ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archives de Bénin

Etude ethnobotanique des plantes médicinales utilisées contre une maladie cutanée contagieuse : la gale humaine au Sud-Bénin

Article de Dougnon T.V., Attakpa E., Bankolé H.,Hounmanou Y.M.G.,Dèhou R., Agbankpè J., de Souza M., Fabiyi K., Gbaguidi F., Baba-Moussa L., paru dans la Revue Cames, Série Pharm. Méd. Trad. Afr., 2016. 18(1): 16-22

La gale humaine est une maladie infectieuse, contagieuse, prurigineuse et d’expression dermatologique. Elle touche un très grand nombre de personnes de toutes les classes sociales et de toutes tranches d’âges. Au Bénin, les populations ont souvent recours aux plantes médicinales pour soigner cette maladie Le présent travail a pour but de réaliser l’inventaire des plantes médicinales localement utilisées  dans  le traitement  de  la  gale  humaine.  La  méthodologie  a  consisté en la réalisation d’enquêtes ethnobotaniques à l’aide de questionnaires. Des tradithérapeutes et des herboristes du Sud-Bénin ont été enrôlés dans l’étude en vue de la collecte des informations. Au total, quarante-neuf (49) espèces de plantes, recensées auprès de 200 personnes ressources (98 tradithérapeutes et 102 herboristes) sont utilisées contre la gale au  Sud-Bénin.  Les  plantes  les  plus  citées  étaient Ocimum  gratissimum (Lamiaceae) (L.), Momordica  balsamina (Cucurbitaceae) (L.), Cassia fistula(Cesalpiniaceae) (L.) et Crateva  adansonii (Capparaceae) (DC). Les feuilles constituent l’organe le plus utilisé (69,29 %) et la plupart des remèdes contre la gale sont prescrits sous forme de décocté (41,5%) et de trituration (38,01%). 70% des tradithérapeutes et herboristes n’ont pas précisé les doses de plantes médicinales utilisées contre la gale humaine. La présente étude constitue une base de données pour des études ultérieures dans le domaine de la pharmacopée béninoise.

Article intégralement accessible en version PDF (678 ko) sur le portail des revues africaines.

Étude ethnobotanique, phytochimique et écotoxicologique de Ocimum gratissimum Linn (Lamiaceae) à Cotonou

Article de Wilfrid Hinnoutondji Kpètèhoto, Septime Hessou, Victorien Tamègnon Dougnon  , Roch Christian  Johnson, Gratien Boni, Eustache Enock Houéto,  Fidèle Assogba, Elias Pognon, Frédéric Loko, Michel Boko, Joachim Gbénou paru dans Journal of Applied Biosciences, vol.109, janvier 2017

L’usage de Ocimum gratissimum Lamiaceae (Basilic tropical) est très répandu au Bénin. Cette utilisation repose sur les connaissances empiriques des populations. Il est légitime de se demander si les vertus attribuées à cette plante reposent sur des bases scientifiques et sa consommation sans conséquences néfastes pour la santé humaine. Une étude ethnobotanique a ciblé les vendeurs de légumes feuilles des trois principaux marchés (Dantokpa ; Saint Michel ; Vêdoko), quelques phytothérapeutes, des agents de santé et des consommateurs de Cotonou la capitale de la République du Bénin. Elle a été complétée par une étude phytochimique basée sur des réactions de précipitations différentielles, complétée par le dosage des métaux lourds  (Plomb ;  Cadmium),  de  quelques  éléments  nutritifs  et  oligo-éléments par  spectrophotométrie d’absorption moléculaire.  Il ressort des investigations plusieurs usages de Ocimum gratissimum Linn (médicinal ; alimentaire ; rituel ; chimique ; ornemental). Cette plante renferme plusieurs groupes phytochimique (phénoliques ; azotés ; stéroïdes ; terpènes ; mucilages ; dérivés cyanogéniques), des éléments nutritifs (Protéines ; Azote ; Fer ; Zinc ; Cuivre). Par ailleurs, nos résultats montrent la présence de métaux lourds (Plomb ; Cadmium) dans des concentrations supérieures aux normes OMS.  Les  résultats  des  analyses  phytochimiques  et  nutritionnelles  confirment les usages empiriques identifiés lors de l’étude ethnobotanique. Cette plante est un remède dans la prévention et le traitement de certaines maladies, un complément alimentaire, une solution alternative dans la lutte chimique. Toutefois, la présence des Éléments Traces Métalliques avec des concentrations supérieures aux normes OMS traduit un risque potentiel pour la santé humaine. Il urge pour l’état central, les partenaires sociaux et la communauté scientifique de repenser la production de Ocimum gratissimum Linn de qualité phytosanitaire acceptable afin de garantir à la population l’usage sans risque de cette Plante Médicinale à caractère de Légumes feuilles, gage de bonne santé et de Développement Durable.

Article intégralement accessible en version PDF (172 Ko) sur le site du Journal.

Étude ethnobotanique et phytochimique de Momordica charantia Linn (Cucurbitaceae) à Cotonou au Bénin

Article de Roch Christian Johnson, Eustache Enock Houéto, Gratien Boni, Wilfrid Hinnoutondji Kpètèhoto, Victorien Dougnon, Elias Pognon, Fidèle Assogba, Frédéric Loko, Michel Boko, Joachim Gbénou paru dans Journal of Applied Biosciences, vol. 106, oct. 2016

La  présente  étude,  sur Momordica  charantia  Linn (Cucurbitaceae),  communément  appelé  margose une plante très utilisée pour le traitement de nombreuses maladies, est menée dans la ville de Cotonou au Bénin. Elle vise à vérifier la portée scientifique des usages empiriques que fait la population de cette plante, afin de promouvoir son utilisation sans risque.  
Une  étude  ethnobotanique  est  réalisée  auprès  de  32 vendeurs  des trois marchés de plantes médicinales les plus fréquentés de Cotonou. Elle est complétée par une. Exploration phytochimique,  associée  au  dosage  des  métaux  lourds et  de  quelques  éléments  nutritifs.  Les  vertus connues de la plante, recensées lors de l’étude ethnobotanique, sont corrélées avec les fractions actives mises  en  évidence  par  l’étude  phytochimique  qui  révèle  la  présence  des  tanins,  flavonoïdes, dérivés anthracéniques, alcaloïdes, stéroïdes, et mucilages. Le plomb et le cadmium sont aussi détectés à des concentrations  d’environ  neuf  et  six  fois,  respectivement,  supérieures  aux  normes  de  l’Organisation Mondiale de la Santé
Cette étude a permis de connaitre les usages empiriques que fait la population de cette plante puis de les lier aux substances actives présentes. Ces résultats constituent un outil  indispensable  dans  la  mise  en  place  d’une  base  de  données  pour  la  validation  scientifique  des connaissances traditionnelles des plantes au Bénin. Toutefois, ces recherches  révèlent les risques de contamination au plomb et cadmium auxquels la population est soumise dans l’utilisation de Momordica charantia.

Article intégralement accessible ici.

Ethnobotanique quantitative de l’usage de Chrysophyllum albidum G. Don par les populations locales au Bénin

Article de Lougbegnon O. Toussaint, Nassi Karl Martial et Gbesso G. H. François paru dans Journal of Applied Biosciences, novembre 2015.

Au Bénin, Chrysophyllum albidum (Pomme Etoile Africaine ou Pomme Etoile Blanche), une espèce à usage multiple. Elle est menacée car son habitat est de plus en plus occupé par l’homme et aussi à cause du ramassage systématique de ses fruits pour la commercialisation. Cette étude est menée pour évaluer de façon quantitative les connaissances entre les différentes communautés sur l’utilisation de l’espèce.

Article intégralement accessible en version PDF (1,2 Mo) sur le site de la revue.

 

Sacred forests and the global challenge of biodiversity conservation: the case of Benin and Togo

Article (en français) de Dominique Juhé-Beaulaton paru dans « Journal for the Study of Religion, Nature, and Culture », 2008, 2 (3), pp.351-372

Les bois sacrés représentent souvent les derniers îlots forestiers de l’aire d’étude (Sud du Bénin et du Togo). Ces formations forestières se trouvent menacées devant la pression foncière croissante combinée à l’évolution des pratiques culturelles. Une analyse rapide des facteurs de ces changements depuis l’arrivée des Européens dans cette région prendra en compte le contexte historique et culturel et l’identification des différentes catégories d’acteurs intervenant directement ou non dans la gestion des bois sacrés. Les recherches scientifiques orientées par les grandes conventions internationales ont précédé et accompagné la mise en place des politiques environnementales et culturelles et les actions des ONG. Ces différentes actions se traduisent par des modifications des modes de gestion de ces sites et une adaptation des pratiques culturelles dont les responsables politiques et religieux locaux sont les gardiens. C’est ainsi que devant la diminution du pouvoir de ces chefs traditionnels (problèmes de succession, non respect des interdits religieux), l’administration forestière préconise la « restauration » de ces formations boisées par des plantations et que l’écotourisme apparaît comme une nouvelle forme de conservation de la biodiversité. Le renforcement du rôle de l’État passe par une définition du statut juridique de ces bois sacrés.

Article intégralement accessible en version PDF (352,69 ko) sur HAL-SHS.

Voir également plusieurs photographies de Dominique Juhé-Beaulaton représentant des bois sacrés sur MediHal.

Étude ethnobotanique des plantes utilisées dans le traitement du diabète chez les femmes enceintes à Cotonou et Abomey-Calavi (Bénin)

Article de Fah L., Klotoé JR, Dougnon V., Koudokpon H., Fanou VBA., Dandjesso C., Loko F. paru dans « Journal of Animal &Plant Sciences », 2013. Vol.18, Issue 1: 2647-2658.

La présente étude a permis d’identifier les plantes à propriétés antidiabétiques vendues aux femmes enceintes à Cotonou et Abomey-Calavi. Il est revenu, de ces enquêtes, que les espèces les plus vendues par les herboristes pour le traitement du diabète chez les femmes enceintes sont : Catharanthus roseus L., Lippia multiflora Moldenke et Phyllanthus amarus Sch. et Th. Les recettes sont composées de plantes uniques (14,29%) ou d’association de deux à onze plantes (85,71%). Leurs coûts accessibles varient de 200 à 1000 Francs CFA. Les parties de plantes les plus utilisées sont la tige feuillée, la tige, la plante entière, l’écorce et la racine et les recettes sont préparées essentiellement par décoction et administrées exclusivement par voie orale. Ces résultats constituent la base d’études ultérieures visant à évaluer expérimentalement les potentialités de ces plantes. Cela permettra de mettre à la disposition des parturientes, de substances nouvelles d’origine endogène.

Article intégralement accessible en version PDF (684 Ko) sur le site d’Elewa.

Etude ethnobotanique des ressources forestières ligneuses de la forêt marécageuse d’Agonvè et terroirs connexes au Bénin

Article de M.E. Dossou, G.L. Houessou, O.T. Lougbégnon, A.H.B. Tenté, J.T.C. Codjia paru dans Tropicultura, 2012, vol. 30, n°1, pp. 41-48

Cette étude ethnobotanique a été réalisée au niveau des populations riveraines de la forêt d’Agonvè, une des forêts marécageuses du Sud-Bénin. Elle a permis de décrire les différentes formes d’utilisation des espèces végétales ligneuses par les populations et de calculer les valeurs d’usage ethnobotanique associées à ces espèces. Vingt-huit espèces ligneuses ont été inventoriées. Divers usages sont faits de ces espèces: médicinal, alimentaire, bois énergie, bois d’œuvre et artisanat. L’analyse en composante principale de la matrice (formes d’utilisation * espèces) a permis de montrer que les populations ne font généralement pas l’exploitation forestière des espèces qu’elles considèrent comme utiles en alimentation ou en pharmacopée. Les feuilles, écorces, fruits et racines constituent les parties les plus utilisées. La valeur d’usage ethnobotanique totale des espèces n’est pas significativement différente d’un village à l’autre (p= 0,344, F= 1,08 et ddl= 2). Dialium guineense (VUT= 8,98), Spondianthus preussii (VUT= 7,68) et Raphia hookeri (VUT= 7,16) sont les espèces végétales les plus utilisées par les populations. Au total, l’étude met l’accent sur l’importance de la valeur d’usage ethnobotanique comme outil de base pour sélectionner les espèces sur lesquelles l’accent devra être mis dans les plans d’aménagement pour répondre non seulement au besoin d’utilisation des populations mais aussi pour améliorer le statut de conservation des espèces.

Article intégralement accessible en version PDF (472 ko) sur le site de la revue.