ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour biodiversité

Mapuche les hommes – plantes

Emission « Tout un monde », radio France Culture, 04.02.2017

Malgré les exactions coloniales, les spoliations territoriales, près de un million de Mapuche vivent au Chili. Leurs subtiles connaissances des plantes, les usages qu’ils en font pour l’artisanat, la construction, l’alimentation, la médecine ou les activités rituelles pratiquées par les machis (leurs chamanes), perdurent et même renaissent sous nos yeux. Dans cette perspective, l’émission fera le point sur l’application du protocole de Nagoya en matière de biodiversité dans le monde et sur l’appropriation illégale des ressources génétiques et des connaissances traditionnelles associées, sans partage des avantages issus de leur utilisation.

Émission à (re) écouter sur le site de la radio.

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De la friche urbaine à la biodiversité. Ethnologie d’une reconquête : La petite ceinture de Paris

Thèse de Julie Scapino, Architecture, aménagement de l’espace. Museum national d’histoire naturelle – MNHN Paris, 2016, 525 p.

L’attention pour la biodiversité se porte aujourd’hui sur les villes : il faut désormais prendre soin des espèces et des écosystèmes jusqu’au cœur des milieux les plus artificiels. Or, accueillir une nature sauvage bouleverse les critères d’ordre et de propreté des espaces urbains, et modifie les cultures professionnelles de leurs concepteurs et gestionnaires. Fin 2011, la Ville de Paris s’est dotée d’un Plan biodiversité. Fondé sur les savoirs de l’écologie scientifique, il doit permettre de renforcer la présence du vivant dans la capitale et affiche la volonté de changer le regard sur le sauvage en ville. Cette politique est confrontée à l’ethnographie d’une vaste friche urbaine, enjeu territorial pour la biodiversité parisienne : la petite ceinture. Construite au XIXe siècle autour de Paris, cette voie ferrée, en grande partie inutilisée, a été colonisée par la flore et la faune. Officiellement interdite au public, elle est pourtant intensément fréquentée par de nombreux habitants. Les rapports au lieu et à la nature qu’il abrite ont été étudiés chez les usagers informels des rails. L’absence de fonction officielle et une surveillance lâche permettent l’existence d’une vie sociale diversifiée, transgressive et inventive. Si la nature n’est pas centrale dans les relations à la friche, elle est une composante de l’identité du lieu. Le développement libre du végétal est valorisé pour sa rareté dans un monde urbain ultra-contrôlé, alors que son intérêt écologique est peu évoqué. En parallèle, la petite ceinture s’institutionnalise au titre de la nature. D’une part, une gestion différenciée est appliquée depuis 2006 par des équipes dont l’action participe d’une mise en ordre de l’espace. D’autre part, la Mairie de Paris aménage certains points du linéaire en jardins associatifs ou publics. L’étude du cas d’une promenade dans le XVe arrondissement révèle une véritable attention portée à la biodiversité. Mais la reconquête du délaissé va aussi de pair avec des modalités nouvelles de maîtrise du vivant et une normalisation du lieu et de sa pratique sociale. Herbes folles et pratiques informelles émergent là où le contrôle se desserre. Si les mauvaises herbes ont été réhabilitées, peut-être est-il possible de changer notre regard sur la fertilité sociale de la friche.

Thèse intégralement accessible en version PDF (23.92 Mo) sur Tel.

« Dernière chance pour la biodiversité » Les pommes d’antan

Article de Angela Bovis et Antonin Sabot, Le Monde, 11. 2016

« Dans ce dernier épisode de notre série sur la réparation de la biodiversité, laissons derrière nous biodiversité sauvage et biodiversité urbaine pour plonger dans la biodiversité cultivée. Façonnée par les paysans et éleveurs pendant des millénaires, elle est aujourd’hui en chute libre. Dans un rapport de 2010, la FAO (agence alimentaire des Nations unies) estimait que trois quarts de la diversité des cultures avaient été perdus entre 1900 et 2000, soulignant que « la diversité génétique des plantes que nous cultivons et consommons – et des espèces sauvages apparentées – pourrait disparaître à jamais, compromettant ainsi la sécurité alimentaire future ».

Le cas de la pomme, fruit préféré des Européens, dont le nombre de variétés commerciales s’est effondré au XXe siècle, est emblématique de cette déperdition. En réaction, une myriade d’associations s’efforcent de redécouvrir et de conserver la gamme bigarrée de ses variétés locales. Non pas en les entreposant dans des banques de graines congelées – où dorment désormais, à l’abri des conditions réelles, « plus de 70 % de la diversité génétique de deux cents à trois cents plantes cultivées », selon la Convention sur la diversité biologique. Mais en tentant de faire revivre, sur leurs territoires, ce patrimoine agricole et culturel… »

Lire et voir la suite de l’article sur le site du journal.

Biodiversité : quand Paris s’ensauvage

Reportage visuel de Angela Bolis, Antonin Sabot et Karim El Hadj, Le Monde, 29.09.2016

« Avec 20 % du territoire urbanisé en France, la ville, longtemps pensée comme l’antithèse du milieu naturel, est devenue un lieu incontournable de la reconquête de la biodiversité. La plupart des citadins et des mairies désirent accorder plus de place à la nature… mais quelle nature ? Des massifs ornementaux aux couleurs vives et aux contours bien délimités ; des plantes comestibles cultivées entre voisins ; ou une nature plus sauvage et spontanée ? Cette dernière conception, la plus propice à l’épanouissement de la biodiversité urbaine, fait doucement son chemin dans les esprits. Reportage à Paris qui, de la Petite Ceinture aux jardins de la « guérilla gardening », s’ensauvage… »

Lire et voir l’intégralité du reportage sur le site du Monde.

Les habitants et leur jardin. Relations au vivant, pratiques de jardinage et biodiversité au coeur de l’agglomération parisienne

Thèse de Mathilde Riboulot,  Paris 1 , dans le cadre de Géographie de Paris espaces, sociétés, aménagements , en partenariat avec Laboratoire dynamiques sociales et recomposition des espaces (LADYSS), soutenance le 15-09-2016.

Mention de thèse, document n’est pas (encore) accessible.

 

 

« Dernière chance pour la biodiversité ». Les arbres de Verdun, déplacés pour le climat

Article de Angela Bolis et Nicolas Leblanc, Le Monde, juillet 2016

« Pour les forestiers, habitués au temps long des arbres et à une certaine constance de leurs conditions de vie, le grand défi du XXIe siècle sera de faire face à un facteur nouveau d’instabilité : le changement climatique. Son rythme, inédit, confrontera nombre d’essences à des températures et des précipitations qui auront sensiblement évolué au cours même de leur vie séculaire. Depuis 2011, l’Office national des forêts (ONF) tente d’anticiper ce phénomène grâce au projet Giono : une expérience de «  migration assistée » d’arbres provenant du sud de la France, où ils sont particulièrement menacés par le réchauffement, pour les planter en forêt de Verdun. Reportage sur ces plantations de jeunes chênes et hêtres, pionniers d’une lente migration climatique de la flore vers des latitudes plus clémentes… »
Lire et regarder le reportage interactif ici.

Biodiversité végétale et délaissés dans l’aménagement urbain – Contribution potentielle des délaissés urbains aux continuités écologiques

Thèse de Marion Brun, Environnement et Société. Université de Tours, 2015, 482 p.

Cette thèse se propose d’éclairer les connaissances sur les délaissés urbains, définis comme temporaires et abandonnés au sein de l’urbain, ne présentant pas de projet d’aménagement immédiat, laissant place à une végétation spontanée. Notre objectif est de caractériser la biodiversité végétale des délaissés urbains afin de comprendre en quoi ils peuvent avoir un rôle en tant qu’espaces de nature en ville et plus spécifiquement dans les politiques de préservation des continuités écologiques, notamment les Trames Vertes et Bleues (TVB). Étant étudiés dans le milieu urbain, il est nécessaire de considérer les délaissés au sein de l’espace géographique qu’est la ville. D’un point de vue écologique, la mise en relation des dynamiques écologiques et des caractéristiques du milieu urbain permet non seulement d’analyser leur intérêt écologique intrinsèque, mais aussi leur rôle potentiel pour les continuités écologiques en ville. Afin d’appréhender ce rôle, il est également nécessaire de saisir la façon dont ces espaces sont pris en compte dans les politiques d’aménagement du territoire et de conservation de la nature. Enfin, les résultats de cette caractérisation pluridisciplinaire des délaissés urbains porteront sur les outils d’aménagement du territoire mobilisables pour améliorer la prise en compte des délaissés au sein des politiques environnementales.

Thèse intégralement accessible en version PDF (15,45 Mo) sur Tel.