colorés, texturés, précaires, changeants au gré des saisons et des années, patinés par le temps. Mais comment sont-ils vécus de l’intérieur par ceux qui les modèlent au jour le jour et aussi par ceux qui s’y promènent? Nos travaux apportent des éléments de réponse à cette question à travers une enquête de terrain en France (Département de l’Isère 38 et Région Ile-de-France), au Portugal (Lisbonne) et aux États-Unis (San Francisco, Californie). Cette enquête rend compte de ces milieux jardinés en bord de voie en privilégiant les dimensions sonore, paysagère et sociale. Ces jardins se révèlent parfois remarquables depuis l’intérieur, mais qu’en est-il de leur environnement? En parallèle à cette analyse perceptive et usagère, une analyse environnementale est menée afin d’évaluer la contribution des jardins à la biodiversité fonctionnelle (continuités écologiques) et spécifique (nombre d’espèces) et d’estimer leur degré de pollution (air, sols et végétaux) et son impact sur les jardiniers et les promeneurs. Enfin si ces milieux constituent des lieux de prises pour les habitants ordinaires, promeneurs et jardiniers, qui y trouvent la possibilité d’inventer et de façonner leur quotidien, qui décident et comment du devenir de ces paysages et milieux jardinés? Quelle place et posture(s) les professionnels de la route et des territoires urbains occupent-ils et adoptent-ils en matière de jardins de bord de voies? Des pistes d’actions collaboratives entre acteurs des infrastructures et des territoires locaux sont explorées, et argumentées par les enjeux et critères traversant les facteurs d’ambiances, écologiques et de pollution mis en évidence dans le cours de ces recherches.

Article intégralement accessible sur le site de la revue.

 

Le peuple de la forêt. Nomadisme ouvrier et identités dans la France du Centre-Ouest aux Temps modernes

Ouvrage de Sébastien Jahan et Emmanuel Dion, Presses universitaires de Rennes, 2003, 280 p.

L’historien de l’Ancien Régime est comparable aux pionniers de la photographie : il peine à saisir le mouvement. Les sources dont il dispose sous forme de séries les plus complètes (aveux et dénombrements, minutes notariales) privilégient les tenanciers, les propriétaires, les sédentaires. Si les flux et reflux des migrations saisonnières – les « remues d’hommes » – ont pu progressivement être reconstituées, il reste aujourd’hui très difficile de percevoir les circulations volatiles, diffuses et non répétées, pourtant tout aussi fréquentes. Le « peuple de la forêt », celui des bûcherons, charbonniers ou fendeurs, travaillant au gré des chantiers d’abattage, appartient à ces populations nomades qui sillonnent les routes de France aux XVIIe et XVIIIe siècles. Ils ne sont connus que par le prisme de l’histoire de la sylviculture, celle du droit forestier aussi, et de ces conflits, avec le pouvoir ou avec le monde paysan, qui établissent leur réputation de turbulence. Même les ouvrages plus spécifiquement consacrés au travail des taillis et des futaies laissent d’eux une vision partielle et inachevée : les cognées résonnent, les arbres tombes, les meules cuisent sans que les hôtes des bois soient l’objet d’un portrait social étoffé. Les techniques sont décrites, guère le manoeuvre… Ce livre a pour ambition de chercher à combler cette lacune historiographique en partant de l’exemple des forestiers qui ont traversé le Poitou et le Berry. Grâce à la minutieuse reconstitution des trajets individuels et familiaux, fondée sur les registres paroissiaux d’une quinzaine de départements du Centre Ouest français, un milieu professionnel sort des ombrages avec ses solidarités, son mode de vie, son insertion dans la société du finage qui ne sont pas toujours conformes à l’image convenue des rapports d’administrateurs. Une France des routes et des marges, nomade et oubliée, apparaît ici. Sa confrontation avec l’autre France, celle plus stable et bien connue des bourgs et des terroirs, nous offre l’occasion supplémentaire d’un regard, d’ensemble mais « périphérique », sur les mécanismes et les fondements de la société d’Ancien Régime.

Possibilité de lire des extraits du livre sur le site OpenEdition Books.

la société du finage qui ne sont pas toujours conformes à l’image convenue des rapports d’administrateurs. Une France des routes et des marges, nomade et oubliée, apparaît ici. Sa confrontation avec l’autre France, celle plus stable et bien connue des bourgs et des terroirs, nous offre l’occasion supplémentaire d’un regard, d’ensemble mais « périphérique », sur les mécanismes et les fondements de la société d’Ancien Régime.

Écoquartiers français et jardins collectifs : actualité et perspectives

Article de Pascal Tozzi et Nicolas D’Andrea paru dans VertigO, Volume 14, numéro 2, septembre 2014

Ce texte fait un point sur les relations entre ville durable et jardins, notamment entre l’émergence des opérations de quartiers durables et l’engouement concomitant pour les jardins collectifs. À partir du corpus constitué des dossiers de candidature présentés au Concours national EcoQuartiers organisé en 2011 par l’État français, l’article évalue l’occurrence de cette forme d’espace collectif dans les projets. Il analyse ensuite les projections et les scénographies de la durabilité urbaine que les discours de projet révèlent. Les jardins collectifs y sont généralement promus en opérateurs de proximité, vecteurs de changement, porteurs d’enjeux, de mobilisations et de pratiques divers. Devant ce type de propos qui transforme le jardin en caution du projet global d’aménagement, l’intérêt est aussi de réintégrer des pistes de réflexion quant à des saisies plus stratégiques, notamment politiques et idéologiques, que recèle la promotion des jardins dans la ville.

Lire l’intégralité de l’article sur le site de la revue.

Fruits et légumes de part et d’autre de la Méditerranée 15e-20e siècle

Colloque international organisé par la Chaire Unesco Sauvegarde et valorisation des patrimoines culturels alimentaires de l’université François-Rabelais de Tours et l’université Ibn Tofaïl de Kénitra, 30, 31 octobre et 1er novembre, Salle des conférences, Faculté des Lettres et des Sciences Humaines (Kénitra, Maroc)

Ce colloque s’intéresse à un patrimoine spécifique, celui des fruits et légumes qui, de part et d’autre du bassin méditerranéen, ont toujours occupé une place majeure. D’une rive à l’autre, on relève des ressemblances et des dissemblances : pratiques arboricoles et maraîchères, productions et consommations, systèmes d’adaptation et d’adoption des plantes, fonction sociale et culturelle de leur consommation, etc. Le temps long (15e-20e siècle) constitue la toile de fond de notre problématique comparatiste : les découvertes de nouveaux mondes, les innovations techniques, le mouvement de (dé)colonisation ont entraîné des changements notables dans les pratiques agraires et les consommations alimentaires. Notre problématique est tout aussi ouverte aux questions du temps présent, à savoir le développement des productions des fruits et légumes dans les pays de la rive sud et les contraintes du commerce international, les enjeux de la biodiversité et la patrimonialisation des cultures alimentaires présentées comme « traditionnelles » (régimes alimentaires, spécialités régionales, légumes ou fruits emblématiques).

Programme

Mercredi 30 octobre 2013

19h Conférence inaugurale à l’Institut français de Kénitra (320 avenue Mohamed V) : Florent QUELLIER, Université François-Rabelais, France. « Bête comme chou ? Le jardin potager dans la culture alimentaire française ».

Jeudi 31 octobre 2013

8h45 Accueil des participants

9h-9h30 Mots d’accueil

Fruits et légumes, une identité méditerranéenne ? (9h30-11h10)

Président de séance : Abdelahad SEBTI

  • Cristina BRAGAGLIA, Université de Bologne, Italie. « Fruits et légumes dans le cinéma des deux côtés de la Méditerranée ».
  • Aïda KANAFANI-ZAHAR, Centre National de la Recherche Scientifique, France. « Légumes et herbes aromatiques dans le mezzé libanais ».
  • Halima FERHAT, Université Mohammed V, Maroc. « Consommation des légumes dans une société où la viande garde son prestige : anciens et nouveaux produits dans la cuisine marocaine ».
  • Najah NEZHA, Université Ibn Tofaïl, Maroc. « La place des légumes frais dans l’alimentation des Marocains ». Communication en langue arabe.

Des fruits et des sociétés (11h30-12h50)

Présidente de séance : Hélène ILBERT

  • Abdelmajid MOUKHLI, INRA-Centre Régional de la Recherche Agronomique de Marrakech, Maroc. « Introduction et diffusion de l’oléiculture au Maroc : une histoire complexe éclairée par les textes et par l’ADN ».
  • Laetizia CASTELLANI, Université Pasquale Paoli, France. « L’arboriculture en Balagne du début du XIXe siècle à aujourd’hui : mutations et enjeux ».
  • Corinne MARACHE, Université Michel de Montaigne, France. « Quand un fruit raconte l’histoire de son « pays » : la châtaigne, miroir des transformations économiques et sociales du monde rural (L’exemple de la Dordogne (France), XIXe – début XXe siècle) ».

Fruits, légumes et diététique(s) méditerranéenne(s) (14h30-16h50)

Président de séance : Najib GMIRA

  • Francesca PUCCI-DONATI, Université de Bologne, Italie. « Plaisir et santé dans les proverbes de la Méditerranée au Moyen Âge et à l’époque moderne ».
  • Philippe DUBOIS, Bucknell University, Etats-Unis. « Modernité alimentaire des cuisines à base de plantes ».
  • Antonio José MARQUES DA SILVA, Université de Coimbra, Portugal. « Idéal et pratiques alimentaires de Méditerranée : entre désir de chair et raison végétarienne ».
  • Badiaa LAFDAILLI, Université Ibn Tofaïl, Maroc. « Fruits et légumes dans l’imaginaire populaire marocain ». Communication en langue arabe.
  • Houria OULARBI-ABDENNEBI, Université Mouloud Mammeri, Algérie. « Les filières commerciales des plantes comestibles entre deux guerres dans le Djurdjura ».

Fruits et légumes de l’Autre de part et d’autre de la Méditerranée (17h-18h30)

Présidente de séance : Halima FERHAT

  • Luis FÉ CANTO, Université d’Orléans, France. « Manger dans les présides espagnols du Maghreb à la période moderne : une alimentation entre deux continents ? Deux alimentations autour d’une mer ? »
  • Faouzia BOURISSA, Université de Gafsa, Tunisie. « Cuisines et pratiques de table en Tunisie ».
  • Jamoussi HABIB, Université de Sfax, Tunisie. « Le régime alimentaire des Tunisiens à l’époque Moderne à travers les récits de voyages des Européens ».

Vendredi 1er novembre 2013

Intégration méditerranéenne de plantes vivrières venues d’ailleurs (9h-10h30)

Président de séance : Marc DE FERRIÈRE

  • Elisabeth MOTTE-FLORAC, Université de Montpellier, France. « De l’ail et du piment : variations méditerranéennes ».
  • Athéna-Hélène STOURNA, Université ouverte de Chypre, Grèce. « Introduction de la pomme de terre en Grèce (1828) : entre légende et faits historiques ».
  • Stefano MAGAGNOLI, Université de Parme, Italie. « La naissance de l’industrie de tomates à Parme ».

Des fruits et des sociétés (10h40-12h20)

Présidente de séance : Marie-Pierre RUAS

  • Gilles FUMEY, Université de Paris-Sorbonne, France. « Le melon de Cavaillon, une géohistoire agrocommerciale ».
  • Philippe MEYZIE, Université Michel de Montaigne, France. « Réputation et commerce des prunes en France (XVIIe-XVIIIe siècles) ».
  • Mohamed MONKACHI, Université Ibn Tofaïl, Maroc. « Raisins et raisins secs dans le Maroc précolonial ».
  • Younès HMIMSA, Université Abdelmalek Essaadi, Maroc. « Gestion et dynamique locale de la diversité variétale du Figuier (Ficus carica L.) dans les agroécosystèmes du Rif au Maroc ».

12h20-12h40 : Conclusions par Hélène ILBERT, Institut Agronomique Méditerranéen, France.

Inscriptions :  flk@univ-ibntofail.ac.ma

[Info Calenda]

Les pratiques de jardinage face aux risques sanitaires et environnementaux des pesticides : les approches différenciées de la France et du Québec

Thèse de Julia Barrault, Université Toulouse le Mirail – Toulouse II UQAM – Canada (Sociologie), 21/09/2012, Denis Salles;Louise Vandelac (Dir.), 447 p.

La thèse met en évidence, dans le cas de la France, une forme de régulation composite des risques sanitaires et environnementaux liés aux usages des pesticides par les jardiniers amateurs, qui comporte trois principales dimensions. (1) Intimement articulée aux mécanismes de marché, cette forme de régulation impute l’essentiel de la responsabilité à l’utilisateur considéré en tant que consommateur à responsabiliser, alors que les autorités publiques considèrent les firmes de pesticides comme des opérateurs économiques dont les avantages compétitifs sont à valoriser, veillant donc à respecter la dynamique de l’offre et de la demande tout en se chargeant d’encadrer ce marché par l’homologation des produits. (2) Elle épouse les principes de la société singulariste où l’individu serait la référence centrale de la dynamique des sociétés contemporaines et le régulateur des problèmes collectifs par ses choix de consommation et ses prises de positions individuelles. (3) Elle s’opère dans un contexte où l’État a perdu sa centralité sous la double influence de l’européanisation et de la décentralisation et où les modes de régulations politiques sont caractérisés par des formes moins dirigistes de gouvernement pouvant être définies comme des  » politiques sans politique « . La régulation composite des pesticides domestiques est porteuse d’un postulat implicite qui impute la responsabilité des risques aux usagers et qui, si elle laisse ouverte la voie à une potentielle réduction de l’usage des produits, tend à limiter leur exclusion et réduit les possibilités d’une transition vers un jardinage sans pesticides.

Thèse en accès intégral libre, disponible en version PDF (9,9 Mb) sur HAL-SHS.

André Le Nôtre (1613-1700)

Exposition virtuelle sur la biographie et l’œuvre d’André Le Nôtre (dont on fête en 2013 le 400ème anniversaire de la naissance) ainsi que sur le contexte historique dans lequel elle s’est déployée. L’exposition, qui fait état des recherches les plus récentes sur l’histoire des jardins, a été dirigée par Georges Farhat et Monique Mosser et réalisée par le Ministère de la culture.

Exposition visible à cette adresse : http://www.lenotre.culture.gouv.fr/#

Chantilly

[Info Topia]

A écouter également l’émission de radio « La marche de l’histoire«  (France Inter) du 12 mars 2013 qui lui est consacrée.

Mise en ligne de la causerie d’Emmanuel Laurentin

Accueil d’Emmanuel Laurentin par Jean-Claude Stourm et Bernard Paillard, à Plozévet, 18 février 2013

En un demi-siècle, la France rurale a connu une immense révolution : l’abandon de la traction animale, la mécanisation, la transformation des modes de vie, l’autonomie croissante des femmes, etc… Sans compter les combats politiques qui, de la Bretagne des années 1960 au Larzac des années 1970, émaillent cette période. C’est cet immense bouleversement qu’Emmanuel Laurentin, journaliste, producteur de l’émission La Fabrique de l’Histoire sur France Culture, retrace dans cette causerie à travers l’étude de son récent ouvrage « La France et ses paysans« .

La-France-et-ses-paysans

Emmanuel Laurentin présente son livre et développe l’histoire d’un malentendu entre le monde agricole et les urbains depuis les années 1960

Premières réactions

Suite

À propos de la filière laitière

Crise morale du milieu agricole

À propos d’Edgar Pisani et du Plan Marshall

Urbains/Paysans

Interrogations

Circuits courts et autres circuits

A écouter sur le site Plozarch.