ETHNOBOTANIQUE

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Archive pour Burkina Faso

Perception paysanne et importance socioculturelle et ethnobotanique de Pterocarpus erinaceus au Burkina Faso et au Niger

Article de Habou RABIOU, Babou André BATIONO, Kossi ADJONOU, Adzo Dzifa KOKUTSE, Ali MAHAMANZ et Kouami KOKOU paru ans Afrique Sciences, 2017, 13 (5), pp. 43-60

L’article porte sur le rôle de Pterocarpus erinaceus, espèce multi-usages, dans la vie socio-économique et culturelle des populations surtout en zone rurale du Niger et du Burkina. L’objectif de la présente étude porte sur l’inventaire des utilisations faites des organes de P. erinaceus au Niger et au Burkina Faso en vue de mettre en évidence les connaissances paysannes sur P. erinaceus en relation avec la diversité culturelle. Des enquêtes ont été menées dans 44 villages dont 13 au Niger et 31 au Burkina Faso.

Un total de 360 personnes a été interviewé au Niger au Burkina Faso. Le bois de P. erinaceus est utilisé pour la confection des objets d’arts et divers outils. Les feuilles sont utilisées comme fourrage et dans le traitement de 23 maladies et symptômes. Les écorces et les racines ayant presque la même utilisation sont impliquées dans le traitement de 33 maladies et symptômes. Les ethnies originaires de la zone de distribution de l’espèce se sont bien distinguées par leur grande connaissance des utilisations de l’espèce. Les utilisations de l’espèce conjuguées aux variations climatiques ne sont pas sans conséquence sur la dynamique des peuplements naturels de l’espèce.

Article intégralement accessible en version PDF (695 Ko) ici.

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Étude ethnobotanique de Boscia senegalensis (Pers.) Lam (Capparaceae) dans le Département de Banh, Province du Loroum, au Nord du Burkina Faso

Article de Mamounata O. BELEM, Joséphine YAMEOGO, Souleymane OUEDRAOGO, Moumouni NABALOUM paru dans Journal of Animal &Plant Sciences, 2017. Vol.34, pp. 5390-5403 

La présente étude porte sur les connaissances ethnobotaniques de Boscia senegalensis (Pers.) Lam (Capparaceae), un ligneux aux usages multiples, très prisé, mais qui se raréfie au Burkina Faso. Les enquêtes et prospections de terrain ont révélé la présence de l’espèce dans cinq villages du département de Banh, dans la
province du Loroum. Il s’agit de Banh, Delga, Madougou, Nongodoum et Ségué. Les populations de ces villages appartiennent à trois groupes socioculturels différents. L’importance de l’espèce s’est révélée lors de
l’enquête ethnobotanique auprès d’un échantillon de cent dix femmes ; ces femmes sont les actrices principales de la récolte, de la transformation et de la vente des produits issus du B. senegalensis.


L’étude a permis de recenser vingt et trois utilisations pour les différents organes et produits. Par rapport aux organes utilisés, il ressort que les feuilles sont les plus recherchées, avec 45% des opinions suivies des fruits (28 %), des graines (19,14%), des racines (6%). Les autres utilisations relatives au bois et au parasite (Gui) sont
marginales avec 2% d’opinions exprimées. L’alimentation est l’un des domaines d’utilisation commun aux trois groupes socioculturels. Les disparités se retrouvent dans les usages médicinaux des parties de la plante.

Artilce intégralement accessible en version PDF(746 Ko) sur le site de la revue.

A Ouagadougou, une élève ingénieure veut produire de l’électricité avec la jacinthe d’eau

Article de Morgane Le Cam, paru dans Le Monde Afrique, 29.11.2016

« Pour Mariama Mamane, une nuisance peut être la solution à deux problèmes. Ce n’est pas de la magie mais de la chimie. La Nigérienne de 26 ans veut transformer une « mauvaise herbe » en électricité.

La jacinthe d’eau, plante envahissante originaire d’Amazonie, est un véritable fléau en Afrique. Dès la tombée des premières pluies de la saison, elle pullule à la surface des plans d’eau, les assèche et les pollue, asphyxiant petit à petit la faune et la flore. Chaque année, les pays tropicaux envahis mènent des campagnes géantes d’arrachage. Des tonnes de jacinthes sont déracinées et le plus souvent enfouies.

« On peut faire mieux et utiliser la jacinthe pour résoudre des problèmes, garantit l’étudiante, avec assurance. A partir des plantes arrachées, on peut produire un engrais naturel. La méthanisation produit un biogaz qui peut être transformé en électricité. »

L’idée lui est venue en 2013. Après avoir obtenu une licence en biodiversité et gestion de l’environnement à l’université de Niamey, sa ville d’origine, l’étudiante intègre l’école internationale d’ingénieurs 2iE, à Ouagadougou, la capitale burkinabée. A côté du campus où elle suit ses cours en master eau et assainissement, un lac dont on ne distingue presque plus la surface retient son attention. Il est saturé de jacinthes… »

Lire la suite de l’article ici.

Vivre de l’agriculture dans la ville africaine : une géographie des arrangements entre acteurs à Bobo-Dioulasso, Burkina Faso

Thèse de Ophélie Robineau, Université Paul Valéry – Montpellier III (Géographie), 03/12/2013, Lucette Laurens ; Christophe-Toussaint Soulard (Dir.), 378 p.

Cette thèse porte sur l’analyse des dynamiques de développement de l’agriculture urbaine à Bobo-Dioulasso, au Burkina Faso. Elle s’intéresse à la façon dont les agriculteurs arrivent à vivre et produire en ville en s’appuyant sur une démarche systémique centrée sur les interactions ville-agriculture. Elle cherche à décrypter les facteurs d’intégration de l’agriculture au système urbain. Cette intégration peut être d’ordre économique, socio-spatial, naturel, technique, et politique. Dans toutes ces dimensions de l’intégration, les arrangements entre acteurs sont un facteur de maintien de l’agriculture en ville : c’est la thèse défendue ici. Dans la première partie, la thèse retrace l’évolution des liens entre la ville et l’agriculture depuis l’origine de la ville, et décrit la diversité des dynamiques agricoles à l’oeuvre dans la ville et ses franges urbaines. Le développement de Bobo-Dioulasso, carrefour commercial de produits agricoles, est fortement basé sur le dynamisme agricole régional. Dynamiques régionales et urbaines ont favorisé le développement multiforme de l’agriculture urbaine : cette agriculture s’est développée, transformée et adaptée et est aujourd’hui pratiquée par une multitude d’acteurs urbains. Dans un deuxième temps, cette thèse analyse les pratiques agricoles et les arrangements socio-spatiaux entre acteurs. Les agriculteurs urbains, à travers des arrangements avec d’autres acteurs, arrivent à maintenir des formes agricoles contrastées en ville : les maraîchers, à travers une logique de mobilité au sein de l’espace urbain et des arrangements à la fois avec des acteurs institutionnels et des fournisseurs d’intrants, accèdent à des ressources essentielles à la conduite de leur activité.

Thèse intégralement accessible en version PDF (40,7 Mb) sur HAL-SHS.

Végétation naturelle et occupation des terres au Burkina Faso (Afrique de l’ouest). Cinq décennies de changement dans un terroir du pays Sémé

Communication de Ali Bene et Anne Fournier au colloque « Langue, environnement, culture : pluridisciplinarité et développement », Ouagadougou (Burkina Faso), 8-10 mars 2012

Le milieu naturel et social du Burkina Faso a été fortement modifié par l’accroissement de la population, les aléas climatiques et la  » mondialisation  » au cours des dernières décennies. Cela se traduit par des transformations sociales, de profonds changements dans l’occupation des terres et une modification notable de la végétation naturelle. La présente étude évalue les changements d’occupation des terres et de végétation intervenus depuis une cinquantaine d’années dans le Kénédougou (ouest du Burkina Faso), une région en cours de saturation par l’arboriculture. Le travail s’appuie sur une cartographie par télédétection du terroir du village de Kotoudéni en 1956, 1999 et 2010, une analyse écologique de la végétation et des enquêtes sur les changements auprès des habitants. Si, en 1956, la couverture végétale naturelle ( » brousse « ) était importante et diversifiée, elle a connu ensuite une régression spectaculaire au profit des champs et vergers. L’étude du couvert arboré actuel a permis d’identifier 118 espèces et de définir 6 groupements floristiques. L’enquête a révélé que la régression notable de la brousse et des forêts-galeries à cause de l’extension rapide de l’arboriculture et des zones agricoles s’est accompagnée de la raréfaction ou de la disparition de certaines espèces.

Communication intégralement accessible en version PDF (2,3 Mb) sur HAL-SHS.

Pratique et perception des feux de végétation dans un paysage de vergers. Le pays sèmè (Kénédougou, Burkina Faso)

Communication de Anne Fournier, Manaka Douanio, Ali Bene au colloque « Langue, environnement, culture : pluridisciplinarité et développement », Ouagadougou (Burkina Faso), 8-10 mars 2012

Comme bien d’autres populations de savane en Afrique de l’Ouest, les Sèmè du Burkina Faso (appelés Siamou en langue dioula) utilisent le feu pour gérer la brousse depuis des temps immémoriaux. L’introduction de l’arboriculture depuis une cinquantaine d’années a bouleversé les paysages : champs et vergers couvrent désormais près de 90 % du territoire. Nos observations au sol en 2009 et 2010 montrent que les feux continuent d’être utilisés dans cette nouvelle mosaïque paysagère. En début de saison sèche à partir de fin novembre, ils servent à protéger les bâtiments (maisons, écoles), les pistes et les zones de stockage des récoltes et pour créer des pare-feu autour des champs et vergers. On les emploie également souvent comme technique agricole de  » nettoyage  » de ces mêmes champs et vergers, le matériel végétal retiré lors des sarclages étant ensuite brûlé sur place de décembre à début mai. Bien qu’on défriche peu aujourd’hui, le feu continue d’intervenir dans l’opération. Les quelques fragments de brousse qui subsistent dans ces paysages fortement humanisés sont également brûlés à partir de fin novembre. Seuls quelques galeries forestières et bosquets sacrés échappent presque toujours au feu. Au total, 30 % de la surface environ sont soumis au feu sous une forme ou une autre. Par ailleurs le feu semble intervenir dans des activités rituelles dont certaines ont toujours lieu. Pour les Sèmè, le feu semble ainsi rester un outil de gestion incontournable de leur environnement, qu’il soit naturel ou cultivé, et de leurs représentations.

Communication intégralement accessible en version PDF (3,2 Mb) sur HAL-SHS.

Une base de données informatisée transdisciplinaire de la flore : un outil pour l’étude du lien nature-société

Communication de Raymond Boyd, Anne Fournier et Saïbou Nignan au colloque « Langue, environnement, culture : pluridisciplinarité et développement », Ouagadougou (Burkina Faso), 8-10 mars 2012

Cet article rend compte d’une collaboration entre linguistes et phytoécologues visant à créer une base de données informatisée concernant la flore chez les Seme, une population de la province du Kenedougou au Burkina Faso dont la langue est classée dans l’ensemble kru de la famille Niger-Congo. Cette base est conçue comme un outil polyvalent qui fournit à l’utilisateur un accès :

– à l’identification des espèces par nomenclature botanique, appuyée par des liens à des informations détaillées

– à la dénomination en langue avec découpage en unités significatives et renvois aux entrées complémentaires pertinentes,

– et à des documents écrits ou sonores permettant de vérifier ou d’approfondir les données rapportées.

Une étude de cette langue a été entamée, fondée sur les études antérieures de Kotalama Traoré (1984, 1985) et sur une base de données établie par le centre missionnaire Africa Inter-Mennonite Mission (AIMM) implanté à Orodara et à Tin. Nos propres données ont été recueillies en questionnant sur les usages anciens et actuels des plantes, des personnes de différents âges dans diverses localités au cours d’entretiens semi-structurés et en recherchant sur le terrain les plantes citées pour identification.

L’exploitation de notre base doit permettre  à terme d’évaluer la manière dont la bio-diversité végétale et le patrimoine que constituent les savoirs locaux associés ont évolué depuis une cinquantaine d’années environ, pendant lesquelles les usages ancestraux des plantes se sont modifiés de façon rapide. Elle offre ainsi des éléments pour un observatoire de la flore et des savoirs locaux face au changement climatique et social.

Communication intégralement accessible en version PDF (1,4 Mb) sur HAL-SHS.