ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archives de cueillette

Grimpeurs-récolteurs itinérants

Émission radio « Sur les Docks », France Culture, 03. 03. 2016

Leur bureau est dans les branches. Ils travaillent en solitaire et le soir racontent des histoires d’arbres, celle du pin timide ou celle du citronnier dépressif.

Nous sommes dans le verger de St Augustin en Charente-Maritime à deux pas de l’océan. Nous suivons des grimpeurs-récolteurs qui travaillent dans les arbres, depuis trente ans. Rémi Caritey nous introduit dans cette bande de solitaires silencieux.

« Il faut choisir un arbre et s’y lancer, conquérir ce qu’il a conquis, sa lutte pour la lumière, la vigueur de ses accroissements, son âge. Et déjà, les premiers cônes tombent dans le sac ».

Si notre guide est un esthète, la forêt est aussi son gagne-pain, tout comme celui du semencier Vilmorin qui vient récupérer les sacs. Les cueilleurs ramassent toutes les graines des arbres forestiers, pour alimenter les pépinières, sous forme de cônes ou de « samares », traités ensuite en sècherie. « Même cultivé, l’arbre reste un géant irréductible. Il dispose du temps. Par la lenteur de sa croissance, il échappe imperceptiblement au désir du sylviculteur » nous dit Rémi Caritey.

Bercés au rythme du vent, les récolteurs ont un point de vue différent. En août, ils iront dans les Pyrénées, à l’automne dans les Vosges et le Jura, sauf Bernard qui, après 35 ans de récolte va raccrocher ses gants et rentrer son fourgon.

Avec :

Remi Caritey, André Celles, Fabrice Touron, Karim Bekhat et Bernard Jacquot, grimpeurs-récolteurs

Pierre Louis Luquet, technicien de récolte à Vilmorin.

A ré-écouter sur la page de l’émission.

La gentiane jaune, sa protection et la filière dans le Massif Central

Présentation de Stéphanie Flahaut (CPPARM) lors d’un Café Phyto, 22.02.2014, Clermont-Ferrand

Plante des estives présente sur la majorité des massifs français, la gentiane jaune, dont on exploite la racine depuis plus de 200 ans, est  essentiellement issue de l’exploitation des sites naturels du Massif central. Cette plante médicinale emblématique de l’Auvergne est riche en principes amers et en xanthones (colorants jaunes). Elle intéresse fortement l’industrie agroalimentaire et entre dans la composition de nombreuses liqueurs et eaux de vie,  fabriquées dans le Massif central mais aussi dans d’autres régions de France et d’Europe. Dans le Massif central, la production dépasserait les 1000 tonnes de racines fraîches / an. Une production stable à laquelle peut subvenir la ressource naturelle si elle est gérée convenablement.

Téléchargez ici la présentation au format PDF.

La cueillette des plantes sauvages sur le territoire du CBN Massif central : état des lieux et perspectives

Rapport de mission de Violaine Laucoin, Conservatoire Botanique National du Massif Central, 2012, 188 p.

Régulièrement sollicité sur l’état des ressources végétales sauvages tant par les professionnels de la cueillette eux-mêmes que par les services de l’État ou les organismes de préservation de l’environnement, le CBN Massif central a réalisé, en 2012, par l’intermédiaire d’un stage assuré par Violaine Laucoin, étudiante en Master II à l’Université Paul Verlaine (Metz), une étude visant à réaliser un état des lieux de la cueillette amendé des connaissances acquises par le CBN. Cette étude a bénéficié d’un appui technique de la DREAL Auvergne, de la Société d’intérêt collectif agricole de la région Auvergne des plantes à parfum, aromatiques et médicinales (SICARAPPAM), du Syndicat inter-massif pour la production et l’économie des simples (SIMPLES), et de l’Association française des cueilleurs (AFC).

En analysant l’abondante bibliographie ethnobotanique disponible sur le Massif central et les données de l’INSEE, cette étude a, en premier lieu, resitué la cueillette dans un cadre national, puis mis en évidence l’importance économique et culturelle de certaines cueillettes « historiques » (Gentiane jaune, Narcisse des poètes, lichens, Arnica des montagnes, Myrtille…) qui ont façonné les savoirs et savoir-faire, et enfin, mis en exergue l’évolution des filières de transformation et la diversification nouvelle des espèces cueillies depuis ces dernières décennies. Ainsi, 257 cueilleurs intervenant sur le territoire d’agrément du CBN Massif central ont été recensés. La plupart officient à travers l’un des trois principaux groupements de cueilleurs (coopératives, syndicats…). Parmi les 700 entreprises identifiées sur le territoire utilisant potentiellement des produits de cueillette, 51 entreprises ont été interrogées sur leur production, leur structure économique et leur potentiel de développement. Ces dernières génèrent un chiffre d’affaire global de plus de 630 millions d’euros et participent à l’emploi de plusieurs milliers de personnes.
D’un point de vue botanique, l’étude de la bibliographie et la réalisation d’enquêtes de terrain ont permis de dresser une liste d’environ 370 espèces cueillies sur le territoire d’agrément du CBN Massif central. Pour chacune d’elle, l’étude s’est intéressée aux modes opératoires et aux territoires cueillis. On apprend alors qu’outre les outils manuels déjà connus, la filière fait appel à de nouveaux engins motorisés permettant des cueillettes de masse : minipelle, taille-haie électrique, peigne mécanisé, tronçonneuse… On apprend également que la flore est collectée dans une large palette de milieux naturels et plus particulièrement en zones de montagne (chaîne des Puys, Livradois, Forez, Devès, Margeride, Cévennes…). À ce titre, l’étude met en exergue la concentration des zones de cueillette sur des zones particulièrement riches d’un point de vue écologique (Parcs naturels régionaux, ZNIEFF, sites Natura 2000…).
Si certains volumes importants concernent des espèces communes (> 121 tonnes / an de racines fraîches de Gentiane jaune, > 12 tonnes / an de Reine des prés sèche, etc.), l’étude met en évidence des collectes d’espèces plus rares dont l’impact reste peu connu : Atropa belladona, Calendula arvensis, Teucrium scordium, Pyrola rotundifolia, Ephedra dubia…
Enfin, parce que la cueillette est exercée avant tout par des hommes et des femmes qui vivent sur le territoire, l’enquête auprès des acteurs de la cueillette a cherché à mieux connaître les professionnels de la cueillette et leurs attentes vis-à-vis des services de l’État mais aussi des institutions techniques et scientifiques dont fait partie le CBN Massif central. Quelles sont les difficultés du métier ? Quels outils seraient à mettre en œuvre pour mieux connaître, préserver et gérer les ressources ? Quels échanges d’informations imaginer entre les organismes chargés de la préservation de l’environnement et les entreprises exploitant les ressources végétales sauvages ? Quelles valorisations culturelles pourraient être envisagées autour de ce dialogue ? Pour tenter d’y parvenir, l’étude a notamment fait l’objet d’une présentation auprès de 80 acteurs de la cueillette et de la préservation de l’environnement, le 14 décembre 2012, à Lempdes. Celle-ci fut l’occasion de débattre de certains points de vue et d’entamer un dialogue sincère associant tous les acteurs de la filière, pour que la richesse floristique du Massif central héritée d’un long passé agropastoral et traditionnel, demeure préservée, partagée et valorisée.

Téléchargez l’étude en intégralité (version PDF, 21,2 Mo) sur le site du CBN.

Stage. Enquête sociologique auprès des chasseurs et cueilleurs : approche socio-spatiale

Objectifs du stage
Le stage s’inscrit dans un programme de recherche interdisciplinaire appelé A*MIDEX SYNTERCALM « Synergie sur le territoire des Calanques Marseillaises » piloté par Isabelle Laffont-Schwob, maître de conférences en écologie et réunissant des équipes de recherche d’Aix-Marseille Université. Dans le cadre de ce programme, des recherches visent à mieux comprendre les pratiques et les discours des habitants et des usagers d’une partie du massif des Calanques concernant  les pollutions industrielles résiduelles du site.
Le stage portera plus spécifiquement sur les pratiques de cueillette de la flore sauvage et de chasse afin d’étudier les interactions existantes entre pratiques de prélèvement, connaissances des pollutions sur le site et attitudes quant aux risques potentiels de contamination. Un travail historique de ces pratiques sera également inclus.
La recherche reposera majoritairement sur une enquête socio-spatiale par entretiens semi-directifs et par questionnaires intégrant un support cartographique. Cette enquête se réalisera auprès des usagers rencontrés via les associations ou directement sur le terrain.
L’enquête s’inscrit dans une démarche interdisciplinaire, à la croisée de réflexions entre sciences sociales et sciences de l’environnement.
Méthodologies et résultats attendus :
 – Etat de l’art sur les notions de risque et pollution et prise de connaissance des travaux antérieurs réalisés en sciences sociales mais également en sciences de l’environnement sur le site ; recherches sur les usages passés de cueillette et de chasse.
    – Réalisation et élaboration du questionnaire en collaboration avec les chercheurs en sciences de l’environnement
    – Passation du questionnaire
    – Saisie et traitement des données
    – Rédaction d’un rapport de stage

Pré-requis
Etudiants en M2 recherche ou professionnel liés aux domaines suivants : sociologie, ethnologie et anthropologie, ethnoécologie, géographie et formations transversales « sciences sociales/sciences de l’environnement »

Encadrement du stage
Responsables :
    Carole Barthélémy, maître de conférences en sociologie,
    Aurélie Arnaud, maître de conférences en géographie

Renseignements pratiques
Lieu du stage : UMR LPED – Faculté Saint-Charles – Marseille
Durée : 6 mois / Mise à disposition d’un poste informatique
Financement : Stage financé selon les conventions collectives (500,51 € mensuels sur la base de 35 heures hebdomadaires pour les conventions signées à partir du 01 janvier 2015)

Conditions de candidature
Envoyez un CV et une lettre de motivation à : Carole.barthelemy@univ-amu.fr et aurelie.arnaud@univ-amu.fr

[Info Calenda]

Consommation: si on retournait à la cueillette ?

Article de Laurent Martinet paru dans L’Express L’Expansion, 11. 09. 2014

« La cueillette de Cergy, une des plus grandes de France, accueille près de 80 000 clients chaque année. Mais une météo capricieuse et la concurrence des circuits courts limitent son succès. Reportage. 
Après tout, c’est la première des économies, celle que pratiquaient nos lointains ancêtres. Puisque le pouvoir d’achat patine, pourquoi pas zapper les intermédiaires et retourner à la cueillette, qui propose des produits frais au prix du cultivateur? L’Expansion s’est rendu à la cueillette de Cergy, une des plus grandes de France avec ses 40 hectares, pour savoir si les consommateurs prenaient la clé des champs… »

Lire la suite de l’article sur le site du journal.

Fêtes des simples 2012, conférences en ligne

Les conférences audio de la Fête des Simples 2012 sont en ligne :

– Raphaële GARRETA (Ethnologue, Conservatoire Botanique National Pyrénées et Midi- Pyrénées (65) :  ‘‘Faisons un brin de cueillette : de l’international au massif pyrénéen, regards croisés sur les enjeux d’une pratique méconnue’’

– Jean-Paul LESCURE & Geneviève MICHON (Écologues, directeurs de recherche, IRD (45) :  ‘‘Cultiver la nature : entre cueillettes et jardins, réinventer la domestication des plantes’’

– Véronique & Michel GUIGNARD (Jardiniers ethno-botanistes, spécialistes de la préhistoire (24) : “La cueillette, face cachée de la préhistoire

– Dominique COLL (Ethnobotaniste (05) : ‘‘Héritage des temps anciens : Plantes et feu, un duo chaleureux’’

– La Table-ronde ‘‘Les cueillettes : pratiques, enjeux et ressource’avec le public et les conférenciers, ainsi que Thierry Thévenin, porte-parole de SIMPLES, et Michaël Arnou, président de l’Association Française des Cueilleurs de Plantes Sauvages. Animée et modérée par Laurence Chaber (04)

 

 

 

 

 

 

Asclepios montagnard

Communication de Pascal Luccioni, Colloque (re-) Cueillir la montagne, Saint-Etienne : France (2008)

Cette communication s’efforce d’analyser le rôle des montagnes dans les représentations des pratiques de cueillette de simples dans l’Antiquité et dans celles de l’époque contemporaine. On pense avoir montré que si la montagne des modernes est un lieu vide et pur, celle des anciens est plutôt un lieu habité par le sauvage, particulièrement par certains animaux sauvages comme les serpents, importants aussi parce qu’ils sont la source tant du remède que du poison.

Accessible en texte intégral en version PDF (398,4 Kb) sur HAL-SHS.