ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur le sujet

Archives de Bénin

Sacred forests and the global challenge of biodiversity conservation: the case of Benin and Togo

Article (en français) de Dominique Juhé-Beaulaton paru dans « Journal for the Study of Religion, Nature, and Culture », 2008, 2 (3), pp.351-372

Les bois sacrés représentent souvent les derniers îlots forestiers de l’aire d’étude (Sud du Bénin et du Togo). Ces formations forestières se trouvent menacées devant la pression foncière croissante combinée à l’évolution des pratiques culturelles. Une analyse rapide des facteurs de ces changements depuis l’arrivée des Européens dans cette région prendra en compte le contexte historique et culturel et l’identification des différentes catégories d’acteurs intervenant directement ou non dans la gestion des bois sacrés. Les recherches scientifiques orientées par les grandes conventions internationales ont précédé et accompagné la mise en place des politiques environnementales et culturelles et les actions des ONG. Ces différentes actions se traduisent par des modifications des modes de gestion de ces sites et une adaptation des pratiques culturelles dont les responsables politiques et religieux locaux sont les gardiens. C’est ainsi que devant la diminution du pouvoir de ces chefs traditionnels (problèmes de succession, non respect des interdits religieux), l’administration forestière préconise la « restauration » de ces formations boisées par des plantations et que l’écotourisme apparaît comme une nouvelle forme de conservation de la biodiversité. Le renforcement du rôle de l’État passe par une définition du statut juridique de ces bois sacrés.

Article intégralement accessible en version PDF (352,69 ko) sur HAL-SHS.

Voir également plusieurs photographies de Dominique Juhé-Beaulaton représentant des bois sacrés sur MediHal.

Étude ethnobotanique des plantes utilisées dans le traitement du diabète chez les femmes enceintes à Cotonou et Abomey-Calavi (Bénin)

Article de Fah L., Klotoé JR, Dougnon V., Koudokpon H., Fanou VBA., Dandjesso C., Loko F. paru dans « Journal of Animal &Plant Sciences », 2013. Vol.18, Issue 1: 2647-2658.

La présente étude a permis d’identifier les plantes à propriétés antidiabétiques vendues aux femmes enceintes à Cotonou et Abomey-Calavi. Il est revenu, de ces enquêtes, que les espèces les plus vendues par les herboristes pour le traitement du diabète chez les femmes enceintes sont : Catharanthus roseus L., Lippia multiflora Moldenke et Phyllanthus amarus Sch. et Th. Les recettes sont composées de plantes uniques (14,29%) ou d’association de deux à onze plantes (85,71%). Leurs coûts accessibles varient de 200 à 1000 Francs CFA. Les parties de plantes les plus utilisées sont la tige feuillée, la tige, la plante entière, l’écorce et la racine et les recettes sont préparées essentiellement par décoction et administrées exclusivement par voie orale. Ces résultats constituent la base d’études ultérieures visant à évaluer expérimentalement les potentialités de ces plantes. Cela permettra de mettre à la disposition des parturientes, de substances nouvelles d’origine endogène.

Article intégralement accessible en version PDF (684 Ko) sur le site d’Elewa.

Etude ethnobotanique des ressources forestières ligneuses de la forêt marécageuse d’Agonvè et terroirs connexes au Bénin

Article de M.E. Dossou, G.L. Houessou, O.T. Lougbégnon, A.H.B. Tenté, J.T.C. Codjia paru dans Tropicultura, 2012, vol. 30, n°1, pp. 41-48

Cette étude ethnobotanique a été réalisée au niveau des populations riveraines de la forêt d’Agonvè, une des forêts marécageuses du Sud-Bénin. Elle a permis de décrire les différentes formes d’utilisation des espèces végétales ligneuses par les populations et de calculer les valeurs d’usage ethnobotanique associées à ces espèces. Vingt-huit espèces ligneuses ont été inventoriées. Divers usages sont faits de ces espèces: médicinal, alimentaire, bois énergie, bois d’œuvre et artisanat. L’analyse en composante principale de la matrice (formes d’utilisation * espèces) a permis de montrer que les populations ne font généralement pas l’exploitation forestière des espèces qu’elles considèrent comme utiles en alimentation ou en pharmacopée. Les feuilles, écorces, fruits et racines constituent les parties les plus utilisées. La valeur d’usage ethnobotanique totale des espèces n’est pas significativement différente d’un village à l’autre (p= 0,344, F= 1,08 et ddl= 2). Dialium guineense (VUT= 8,98), Spondianthus preussii (VUT= 7,68) et Raphia hookeri (VUT= 7,16) sont les espèces végétales les plus utilisées par les populations. Au total, l’étude met l’accent sur l’importance de la valeur d’usage ethnobotanique comme outil de base pour sélectionner les espèces sur lesquelles l’accent devra être mis dans les plans d’aménagement pour répondre non seulement au besoin d’utilisation des populations mais aussi pour améliorer le statut de conservation des espèces.

Article intégralement accessible en version PDF (472 ko) sur le site de la revue.

Etude ethnobotanique des plantes médicinales vendues dans le marché d’Abomey-Calavi au Bénin

Article de AC. Adomou, H. Yedomonhan, B. Djossa, SI. Legba, M. Oumorou et A. Akoegninou, paru dans International Journal of Biological and Chemical Sciences, vol 6, n° 2 (2012)

La commercialisation et l’utilisation des essences médicinales constituent des pratiques très courantes en Afrique et en particulier au Bénin. Une enquête a été effectuée chez une seule vendeuse disposant de trois différents étalages. L’inventaire minutieux et détaillé des trois étals a duré 30 jours. Un total de 205 espèces végétales groupées en 181 genres et 74 familles ont été recensées. Les familles les plus représentées en termes de richesse spécifique sont : Leguminosae (15%), Rubiaceae (7%) et Euphorbiaceae (7%). Ces espèces sont utilisées dans la formulation de 41 recettes pour traiter 37 maladies et symptômes. Le spectre biologique montre une nette prédominance des phanérophytes (68%). L’analyse biogéographique montre une dominance des espèces guinéo-congolaises (29%), pantropicales (29%) et afrotropicales (10%). Les tiges feuillées (67%) et racines (15%) constituent les organes les plus prisés. La décoction (86%) et le savon (12%) sont les formes pharmaceutiques fréquemment enregistrées. Les maladies et symptômes les plus fréquemment cités par les acheteurs sont: paludisme, diarrhée, stérilité, troubles menstruels, ictère, infections. Au nombre des plantes les plus vendues et rares, on peut citer: Khaya senegalensis, Monodora myristica, Xylopia aethiopica, Tetrapleura tetraptera, Acridocarpus smeathmannii et Entada gigas. La vente des plantes médicinales constitue non seulement une activité génératrice de revenu, mais contribue aussi aux soins de santé primaire, à la vulgarisation et la pérennisation du savoir endogène associé à l’utilisation des plantes médicinales.

Article payant sur le site d’African Journals on Line.

Identification et étude phytochimique de plantes utilisées dans le traitement traditionnel de l’ulcère de Buruli au Bénin

Article de A.L. Yemoa, J.D. Gbenou, R.C. Johnson , J.G. Djego, C. Zinsou , M. Moudachirou, J. Quetin-Leclercq , A. Bigot, F. Portaels paru dans « Ethnopharmacologia » , n°42, décembre 2008, pp. 48-55

Le traitement traditionnel de l’ulcère de Buruli (UB) au Bénin se fait principalement à base de plantes. L’enquête ethnobotanique menée auprès de 17 tradipraticiens dans la commune de Ouinhi (département du Zou) a répertorié 49 plantes différentes utilisées pour traiter cette maladie. Deux de ces plantes présentent un fort taux d’utilisation : Erythrophleum suaveolens (Guill. et Perr.) Brenan et Strophanthus hispidus DC.

L’étude phytochimique de dix-sept de ces plantes révèle la présence de grands groupes chimiques dont de nombreux composés possèdent diverses propriétés notamment anti-œdémateuses, anti-inflammatoires, antibactériennes, antiseptiques, sédatives, analgésiques, anesthésiques, cicatrisantes qui pourraient intervenir dans le traitement
de l’UB. Des recherches complémentaires sont nécessaires pour identifier, isoler et purifier les composés de ces groupes chimiques présents dans les plantes et étudier leur place relative dans le traitement de l’UB.

Article accessible en intégralité en version PDF (381 Ko) sur le site de l’Université catholique de Louvain.

L’agriculture urbaine : un outil multidimensionnel pour le développement des villes et des communautés

Revue thématique VertigO, vol. 10, n°2, septembre 2010, accessible intégralement en ligne sur le site de la revue

Depuis maintenant plus d’une décennie – selon la plus récente estimation disponible – ils sont mondialement environ 800 millions à pratiquer l’agriculture urbaine (AU). 200 millions d’entre eux réalisent de la production de marché et 150 millions le font à plein temps. Ces gens produisent environ 15% de la production mondiale de nourriture. Selon les prédictions, ce pourcentage pourrait doubler dans la prochaine génération. Depuis 1996, les chiffres disponibles pour certaines villes ont démontré une augmentation du nombre de producteurs, de production et de valeur dans cette activité urbaine. Si la plupart des gens pratiquant l’agriculture urbaine vivent majoritairement dans les pays en développement, plusieurs se retrouvent également dans les pays industrialisés. Ce dossier de VertigO – la revue électronique en sciences de l’environnement publie des textes abordant cet outil de développement mais aussi utilisé pour la sociabilisation des citadins, l’aménagement viable de la ville, etc. Ce dossier montre que l’agriculture urbaine est un élément clef de la viabilité.

Sommaire

-Louiza Boukharaeva et Marcel Marloie
L’apport du jardinage urbain de Russie à la théorisation de l’agriculture urbaine

-Manon Boulianne, Geneviève Olivier-d’Avignon et Vincent Galarneau
Les retombées sociales du jardinage communautaire et collectif dans la conurbation de Québec

-Emmanuel Pezrès
La permaculture au sein de l’agriculture urbaine : Du jardin au projet de société

-Christian Peltier
Agriculture et projet urbain durables en périurbain : la nécessité d’un réel changement de paradigme

-M. L. Ndiaye, H.-R. Pfeifer, S. Niang, Y. Dieng, M. Tonolla et R. Peduzzi
Impacts de l’utilisation des eaux polluées en agriculture urbaine sur la qualité de la nappe de Dakar (Sénégal)

-Abraham Olahan
Agriculture urbaine et stratégies de survie des ménages pauvres dans le complexe spatial du district d’Abidjan

-Kouakou Etienne, Koné Brama, Bonfoh Bassirou, Kientga Sonwouignandé Mathieu, N’Go Alexis, Savané Issiaka et Cissé Guéladio
L’étalement urbain au péril des activités agro-pastorales à Abidjan

-Francis A. Adiko, Barbara Matthys, Gueladio Cissé, Bassirou Bonfoh, Marcel Tanner et Jürg Utzinger
Relation entre le capital humain des maraîchers urbains et leurs comportements de prévention des risques sanitaires sur les sites de culture à Abidjan (Côte d’Ivoire)

- Hygin Faust Kakaï S., Alban Gilles Kakaï S. et Armelle Grey Tohouegnon
Agriculture urbaine et valorisation des déchets au Bénin : une approche de développement durable

- Guy Nouatin et François-Xavier Bachabi
Urbanisation et viabilité de l’activité maraîchère : cas d’une ville à statut particulier au Bénin (Parakou)

- Dabat Marie-Hélène, Andrianarisoa Blandine, Aubry Christine, Ravoniarisoa Evelyne Faramalala, Randrianasolo Hasimboahirana, Rakoto Nelly, Sarter Samira et Trèche Serge
Production de cresson à haut risque dans les bas fonds d’Antananarivo ?

Structure et dynamique de la diversité d’une plante cultivée à multiplication végétative : le cas des ignames au Bénin (Dioscorea sp.)

Thèse de Nora Scarcelli, Université Montpellier II – Sciences et Techniques du Languedoc (Agronomie), 22/11/2005, Serge Hamon (Dir.), 229 p.

Nous avons étudié comment les pratiques paysannes contribuent à la dynamique et la structuration de la diversité d’une plante cultivée à multiplication végétative, l’igname (Dioscorea sp.) au Bénin. Dans un premier temps, nous avons montré la diploïdie des espèces étudiées (D. rotundata, D. abyssinica et D. praehensilis). Nous avons mis en évidence des flux de gènes entre les compartiments sauvage (D. abyssinica et D. praehensilis) et cultivé (D. rotundata). Tout d’abord, nous avons montré l’existence et la viabilité d’hybrides interspécifiques. Puis, nous avons montré qu’à travers la pratique de l’ennoblissement, certains paysans créent de nouvelles variétés à partir d’individus sauvages, d’hybrides interspécifiques et probablement à partir d’hybrides inter-variétaux. Les paysans utilisent donc la reproduction sexuée des ignames sauvages et cultivées et participent ainsi à maintenir les processus évolutifs chez cette plante à multiplication végétative. Nous avons ensuite analysé la diversité du compartiment cultivé et son organisation à l’échelle d’un village. Nos résultats suggèrent que les variétés d’ignames ont été créées à partir de produits de reproduction sexuée. Les variétés sont polyclonales mais homogènes génétiquement. En effet, cette diversité s’interprète comme des mutants dérivant d’un même génotype. Enfin, les agriculteurs cultivent les mêmes groupes de variétés et échangent des tubercules entre eux, ce qui conduit à une absence de différenciation entre les pools génétiques cultivés par les différents paysans.

Accessible intégralement en version PDF sur TEL.

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