ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour chamanisme

L’ingestion d’ayahuasca parmi les populations indigènes et métisses de l’actuel Pérou. Une définition du chamanisme amazonien

Article de Sébastien Baud paru sur « ethnographiques.org », Les nouveaux mouvements religieux, 2008

Connue au Pérou sous le nom d’ayahuasca, Banisteriopsis caapi est une liane qui, bue en décoction, est émétique et laxative. Associée à d’autres plantes, elle est un inhibiteur de monoamine oxydase (IMAO), c’est-à-dire qu’elle favorise le passage hémato-encéphalique du DMT et autres alcaloïdes hallucinogènes présents dans ces dernières. Voilà ce qu’en disent les pharmacologues. Banisteriopsis caapi jouerait donc un rôle secondaire lors de l’ivresse hallucinogène induite par l’absorption du breuvage parmi les populations amérindiennes et métisses de l’Ouest amazonien. Pourquoi alors le breuvage est-il communément appelé du nom de cette liane ? La réponse nous vient du discours indigène. Celui-ci affirme en effet que l’ayahuasca est ingérée avant tout pour ses propriétés purgatives : elle est una planta maestra, une plante qui enseigne. Purgative et fortifiante, elle est de fait médiatrice entre l’homme et le monde-autre. Autrement dit, elle aide à l’introduction dans le corps de l’apprenti chaman d’un principe spirituel, à l’origine des visions.

Article en ligne sur le site de la revue et en version PDF (300.74 Ko) sur Hal-Shs.

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Mapuche les hommes – plantes

Emission « Tout un monde », radio France Culture, 04.02.2017

Malgré les exactions coloniales, les spoliations territoriales, près de un million de Mapuche vivent au Chili. Leurs subtiles connaissances des plantes, les usages qu’ils en font pour l’artisanat, la construction, l’alimentation, la médecine ou les activités rituelles pratiquées par les machis (leurs chamanes), perdurent et même renaissent sous nos yeux. Dans cette perspective, l’émission fera le point sur l’application du protocole de Nagoya en matière de biodiversité dans le monde et sur l’appropriation illégale des ressources génétiques et des connaissances traditionnelles associées, sans partage des avantages issus de leur utilisation.

Émission à (re) écouter sur le site de la radio.

A l’ombre du Bois Sacré, la fièvre de l’ayahuasca en forêt amazonienne

Emission « Tout un monde« , radio France Culture, 5.11.2013

Analyse du marché du « tourisme de soi » en Amazonie, de la médecine « chamanique » et de ses motivations… Par un anthropologue observateur, quoique peu participant, puisqu’il refuse d’expérimenter le « produit », une liane hallucinogène présente dans les forêts équatoriales du Pérou et du Gabon. Une enquête qui s’inscrit dans les travaux de Jean-Loup Amselle autour des « primitivismes contemporains ».

A ré-écouter sur le site de l’émission.

De la transe à l’hypnose. L’autre de l’autre

Colloque, 10-13 septembre 2002, Bruxelles (Belgique)

L’abandon de l’hypnose par la psychanalyse aura été un acte fondateur – mais dont le prix à payer a sans doute représenté une perte anthropologique. Depuis les plus vieilles traditions chamaniques, jusqu’aux cultes modernes de possession comme le candomblé ou la macumba afro-brésiliens, sans oublier les mystères dionysiaques grecs, les rites africains yorubas ou le tarentisme encore existant au milieu du XXe siècle en Italie du Sud – particulièrement dans les Pouilles et une partie de la Calabre – les états de transe en général, ou ce que l’on appelle de nos jours les états modifiés de conscience au-delà du seuil vigile, ont toujours représenté des expériences singulières et irréductibles que l’on tente aujourd’hui d’explorer et de réévaluer.

En se gardant bien de tomber dans les errements irrationnels de la para-psychologie prétendument scientifique, il y a là, selon l’expression d’Isabelle Stengers, un « défi de la pensée » qui « met nos pratiques en danger » afin de nous inciter à réfléchir et philosopher autrement.

La question n’est pas tant de savoir si les « esprits » des chamanes ou les « orishas » d’une « chapelle des saints » existent ontologiquement, que de déterminer à quelles conditions ils opèrent et dans quels dispositifs stratégiques (à la fois thérapeutiques, existentiels et pratiques), ils s’inscrivent afin de garantir leur efficacité symbolique. Peut-être ne sommes-nous pas très loin ici de ce qu’un Bruno Latour appelle des « faits—tiches », qui commandent la définition d’une nouvelle épistémologie ?

Déroulement des travaux

Mardi 10 septembre

– Ouverture du Colloque par Madame Laure Adler, directrice de France Culture et Monsieur Pierre De Maret, recteur de l’Université Libre de Bruxelles.

– Luc de Heusch : Introduction générale au Colloque

– Bertrand Hell « Un culte de possession : les Gnawas du Maroc »

– Jean-Patrick Costa « Les relations de l’homme et de la plante dans la transe chamanique »

– Didier Dumas « Psychanalyse et chamanisme »

Mercredi 11 septembre

– Didier Michaux « Adorcisme et hypnose contemporaine »

– Didier Bouhassira « Les effets neurobiologiques de l’hypnose »

– Sylvia Mancini « Mimétisme et rite : à la suite d’Ernesto De Martino »

– France Schott-Billmann „L’enthousiasme dans la danse »

– Tobie Nathan « La présentification des êtres »

Jeudi 12 septembre

– Clara Acker « Le culte de Dionysos : transe et féminité »

– Baudouin Decharneux « Les cultes à Mystères dans l’Antiquité »

– Jean-Pierre Peter « Puységur et le magnétisme »

– Bertrand Méheust « Les états de conscience d’un voyant »

– Thierry Melchior « La paradoxalité de l’hypnose »

Vendredi 13 septembre

– Edouard Collot « Hypnose et psychanalyse »

– Michel Cazenave « La rupture entre Freud et Jung : la question de l’« occulte » dans la psychanalyse »

– Jean-Marie Lacrosse « Le retour de l’hypnose aujourd’hui »

– Isabelle Stengers « Le poison de la preuve »

Contact :

Université libre de Bruxelles

Avenue des Pèlerins 33, 1380 Maransart – Belgique

benoit.beyer@ulb.ac.b