ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archives de Cameroun

Un pêcher contre la douleur

Reportage de Jean-Philippe Camborde et Pascal Moret, Universcience, La Belle Société Production, Muséum national d’histoire naturelle, Inserm, CNRS, Ville de Senlis, France TV Education, Away to Wake up productions, 4min, 2016

Le neurobiologiste Michel de Waard (Inserm) nous raconte l’étonnante histoire d’une molécule synthétique anti-douleur, le Tramadol, dont on a trouvé après coup son équivalent naturel dans les racines d’un pêcher africain utilisées au Cameroun pour le traitement de la douleur et de l’épilepsie. Ou quand la chimie moderne rejoint sans le savoir la pharmacopée traditionnelle.

Reportage à voir sur Universcience.

Ethnobotanique des plantes médicinales anti hémorroïdaires des marchés et villages du Centre et du Littoral Cameroun

Article de Siegfried Didier DIBONG, Patrice Brice MVOGO OTTOU, Deli VANDI, Rosette Christelle NDJIB, Fabrice MONKAM TCHAMAHA, Emmanuel MPONDO MPONDO paru dans Journal of Applied Biosciences, n°96, 2015

Très peu de données sont disponibles sur les plantes anti hémorroïdaires en Afrique. Le but est de valoriser la médecine à base des plantes dans le traitement des pathologies hémorroïdaires.

Méthodologie et résultats : Des enquêtes ethnobotaniques ont été réalisées auprès des guérisseurs des villages et des marchés des Régions du Centre et du Littoral. Un dendrogramme évaluant la similitude des connaissances des informateurs a été produit et les Fréquences Relatives (FRs) ainsi que les Facteurs de Consensus d’Utilisation des espèces (ICFs) ont été calculés. Au total, 60 espèces médicinales ont été
recensées parmi lesquelles 45 ligneux et 15 herbacées. Elles sont reparties dans 41 familles dont la plus représentée est celle des Fabaceae. Ces espèces, endémiques pour la plupart sont riches en composés phénoliques et sont utilisées en association pour la préparation de 42 recettes dans lesquelles les écorces sont les organes végétaux les plus sollicités. La décoction à l’eau et la boisson prise deux fois par jour plus le bain de siège pris une fois par jour sont les modes de préparation et d’administration des dites recettes.
Aucune espèce n’a atteint la valeur moyenne de consensus (0,5) ainsi que laFRmoyenne (50%). Piper umbellatum, Baillonella toxisperma, Antrocaryon klaineanum, Irvingia gabonensis, Cylicodiscus gabonensis, Mangifera indica, Pycnanthus angolensis, Morinda lucida, Capsicum frutescens, Myrianthus arboreus et Elaeis guineensis sont les espèces ayant atteint un ICF≥ 0,10 et une FR≥ 10%.
Conclusion et application des résultats : La flore camerounaise est riche en espèces de plantesmédicinales anti hémorroïdaires et le coût réduit des recettes serait pour les populations démunies, une alternative dans la lutte contre la pauvreté.
Article intégralement accessible en version PDF (530 Ko) sur Elewa.

Des arbres et des hommes

Ouvrage de Jean Gormo « Des arbres et des hommes. Une contribution à l’histoire des filières arboricoles à Maroua, Cameroun », éditions Ifrikiya, 2015.

jean-GORMO

Editions Ifrikiya BP 30332, Yaoundé, Cameroun
tel. (237) 99 85 95 94 | (237)99771099 / 980488

 

Utilisation du bois dans les pêcheries côtières du Cameroun

Article de Hyacinthe Angoni, Alphonse Pouokam Tatchim, Bernard Aloys Nkonmeneck et Elie Nguekam paru dans la Revue d’Ethnoécologie, n°7, 2015

Kribi est située sur la côte maritime du Cameroun, dans la région du Sud, chef-lieu du département de l’Océan. La bordure côtière Sud Cameroun est caractérisée par une végétation de mangroves qui fait partie du grand ensemble des mangroves du Rio Ntem. La pêche constitue la principale activité génératrice de revenus pour les populations. Pour la conservation et la transformation du poisson, le fumage y est largement pratiqué. Cette technique consomme d’énormes quantités de bois dont l’utilisation abondante pour le fumage de poisson constitue une menace pour les mangroves et la biodiversité en général. Ainsi cette étude qui s’étend de Kribi à Campo a pour objectif d’étudier les usages du bois et identifier les impacts de son exploitation dans l’environnement.
Des enquêtes auprès des communautés des pêcheurs, des acteurs de la filière fumage de poisson dont les fumeuses et les vendeurs de bois, des mesures biométriques ont été réunies au sujet des bois récoltés.
Il ressort de cette étude qu’il existe deux modes d’approvisionnement de bois. Les populations coupent directement le bois dans la forêt (auto-approvisionnement) ce qui s’explique par la proximité des forêts.
Le fumage représente 60 % des différents usages du bois de feu. En comparaison avec le fumoir classique, les fumoirs améliorés permettent des réductions de la consommation de bois de l’ordre de 50 %. La consommation moyenne en fumoir traditionnel est de 6,8 m3 contre 3,4 m3 pour les fumoirs améliorés. Le bois de mangrove est de moins en moins utilisé par les fumeuses. Par contre, le Sambi (Uapaca guineensis) est une essence très prisée dans le fumage de poisson.

Article intégralement accessible sur le site de la revue.

 

Zoonymes et phytonymes en samba leko : Interpréter ce que la langue dit de la faune et de la flore

Communication de Gwenaëlle Fabre au colloque « Langue, environnement, culture : pluridisciplinarité et développement », Ouagadougou (Burkina Faso), 8-10 mars 2012

Cet article porte sur un lexique de 250 termes relatifs à la faune et la flore, collectés lors d’enquêtes linguistiques sur le samba leko. Après une présentation rapide de la langue, des conditions d’enquête et de différents aspects de la syntaxe nominale, on se focalisera sur quelques-uns des termes simples récurrents dans les dénominations complexes (des noms simples d’animaux et de plantes, et le terme  » enfant « ) pour ouvrir la voie à une étude plus ambitieuse sur la façon dont les locuteurs appréhendent les regroupements que manifeste ce lexique.

Communication intégralement accessible en version PDF (729,7 Kb) sur HAL-SHS.

Engagement de la recherche agronomique dans l’action. Le cas d’une Recherche-Action en Partenariat au Cameroun

Thèse de Anna Carbonnel, Université Paul Valéry – Montpellier III (Ethnologie), 10/12/2012, Paul Pandolfi (Dir.), 376 p.

La Recherche-Action en Partenariat (R.A.P.) est une démarche de recherche conçue par des chercheurs du Centre de coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement (C.I.R.A.D.). D’après les concepteurs de la R.A.P., les inventions proposées par les chercheurs agronomes ne sont pas suffisamment prises en compte par les potentiels utilisateurs et ne se transforment pas forcément en innovation. Inspirée des sciences sociales et présentée comme une démarche capable d’élaborer des conditions favorables à la co-construction des innovations, la R.A.P. doit améliorer le passage entre l’invention des chercheurs et l’adoption de ces inventions par les utilisateurs. Cette thèse se focalise sur les conditions d’émergence de la R.A.P. au C.I.R.A.D. puis sur son application à deux terrains vivants : le Cameroun et le Burkina Faso. La question principale posée dans ce travail est de savoir si effectivement et concrètement, la R.A.P. s’inspire des sciences sociales pour favoriser la co-construction des innovations et atteindre l’un de ses objectifs : résoudre les problèmes des acteurs. Cette thèse est une réflexion sur la place et les actions possibles des sciences sociales en collaboration avec d’autres disciplines pour se mettre au service d’une telle démarche et de tels projets de développement. L’observation de la R.A.P. comme un objet de recherche socio-anthropologique donne à voir une multitude de questionnements essentiels tant pour le milieu de la recherche que pour les situations locales rencontrées.

Thèse  prochainement publiée chez L’Harmattan.

De la ressource disponible à la ressource exploitée : Méthodes de quantification des ressources alimentaires dans les régions forestières et les savanes du Cameroun

Article de Edmond Dounias, Annette Hladik et  Claude Marcel Hladik paru dans « Bien manger et bien vivre. Anthropologie alimentaire et développement en Afrique intertropicale : du biologique au social », FROMENT, A., GARINE, I. DE, BINAM BIKOI, C. et LOUNG, J.F. (Ed.) (1996), pp 55-66

A partir de l’exposé du protocole des enquêtes sur la quantification de ressources naturelles forestières, nous présentons les problèmes spécifiques qui se posent lors de l’établissement d’inventaires et d’estimations quantifiées des ressources spontanées en forêt tropicale humide, en les comparant à ceux qui concernent les régions de savane. La quantification des ressources en fruits et de la disponibilité en ignames sauvages dans le sous-bois forestier nécessite l’emploi de techniques particulières, de même que la mesure du gibier capturé par une communauté de chasseurs. Ces deux formes d’enquêtes permettent de montrer que si, à force d’extrapolations successives, l’on parvient à estimer ce qu’une communauté prélève sur le milieu, les contraintes inhérentes à la forêt et à la complexité de son fonctionnement rendent extrêmement délicate l’estimation des ressources qui sont effectivement disponibles, en vue de déterminer les seuils tolérables d’intensification des systèmes d’exploitation traditionnels.

Article intégralement accessible en version PDF (365,1 Kb) sur HAL-SHS.