ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur le sujet

Archives de forêt

Les rites d’ordination d’arbres. Mise en scène de l’écologie indigène en Thaïlande

Article de Abigaël Pesses paru dans Aséanie, Sciences humaines en Asie du Sud-Est, n°25, 2010

Cet article décrit et analyse une cérémonie d’ « ordination » d’arbres organisée en 1999 par un réseau de villages karen, la principale minorité montagnarde de la Thaïlande. Ce dispositif rituel d’origine récente consiste à sanctifier des espaces forestiers protégés, symboliquement offerts au roi, à travers des procédures qui combinent bouddhisme et cultes dédiés aux esprits des cosmologies locales. L’hommage rendu au roi permet, le temps de cette performance spectaculaire, de créer un espace de rencontre et de dialogue pacifié entre les principaux protagonistes concernés par la gestion du capital forestier national : la communauté monastique, les fonctionnaires de l’administration, les gardes forestiers, les organisations non gouvernementales, les paysans des plaines et des montagnes, leurs porte-parole et les médias. En retraçant les modalités d’appropriation de ce rituel par les montagnards karen, le propos est ici de montrer comment ils s’efforcent de refonder un statut territorial et identitaire leur garantissant le droit de rester au sein des « aires protégées », autoritairement contrôlées par l’État.

Article intégralement accessible en version PDF (8,17 Mo) sur HAL-SHS.

Méthodologie de mise en oeuvre d’un répertoire de toponymes et d’une ontologie forestière pour un accès aux ressources environnementales : application aux forêts du bassin congolais

Article de Marius Massala, Martin Paegelow, Robert Laurini et Franck Favetta paru dans MASHS 2011, Juin 2011, Marseille, France. 9 p., 2011

L’exploitation des données de télédétection a pour conséquence la production massive des données géographiques. Les acteurs impliqués dans leur gestion utilisent des catalogues d’archivage basés sur des normes géographiques complexes ne prenant pas en compte l’évolution spatiale, temporelle et des noms des lieux des objets géographiques. Dans cet article, nous présentons une solution basée sur les l’exploitation des toponymes avec une application pour les pays d’Afrique centrale. La solution repose sur un répertoire de toponymes et une ontologie forestière intégrant des relations topologiques qualitatives. L’application finale est de fournir aux acteurs impliqués dans la gestion des forêts un outil qui facilite le suivi des objets géographiques et in fine faciliter l’accès aux ressources informationnelles.

Article intégralement accessible en version PDF (315 Ko) sur Hal-Shs.

Les arbres utiles du Gabon

Ouvrage de Meunier, Quentin ; Moumbogou, Carl ; Doucet, Jean-Louis, Editions Presses agronomiques de Gembloux, 2015, 340 p.

La forêt gabonaise comprend plusieurs centaines d’espèces d’arbres. Une poignée est très connue, beaucoup le sont nettement moins, et certaines sont encore anonymes.
Ce guide, premier du genre au Gabon, vous amène à la découverte de 37 familles botaniques et de 225 espèces, dont plus de 140 sont illustrées. Il vous permet de les identifier et de mieux les connaître à l’aide de schémas simples et de près de 1 000 photographies de détails botaniques en couleur. Pour les plus expérimentés, de nouvelles données concernant l’écologie permettront de consolider leurs connaissances.
L’objectif de cet ouvrage est le partage et la vulgarisation des connaissances, afin que les agents des administrations en charge des forêts, tout comme les exploitants forestiers ou encore les populations locales, puissent mieux comprendre et gérer ces essences utiles. Il pourra aussi se glisser dans la poche des randonneurs et des naturalistes, qui seront en mesure de reconnaître et de nommer plus facilement ces arbres précieux de la forêt gabonaise.

Pour se procurer l’ouvrage
– Commander l’ouvrage en ligne sur le site des éditions Presses agronomiques de Gembloux
– Télécharger la version gratuite, en format PDF sur le site ORBI (Open Repository and Bibliography).

[Info Tela Botanica]

Approche interdisciplinaire d’un bois méditerranéen entre la fin de l’Antiquité et la fin du Moyen Âge, Saugras et Aniane, Valène et Montpellier

Article de Charlotte Britton, Lucie Chabal, Gaspard Pagès, Laurent Schneider paru dans Médiévales, n°53, Presses Universitaires de Vincennes, 2007, pp.65-80

Le développement économique que connaît la ville de Montpellier au XIIIe siècle a souvent été associé à celui de l’espace littoral. Pourtant l’influence de la nouvelle métropole s’étend aussi dans son proche arrière-pays. Au seuil du XIIIe siècle les consuls ont exploité les ressources forestières d’un espace de garrigue identifié sous le nom de  » Bois de Valène « . Une récente enquête collective permet désormais de mieux saisir l’histoire de cet espace dans le temps long. La garrigue montpelliéraine n’était pas seulement vouée au pastoralisme. Entre le Ve siècle de notre ère et le XVIe siècle, les secteurs du Bois de Valène et de Saugras ont été en effet exploités de manière multiforme. Métallurgie du fer, charbonnage, verreries rurales et officines de céramiques notamment montrent que ces zones dites de marge n’étaient pas des espaces immobiles. Découvertes archéologiques, textes et analyses de laboratoire offrent aujourd’hui des lectures croisées à même d’éclairer une partie de ces realia dont les traces demeurent le plus souvent bien fugaces.

Article intégralement accessible en version PDF (239,19 Ko) sur Hal-Shs.

Le bois dans tous ses états. De la représentation aux réalités quotidiennes de la forêt européenne (Moyen Âge et Temps modernes)

Colloque, Chantilly (France), 17 et 18 novembre 2015

Le présent colloque souhaite s’inscrire dans une démarche scientifique conduisant à un questionnement croisé sur les regards, les représentations et les réalités quotidiennes de la forêt à l’échelle de l’Europe. Une chronologie longue, du XIIIe au XIXe siècle, s’avère nécessaire pour apprécier continuités et ruptures, dynamismes et fragilités, transformation des mentalités, évolution de la gestion, de l’exploitation et, plus largement, des rapports émanant de la proximité entre humains et bois. Si la période d’analyse induit nécessairement une part historique non négligeable, la considération pour de telles questions ne saurait se priver de l’ensemble des sciences humaines : l’histoire de l’art, la géographie, la sociologie, l’anthropologie, la psychologie ou l’écologie s’avèreront tout autant indispensables à la pénétration des comportements et des pratiques.

Lire l’intégralité du programme sur Calenda.

 

Forêt refuge

Appel à communication, colloque « Forêt refuge » organisé par le Groupe d’Histoire des Forêts Françaises et l’École Nationale Supérieure du Paysage en partenariat avec le Musée de Port-Royal des Champs et le laboratoire (ENeC), Paris, 21-23. 09. 2016

Ce thème du refuge paraît bien éloigné des sujets à la mode sur le changement climatique, la biodiversité, la multifonctionnalité, les services écosystémiques, le carbone. Il est pourtant d’une actualité et d’une nécessité évidente pour sortir des thèmes dominants qui imposent leur tyrannie aux chercheurs. Ce mot de refuge mérite d’être interrogé tant sur le plan temporel que spatial, avec des pas de temps et des échelles territoriales totalement ouverts. De quand date son apparition ? Par qui a-t-il été proposé ? Pour qualifier quelles pratiques? Quelle est son actualité ? Peut-on identifier des périodes plus propices au refuge ? Guerres, famines, épidémies… ? Quelles sont les caractéristiques paysagères du refuge forestier ? Où se joue le refuge. Dans les arbres, les sous-bois, les sols, les grottes ? L’habitat refuge forestier est-il toujours en bois ? Comment sont aménagés les lieux de refuge ? De façon légère et discrète ou de façon structurée et complexe ? Le refuge est-il individuel ou collectif ? Quels sont les motifs de la recherche du refuge en forêt ?

Voir ici l’argumentaire.

Les impacts de la guerre du Việt Nam sur les forêts d’A Lưới

Article de Amélie Robert-Charmeteau paru dans VertigO, vol. 15, n°1, mai 2015

Au cours de la guerre du Việt Nam, l’actuel district d’A Lưới (province de Thừa Thiên Huế, Việt Nam central), traversé par la piste Hồ Chí Minh, subit de nombreux épandages d’herbicides et pilonnages. Les forêts sont une cible privilégiée. Mais les conséquences de ces pratiques militaires sur les sylvosystèmes sont sujettes à controverses. Pour identifier objectivement le poids de la guerre sur les dynamiques paysagères, l’étude se fonde sur une analyse diachronique régressive des paysages et privilégie les sources iconographiques, a priori non biaisées (images satellitales, photographies aériennes). La guerre n’est pas la seule période étudiée puisque les conséquences environnementales des pratiques militaires sont analysées autant à court terme qu’à long terme ; les impacts sur les paysages actuels sont interrogés. Par ailleurs doit être vérifiée l’hypothèse selon laquelle les pratiques pré et post-guerre ont aggravé le strict impact du conflit. Sont ainsi analysées les dynamiques paysagères et les pratiques anthropiques qui affectent la région d’A Lưới pour chaque période clé identifiée, de la colonisation à aujourd’hui. Au terme de la recherche, menée dans le cadre d’un doctorat, la guerre apparaît comme un facteur de recul des forêts mais loin d’être le seul ; elle ne marque aujourd’hui que ponctuellement les paysages.

Article intégralement accessible sur le site de la revue.

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