ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour botanique

À quoi pensent les plantes ?

Emission « Le temps d’un bivouac », radio France inter, 25.07.2017

Plus de 99% de la masse du vivant sur terre est constitué par les plantes… L’écologue Jacques Tassin se demande à quoi pensent les plantes.

A (ré) écouter sur la page de l’émission.

 

Le pouvoir des fleurs, Pierre-Joseph Redouté

Exposition au Musée de la Vie Romantique, Paris, 26.04 au 1.10.2017

Entre science et beaux-arts, Pierre-Joseph Redouté incarne l’apogée de la peinture florale ; surnommé le « Raphaël des Fleurs », il est devenu un modèle encore célébré aujourd’hui grâce à l’élégance et à la justesse de son interprétation d’une nouvelle flore venue orner les jardins entre la fin de l’Ancien Régime et la Monarchie de Juillet.
Grâce à la générosité du Muséum national d’Histoire naturelle, le musée de la Vie romantique organise pour la première fois en France, une exposition consacrée à Redouté et à son influence. Peintre botaniste, il a contribué à l’âge d’or des sciences naturelles en collaborant avec les plus grands naturalistes de son temps. Il a répondu à leur préoccupation de classement et d’identification de plantes rapportées des quatre continents en les reproduisant à l’aquarelle sur de précieux vélins avec une rigueur scientifique et un talent artistiques inégalés. Peintre des souveraines, de l’impératrice Joséphine à la reine Marie Amélie, il est aussi graveur, éditeur, et professeur.


Plus de 250 peintures, aquarelles, objets d’art, et vélins qui, en raison de leur fragilité, seront présentés suivant un accrochage en partie renouvelé en trois « saisons » proviennent de nombreuses collections publiques françaises (musée du Louvre, musée des Beaux-Arts de Lyon, musée de Grenoble, musée Fabre de Montpellier…) et des musées de Belgique.

Ecouter également cette émission de France Culture.

1 730 nouvelles plantes découvertes en 2016

Article de Pierre Le Hir, Le Monde, 18.05.2017

« L’organisation scientifique Les Jardins botaniques royaux de Kew dresse un nouvel inventaire de la flore mondiale. De possibles aliments du futur y figurent.

C’est une publication qui ravira les naturalistes et, plus largement, les amoureux du monde végétal. Les Jardins botaniques royaux de Kew, organisation scientifique qui gère notamment les célèbres Kew Gardens de la banlieue londonienne, inscrits au patrimoine de l’Unesco, livrent, jeudi 18 mai, la deuxième édition de leur rapport annuel sur l’état des lieux mondial des plantes. Un « herbier » auquel ont contribué 128 scientifiques de 12 pays.

On y apprend que 1 730 nouvelles espèces de plantes ont été découvertes en 2016 sur la planète, dont certaines constitueront peut-être des aliments du futur. C’est le cas de onze variétés brésiliennes de manioc (Manihot esculenta), la denrée de base la plus répandue dans le monde après le maïs et le riz. Ces nouvelles variétés pourraient contribuer à diversifier la production du manioc, estiment les auteurs, en permettant sa culture sous des climats plus arides que ceux où il pousse aujourd’hui… »

Lire l’article sur le site du journal.

La Librairie des jardins baisse le rideau

Article de Lucien Jedwab, le Monde, 06. 01. 2016

« C’est par une affichette apposée sur sa devanture que les visiteurs du jardin des Tuileries à Paris ont pu apprendre la fermeture de la Librairie des jardins, programmée pour le 6 janvier par son concessionnaire, la Réunion des musées nationaux (RMN). Attenante à la grille de la place de la Concorde, cette ancienne salle des gardes sous Catherine de Médicis fut transformée en librairie spécialisée par Françoise Simon, en 1996, pour le compte du Centre des ­monuments nationaux, rattaché au ministère de la culture. Elle l’anima pendant une vingtaine d’années, avant de prendre sa retraite en 2015. Elle y a proposé des milliers d’ouvrages, touchant tous les domaines du jardin : patrimoine, histoire, paysage, horticulture, botanique, médecine…

Fréquentée par les professionnels, fleuristes, jardiniers ou paysagistes, par les historiens ou les enseignants, par les touristes ou amateurs de passage, la librairie a accueilli de nombreux auteurs venus y faire des lectures ou participer à des conférences et des débats. Pour Françoise Simon, « attristée » par ce qu’elle nomme un « vaste gâchis », ce « lieu unique » remplissait une « mission culturelle »…

Lire l’intégralité de l’article sur le site du journal.

 

Précieux vélins – Trois siècles d’illustration naturaliste

Exposition au Museum National d’Histoire Naturelle, Jardin des Plantes, Paris, Du 28 septembre 2016 au 2 janvier 2017

Pour la première fois depuis sa création en 1793, le Muséum national d’Histoire naturelle présente au public près de 150 vélins, aquarelles naturalistes exceptionnelles, choisis parmi les 7000 vélins de la collection hors du commun de l’institution.
Présentés à l’occasion de la sortie du beau livre « Les Vélins du Muséum » (coédition Muséum – Citadelles & Mazenod), la sélection exposée en reprend le découpage chronologique du XVIIe siècle à nos jours. Chaque mois, les vélins seront renouvelés en raison de leur fragilité ne permettant pas une exposition trop longue… l’occasion de visiter non pas une, mais trois expositions inédites.

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Sept mille illustrations représentant fleurs et animaux forment la collection des vélins du Muséum. Cet impressionnant ensemble est composé de dessins naturalistes, qui, certes diffèrent par leur sujet mais partagent tous une technique invariable : une représentation à l’aquarelle ou à la gouache sur une peau de veau mort-né. Ici, l’art et la science se partagent ce patrimoine exceptionnel traduisant l’importance de l’observation et de la description dans les sciences de la nature.

Informations complémentaires sur le site du MNHN.

Quels sont les facteurs naturels et humains conduisant au statut public d’espèce invasive ? Le cas de l’ajonc d’Europe (Ulex europaeus) sur l’île de La Réunion

Thèse de Nathalie Udo, Environnement et Société. Université de Rennes 1; Université Européenne de Bretagne, 2016, 377 p.

Depuis plus d’une vingtaine d’années, les espèces invasives ont été hissées au rang des problèmes publics majeurs en raison de leurs effets sur l’environnement, l’économie ou la santé. L’objectif général de cette thèse est d’identifier les facteurs naturels et humains conduisant à attribuer au cours du temps le statut public d’espèce invasive à certaines espèces et dans certains contextes, à travers le cas de l’ajonc d’Europe (Ulex europaeus) sur l’île de La Réunion (Océan Indien). Ce travail se structure en trois parties : (i) une comparaison des caractéristiques biologiques de l’ajonc entre La Réunion, où il est déclaré invasif, et la France métropolitaine, d’où est-il originaire, (ii) une analyse historique de sa dynamique d’expansion géographique et des facteurs naturels et humains qui l’ont favorisée, et (iii) une étude de la construction des statuts publics qui lui ont été attribués depuis son introduction. Les résultats ont révélé une évolution biologique entre des populations d’ajonc de France et de La Réunion sur le taux et la vitesse de germination, et la production et dispersion des graines. Couplée à une croissance des individus plus rapide précédemment démontrée, ceci suggère que les capacités de colonisation de l’ajonc sont plus importantes dans l’île que dans sa zone d’origine. Ces capacités ont favorisé son expansion géographique dans les milieux agricoles et naturels, en interaction avec les usages du sol, les pratiques agricoles et les savoir-faire liés à l’ajonc. Ces éléments découlent eux-mêmes du contexte socio-économique global à l’œuvre, de l’échelle européenne à l’échelle de l’exploitation agricole familiale. La construction et publicisation du statut invasif de l’ajonc dans l’île résulte d’une combinaison entre ces éléments écologiques et les éléments sociologiques suivants : une nouvelle lecture scientifique écologique du monde à l’échelle globale, et, à l’échelle régionale, des jeux d’acteurs complexes autour de la gestion des milieux naturels protégés. Ces résultats mettent une fois de plus en évidence l’importance des approches interdisciplinaires pour appréhender les objets foncièrement hybrides, produits de nature et de culture.

Thèse intégralement accessible en version PDF (9,96 Mo) sur Hal-Shs.

Un champ de Mars dans l’histoire du Maroc : Khandaq er-rîhân, le Ravin au myrte

Tiré à part de Jamal Bellakhdar et Abdelmalek Benabid paru dans Horizons Maghrébins n° 72, 2015, pp. 83-109.

Cette étude démontre que des sciences aussi éloignées entre elles que le sont la Botanique et l’Histoire peuvent néanmoins collaborer entre elles pour produire des effets de connaissance.

Les auteurs sont respectivement ethnobotaniste (J.B.) et botaniste (A.B.) et collaborent souvent dans des travaux d’inventaire portant sur les flores locales et sur les usages que leur ont trouvés les populations dans un territoire donné. Les recherches de ce type s’appuient obligatoirement sur un travail méthodique de terrain et sur des enquêtes à caractère ethnographique conduites auprès des personnes et des communautés qui détiennent le savoir traditionnel relatif aux plantes. Elles nécessitent par ailleurs un examen attentif des sources documentaires écrites afin d’arriver à déterminer si les usages végétaux recensés s’inscrivent dans une certaine continuité historique ou relèvent au contraire de l’innovation. La connaissance de l’histoire régionale s’impose donc, à un moment donné de l’avancement de ces travaux, comme l’une des compétences à acquérir nécessairement pour conduire la recherche à son terme.

C’est justement à l’occasion de l’une de ces consultations livresques, portant – dans le cas précis qui nous intéresse ici – sur un petit arbuste très présent dans la nature et dans la culture marocaines, le myrte, au sujet duquel une étude était en préparation, que l’un d’entre nous a relevé une information se rapportant à la fois à la botanique et à la science historique et susceptible donc d’être exploitée à des fins utiles aux deux disciplines.

En s’appuyant sur une démarche pluridisciplinaire confrontant des informations provenant de sources historiques écrites et des données recueillies sur le terrain, d’ordre géographique, topographique et botanique, les auteurs de cet article ont réussi à identifier le site exact de la bataille dite de Khandaq er-rîhân (Le Ravin au myrte) qui opposa en 1576, pour la prise du pouvoir, deux princes de la dynastie saâdienne, Abdelmâlek Abou Marwan et son neveu Mohammed Ben Abdallah dit Al Moutawakil. Ce même site abrita par la suite, à deux reprises, en 1907 et en 1908, le camp de retranchement d’une armée servant la cause du sultan régnant Moulay Abdelaziz, après sa mise en déroute par les tribus Chaouïa et les partisans du prétendant au trône Moulay Abdelhafid. La découverte sur place, au milieu des fourrées, des vestiges d’un ancien lieu de sépulture dont personne ne connaissait l’histoire, est venue confirmer notre identification.

Pour se procurer le tiré à part (fichiers pdf) : pour toute demande, s’adresser par mail aux auteurs.

(info Telabotanica)