ETHNOBOTANIQUE

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Archives de Bénin

Étude ethnobotanique et phytochimique de Momordica charantia Linn (Cucurbitaceae) à Cotonou au Bénin

Article de Roch Christian Johnson, Eustache Enock Houéto, Gratien Boni, Wilfrid Hinnoutondji Kpètèhoto, Victorien Dougnon, Elias Pognon, Fidèle Assogba, Frédéric Loko, Michel Boko, Joachim Gbénou paru dans Journal of Applied Biosciences, vol. 106, oct. 2016

La  présente  étude,  sur Momordica  charantia  Linn (Cucurbitaceae),  communément  appelé  margose une plante très utilisée pour le traitement de nombreuses maladies, est menée dans la ville de Cotonou au Bénin. Elle vise à vérifier la portée scientifique des usages empiriques que fait la population de cette plante, afin de promouvoir son utilisation sans risque.  
Une  étude  ethnobotanique  est  réalisée  auprès  de  32 vendeurs  des trois marchés de plantes médicinales les plus fréquentés de Cotonou. Elle est complétée par une. Exploration phytochimique,  associée  au  dosage  des  métaux  lourds et  de  quelques  éléments  nutritifs.  Les  vertus connues de la plante, recensées lors de l’étude ethnobotanique, sont corrélées avec les fractions actives mises  en  évidence  par  l’étude  phytochimique  qui  révèle  la  présence  des  tanins,  flavonoïdes, dérivés anthracéniques, alcaloïdes, stéroïdes, et mucilages. Le plomb et le cadmium sont aussi détectés à des concentrations  d’environ  neuf  et  six  fois,  respectivement,  supérieures  aux  normes  de  l’Organisation Mondiale de la Santé
Cette étude a permis de connaitre les usages empiriques que fait la population de cette plante puis de les lier aux substances actives présentes. Ces résultats constituent un outil  indispensable  dans  la  mise  en  place  d’une  base  de  données  pour  la  validation  scientifique  des connaissances traditionnelles des plantes au Bénin. Toutefois, ces recherches  révèlent les risques de contamination au plomb et cadmium auxquels la population est soumise dans l’utilisation de Momordica charantia.

Article intégralement accessible ici.

Ethnobotanique quantitative de l’usage de Chrysophyllum albidum G. Don par les populations locales au Bénin

Article de Lougbegnon O. Toussaint, Nassi Karl Martial et Gbesso G. H. François paru dans Journal of Applied Biosciences, novembre 2015.

Au Bénin, Chrysophyllum albidum (Pomme Etoile Africaine ou Pomme Etoile Blanche), une espèce à usage multiple. Elle est menacée car son habitat est de plus en plus occupé par l’homme et aussi à cause du ramassage systématique de ses fruits pour la commercialisation. Cette étude est menée pour évaluer de façon quantitative les connaissances entre les différentes communautés sur l’utilisation de l’espèce.

Article intégralement accessible en version PDF (1,2 Mo) sur le site de la revue.

 

Sacred forests and the global challenge of biodiversity conservation: the case of Benin and Togo

Article (en français) de Dominique Juhé-Beaulaton paru dans « Journal for the Study of Religion, Nature, and Culture », 2008, 2 (3), pp.351-372

Les bois sacrés représentent souvent les derniers îlots forestiers de l’aire d’étude (Sud du Bénin et du Togo). Ces formations forestières se trouvent menacées devant la pression foncière croissante combinée à l’évolution des pratiques culturelles. Une analyse rapide des facteurs de ces changements depuis l’arrivée des Européens dans cette région prendra en compte le contexte historique et culturel et l’identification des différentes catégories d’acteurs intervenant directement ou non dans la gestion des bois sacrés. Les recherches scientifiques orientées par les grandes conventions internationales ont précédé et accompagné la mise en place des politiques environnementales et culturelles et les actions des ONG. Ces différentes actions se traduisent par des modifications des modes de gestion de ces sites et une adaptation des pratiques culturelles dont les responsables politiques et religieux locaux sont les gardiens. C’est ainsi que devant la diminution du pouvoir de ces chefs traditionnels (problèmes de succession, non respect des interdits religieux), l’administration forestière préconise la « restauration » de ces formations boisées par des plantations et que l’écotourisme apparaît comme une nouvelle forme de conservation de la biodiversité. Le renforcement du rôle de l’État passe par une définition du statut juridique de ces bois sacrés.

Article intégralement accessible en version PDF (352,69 ko) sur HAL-SHS.

Voir également plusieurs photographies de Dominique Juhé-Beaulaton représentant des bois sacrés sur MediHal.

Étude ethnobotanique des plantes utilisées dans le traitement du diabète chez les femmes enceintes à Cotonou et Abomey-Calavi (Bénin)

Article de Fah L., Klotoé JR, Dougnon V., Koudokpon H., Fanou VBA., Dandjesso C., Loko F. paru dans « Journal of Animal &Plant Sciences », 2013. Vol.18, Issue 1: 2647-2658.

La présente étude a permis d’identifier les plantes à propriétés antidiabétiques vendues aux femmes enceintes à Cotonou et Abomey-Calavi. Il est revenu, de ces enquêtes, que les espèces les plus vendues par les herboristes pour le traitement du diabète chez les femmes enceintes sont : Catharanthus roseus L., Lippia multiflora Moldenke et Phyllanthus amarus Sch. et Th. Les recettes sont composées de plantes uniques (14,29%) ou d’association de deux à onze plantes (85,71%). Leurs coûts accessibles varient de 200 à 1000 Francs CFA. Les parties de plantes les plus utilisées sont la tige feuillée, la tige, la plante entière, l’écorce et la racine et les recettes sont préparées essentiellement par décoction et administrées exclusivement par voie orale. Ces résultats constituent la base d’études ultérieures visant à évaluer expérimentalement les potentialités de ces plantes. Cela permettra de mettre à la disposition des parturientes, de substances nouvelles d’origine endogène.

Article intégralement accessible en version PDF (684 Ko) sur le site d’Elewa.

Etude ethnobotanique des ressources forestières ligneuses de la forêt marécageuse d’Agonvè et terroirs connexes au Bénin

Article de M.E. Dossou, G.L. Houessou, O.T. Lougbégnon, A.H.B. Tenté, J.T.C. Codjia paru dans Tropicultura, 2012, vol. 30, n°1, pp. 41-48

Cette étude ethnobotanique a été réalisée au niveau des populations riveraines de la forêt d’Agonvè, une des forêts marécageuses du Sud-Bénin. Elle a permis de décrire les différentes formes d’utilisation des espèces végétales ligneuses par les populations et de calculer les valeurs d’usage ethnobotanique associées à ces espèces. Vingt-huit espèces ligneuses ont été inventoriées. Divers usages sont faits de ces espèces: médicinal, alimentaire, bois énergie, bois d’œuvre et artisanat. L’analyse en composante principale de la matrice (formes d’utilisation * espèces) a permis de montrer que les populations ne font généralement pas l’exploitation forestière des espèces qu’elles considèrent comme utiles en alimentation ou en pharmacopée. Les feuilles, écorces, fruits et racines constituent les parties les plus utilisées. La valeur d’usage ethnobotanique totale des espèces n’est pas significativement différente d’un village à l’autre (p= 0,344, F= 1,08 et ddl= 2). Dialium guineense (VUT= 8,98), Spondianthus preussii (VUT= 7,68) et Raphia hookeri (VUT= 7,16) sont les espèces végétales les plus utilisées par les populations. Au total, l’étude met l’accent sur l’importance de la valeur d’usage ethnobotanique comme outil de base pour sélectionner les espèces sur lesquelles l’accent devra être mis dans les plans d’aménagement pour répondre non seulement au besoin d’utilisation des populations mais aussi pour améliorer le statut de conservation des espèces.

Article intégralement accessible en version PDF (472 ko) sur le site de la revue.

Etude ethnobotanique des plantes médicinales vendues dans le marché d’Abomey-Calavi au Bénin

Article de AC. Adomou, H. Yedomonhan, B. Djossa, SI. Legba, M. Oumorou et A. Akoegninou, paru dans International Journal of Biological and Chemical Sciences, vol 6, n° 2 (2012)

La commercialisation et l’utilisation des essences médicinales constituent des pratiques très courantes en Afrique et en particulier au Bénin. Une enquête a été effectuée chez une seule vendeuse disposant de trois différents étalages. L’inventaire minutieux et détaillé des trois étals a duré 30 jours. Un total de 205 espèces végétales groupées en 181 genres et 74 familles ont été recensées. Les familles les plus représentées en termes de richesse spécifique sont : Leguminosae (15%), Rubiaceae (7%) et Euphorbiaceae (7%). Ces espèces sont utilisées dans la formulation de 41 recettes pour traiter 37 maladies et symptômes. Le spectre biologique montre une nette prédominance des phanérophytes (68%). L’analyse biogéographique montre une dominance des espèces guinéo-congolaises (29%), pantropicales (29%) et afrotropicales (10%). Les tiges feuillées (67%) et racines (15%) constituent les organes les plus prisés. La décoction (86%) et le savon (12%) sont les formes pharmaceutiques fréquemment enregistrées. Les maladies et symptômes les plus fréquemment cités par les acheteurs sont: paludisme, diarrhée, stérilité, troubles menstruels, ictère, infections. Au nombre des plantes les plus vendues et rares, on peut citer: Khaya senegalensis, Monodora myristica, Xylopia aethiopica, Tetrapleura tetraptera, Acridocarpus smeathmannii et Entada gigas. La vente des plantes médicinales constitue non seulement une activité génératrice de revenu, mais contribue aussi aux soins de santé primaire, à la vulgarisation et la pérennisation du savoir endogène associé à l’utilisation des plantes médicinales.

Article payant sur le site d’African Journals on Line.

Identification et étude phytochimique de plantes utilisées dans le traitement traditionnel de l’ulcère de Buruli au Bénin

Article de A.L. Yemoa, J.D. Gbenou, R.C. Johnson , J.G. Djego, C. Zinsou , M. Moudachirou, J. Quetin-Leclercq , A. Bigot, F. Portaels paru dans « Ethnopharmacologia » , n°42, décembre 2008, pp. 48-55

Le traitement traditionnel de l’ulcère de Buruli (UB) au Bénin se fait principalement à base de plantes. L’enquête ethnobotanique menée auprès de 17 tradipraticiens dans la commune de Ouinhi (département du Zou) a répertorié 49 plantes différentes utilisées pour traiter cette maladie. Deux de ces plantes présentent un fort taux d’utilisation : Erythrophleum suaveolens (Guill. et Perr.) Brenan et Strophanthus hispidus DC.

L’étude phytochimique de dix-sept de ces plantes révèle la présence de grands groupes chimiques dont de nombreux composés possèdent diverses propriétés notamment anti-œdémateuses, anti-inflammatoires, antibactériennes, antiseptiques, sédatives, analgésiques, anesthésiques, cicatrisantes qui pourraient intervenir dans le traitement
de l’UB. Des recherches complémentaires sont nécessaires pour identifier, isoler et purifier les composés de ces groupes chimiques présents dans les plantes et étudier leur place relative dans le traitement de l’UB.

Article accessible en intégralité en version PDF (381 Ko) sur le site de l’Université catholique de Louvain.