ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archives de espace péri-urbain

L’interface « habitat-forêt », une zone à risque pour les incendies

Article de Rémi Barroux, Le Monde, 11 août 2016

« Anne Ganteaume aime bien les vignes, ces parcelles qui, au cœur de la végétation méditerranéenne, ouvrent des espaces dégagés, offrant des coupe-feu utiles contre les incendies. Par contre, la chargée de recherche sur le risque incendies à l’Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture (Irstea) ne goûte guère les « interfaces habitat-forêt », ces zones où la proximité de la végétation permet aux flammes de pénétrer dans les quartiers résidentiels ou de s’approcher des maisons isolées.

Avec une quinzaine de collègues, sur la centaine de salariés qui travaillent au centre Irstea d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), Anne Ganteaume travaille sur ces interfaces qui sont définies par l’espace inscrit dans un rayon de cent mètres autour des bâtis résidentiels. Là où débute un grand nombre de feux dus aux négligences, aux travaux domestiques. Selon l’Irstea, « 92 % des feux de cause connue, en région méditerranéenne française, sont dus à des actions humaines (53 % par négligence, 39 % par malveillance, ces proportions variant d’un département à l’autre) »…

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Les pavillonnaires au jardin

Critique de livre de Hervé Davodeau parue dans Métropolitiques, janvier 2015

Régulièrement critiqués dans des registres variés, les habitants des mondes périurbains sont parfois présentés de manière caricaturale comme reclus derrière leurs haies de thuyas. Construit sur une approche « ethnoécologique », l’ouvrage de Pauline Frileux discute ce type de lieux communs et explore les rapports au jardin de ménages pavillonnaires.

Article intégralement accessible en version PDF (94,33 Ko) sur Hal-Shs.

L’agriculture urbaine dans le continuum urbain-rural

Ve édition des rencontres internationales de Reims en Sustainability Studies organisées par l’IRCS (International Research Center on Sustainability), 15 et 16 octobre 2015, Reims

L’évènement Pour rendre la ville durable encore faut-il savoir où cette ville commence et où elle finit. Et elle va bien au-delà de la ville dense et minérale d’antan, avec ces lotissements périurbains au coeur de nos campagnes et ces résidus de campagne enclavées par nos villes. C’est dans cet urbain en mutation que l’agriculture urbaine prend tout son sens, comme réponse au défi de la durabilité urbaine. Mais alors quel type d’agriculture urbaine, celle des jardins familiaux et communautaires ou celle de grandes unités de production high-tech ? Et pour quels avantages et pour quelles nuisances ?

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Il y a nature et nature, ville et ville : de l’horizon naturel de la villa au jardin de la maison

Communication de Daniel Pinson, Deuxièmes rencontres internationales de recherche en urbanisme de Grenoble : La ville-nature contemporaine : quelle réalité, quel projet ?, Fev. 2004, Grenoble, France

L’association ville-nature suggère de multiples interprétations. L’homme a pu entretenir l’illusion de se détacher, de se désolidariser de la nature au cours des temps modernes. Cette dissociation est une chimère, mais elle est en même temps une attitude par laquelle l’homme des sociétés modernes a prétendu se soumettre la nature, faire comme si elle était un corps étranger à lui-même, en exploiter les richesses hors de toute retenue, précisément en « exploitant » la nature, comme il semble si « naturel » de dire qu’on exploite une carrière ou une forêt. Cette exploitation se retourne aujourd’hui contre lui. Le développement soutenable est dès lors un appel à nous réassocier la nature pour la « ménager ». La présente contribution est largement consacrée à des travaux sur le rapport des péri-urbains aux « campagnes urbaines ».

Communication intégralement accessible en version PDF (1,2 Mo) sur HAL-SHS.

Usages populaires des forêts périurbaines : le cas de Ghabat Oued el-Maleh (Mohammedia)

Article de Souad Azizi paru dans « Mohammedia : de la Kasbah de Fedala au pôle urbain et industriel aux dimensions stratégiques », Cahiers de la Recherche Scientifique n°16 (Maroc),  2014, p.55

L’objet de cette étude est double. Il s’agit à la fois de décrire les usages populaires d’une forêt périurbaine (Ghabat Oued el-Maleh) et de les comparer à ceux des espaces publics de Mohammedia. La question est de savoir si les usages de l’espace forestier peuvent nous permettre de mieux comprendre les pratiques d’appropriation des espaces publics urbains. Grâce à une approche d’anthropologie visuelle combinant l’observation participante de longue durée, la conversation ordinaire et l’observation photographique, cette étude a permis de montrer qu’à travers les pratiques spatiales c’est une culture populaire qui s’exprime, en forêt comme en ville.

Article intégralement accessible en version PDF (4,01 Mo) sur HAL-SHS.

Les forêts périurbaines : des espaces récréatifs à la fonction prophylactique : le cas des aires urbaines d’Alençon, de Blois et du Mans

Thèse de Pascal Papillon, Université du Maine (Géographie), 31/01/2014, Rodolphe Dodier (Dir.), 451 p.

En France, les espaces boisés périurbains font l’objet d’une forte demande sociale en tant qu’espaces récréatifs. Ces nouvelles demandes sont exprimées notamment par des pratiques renouvelées,sportives ou de ressourcement. De leur côté, les collectivités territoriales ont su aménager de nouveaux espaces forestiers plus proches des villes, très appréciés des habitants. Des usagers ont été interviewés dans les espaces boisés de trois villes moyennes, sur leurs usages et sur la justification de ces pratiques. Cela a permis de préciser des différences entre les espaces boisés suburbains et les forêts domaniales plus vastes mais plus éloignées des villes. De même, on observe l’émergence d’un nouvel usage lié à la santé, tant au niveau des individus qu’au niveau des établissements de soins. Ces nouvelles pratiques conduisent à considérer les espaces forestiers périurbains comme des espaces prophylactiques.

Thèse intégralement accessible en version PDF (6,4 Mb) sur TEL.

Des forêts dans la ville. Analyse du processus d’intégration par une approche territorialisée, exemples de trois agglomérations moyennes européennes : Grenoble, Limoges et Swindon

Thèse de Julien Dellier, Université de Limoges (), 12/12/2007, Bernard Valadas (Dir.),

L’histoire des sociétés européennes depuis la révolution industrielle est celle d’un développement urbain effréné. Ce bouleversement du territoire européen, autant spatial que sociétal, entraîne une remise en cause du rapport de sociétés, devenues majoritairement urbaines, à l’espace en général et plus particulièrement à leur environnement. L’interpénétration entre ville et campagne sur de larges portions du territoire, favorisée par l’essor des mobilités individuelles, entraîne une complexification du rapport entre les deux espaces, rendant les clivages séculaires obsolètes. L’utilité productrice de la forêt s’estompe au profit d’autres fonctions d’inspiration urbaine. Ces nouvelles attentes qui se font jour sur les étendues périurbaines sont inspirées par le placement de la nature comme valeur sociétale forte. Dans ce contexte, les espaces forestiers périurbains, symbole de  » nature « , longtemps considérés comme vides, sont de nouveau source d’intérêts. Le choix de travailler dans le contexte spatial européen est la conséquence de la conjugaison de caractéristiques globales proches, autorisant la conduite d’une étude comparative, et de spécificités régionales marquées, permettant de dégager des conclusions pertinentes à partir de la démarche employée. Cependant, devant l’impossibilité de mener une étude exhaustive nous avons plus particulièrement porté notre attention sur un binôme franco-anglais, révélateur de cette diversité régionale face à des dynamiques sociétales communes. Enfin, le centrage de la thèse sur les villes moyennes relève d’un double constat. D’une part, il existe peu de travaux sur la question pour ces objets géographiques, l’essentiel des publications traitant des grandes métropoles. Par ailleurs, les caractéristiques spatiales et démographiques de ces territoires entraînent des opportunités, mais aussi des obligations de répondre à des enjeux socio-environnementaux en pleine recrudescence. Dans un premier temps, nous avons cherché à comprendre les raisons de la redéfinition de la place des forêts dans l’espace périurbain. A travers une analyse de la relation ville/forêt de l’antiquité à l’émergence actuelle de nouvelles attentes, nous soulignons l’importance du courant hygiéniste qui se développe en réaction à l’essor d’une modernité, progressivement considérée comme nocive. La conséquence de ce tournant est l’apparition de nouvelles logiques d’appropriations et de nouvelles approches de l’objet forêt dans le périmètre d’influence de la ville. A la suite de cette contextualisation historique et scientifique du sujet, notre second objectif fut d’analyser dans des contextes géographiques précis comment le rapport spatial entre ville et forêt pouvait influer sur l’évolution surfacique des forêts et sur la redéfinition des fonctions attribuées à celles-ci. Pour ce faire, nous avons mené une démarche diachronique sur différents sites sélectionnés selon un gradient spatial d’intégration dans l’urbain. Celle-ci a été effectuée à l’aide d’un SIG basé sur l’emploi de séries successives de photographies aériennes. Cette analyse nous a permis de différencier les enjeux et les potentialités des différentes zones périurbaines, de l’urbain dense au périurbain lâche. Enfin, la dernière partie de la thèse s’appuie sur les résultats d’enquêtes et d’entretiens des différents acteurs concernés pour expliciter les jeux d’acteurs. Ceux-ci apparaissent à la fois déterminés par des constantes globales mais aussi paradoxalement fortement conditionnés par le contexte local. L’analyse des usages et des discours sur la forêt montre une grande variation de perceptions du milieu. Les logiques qui en résultent témoignent de clivages nets entre des acteurs guidés par des approches sectorielles : environnementales, sociales ou économiques. Ce constat nous permet de pointer les limites des politiques actuelles et la nécessité de mettre en oeuvre de nouvelles formes de gestions des espaces forestiers dans une démarche réellement globale, multifonctionnelle, et participative.

Thèse accessible en version PDF (50,2 Mb) sur TEL.