ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archives de forêt

La forêt sur votre territoire aujourd’hui… et demain?

« Forêt » : un mot simple et pourtant … Au gré des rencontres sur le territoire cévenol, on prend vite la mesure de la diversité des points de vue qui se cachent derrière ce mot. Comment voyons nous les paysages boisés qui nous entourent ? Quelles attentes en avons-nous ? Demain, quelle place et quels rôles pour la forêt ?

La diversité de perceptions, d’attentes et de propositions contribue à une vision d’ensemble. Pour autant, les points de vue exprimés ne se croisent pas toujours et, parfois, divergent… D’où l’intérêt de dialoguer pour avancer ensemble.

Venez partager vos idées sur la forêt !

Le Parc national des Cévennes met en place une démarche participative « la forêt sur votre territoire » afin de favoriser la compréhension des attentes et leur prise en compte par les acteurs concernés. Il organise pour cela quatre ateliers territoriaux. Chacun est invité à y contribuer.

Les principes

•  associer l’ensemble des acteurs du territoire, qu’ils soient propriétaires, acteurs économiques, chasseurs, promeneurs, élus ou simples habitants.

•  partager, écouter et co-construire à partir des besoins portés par chacun.

A quoi ça sert ?

•  à mieux connaître la vision de chacun sur les espaces boisés dans les Cévennes

•  à imaginer des pistes d’actions communes, forces de proposition pour les projets portés par les partenaires de la démarche, notamment le Parc national des Cévennes, les collectivités partenaires, le Centre Régional de la Propriété Forestière et l’interprofession Arfobois.

Informations ici.

Ecouter la forêt guyanaise

Série « Ecouter Paris, écouter les villes du monde » de Monica Fantini, radio RFI, 4.03.2017

Dans les années 1950, l’ingénieur géographe Jean-Marcel Hurault (1917-2005) a enregistré la forêt en Guyane française. La forêt est un écosystème, un lieu de vie, de ressources, de travail ; elle s’invite dans les créations humaines. Les hommes y travaillent le bois, partent en chasse ou bien encore se réunissent pour des rituels musicaux.

« Ecouter la forêt guyanaise » a été réalisé en collaboration avec les anthropologues de Milson, un programme du Centre de recherche en ethnomusicologie (CNRS) qui étudie et raconte la diversité des sociétés du monde à travers ses milieux sonores. Enregistrements sonores effectués par Jean Marcel Hurault, 1956-1958, Guyane française, population Boni (interprètes inconnus).

Forêt à écouter ici.

La vulnérabilité de la forêt provençale face aux incendies : naissance d’une notion (fin XIXe siècle)

Article de Martine Chalvet paru dans VertigO, vol. 16, n°3, décembre 2016

Au XIXe siècle, la notion de vulnérabilité environnementale n’est pas encore définie. Pourtant, l’idée de vulnérabilité des forêts face aux incendies en Provence commence à apparaître. L’article cherche à comprendre pourquoi et comment, les incendies sont perçus comme « un fléau » dans le nouveau contexte économique et technique de l’exploitation des lièges et de la gemme. Dans les années 1860, cette nouvelle perception des incendies entraîne la mise en place de groupes de pression efficaces. Les notables provençaux, comme Charles de Ribbe, et l’administration des Eaux et Forêts, dirigée par Henri Faré, se battent pour obtenir l’élaboration d’une politique publique et la reconnaissance d’une spécificité régionale des Maures et de l’Esterel, désormais appelés « la région du feu ». Dans le contexte scientifique et libéral de la fin du XIXe siècle, que recouvre véritablement cette nouvelle idée de vulnérabilité ? Quels acteurs construisent ce nouveau discours ? Quelles politiques et quelles législations sont proposées ? Et avec quel succès ?

Article à lire librement et en intégralité sur le site de la revue.

Forêt, arts et culture, l’esprit des lieux

Journée d’étude du GHFF, Sorbonne (Paris), 28 janvier 2017

La journée d’études sera précédée le 27 janvier d’une soirée cinéma avec conférence. Nul besoin de présenter le film « Lady Chatterley », réalisé par Pascale Ferran en 2006. Ses nombreux prix attestent sa notoriété. Mais peu savent que ses paysages ont été filmés dans les forêts limousines. La forêt tient une place majeure et abrite plusieurs scènes essentielles. L’esprit de la forêt habite les personnages…

Le paysagiste Gilles Clément abordera l’idée d’un génie naturel des écosystèmes forestiers et les questions soulevées par leur mise en paysage. Sa contribution au choix des paysages du film de Pascale Ferran illustre les enjeux de la spatialité forestière.

Télécharger le flyer avec la totalité du programme : flyer-programme-j2-051216

 

Des arbres au coeur d’une émotion. La fabrique d’un consensus patrimonial : le parc de Versailles après la tempête

Ouvrage de Véronique Dassié, Les carnets du Lahic, Ministère de la Culture, direction générale des Patrimoines, département pilotage de la recherche et de la politique scientifique, 2014, n°9, 223 p.

En 1999, une tempête dévaste le territoire français. Rapidement, l’attention se cristallise sur le parc du château de Versailles où de nombreux arbres multi-centenaires ont été abattus par les vents. L’enquête ethnographique menée sur cette émotion patrimoniale révèle toutes les contradictions du rapport à la nature chez nos contemporains et analyse les rouages du consensus patrimonial auquel il a donné forme. Ce carnet analyse les conditions qui ont permis la mobilisation d’une communauté d’action aussi éphémère qu’atomisée autour d’une émotion aux multiples facettes. L’histoire du parc, elle-même constitutive de la notion de patrimoine collectif, révèle l’importance de la nature pour faire culture commune.

Ouvrage intégralement accessible en version PDF (3.5 Mo) sur Hal-Amu.

Hammams au Maroc, la forêt en surchauffe

Article de Perrine Massy et Timothée Vinchon paru dans Le Temps, 4.11. 2016

« Prisés des touristes et des locaux, les hammams marocains brûlent chaque jour des milliers de tonnes de bois. Un appétit qui grignote toujours plus les forêts, parfois au nez et à la barbe de l’Etat.

Marrakech, la ville la plus visitée du Maroc, s’apprête à accueillir la COP22 (7-18 novembre) et ses 30 000 participants, qui viendront se mêler aux touristes venus découvrir les charmes de la ville ocre. Aux portes de la médina, le hammam Pacha, l’un des plus vieux de la ville, attire les voyageurs en quête d’authenticité.

Comme la majorité des hammams du pays, cet établissement est chauffé au bois, et pas qu’un peu: une tonne par jour et par unité en moyenne. Rapporté au nombre de bains dans tout le royaume – 6 000 à 12 000 selon l’estimation des associations de propriétaires de bains maures – l’appétit en bois des hammams représenterait 45% du bois consommé en ville. Le bois de feu, également utilisé par les boulangeries et les particuliers, serait même responsable de 76% de la déforestation au Maroc, d’après certaines estimations… »

Lire l’intégralité de l’article sur le site du journal.

Autre article du Monde sur les hammams durables.

 

Mettre le feu à la forêt pour exploiter ses ressources ?

Article de Sébastien Poublanc, carnet Mondes sociaux, 15.09.2016

« Notre mémoire collective l’a oublié, les forêts ont longtemps été le contraire de ces représentations. Elles étaient des lieux grouillants de vie, fournissant du bois pour la construction, des pâtures pour les bestiaux et du charbon pour alimenter âtres et industries. De cette mémoire passée, il ne nous reste presque rien, si ce n’est quelques témoignages enfouis dans les archives. L’exode rural est passé par là. Le vieillissement des arbres, la disparition de l’activité agricole, l’enfrichement et les boisements de substitution condamnent la trace de ce qui fut. Seuls de rares témoins se souviennent encore de cette époque, des gestes réalisés et des techniques utilisées pour profiter des fruits de la forêt.

Afin que leurs souvenirs ne s’éteignent pas avec eux, l’Université de Gênes et le Parc de l’Antola ont initié une mission dans le Val Vobbia, vallée encaissée de l’Apennin ligure. Dédiée à la production de charbon de bois entre 1920 et 1950, elle renferme encore quelques charbonniers à même de reproduire les gestes anciens. La mission procède ainsi à la reconstitution expérimentale d’une charbonnière afin de l’observer et de recueillir les données liées à sa construction, sa combustion et son impact sur l’environnement. Tout au long du film Les charbonniers de l’Antola, les géographes Jean-Paul Métailié et Guiseppina Poggi, filment les deux charbonniers à l’oeuvre, les interrogent sur le choix des essences à brûler, sur leurs techniques, sur l’importance de la terre et sur les conditions de vie à l’époque. La nuit succède au jour tandis que la charbonnière continue de brûler, nécessitant une vigilance de tous les instants pendant la semaine qu’elle met à se consumer… »

Lire l’article et voir le film de la mission sur le carnet.