ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour bois

Hammams au Maroc, la forêt en surchauffe

Article de Perrine Massy et Timothée Vinchon paru dans Le Temps, 4.11. 2016

« Prisés des touristes et des locaux, les hammams marocains brûlent chaque jour des milliers de tonnes de bois. Un appétit qui grignote toujours plus les forêts, parfois au nez et à la barbe de l’Etat.

Marrakech, la ville la plus visitée du Maroc, s’apprête à accueillir la COP22 (7-18 novembre) et ses 30 000 participants, qui viendront se mêler aux touristes venus découvrir les charmes de la ville ocre. Aux portes de la médina, le hammam Pacha, l’un des plus vieux de la ville, attire les voyageurs en quête d’authenticité.

Comme la majorité des hammams du pays, cet établissement est chauffé au bois, et pas qu’un peu: une tonne par jour et par unité en moyenne. Rapporté au nombre de bains dans tout le royaume – 6 000 à 12 000 selon l’estimation des associations de propriétaires de bains maures – l’appétit en bois des hammams représenterait 45% du bois consommé en ville. Le bois de feu, également utilisé par les boulangeries et les particuliers, serait même responsable de 76% de la déforestation au Maroc, d’après certaines estimations… »

Lire l’intégralité de l’article sur le site du journal.

Autre article du Monde sur les hammams durables.

 

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Sensuelles essences : ce que nos sens nous disent du bois

Conférences issues du colloque « Xylomanies ! Explorer les savoir-faire du bois », Fondation d’entreprise Hermès, France Culture Plus

Le bois convoque tous les sens et aime à les surprendre. Il appelle le contact pour découvrir sa douceur ou sa rugosité. On l’apprécie par son odeur, celle des copeaux dans un atelier, celle du cèdre, de l’encens ou des notes boisées d’un parfum. Et aussi pour son goût : le bâton de réglisse de l’enfance ou la pincée de cannelle… Relié à nos cinq sens, il est un véritable héritage commun tant naturel que culturel.

  • « Le bois que l’on goûte… et que l’on sent ». Olivier Roellinger, chef étoilé, spécialiste des épices et Jean-Claude Ellena, parfumeur
  • « A l’écoute du bois « . Stéphane Vaiedelich, directeur du laboratoire de recherche et de restauration du musée de la Musique – Cité de la musique et Miguel Henry, luthier
  • « L’arbre, le bois et la forêt » : points de vue d’un artiste. Grégory Chapuisat, plasticien.

Interventions à ré-écouter ici.

Bois de construction et ressources forestières dans les Alpes du sud au IIe millénaire : dendrochrono-écologie et archéologie

Thèse de Lisa Shindo, Sciences de l’Homme et Société, Aix-Marseille Université, 2016, 942 p.

L’étude des pièces de bois de construction permet de dater le bâti vernaculaire (fermes, granges, pressoirs à vin, moulin, pont…) et de préciser les variations temporelles des relations entre les sociétés humaines d’une part, et la ressource-bois et la forêt d’autre part. La zone d’étude est la vallée de la Durance, depuis le Briançonnais jusqu’à la région de Riez et, plus généralement, les Alpes françaises du sud. Le cadre temporel retenu comprend les époques médiévale, moderne et contemporaine, périodes pour lesquelles l’effectif du matériel étudiable est très élevé. Le premier objectif est une meilleure connaissance du patrimoine bâti, au moyen de la dendrochronologie. Les types de bois mis en œuvre (essence, âge, calibre) ainsi que les phases d’abattage et de construction sont mises en évidence. Dans un contexte de changement de l’occupation humaine et d’aménagement du territoire, le développement de ce type d’étude est essentiel pour conserver les traces historiques de ce patrimoine fragile, témoin d’une société montagnarde en relation forte avec son environnement, spécialement forestier. Le deuxième objectif est de développer la compréhension de la relation entre le bâti et la forêt. Cette relation entre les populations humaines et la forêt ressource pose la question de l’état des forêts des Alpes et de la forêt comme ressource au cours du dernier millénaire. L’histoire de l’occupation humaine dans les Alpes françaises du sud est ainsi questionnée. Pour répondre à la problématique, l’interdisciplinarité a été une nécessité. Un dialogue avec des historiens, archéologues, forestiers, informaticiens, charpentiers, anthracologues, gestionnaires, ingénieurs et ouvriers dans la construction et la restauration a été instauré. Et, la dendrochronologie a servi de creuset à la mise en œuvre d’une approche interdisciplinaire, dans le but de dépasser les limites de chaque discipline.

Thèse intégralement accessible en version PDF (85,85 Mo) sur Hal-Shs.

Appel à valorisation des archives de l’Institut du Pin

L’Institut du Pin a constitué tout au long du XXe siècle une des plus importantes institutions scientifiques dans la région bordelaise. Son importance pour la mise en valeur des richesses du plus grand massif forestier, la forêt landaise, est difficile à surestimer.

Après la fermeture de l’Institut du Pin à la fin des années 2010, ses vastes archives ont pu devenir l’objet d’études historiques par Marcin KRASNODEBSKI, dans le cadre d’une thèse dirigée par Jérôme Pierrel et Pascal Duris de l’EA 4574 SPH à l’Université de Bordeaux. Cette étude a porté sur l’histoire de la chimie des résines et de l’infrastructure scientifique et industrielle dans la région bordelaise dans les années 1900-1970. Néanmoins, elle ne couvre qu’une petite partie des archives en question. Le fonds en question est extrêmement riche. De nombreux sujets passionnants restent toujours inexplorés : l’implantation de la papeterie dans la forêt landaise, l’utilisation du bois de pin dans la fabrication des gazogènes et carburants, les premiers travaux sur les énergies forestières renouvelables ou bien sur la biologie du pin.

Les Archives Départementales visent à conserver une partie du fonds et sauver cet héritage matériel, mais les laboratoires de l’Université de Bordeaux ne possèdent plus de moyens pour continuer le financement des travaux historiques sur le fonds. En outre, un certain nombre de documents risque de ne pas être conservé. La valorisation des archives de l’Institut du Pin est en conséquence un problème urgent qui nécessite un financement supplémentaire. Il serait malheureux de perdre l’opportunité de l’étudier dans son intégralité et de compléter la reconstruction de cet épisode intéressant au carrefour de l’histoire des sciences, de l’histoire environnementale et de l’histoire économique.

En conséquence, nous sommes à la rechercher des organismes, des entités aussi bien que des initiatives ponctuelles qui pourraient faciliter le financement d’un projet de recherche en histoire, et permettre de continuer notre travail visant à préserver l’Institut du Pin de l’oubli. La problématique à aborder est riche, et nous sommes ouverts à forger une collaboration à caractère interdisciplinaire afin d’éclaircir les archives de l’Institut du Pin en fonction de perspectives différentes (par exemple : énergies forestières renouvelables dans la première moitié du XXe siècle, l’implantation de la papeterie dans les Landes, etc.)

Pour des renseignements complémentaires, veuillez contacter Marcin Krasnodebski (marcin.krasnodebski@u-bordeaux.fr). Toute proposition de collaboration ou suggestion de piste pour trouver le financement serait très bienvenue.

[Info Le Ruche].

Conférences de la Fondation d’entreprise Hermès

Plusieurs conférences, en particulier sur le bois, à écouter et/ou regarder en ligne sur France Culture Plus

Madagascar continue de fermer les yeux sur le trafic du bois de rose

Article de Laurence Caramel paru dans Le Monde, 14. 01. 2016

« Rien ni personne ne semble être en mesure de contrer le pillage à large échelle des ressources naturelles de Madagascar par les élites politiques et économiques de l’île. Jeudi 14 janvier, le comité permanent de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Cites), réuni à Genève, a été contraint de durcir ses sanctions face à l’inertie du gouvernement dans la lutte contre le trafic de bois de rose, un bois précieux prisé par les nouveaux riches chinois et utilisé dans la fabrication de meubles de luxe… »
Article à lire sur le site du journal.

Approche interdisciplinaire d’un bois méditerranéen entre la fin de l’Antiquité et la fin du Moyen Âge, Saugras et Aniane, Valène et Montpellier

Article de Charlotte Britton, Lucie Chabal, Gaspard Pagès, Laurent Schneider paru dans Médiévales, n°53, Presses Universitaires de Vincennes, 2007, pp.65-80

Le développement économique que connaît la ville de Montpellier au XIIIe siècle a souvent été associé à celui de l’espace littoral. Pourtant l’influence de la nouvelle métropole s’étend aussi dans son proche arrière-pays. Au seuil du XIIIe siècle les consuls ont exploité les ressources forestières d’un espace de garrigue identifié sous le nom de  » Bois de Valène « . Une récente enquête collective permet désormais de mieux saisir l’histoire de cet espace dans le temps long. La garrigue montpelliéraine n’était pas seulement vouée au pastoralisme. Entre le Ve siècle de notre ère et le XVIe siècle, les secteurs du Bois de Valène et de Saugras ont été en effet exploités de manière multiforme. Métallurgie du fer, charbonnage, verreries rurales et officines de céramiques notamment montrent que ces zones dites de marge n’étaient pas des espaces immobiles. Découvertes archéologiques, textes et analyses de laboratoire offrent aujourd’hui des lectures croisées à même d’éclairer une partie de ces realia dont les traces demeurent le plus souvent bien fugaces.

Article intégralement accessible en version PDF (239,19 Ko) sur Hal-Shs.