ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur le sujet

Archives de époque moderne

La colonisation du savoir. Une histoire des plantes médicinales du « Nouveau Monde » (1492-1750)

Ouvrage de Samir Boumediene, Les éditions des mondes à faire, 2016, 480 p.

Tabac, coca, quinquina, cacao, gaïac, peyotl, poisons, abortifs… De 1492 au milieu du XVIIIe siècle, les Européens s’approprient en Amérique d’innombrables plantes médicinales. Au moyen d’expéditions scientifiques et d’interrogatoires, ils collectent le savoir des Indiens ou des esclaves pour marchander des drogues, et élaborent avec elles les premières politiques de santé. Dans le même temps, inquisiteurs et missionnaires interdisent l’usage rituel de certaines plantes et se confrontent aux résistances des guérisseurs. Botanique, fraudes et sorcellerie : entre les forêts américaines et les cours du Vieux Monde, ce livre raconte l’expansion européenne comme une colonisation du savoir.

Voir la présentation de l’ouvrage et le sommaire détaillé sur le site de l’éditeur.

 

 

Le Jardin des Lumières

Article de Philippe Jaussaud paru dans « Lyon au XVIIIème, un siècle surprenant ! », Somogny Éditions d’Art, pp.303-305, 2012

Créé sous l’Ancien Régime, le Jardin royal des plantes médicinales – ou Jardin du Roi – sera transformé par la Convention en Muséum national d’histoire naturelle. Ici sont évoqués quelques aspects de l’histoire de l’établissement au « siècle des Lumières ». Trois disciplines y sont professées dès la fin du XVIIe siècle : la chimie, la botanique et l’anatomie – associée à la chirurgie. Buffon est le grand intendant du « Jardin des Lumières », auquel il confère un prodigieux rayonnement. Il confie à son concitoyen Daubenton la garde du « Cabinet d’histoire naturelle « , dont les collections s’enrichissent beaucoup. De plus, Buffon encourage les expéditions de voyageurs naturalistes et recrute des enseignants de valeur. Parmi les professeurs du « Jardin des Lumières » figurent les botanistes Le Monnier et les frères Bernard et Antoine de Jussieu, le jardinier André Thouin, les chimistes Rouelle, Macquer et Fourcroy, les anatomistes Ferrein et Winslow.

Article intégralement accessible en version PDF (179,76 Ko) sur Hal-Shs.

Festin de mots : mérites du saké et du riz

Émission de radio « On ne parle pas la bouche pleine », radio France Culture, 3 mai 2015

Un rouleau conservé précieusement à la Bibliothèque Nationale présente une œuvre  parodique où se disputent un noble de cour, un guerrier tempérant et un moine gastronome, sur les mérites comparés du saké et du riz. Comment polir un grain de riz pour faire un bon saké ? Comment polir ses arguments pour une bonne dispute sur les vrais sujets ? 

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Avec Claire-Akiko Brisset, maître de conférences HDR, université Paris Diderot, directrice de l’équipe Civilisation Japonaise, CRCAO, présidente du conseil scientifique de l’UFR LCAO (U. Paris Diderot).

Émission à (re) écouter sur la page de l’émission.

Bibliographie : « Des mérites comparés du saké et du riz illustré par un rouleau japonais du XVIIe siècle »

Lire également l’article de Sophie Flouquet dans Beaux-Art Magazine, pp. 38-39, n° 371, mai 2015

Le peuple de la forêt. Nomadisme ouvrier et identités dans la France du Centre-Ouest aux Temps modernes

Ouvrage de Sébastien Jahan et Emmanuel Dion, Presses universitaires de Rennes, 2003, 280 p.

L’historien de l’Ancien Régime est comparable aux pionniers de la photographie : il peine à saisir le mouvement. Les sources dont il dispose sous forme de séries les plus complètes (aveux et dénombrements, minutes notariales) privilégient les tenanciers, les propriétaires, les sédentaires. Si les flux et reflux des migrations saisonnières – les « remues d’hommes » – ont pu progressivement être reconstituées, il reste aujourd’hui très difficile de percevoir les circulations volatiles, diffuses et non répétées, pourtant tout aussi fréquentes. Le « peuple de la forêt », celui des bûcherons, charbonniers ou fendeurs, travaillant au gré des chantiers d’abattage, appartient à ces populations nomades qui sillonnent les routes de France aux XVIIe et XVIIIe siècles. Ils ne sont connus que par le prisme de l’histoire de la sylviculture, celle du droit forestier aussi, et de ces conflits, avec le pouvoir ou avec le monde paysan, qui établissent leur réputation de turbulence. Même les ouvrages plus spécifiquement consacrés au travail des taillis et des futaies laissent d’eux une vision partielle et inachevée : les cognées résonnent, les arbres tombes, les meules cuisent sans que les hôtes des bois soient l’objet d’un portrait social étoffé. Les techniques sont décrites, guère le manoeuvre… Ce livre a pour ambition de chercher à combler cette lacune historiographique en partant de l’exemple des forestiers qui ont traversé le Poitou et le Berry. Grâce à la minutieuse reconstitution des trajets individuels et familiaux, fondée sur les registres paroissiaux d’une quinzaine de départements du Centre Ouest français, un milieu professionnel sort des ombrages avec ses solidarités, son mode de vie, son insertion dans la société du finage qui ne sont pas toujours conformes à l’image convenue des rapports d’administrateurs. Une France des routes et des marges, nomade et oubliée, apparaît ici. Sa confrontation avec l’autre France, celle plus stable et bien connue des bourgs et des terroirs, nous offre l’occasion supplémentaire d’un regard, d’ensemble mais « périphérique », sur les mécanismes et les fondements de la société d’Ancien Régime.

Possibilité de lire des extraits du livre sur le site OpenEdition Books.

la société du finage qui ne sont pas toujours conformes à l’image convenue des rapports d’administrateurs. Une France des routes et des marges, nomade et oubliée, apparaît ici. Sa confrontation avec l’autre France, celle plus stable et bien connue des bourgs et des terroirs, nous offre l’occasion supplémentaire d’un regard, d’ensemble mais « périphérique », sur les mécanismes et les fondements de la société d’Ancien Régime.

Tannerie et teinturerie en Méditerranée médiévale et moderne

Journée d’études internationale, MMSH, Aix-en-Provence, 31 mars 2015

Cette journée d’études internationale et pluridisciplinaire vise à faire un état des lieux des recherches actuelles sur les artisanats de tannerie et de teinturerie sur les deux rives de la Méditerranée, aux époques médiévale et moderne.

Programme

  • 9h-9h15 : Sylvain Burri, Mohamed Ouerfelli, Henri Amouric (AMU-CNRS, LA3M UMR 7298) Introduction
  • 9h15-45 : Catherine Verna (Université Paris 8), Teinturiers et teintureries du district du Vallespir, XIVe et XVe siècles
  • 9h45-10h15 : Ricardo Cordoba de la Llave (Université de Cordoue), Recettes médiévales hispaniques sur la teinture des draps et des peaux
  • 10h15-10h45 : Rafael J. Díaz Hidalgo (Université de Cordoue) Expérimentation archéologique des processus décrits dans quelques recettes médiévales hispaniques

10h45-11h : Discussions

11h-11h15 : Pause

  • 11h15-11h45 : Elisa Pruno, Chiara Marcotulli (U. Florence/LA3M UMR 7298), (Université de Florence) Teindre ou ne pas teindre. Là est le problème! Le cas du site de Shawbak (Jordanie)
  • 11h45-12h15: Sylvain Burri (CNRS, LA3M UMR 7298) Teintures et tanins végétaux en Provence à la fin du Moyen Âge
  • 12h15-12h45 : Vianney Forest (INRAP/CNRS, UMR 5608) De l’os au cuir : une gageure archéozoologique

12h45-13h00 : Discussions

13h00-14h : Repas

  • 14h-14h30 : Yassir Benhima (Université Paris 3/CIHAM) La tannerie en Occident musulman médiéval d’après les sources juridiques
  • 14h30-15h : Mohamed Hassen (Université de Tunis) Tannerie et teinturerie en Ifrîqiya hafside (XIIIe-XVe s.)
  • 15h-15h30 : Olatz Villanueva (Université de Valladolid) Fouilles archéologiques des tanneries de la ville de Zamora (Espagne)

15h30-15h45 : Discussion

15h45-16h : Pause

  • 16h-16h30 : Nicolas Guinaudeau, Jérôme Ros (ACTER archéologie/CNRS, UMR 5607), (CNRS, UMR 7209/MNHN) Une tannerie médiévale dans le village de Chalamont (Ain) : présentation des premiers résultats de la fouille archéologique et des études spécialisées
  • 16h30-17h : Brigitte Marino (CNRS-IREMAM) Tanneurs de Damas au XVIIIe siècle. Organisation et frontières d’une corporation de métier
  • 17h00-17h30 : Nicolas Maughan (AMU/I2M, CNRS UMR 7373/ECCOREV) Toxicité et nuisances des tanneries Marseillaises : essai d’écologie historique sur l’impact d’une activité artisanale polluante en zone urbaine (XVIIIe-XIXe siècles)
  • 17h30-18h00 : Discussions et conclusion

    [Info Calenda]

Le Génie du paysage : l’idéologie paysagère dans la littérature française des années 1800

Thèse de Luc Henri Lefort (Littérature française et comparée), Université de Sorbonne nouvelle-Paris 3, janvier 20104, 412 p.

Le premier romantisme, au tournant du XIXe siècle, serait l’héritier du rousseauisme. Il nous semble pourtant lire une rupture radicale entre l’idée de nature comme l’entend le XVIIIe siècle et l’idée de paysage telle que l’expriment les jeunes écrivains des années 1800.L’idée de nature reste envisagée, jusqu’à la Révolution, comme le décor idéal d’un bonheur possible, dont témoignent, jusque sur le terrain, les paysagistes de la fin de l’Ancien Régime. Du jardin régulier au jardin paysager, le paysage n’est toujours conçu que comme le fond du tableau. Au lendemain de la Révolution, le paysage prend un tout autre sens. Il n’est plus l’écrin divin où doit s’épanouir l’homme raisonnable, il est devenu la figure sublime d’une nouvelle relation qu’a l’homme à lui-même. Les représentations de la culture des Lumières reposaient sur la transcendance et la verticalité ; elles font place aux représentations de la pensée romantique, construite sur l’immanence et l’horizontalité.Le paysage, en s’élevant ainsi au statut de concept, induit un nouveau rapport au temps et à l’espace, redéfinit le point de vue et l’horizon, fait primer le rapport sur l’essence. Cette métamorphose des représentations, qui signe l’entrée dans l’ère contemporaine, nous semble l’effet le plus profond du bouleversement qu’a produit la Révolution. Il convient, c’est notre thèse, de parler de l’émergence d’une idéologie paysagère, pour ces années 1800, si l’on veut comprendre ce qui engendre à la fois la littérature des Senancour, Germaine de Staël, Chateaubriand, la philosophie des Destutt de Tracy, Maine de Biran, et l’essor tant des sciences physiques, avec Georges Cuvier, que des sciences humaines, avec Jean-Baptiste Say, pour citer nos principaux auteurs.

Thèse intégralement accessible en version PDF (2.61 Mo) sur Tel.

Coups d’oeil sur l’art des jardins en Europe (XVIIIe-XIXe siècles)

Journée d’études, Université de Namur, 14 novembre 2014

Voir le programme complet ici.