ETHNOBOTANIQUE

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Archives de Burkina Faso

A Ouagadougou, une élève ingénieure veut produire de l’électricité avec la jacinthe d’eau

Article de Morgane Le Cam, paru dans Le Monde Afrique, 29.11.2016

« Pour Mariama Mamane, une nuisance peut être la solution à deux problèmes. Ce n’est pas de la magie mais de la chimie. La Nigérienne de 26 ans veut transformer une « mauvaise herbe » en électricité.

La jacinthe d’eau, plante envahissante originaire d’Amazonie, est un véritable fléau en Afrique. Dès la tombée des premières pluies de la saison, elle pullule à la surface des plans d’eau, les assèche et les pollue, asphyxiant petit à petit la faune et la flore. Chaque année, les pays tropicaux envahis mènent des campagnes géantes d’arrachage. Des tonnes de jacinthes sont déracinées et le plus souvent enfouies.

« On peut faire mieux et utiliser la jacinthe pour résoudre des problèmes, garantit l’étudiante, avec assurance. A partir des plantes arrachées, on peut produire un engrais naturel. La méthanisation produit un biogaz qui peut être transformé en électricité. »

L’idée lui est venue en 2013. Après avoir obtenu une licence en biodiversité et gestion de l’environnement à l’université de Niamey, sa ville d’origine, l’étudiante intègre l’école internationale d’ingénieurs 2iE, à Ouagadougou, la capitale burkinabée. A côté du campus où elle suit ses cours en master eau et assainissement, un lac dont on ne distingue presque plus la surface retient son attention. Il est saturé de jacinthes… »

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Vivre de l’agriculture dans la ville africaine : une géographie des arrangements entre acteurs à Bobo-Dioulasso, Burkina Faso

Thèse de Ophélie Robineau, Université Paul Valéry – Montpellier III (Géographie), 03/12/2013, Lucette Laurens ; Christophe-Toussaint Soulard (Dir.), 378 p.

Cette thèse porte sur l’analyse des dynamiques de développement de l’agriculture urbaine à Bobo-Dioulasso, au Burkina Faso. Elle s’intéresse à la façon dont les agriculteurs arrivent à vivre et produire en ville en s’appuyant sur une démarche systémique centrée sur les interactions ville-agriculture. Elle cherche à décrypter les facteurs d’intégration de l’agriculture au système urbain. Cette intégration peut être d’ordre économique, socio-spatial, naturel, technique, et politique. Dans toutes ces dimensions de l’intégration, les arrangements entre acteurs sont un facteur de maintien de l’agriculture en ville : c’est la thèse défendue ici. Dans la première partie, la thèse retrace l’évolution des liens entre la ville et l’agriculture depuis l’origine de la ville, et décrit la diversité des dynamiques agricoles à l’oeuvre dans la ville et ses franges urbaines. Le développement de Bobo-Dioulasso, carrefour commercial de produits agricoles, est fortement basé sur le dynamisme agricole régional. Dynamiques régionales et urbaines ont favorisé le développement multiforme de l’agriculture urbaine : cette agriculture s’est développée, transformée et adaptée et est aujourd’hui pratiquée par une multitude d’acteurs urbains. Dans un deuxième temps, cette thèse analyse les pratiques agricoles et les arrangements socio-spatiaux entre acteurs. Les agriculteurs urbains, à travers des arrangements avec d’autres acteurs, arrivent à maintenir des formes agricoles contrastées en ville : les maraîchers, à travers une logique de mobilité au sein de l’espace urbain et des arrangements à la fois avec des acteurs institutionnels et des fournisseurs d’intrants, accèdent à des ressources essentielles à la conduite de leur activité.

Thèse intégralement accessible en version PDF (40,7 Mb) sur HAL-SHS.

Végétation naturelle et occupation des terres au Burkina Faso (Afrique de l’ouest). Cinq décennies de changement dans un terroir du pays Sémé

Communication de Ali Bene et Anne Fournier au colloque « Langue, environnement, culture : pluridisciplinarité et développement », Ouagadougou (Burkina Faso), 8-10 mars 2012

Le milieu naturel et social du Burkina Faso a été fortement modifié par l’accroissement de la population, les aléas climatiques et la  » mondialisation  » au cours des dernières décennies. Cela se traduit par des transformations sociales, de profonds changements dans l’occupation des terres et une modification notable de la végétation naturelle. La présente étude évalue les changements d’occupation des terres et de végétation intervenus depuis une cinquantaine d’années dans le Kénédougou (ouest du Burkina Faso), une région en cours de saturation par l’arboriculture. Le travail s’appuie sur une cartographie par télédétection du terroir du village de Kotoudéni en 1956, 1999 et 2010, une analyse écologique de la végétation et des enquêtes sur les changements auprès des habitants. Si, en 1956, la couverture végétale naturelle ( » brousse « ) était importante et diversifiée, elle a connu ensuite une régression spectaculaire au profit des champs et vergers. L’étude du couvert arboré actuel a permis d’identifier 118 espèces et de définir 6 groupements floristiques. L’enquête a révélé que la régression notable de la brousse et des forêts-galeries à cause de l’extension rapide de l’arboriculture et des zones agricoles s’est accompagnée de la raréfaction ou de la disparition de certaines espèces.

Communication intégralement accessible en version PDF (2,3 Mb) sur HAL-SHS.

Pratique et perception des feux de végétation dans un paysage de vergers. Le pays sèmè (Kénédougou, Burkina Faso)

Communication de Anne Fournier, Manaka Douanio, Ali Bene au colloque « Langue, environnement, culture : pluridisciplinarité et développement », Ouagadougou (Burkina Faso), 8-10 mars 2012

Comme bien d’autres populations de savane en Afrique de l’Ouest, les Sèmè du Burkina Faso (appelés Siamou en langue dioula) utilisent le feu pour gérer la brousse depuis des temps immémoriaux. L’introduction de l’arboriculture depuis une cinquantaine d’années a bouleversé les paysages : champs et vergers couvrent désormais près de 90 % du territoire. Nos observations au sol en 2009 et 2010 montrent que les feux continuent d’être utilisés dans cette nouvelle mosaïque paysagère. En début de saison sèche à partir de fin novembre, ils servent à protéger les bâtiments (maisons, écoles), les pistes et les zones de stockage des récoltes et pour créer des pare-feu autour des champs et vergers. On les emploie également souvent comme technique agricole de  » nettoyage  » de ces mêmes champs et vergers, le matériel végétal retiré lors des sarclages étant ensuite brûlé sur place de décembre à début mai. Bien qu’on défriche peu aujourd’hui, le feu continue d’intervenir dans l’opération. Les quelques fragments de brousse qui subsistent dans ces paysages fortement humanisés sont également brûlés à partir de fin novembre. Seuls quelques galeries forestières et bosquets sacrés échappent presque toujours au feu. Au total, 30 % de la surface environ sont soumis au feu sous une forme ou une autre. Par ailleurs le feu semble intervenir dans des activités rituelles dont certaines ont toujours lieu. Pour les Sèmè, le feu semble ainsi rester un outil de gestion incontournable de leur environnement, qu’il soit naturel ou cultivé, et de leurs représentations.

Communication intégralement accessible en version PDF (3,2 Mb) sur HAL-SHS.

Une base de données informatisée transdisciplinaire de la flore : un outil pour l’étude du lien nature-société

Communication de Raymond Boyd, Anne Fournier et Saïbou Nignan au colloque « Langue, environnement, culture : pluridisciplinarité et développement », Ouagadougou (Burkina Faso), 8-10 mars 2012

Cet article rend compte d’une collaboration entre linguistes et phytoécologues visant à créer une base de données informatisée concernant la flore chez les Seme, une population de la province du Kenedougou au Burkina Faso dont la langue est classée dans l’ensemble kru de la famille Niger-Congo. Cette base est conçue comme un outil polyvalent qui fournit à l’utilisateur un accès :

– à l’identification des espèces par nomenclature botanique, appuyée par des liens à des informations détaillées

– à la dénomination en langue avec découpage en unités significatives et renvois aux entrées complémentaires pertinentes,

– et à des documents écrits ou sonores permettant de vérifier ou d’approfondir les données rapportées.

Une étude de cette langue a été entamée, fondée sur les études antérieures de Kotalama Traoré (1984, 1985) et sur une base de données établie par le centre missionnaire Africa Inter-Mennonite Mission (AIMM) implanté à Orodara et à Tin. Nos propres données ont été recueillies en questionnant sur les usages anciens et actuels des plantes, des personnes de différents âges dans diverses localités au cours d’entretiens semi-structurés et en recherchant sur le terrain les plantes citées pour identification.

L’exploitation de notre base doit permettre  à terme d’évaluer la manière dont la bio-diversité végétale et le patrimoine que constituent les savoirs locaux associés ont évolué depuis une cinquantaine d’années environ, pendant lesquelles les usages ancestraux des plantes se sont modifiés de façon rapide. Elle offre ainsi des éléments pour un observatoire de la flore et des savoirs locaux face au changement climatique et social.

Communication intégralement accessible en version PDF (1,4 Mb) sur HAL-SHS.

Engagement de la recherche agronomique dans l’action. Le cas d’une Recherche-Action en Partenariat au Cameroun

Thèse de Anna Carbonnel, Université Paul Valéry – Montpellier III (Ethnologie), 10/12/2012, Paul Pandolfi (Dir.), 376 p.

La Recherche-Action en Partenariat (R.A.P.) est une démarche de recherche conçue par des chercheurs du Centre de coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement (C.I.R.A.D.). D’après les concepteurs de la R.A.P., les inventions proposées par les chercheurs agronomes ne sont pas suffisamment prises en compte par les potentiels utilisateurs et ne se transforment pas forcément en innovation. Inspirée des sciences sociales et présentée comme une démarche capable d’élaborer des conditions favorables à la co-construction des innovations, la R.A.P. doit améliorer le passage entre l’invention des chercheurs et l’adoption de ces inventions par les utilisateurs. Cette thèse se focalise sur les conditions d’émergence de la R.A.P. au C.I.R.A.D. puis sur son application à deux terrains vivants : le Cameroun et le Burkina Faso. La question principale posée dans ce travail est de savoir si effectivement et concrètement, la R.A.P. s’inspire des sciences sociales pour favoriser la co-construction des innovations et atteindre l’un de ses objectifs : résoudre les problèmes des acteurs. Cette thèse est une réflexion sur la place et les actions possibles des sciences sociales en collaboration avec d’autres disciplines pour se mettre au service d’une telle démarche et de tels projets de développement. L’observation de la R.A.P. comme un objet de recherche socio-anthropologique donne à voir une multitude de questionnements essentiels tant pour le milieu de la recherche que pour les situations locales rencontrées.

Thèse  prochainement publiée chez L’Harmattan.

Le paysannat cotonnier africain dans la mondialisation : impacts sociaux, économiques et géographiques. Le cas de la région Est du Burkina Faso.

Thèse de Camille Renaudin, Université Paris-Sorbonne – Paris IV (Géographie), 18/03/2011, Sylvie Brunel ; Jean-Marie Miossec (Dir.), 385 p.

Cette recherche traite de la vulnérabilité des paysans cotonniers au Burkina Faso face aux évolutions du marché et aux changements institutionnels de la filière. En effet, la filière coton a subi depuis une dizaine d’années une crise généralisée, dont la chute des prix fut le caractère le plus visible. Cette crise sans précédent est symptomatique du démantèlement des filières d’exportation, mises en place progressivement depuis la période coloniale, dans le cadre des politiques d’ajustement structurel. La filière coton étant reconnue comme un succès historique de développement agricole, ses difficultés actuelles sont donc un bon révélateur de l’impact du retrait des États et de la coopération internationale dans le secteur de l’agriculture. Les résultats s’appuient sur le traitement d’enquêtes par questionnaire menées auprès de paysans dans l’Est du Burkina Faso et sur la réalisation d’entretiens semi-directifs auprès des acteurs de la filière. Ces analyses de terrains sont ensuite confrontées aux stratégies de sortie de crise proposées par les sociétés cotonnières, l’Union des Producteurs de Coton Burkinabè et l’État. Cette échelle d’analyse est intégrée dans une étude à différentes échelles, de la région, au marché global en passant par l’État. Cette approche multi-scalaire originale est la seule capable de mettre en relation efficacement les conclusions fondées sur un niveau unique d’analyse. Les conclusions montrent que le devenir de la filière coton et la stabilité des régions concernées dépendent de l’action des producteurs, des États et de la coopération internationale en faveur de l’agriculture familiale. Enfin, ce travail souligne l’intérêt de l’approche géographique qui intègre l’emboîtement des échelles en tant qu’élément majeur de la pérennité des filières agricoles dans les pays en voie de développement.

Thèse intégralement accessible en version PDF (25,3 Mb) sur TEL.