ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur le sujet

Archives de ethnopharmacologie

Evaluation ethnobotanique des potentialités thérapeutiques de Ptychotisverticillata

Thèse de pharmacie, Belkisse Bentahar, Faculté de médecine, Rabat, 2016, 172 p.

Ptychotis verticillata est une plante aromatique médicinale, originaire du Maroc oriental et de l’Afrique du Nord, utilisée en médecine traditionnelle pour ses vertus thérapeutiques. Dans un premier temps, sont présentés les aspects théoriques de la médecine traditionnelle basée sur l’usage de la plante P. verticillata ainsi que ses effets thérapeutiques et les composants actifs. Suivent les résultats d’une enquête ethnopharmacologique réalisée qui évaluent son usage traditionnel en recensant les différents modes de préparation, d’utilisation et administration. Enfin, la troisième partie s’est intéressée à la comparaison de cette plante, P.verticillata, avec une autre espèce très proche et plus populaire, originaire d’Asie, soit Carum copticum. Cette comparaison a pour but de tracer les différentes similitudes d’usages des plantes, tout en faisant un rapprochement sur le plan botanique, composition chimique et potentialités thérapeutiques. Ce travail permet de mettre en évidence certains aspects de l’usage médical traditionnel de P. verticillata et de le comparer avec les effets thérapeutiques démontrés chez cette plante. De nouvelles perspectives de recherche sont ressorties de ce travail, notamment à travers la comparaison avec la plante C. copticum, dont les intérêts thérapeutiques ne sont plus à démontrer.

Thèse intégralement accessible en version PDF (5.55 Mo) sur le site de l’Université Mohammed V.

Guérisseurs, envoûteurs et exorcistes. Reflets contemporains

Colloque de la Société Française d’Ethnopharmacologie, 10 septembre 2016, Metz (France)

Par le passé la sorcellerie était une croyance qui donnait une explication à l’infortune, elle appelait des rites de délivrance en réponse à ce qui était vécu comme insaisissable, incompréhensible et ressenti comme injuste. Aujourd’hui lorsque la biomédecine fait défaut du point de vue des bénéficiaires, que les effets tardent à se manifester ou que la médication est trop éprouvante, le guérisseur, le désenvoûteur ou l’exorciste peuvent représenter des soignants dotés d’une expertise en matière de malheur, de maladie et de mal-être.

La prégnance de formes alternatives de soin dans nos sociétés invite les praticiens de santé et les scientifiques de divers horizons à réfléchir sur les difficultés de parcours, les impressions, les idéologies corporelles et les comportements contemporains presque ordinaires de patients.

À travers le prisme des différents modèles de recours aux soins, ce colloque abordera d’une part, les traitements thérapeutiques rituels habituellement inaccessibles à la compréhension des non-initiés et, d’autre part, il proposera une réflexion sur la diversité et la complexité des trajectoires médicales, des prises en charge et des relations soignants-soignés dans les différents champs de la médecine alternative.

Si aucun sujet ne sera tabou, bien qu’elle questionne les frontières, cette journée évitera les rapports de force entre le scientifique et le non scientifique, le bien et le mal, guérisseurs et envoûteurs,…

Des anthropologues et experts en communication – Emmanuelle SIMON, Françoise LEMPEREUR et Deborah KESSLER-BILTHAUER tracerons les contours (forme et fond) d’une réalité contemporaine qui concerne un nombre croissant d’individus. Christophe AURAY, vétérinaire, évoquera les outils – les plantes – et leur destination d’usage. Guy LESOEURS, anthropologue et psychanalyste, à partir des « objets » évoquera les représentations, il introduira la question de la relation. Renaud EVRARD, psychologue, interrogera la relation thérapeutique.

Voir programme et résumé des interventions sur le site de la SFE.

Transformer la nature : guérir ou tuer ? Pharmacopées, corps et poisons : pour une éco-anthropologie de la materia medica

Journée d’études internationale Avec le soutien de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes (EPHE-Sorbonne), du Laboratoire d’Anthropologie Sociale-Collège de France (UMR 7130), de la Fondation de la Maison des Sciences de l’Homme (FMSH), de l’Institut Français d’Etudes Andines (IFEA, Umifre 17 CNRS SRS 3337) et de l’Association ARPIA, du 15 au 17 septembre 2015, Collège de France, Paris

Ces journées d’études internationales ont pour objectif d’amorcer une réflexion  interdisciplinaire sur la notion de pharmakôn, remède ou poison, et sur les ethnothéories des processus physiologiques, techniques et symboliques qui gouvernent la transformation, la guérison ou l’intoxication du corps humain et des organismes vivants. L’enjeu est ici de mettre en regard les perspectives de l’ethnographie, de la linguistique et de l’anthropologie de la nature avec les approches développées en ethnosciences, par des disciplines comme l’ethnopharmacologie, la chimie des plantes et la botanique. Parce qu’il existe plusieurs façon de rendre intelligibles les phénomènes biologiques et la classification du vivant, nous réfléchirons sur les définitions emic et etic de catégories conceptuelles partagées, comme la thérapeutique, la notion de materia medica, et celle de processus physiologique… Qu’est ce qu’un corps ? Quels critères permettent aux sociétés humaines ou animales de distinguer un remède d’un poison ? A quelles conditions – contextuelles ou épistémologiques – peut-on parler d’ « efficacité » ? Sur quel mode d’identification et de classification du vivant la constitution de pharmacopées opère t-elle ? Loin de s’épuiser dans l’ethnobotanique ou la biologie du vivant, l’anthropologie des remèdes met en lumière l’articulation des savoirs thérapeutiques et classificatoires avec un continuum de pratiques verbales et non-verbales de transmission culturelle : gloses secrètes associées à la cure, gestes, rituels, performances orales – récits et séquences d’apprentissage. La plupart des sociétés humaines intègre le pharmakôn – remède ou substance toxique – dans un processus plus général de transformation de la nature et de construction du savoir thérapeutique et religieux dans un champ commun, réunissant un réseau complexe d’acteurs humains et non-humains. L’étude du pharmakôn dévoilera dans une perspective sociologique et historique les régimes d’appropriation des pharmacopées au travers de réseaux étendus de transfert de connaissance à l’intérieur et en dehors du monde indigène, dans des contextes locaux ou internationaux… L’ensemble de ces interrogations au cœur d’une réflexion comparative sur la pluralité des formes de transformation de la nature a pour objet de renouer, à travers l’étude anthropologique des remèdes, le dialogue entre sciences de la nature et sciences humaines.

Voir le programme ici.

Ces plantes qui nous soignent

Emission « La tête au carré », France Inter, 18. 06. 2015

Aujourd’hui on n’oppose plus les traitements conventionnels aux traitements à base de plantes. Alors que l’on découvre les effets délétères de la surconsommation de médicaments, les plantes médicinales attirent de plus en plus. Mais quelle est leur efficacité? Comment leurs bienfaits sont-ils évalués par la science ? Et concrètement comment les choisir et les utiliser pour se soigner?

Au carrefour des disciplines, entre sciences et sciences humaines, l’ethnopharmacologie s’intéresse au savoir traditionnel des populations qui utilisent les plantes médicinales, pour les évaluer et en faire de nouveaux médicaments.

Les invités le docteur Laurent Chevallier et Jacques Fleurentin, pharmacien et ethno pharmacologue,  donneront également des conseils pour nous soigner avec les plantes dans notre vie quotidienne.

A ré-écouter sur la page de l’émission.

Enquête ethnobotanique sur les plantes utilisées dans le traitement traditionnel des contusions musculaires au Togo

Article de B. Hele, K. Metowogo, AP. Mouzou, R. Tossou, J. Ahounou, K. Eklu-Gadegbeku, P. Dansou, AK. Aklikokou paru dans la Revue Ivoirienne des Sciences Technologiques, n°24 (2014), pp. 112 – 130.

La traumatologie musculaire est principalement d’origine sportive et représente 10 à 55 % de l’ensemble des blessures sportives. Les connaissances sur le traitement sont encore limitées. Ce travail a été entrepris dans le but d’identifier les plantes les plus couramment utilisées dans le traitement traditionnel des affections liées à l’appareil musculaire. L’enquête ethnobotanique est menée auprès des tradipraticiens et des herboristes de marchés. Chez les tradipraticiens, la méthode utilisée est celle de l’interview semi structurée. Les herboristes sont visités dans les marchés. Le protocole pour la collecte des échantillons est basé sur l’achat de recettes de plantes utilisées dans le traitement des contusions musculaires. Après l’achat, des informations sur les modes et milieux de préparation, la voie d’administration, la posologie et la durée du traitement sont demandées et notées pour chaque recette. Quarante un tradipraticiens et soixante herboristes ont été visités. Cent douze recettes ont été obtenues dont quarante-six soit 41,07% des recettes chez les tradipraticiens et soixante-six soit 58,93% des recettes chez les herboristes. Soixante-dix-neuf espèces ont été ainsi répertoriées. Deux de ces plantes présentent un fort taux d’utilisation : Thonningia sanguinea Vahl. (11,88 %) et Paullinia pinnata L. (10,89%).
L’enquête ethnobotanique a permis d’interroger 101 personnes et de recenser 79 espèces végétales réparties en 76 genres et 49 familles. Les racines sont les organes les plus utilisés. L’écrasement des organes prélevés est le mode de préparation dominant et l’administration se fait majoritairement par voie topique.

Article intégralement accessible sur le site de la revue et sur Google Scholar.

Etudes ethnobotanique, pharmacologique et chimique des plantes utilisées dans le traitement des dermatoses « mwandza »

Article de M. Onanga, E. Ekouya, A. Ouabonzi, G.B. Itoua paru dans la revue « Pharm. Méd. Trad. Afr. », 1997, Vol. 9, pp. 85-93

Une équipe a mené une enquête ethnologique dans la contrée de Bokouélé, Région de la Cuvette (République du Congo), pour recenser la plupart des plantes utilisées par les tradithérapeutes locaux contre la maladie localement désignée : « Mwandza ».

Dix tradithérapeutes ont été consultés individuellement et ont livré chacun les recettes utilisées pour combattre les différentes formes de « Mwandza ». Une soixantaine de plantes ont été ainsi signalées et recensées. Une étude
statistique de l’utilisation des différentes plantes dans les protocoles présumés les plus efficaces a permis d’identifier une vingtaine de plantes prioritaires.

Des tests pharmacologiques sur cette vingtaine de plantes prioritaires ont révélé des plantes à activités antibactérienne et/ou antitumorale. D’après les études chimiques préliminaires, ces plantes contiennent des composés de diverses familles chimiques comme les alcaloïdes, les flavonoïdes, les tanins, les saponines, les quinones, les terpénoïdes et les stéroïdes.

Article intégralement accessible en version PDF (156 Ko) sur Greenstone.

Valorisation de substances naturelles amazoniennes : de la chimie des palmiers à la pharmacopée traditionnelle

Café des sciences, mardi 17 Avril – 18h30 – Cayenne (Guyane), Café de la Gare

La tradition créole veut que pour Pâques les familles et leurs proches se retrouvent pour la préparation et la dégustation du fameux bouillon d’Awara, fruit de couleur orangée d’Astrocaryum vulgare (Arecaceae), l’une des innombrables espèces de palmiers présentes en Guyane. Le visiteur invité à déguster ce bouillon tombe dit on irrésistiblement sous de charme de notre belle région et s’y installera pour toujours ! La Canopée des sciences vous propose donc d’aborder ce mois ci au café des sciences quelques axes de recherches scientifiques pour la valorisation de substances naturelles amazoniennes.

– Didier Bereau  (UAGUMR QUALITROP) parlera de palmiers amazoniens : quelles potentialités aujourd’hui ? 

Marie Fleury (MNHNIRDUMR PALoc) présentera un programme de valorisation du palmier Maripa mené en concertation avec les populations bushinengues Aluku du Haut Maroni dans une logique de développement durable et de conservation du patrimoine immatériel local

– Guillaume Odonne (EcoFog) nous présentera ses recherches de principes actifs pharmaceutiques naturels menées sur la base et dans le respect des savoirs et usages traditionnels des peuples premiers d’Amazonie.

[Info La Canopée des sciences]