ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archives de diabète

Journal of Applied Biosciences, n°113, mai 2017

Journal of Applied Biosciences, n°113, mai 2017

Plusieurs articles traitant d’ethnobotanique dans ce numéro :

  • « Diversité spécifique et usages ethnobotaniques des ligneux suivant un gradient pluviométrique Nord-Sud dans le bassin arachidier sénégalais« , Ibrahima NDIAYE, Boubacar CAMARA, Daouda NGOM et Oumar SARR
  • « Connaissances et pratiques ethnobotaniques en médecines traditionnelles vétérinaire et humaine au Bénin : similarité ou dissemblance ? », OUACHINOU Jéronime M-A. S., ADOMOU Aristide C., DASSOU G. Hospice, YEDOMONHAN Hounnankpon, TOSSOU G. Monique et AKOEGNINOU Akpovi
  • « Connaissances et usages traditionnels des plantes médicinales du département du haut Nyong », Emmanuel MPONDO MPONDO, Jean Paul NGENE, Léa MPOUNZE SOM, Gisèle ETAME LOE, Philomène Céleste NGO BOUMSONG, Jacques YINYANG, Siegfried Didier DIBONG.
  • « Étude ethnobotanique des plantes médicinales utilisées dans le traitement du diabète dans le Département de Zouénoula (Côte d’Ivoire) », Arthur Stéphane GNAGNE, Djeneb CAMARA, N’Guessan Bra Yvette FOFIE, Kouadio BENE et Guédé Noël ZIRIHI.

Articles intégralement accessibles en version Pdf sur Elewa.

Enquête ethnobotanique à propos des plantes médicinales utilisées dans le traitement traditionnel du diabète de type II à Marrakech

Thèse de Intissar Ait Ouakrouch, Faculté de Médecine et de pharmacie de Marrakech, 2015, 126 p.

Le diabète est un problème majeur de santé publique. Le recours  la phytothérapie est fréquent en Afrique, notamment au Maroc. Cette étude a pour but d’identifier les plantes médicinales utilisées dans le traitement traditionnel du diabète 2 à Marrakech. Dans ce sens une enquête ethnobotanique a été menée sur le terrain dans les quartiers les plus populaires de cette ville sur une période de 3 mois (mai-août 2014).

Thèse intégralement accessible en version PDF (2,5 Mo) sur ce lien.

 

 

Étude ethnobotanique des plantes médicinales utilisées dans le traitement du diabète, et des maladies cardiaques dans la région d’Izarène (Nord du Maroc)

Article de Hicham Orch, Allal Douira et Lahcen Zidane paru dans Journal Of Applied Biosciences, 27. 02. 2015

Cet article est une contribution à une meilleure connaissance des plantes médicinales utilisées dans le traitement du diabète et de l’hypertension artérielle, auprès de la population riveraine de la forêt d’Izarène.
Des enquêtes ethnobotaniques ont été réalisées à l’aide de 264 fiches questionnaires dans la région étudiée. Les résultats obtenus ont permis d’inventorier 57 espèces de plantes médicinales appartenant à 30 familles et réparties en 52 genres. Parmi ces espèces, 40 sont traditionnellement utilisées contre le diabète et 30 contre l’hypertension artérielle. Parmi les 40 espèces utilisées dans le traitement du diabète, 13 sont également employées pour traiter l’hypertension artérielle. Il s’agit de : Ajuga iva (Ivette musquée), Centaurium Erythraea (Petite centaurée), Origanum compactum (Origan), Rosmarinus officinalis (Romarin), Nigella sativa (Nigelle cultivée), Pistacia lentiscus (Lentisque), Tetraclinis articulata (Thuya), Arbutus unedo (Arbousier), Trigonella foenum-graecum (Fenugrec), Lavandula dentata (Lavande dentée), Salvia officinalis (Calamenthe vulgare), Eugenia caryophyllata (Giroflier), et Olea europaea (Olivier). Les feuilles sont les organes les plus utilisés. La décoction est le mode de préparation dominant et l’administration se fait majoritairement par voie orale. Parmi les 57 espèces médicinales utilisées par la population riveraine, 18 espèces (soit 31.57%) spontanées sont collectées de la forêt d’Izarène. La surexploitation menace certaines espèces peu abondantes, comme Origanum compactum, Centaurium Erythraea et Salvia verbenaca (Sauge à feuilles de verveine) de disparition de la forêt d’Izarène. D’où l’intérêt d’adopter une approche de gestion durable pour assurer la conservation et la préservation de ces espèces.
Ce travail constitue une source d’informations pouvant servir de base aux phytochimistes et pharmacologues intéressés par les recherches sur les plantes à effet antidiabétiques et antihypertensives.
Article intégralement accessible en version PDF (547 Ko) sur Elewa.

Étude ethnobotanique des plantes utilisées dans le traitement du diabète chez les femmes enceintes à Cotonou et Abomey-Calavi (Bénin)

Article de Fah L., Klotoé JR, Dougnon V., Koudokpon H., Fanou VBA., Dandjesso C., Loko F. paru dans « Journal of Animal &Plant Sciences », 2013. Vol.18, Issue 1: 2647-2658.

La présente étude a permis d’identifier les plantes à propriétés antidiabétiques vendues aux femmes enceintes à Cotonou et Abomey-Calavi. Il est revenu, de ces enquêtes, que les espèces les plus vendues par les herboristes pour le traitement du diabète chez les femmes enceintes sont : Catharanthus roseus L., Lippia multiflora Moldenke et Phyllanthus amarus Sch. et Th. Les recettes sont composées de plantes uniques (14,29%) ou d’association de deux à onze plantes (85,71%). Leurs coûts accessibles varient de 200 à 1000 Francs CFA. Les parties de plantes les plus utilisées sont la tige feuillée, la tige, la plante entière, l’écorce et la racine et les recettes sont préparées essentiellement par décoction et administrées exclusivement par voie orale. Ces résultats constituent la base d’études ultérieures visant à évaluer expérimentalement les potentialités de ces plantes. Cela permettra de mettre à la disposition des parturientes, de substances nouvelles d’origine endogène.

Article intégralement accessible en version PDF (684 Ko) sur le site d’Elewa.

Inventaire ethnobotanique des plantes du Tchad utilisées contre le diabète : effet anti-hyperglycémiant des extraits de Boscia senegalensis (Pers.) Lam. ex Poiret et de Colocynthis vulgaris (Schrad.)

Article de MNA Sakine, Y Mahmout, J Gbenou, W Agbodjogbe, M. Moudachirou, paru dans « Pharmacopée et médecine », 2012, 17 p.

Une enquête ethnobotanique menée dans la région du Chari Baguirmi (Tchad) a  permis d’identifier 14 espèces végétales utilisées contre le diabète. Parmi ces espèces deux sont couramment citées. Il s’agit de : Boscia senegalensis et Colocynthis vulgaris. En raison de leur utilisation courante par les malades, les extraits hydroalcoliques des graines de B. senegalensis et des fruits de C.  vulgaris ont été évalués sur les lapins albinos dont l’hyperglycémie a été provoquée par administration du D-glucose par voie orale. L’extrait de B. senegalensis, caractérisé par des alcaloïdes, des saponosides, des tanins et des mucilages, présente une activité optimale à la dose de  250 mg/kg, tandis que l’extrait de C. vulgaris manifeste une activité maximale à la dose de 100 mg/kg, ses constituants essentiels étant les alcaloïdes, les tanins, les terpenoïdes et les mucilages.

Accessible intégralement téléchargeable en version Word (130 ko) sur Google Scholar.

Lutter contre le diabète grâce au thé du Labrador

Article de Céline Bézy publié dans bulletins-electroniques.com, 1.02.2011

Les travaux de Pierre Haddad, professeur au Département de pharmacologie de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal montrent que certaines plantes médicinales pourraient freiner l’absorption du glucose et ainsi combattre le diabète.
20 à 30% des Cris, population autochtone de la Baie James au Canada, souffrent de diabète. Cette maladie est causée par un taux trop élevé de glucose dans le sang dû au fait que les tissus sont devenus résistants à l’insuline, une hormone qui facilite l’absorption du glucose par la cellule.
Le professeur Haddad poursuit depuis plusieurs années un programme de recherche sur les plantes médicinales traditionnellement utilisées par les autochtones afin d’en vérifier les vertus thérapeutiques. Avec les membres de son équipe, il a donc présenté 15 symptômes du diabète à 104 « guérisseurs ainés » de quatre villages Cris en leur demandant avec quelles plantes ils soigneraient chacun de ces symptômes. Les 17 plantes mentionnées le plus souvent par les guérisseurs ont ensuite été retenues pour des tests in vitro. « L’objectif des tests était de voir si ces plantes permettaient d’abaisser le taux de glucose dans le sang en limitant son transport à travers les parois intestinales », précise le professeur.
Sept plantes ont donné des résultats comparables ou même légèrement supérieurs à ceux obtenus à l’aide de deux composés inhibant le transport intestinal, soit la phlorizine et la phlorétine. Ces extraits provenaient de baies de genévrier, de feuilles de kalmia (laurier des moutons), de lycopodes officinaux (lycopodes en massue), de cônes d’épinettes blanches, de thé du Labrador (à grandes feuilles), d’airelles rouges et de feuilles et de racines de sarracénie pourpre.

© Cameron River

Afin de vérifier si les effets étaient les mêmes in vivo, les plantes les plus actives ont été testées sur des animaux. Il ressort de cette seconde expérience que le thé du Labrador est l’une des plantes les plus aptes à réguler le transport du glucose dans les parois intestinales. L’absorption du glucose diminue d’environ 50%, un taux du même ordre qu’avec la phlorizine.
Les chercheurs concluent que l’ajout d’extraits de ces plantes au moment de la prise des repas serait de nature à limiter l’absorption intestinale du glucose et favoriserait la lutte contre le diabète chez les Cris. D’autres études sont en cours auprès de ces communautés afin de documenter l’efficacité de ces extraits.

Pour en savoir plus, contacts :
Haddad, Pierre – Faculté de médecine – Pharmacologie, Pavillon Roger-Gaudry, bureau R-410 – Tél: (001) 514 343-6590 – email : pierre.haddad@umontreal.ca

Voir l’article publié dans UdeMNouvelles.

Démarche de l’ethnopharmacologie appliquée : plantes antidiabétiques de Madagascar

Thèse de Nelly Le Grand, Université de Rennes I (Pharmacie), 22.05.2008, J.-P. Nicolas (Dir.), 140 p.

La recherche de nouvelles molécules pharmaceutiques pousse parfois les industriels à se  tourner vers l’ethnopharmacologie. Le fruit de ces recherches permet la synthèse de nouveaux  médicaments qui sont, dans la très grande majorité des cas, consommés dans nos sociétés du  Nord.  Les populations du Sud comme à Madagascar n’ont pas les moyens d’en bénéficier alors que  paradoxalement ce sont les connaissances issues de leurs savoirs traditionnels qui sont à  l’origine de la découverte de nombreuses molécules.  Proposer des alternatives aux médicaments et traitements conventionnels par l’usage des  plantes médicinales locales est un moyen d’améliorer la santé de ces populations. De nouvelles pathologies  sont également apparues sur ces continents accentuant ainsi les problèmes sanitaires déjà  présents.  Parmi ces nouvelles pathologies, le diabète et principalement celui de type 2 voit sa  prévalence exploser dans les pays en développement. La demande de traitements ou de soins  contre cette pathologie risque fort d’augmenter. Cependant, déjà très chers au Nord, ces  traitements sont inaccessibles pour les diabétiques du Sud. Il est donc nécessaire de proposer  aux populations une solution sûre, efficace et surtout accessible à tous pour lutter contre la  maladie.

Partant de ce constat, je me suis rendue dans la région Nord de Madagascar avec l’association  humanitaire « Jardins du monde » afin d’y recenser l’ensemble des plantes traditionnellement  utilisées dans le cas de diabète.  Après 6 mois d’enquêtes, les espèces sélectionnées ont été testées biologiquement et l’une de  ces plantes a fait l’objet de 3 mois d’études phytochimiques afin de déterminer la nature des  molécules à activité hypoglycémiante. Cette thèse rend compte de l’ensemble de ce travail et de la démarche adoptée.

Elle se compose en trois parties :

– En première partie, nous évoquerons quelques généralités concernant la pathologie du  diabète dans son contexte mondial. Une présentation du contexte malgache et plus  particulièrement de la région d’Antsiranana est effectuée.

– La seconde partie s’attache à présenter la méthodologie adoptée sur le terrain lors des  enquêtes. Les résultats tant sur le côté anthropologique de la maladie que botanique y  sont restitués ainsi que la démarche conduisant à la sélection des plantes rapportées en  France.

– Enfin, la dernière partie décrit les travaux réalisés au laboratoire de pharmacognosie  de Strasbourg. Divisée en deux sous parties, nous expliquons tout d’abord l’ensemble  des matériels et méthodes utilisés pour l’analyse des plantes sélectionnées. Les  résultats obtenus ainsi que les perspectives découlant de l’ensemble de ce travail sont  abordés en fin du document.


Thèse accessible intégralement en version PDF (ainsi qu’une présentation courte) sur le site de l’association Jardins du Monde.

Crédits photographiques : Petchia erythrocarpa © N. Le Grand