ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur le sujet

Archives de forêt

Des arbres au coeur d’une émotion. La fabrique d’un consensus patrimonial : le parc de Versailles après la tempête

Ouvrage de Véronique Dassié, Les carnets du Lahic, Ministère de la Culture, direction générale des Patrimoines, département pilotage de la recherche et de la politique scientifique, 2014, n°9, 223 p.

En 1999, une tempête dévaste le territoire français. Rapidement, l’attention se cristallise sur le parc du château de Versailles où de nombreux arbres multi-centenaires ont été abattus par les vents. L’enquête ethnographique menée sur cette émotion patrimoniale révèle toutes les contradictions du rapport à la nature chez nos contemporains et analyse les rouages du consensus patrimonial auquel il a donné forme. Ce carnet analyse les conditions qui ont permis la mobilisation d’une communauté d’action aussi éphémère qu’atomisée autour d’une émotion aux multiples facettes. L’histoire du parc, elle-même constitutive de la notion de patrimoine collectif, révèle l’importance de la nature pour faire culture commune.

Ouvrage intégralement accessible en version PDF (3.5 Mo) sur Hal-Amu.

Hammams au Maroc, la forêt en surchauffe

Article de Perrine Massy et Timothée Vinchon paru dans Le Temps, 4.11. 2016

« Prisés des touristes et des locaux, les hammams marocains brûlent chaque jour des milliers de tonnes de bois. Un appétit qui grignote toujours plus les forêts, parfois au nez et à la barbe de l’Etat.

Marrakech, la ville la plus visitée du Maroc, s’apprête à accueillir la COP22 (7-18 novembre) et ses 30 000 participants, qui viendront se mêler aux touristes venus découvrir les charmes de la ville ocre. Aux portes de la médina, le hammam Pacha, l’un des plus vieux de la ville, attire les voyageurs en quête d’authenticité.

Comme la majorité des hammams du pays, cet établissement est chauffé au bois, et pas qu’un peu: une tonne par jour et par unité en moyenne. Rapporté au nombre de bains dans tout le royaume – 6 000 à 12 000 selon l’estimation des associations de propriétaires de bains maures – l’appétit en bois des hammams représenterait 45% du bois consommé en ville. Le bois de feu, également utilisé par les boulangeries et les particuliers, serait même responsable de 76% de la déforestation au Maroc, d’après certaines estimations… »

Lire l’intégralité de l’article sur le site du journal.

Autre article du Monde sur les hammams durables.

 

Mettre le feu à la forêt pour exploiter ses ressources ?

Article de Sébastien Poublanc, carnet Mondes sociaux, 15.09.2016

« Notre mémoire collective l’a oublié, les forêts ont longtemps été le contraire de ces représentations. Elles étaient des lieux grouillants de vie, fournissant du bois pour la construction, des pâtures pour les bestiaux et du charbon pour alimenter âtres et industries. De cette mémoire passée, il ne nous reste presque rien, si ce n’est quelques témoignages enfouis dans les archives. L’exode rural est passé par là. Le vieillissement des arbres, la disparition de l’activité agricole, l’enfrichement et les boisements de substitution condamnent la trace de ce qui fut. Seuls de rares témoins se souviennent encore de cette époque, des gestes réalisés et des techniques utilisées pour profiter des fruits de la forêt.

Afin que leurs souvenirs ne s’éteignent pas avec eux, l’Université de Gênes et le Parc de l’Antola ont initié une mission dans le Val Vobbia, vallée encaissée de l’Apennin ligure. Dédiée à la production de charbon de bois entre 1920 et 1950, elle renferme encore quelques charbonniers à même de reproduire les gestes anciens. La mission procède ainsi à la reconstitution expérimentale d’une charbonnière afin de l’observer et de recueillir les données liées à sa construction, sa combustion et son impact sur l’environnement. Tout au long du film Les charbonniers de l’Antola, les géographes Jean-Paul Métailié et Guiseppina Poggi, filment les deux charbonniers à l’oeuvre, les interrogent sur le choix des essences à brûler, sur leurs techniques, sur l’importance de la terre et sur les conditions de vie à l’époque. La nuit succède au jour tandis que la charbonnière continue de brûler, nécessitant une vigilance de tous les instants pendant la semaine qu’elle met à se consumer… »

Lire l’article et voir le film de la mission sur le carnet.

 

Into the woods . Overlapping perspectives on the history of “ancient forests”

Appel à communication, colloque international, Padoue (Italie), 18-20 avril 2017

Depuis une quinzaine d’années les actions et projets en faveur des « forêts anciennes » se multiplient (label forêts d’exceptions de l’ONF, programme forêts anciennes du WWF, journée internationale de la forêt, etc.). Ces espaces forestiers sont concernés par des usages multiples, à la croisée des enjeux écologiques, économiques et sociétaux.

Les définitions des « forêts anciennes » varient en fonction des pays, mais aussi des champs disciplinaires par lesquels elles sont abordées. Travailler sur les « forêts anciennes » amène à écarter les « anciennes forêts » les forêts qui aujourd’hui ont disparu, et parmi les « forêts actuelles » celles qui n’auraient pas d’ancienneté. Les « forêts anciennes », sont donc des « forêts actuelles» pourvues d’une certaine ancienneté, mais l’appréciation de cette ancienneté est tributaire de seuils temporels qui dépendent, entre autres, des sources à disposition pour reconstruire ce passé.

Les approches intégrées, inter/multidisciplinaires, réunissant connaissances historiques (fonction sociale et économique de la forêt) et approches naturalistes (étude des écosystèmes forestiers) ouvrent aujourd’hui une nouvelle manière d’aborder la question des « forêts anciennes ». Si la diversité des approches et des outils mis en œuvre sont garants d’une meilleure compréhension du passé des espaces forestiers, le cloisonnement encore trop disciplinaire et régional limite l’approche globale et intégrée. Se positionner au carrefour des sciences humaines et des sciences naturelles est indispensable pour comprendre les facteurs engendrant la différenciation des espaces boisés historiques.

L’objectif de ce colloque est de faire se rencontrer et échanger des spécialistes et chercheurs, de disciplines, de cultures et horizons professionnels différents, sur l’étude des forêts anciennes. Forestiers, aménageurs, écologues, biologistes, agronomes, géographes, historiens, philosophes, ethnologues, cartographes, archéologues, archéobotanistes, sociologues…, de tous horizons sont invités à mettre en débat la notion et l’idée de « forêts anciennes ».

Infos pratique sur Calenda.

Approches territorialisées des usages de la forêt

Appel à communication, colloque du Réseau des Sciences Économiques, Humaines et Sociales d’Ecofor, 12 janvier 2017

Les forêts sont largement ancrées dans des territoires dont les spécificités déterminent les usages qui en sont faits. Inversement, ces usages forestiers participent à l’identité des territoires. Il n’est donc guère étonnant que la notion de territoire soit prégnante pour les forêts.

Si le territoire revêt des significations variables, il constitue surtout une interface entre nature et culture : c’est le lieu de rencontre entre un ensemble de services socio-écosystémiques et une pluralité de demandes, locales et lointaines, d’usage des forêts. Il est le siège de concurrences spatiales (urbanisation, forêt et agriculture) et conflits d’usages (récréation versus exploitation). Le couple forêt – territoire (les pins d’Aquitaine, la forêt de Tronçais, …) fait aussi l’objet de représentations immatérielles. Celle-ci participent à l’identité du territoire jusqu’à parfois devenir argument pour des stratégies commerciales (appellation d’origine). Historiquement régis par des réglementations nationales, l’État met néanmoins en avant les territoires pour l’organisation des usages forestiers depuis 2001 avec les chartes forestières de territoire et récemment avec les déclinaisons régionales du Programme national de la forêt et du bois (PNFB). Le territoire est un support pour les politiques publiques relatives à la forêt, aussi bien pour adapter au contexte des mesures générales que pour intégrer les spécificités locales dans des schémas globaux ou encore promouvoir des développements endogènes jugés plus vertueux.

Ainsi, les usages de la forêt sont-ils l’occasion de réinterroger la notion de territoire et la place qu’y occupe les espaces boisés.

Public visé

Ce colloque s’adresse à tous chercheurs, gestionnaires ou acteurs se sentant concernés par l’ancrage territorial des forêts, les sciences économiques, humaines et sociales et leur croisement avec les sciences de la nature, par l’application de ces approches scientifiques à la pratique.

Appel à contributions

Ce colloque est organisé sur la base des contributions volontaires qui seront proposées en ligne jusqu’au 15 septembre 2016.

Chaque contribution précisera en quoi elle se rattache à la notion de territoire et associera en tant que de besoin acteur(s) et scientifique(s).

Les contributions doivent être faites en ligne dès maintenant en 250 à 500 mots.

Informations pratiques

Le lieu précis à Paris du colloque sera indiqué ultérieurement.

Contacts

Francis de Morogues (aspects scientifiques) et  Anaïs Jallais (aspects pratiques).

Les chênaies des montagnes pyrénéo-cantabriques, un élément forestier du système agro-pastoral

Article de Jean-Paul Métailié paru dans la Revue Géographique des Pyrénées et du Sud-Ouest, 1986, 57 (3), pp.313-324

Les chênaies constituent dans les montagnes pyrénéo-cantabriques un révélateur des relations entre forêt et société montagnarde. Elles sont le maillon de l’espace villageois où se sont concentrés les usages les plus variés, tant pastoraux que forestiers. Ces peuplements furent à la fois victimes de l’exploitation traditionnelle (pastoralisme intense, pratique du feu), qui les a profondément remodelés, et soigneusement protégés en tant que réserve de bois indispensable. Aujourd’hui les déséquilibres sont généraux, la chênaie représentant soit un fossile sylvo-pastoral, soit une forme d’enfrichement transitoire.

Article intégralement accessible en version PDF (1.36 Mo) sur le portail Hal de l’Université de Toulouse.

Le bois dont les rêves sont faits

Documentaire de Claire Simon, 2016, 2h26min

Il y a des jours où on n’en peut plus de la ville, où nos yeux ne supportent plus de ne voir que des immeubles et nos oreilles de n’entendre que des moteurs… Alors on se souvient de la Nature, et on pense au Bois. On passe du trottoir au sentier et nous y voilà ! La rumeur de la ville s’éloigne, on est dans une prairie très loin. C’est la campagne, la forêt, l’enfance qui revient. On y croit, on y est. C’est une illusion vraie, un monde sauvage à portée de main, un lieu pour tous, riches et pauvres, Français et étrangers, homos et hétéros, vieux et jeunes, vieux-jeu ou branchés. Le paradis retrouvé. Qui sait ?

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Descriptif ici, sorti en DVD.

Reportage du Monde sur les SDF du Bois de Vincennes.