ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archives de art

Puissances du végétal. Cinéma animiste et anthropologie de la vie

Colloque international, INHA, Paris, 22 et 23 novembre 2016.

En partant de la discussion fondatrice autour des « herbiers cinématographiques » des années 1920 et 1930 et de la dimension animiste du cinéma, l’objectif de ce colloque est à la fois d’enquêter sur les puissances du végétal dans le domaine du cinéma et des études visuelles et d’interroger les définitions du vivant et les complexités concernant sa théorisation. Dans le cadre de la réflexion contemporaine qui se déploie autour de la vie et du vivant, dans les sciences de la nature comme en anthropologie et en philosophie, il sera en particulier intéressant de s’interroger sur la diversité des processus vitaux – morphogenèse, reproduction, photosynthèse, pour ne prendre que quelques exemples – que les végétaux donnent à voir. Pendant longtemps, l’absence de mouvement (relative d’ailleurs) a conduit à considérer les végétaux comme des êtres vivants inférieurs par rapport aux animaux. En réalité, il se révèle plus fécond de repenser le mouvement dans une perspective élargie, notamment pour porter le regard sur la complexité de l’auto-organisation des organismes et des populations dont fait preuve le monde végétal. Ces deux journées de débats proposent ainsi de faire circuler la parole entre ces différents domaines : études cinématographiques et visuelles, esthétique et philosophie, anthropologie de la vie et du vivant.

Voir le programme sur ce blog.

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Le végétal

Appel à article, catalogue d’art

Dans le cadre de sa triennale d’art contemporain « April Dapsilis », qui portera cette année sur « Le Végétal », la Galerie Le point Fort désire éditer un catalogue faisant état de l’actualité de la recherche à ce sujet, qui approfondira les questions relatives à la place et aux acceptations possibles de la notion de « végétal » dans l’art contemporain. Si la Nature fut, plusieurs siècles durant, enjeu de l’invention mimétique et de la sublimation du réel tout à la fois, et en tant que telle modèle idéel des Beaux-Arts, sa position, à l’aune du XXIe siècle, reste à définir. L’abandon des académismes au siècle dernier, tout comme l’arrivée de nouveaux matériaux dans le champ de l’art, ont remis en question le modèle en place et fait vaciller ses certitudes.

Le catalogue de l’exposition comportera, afin de préciser notre cadre d’étude, trois sections développant chacune une sous-thématique :

Le Végétal, memento… mori ? : cette problématique envisage les relations entre le modèle végétal, a priori éphémère, et la mémoire. Le modèle végétal peut alors être entendu au sens propre — le rapport au temps dans la peinture de bouquets, la symbolique florale, les herbiers et photogrammes réalisés par contact direct montés autour d’un portrait — comme au sens figuré — en terme de modèle euristique dont le foisonnement fait écho à celle de la cartographie cérébrale d’un souvenir.

Le Végétal, inspiration esthétique : des colonnes corinthiennes aux volutes Art Nouveau, le végétal, en tant qu’ornement isolé de l’esthétique de la Nature, conquiert les temples, les églises et les rampes d’escalier, jusqu’à la courbe de nos lampes et pieds de meubles. Quels modèles esthétiques le Végétal engendre-t-il, hier comme aujourd’hui ? Qu’advient-il de ce modèle lorsque le végétal devient lui-même matière de l’œuvre ?

Le Végétal, facteur de dés-ordre(s) : mêlant des paysages d’extérieur à des scènes d’intérieur, cette section désire aborder le végétal comme élément perturbateur de notre organisation rationnelle du monde, et jouer sur son ambiguité entre l’ordre — naturel, saisonnier — dont il est le symbole et le désordre qu’il engendre — lorsqu’il prend possession des ruines ou devient envahissant. Par la métaphore de l’espace sauvage et de l’espace domestique, le Végétal semble s’apprivoiser mais maintient son énergie vitale, inquiétant les certitudes intellectuelles.

Toute contribution relevant de l’une de ses trois thématiques, dans les domaines des arts visuels, des sciences historiques et humaines ou de la philosophie fera l’objet d’une sélection anonymisée par un comité de relecture.

Comité de relecture

  •  Arthur van Hoey, directeur de la Galerie d’art contemporain Le point Fort
  •  Aurélie Arena, conseillère artistique et doctorante en histoire de l’art contemporain
  •  Mélodie Boubel, coordinatrice de la revue Gros Gris

Modalités de soumission

Une première sélection s’effectuera sur la base d’un résumé de 4 000 signes maximum (hors notes de bas de page) détaillant la problématique, la méthode et le propos de l’article, à envoyer à l’adresse suivante : catalogue@lepointfort.eu. Il sera accompagné d’une bibliographie sélective, d’un CV avec liste de publications et d’une courte présentation de l’auteur (en trois lignes).

Les auteurs seront notifiés de l’avis du comité dans les 5 jours suivant la cloture de l’appel à article, et disposeront ensuite d’un mois pour écrire un article comprenant entre 10 000 et 12 000 signes. 

[Info Calenda]

La tête végétalisée dans les décors romains : origine, diffusion et signification d’un thème ornemental

Thèse de Stéphanie Derwael, École doctorale Histoire de l’art et archéologie (Paris), 2016

La tête végétalisée est un témoin privilégié de la culture visuelle des Romains. Innovation de l’époque tardo-républicaine et proto-impériale, elle n’en demeure pas moins l’héritière du traitement formel de figures telles que la Rankenfrau et le Rankengott et d’un symbolisme végétal séculaire. Elle évoque une nature naissante ou renaissante qui ne possède pas encore les frontières du cosmos ordonné, et fonctionne comme une épithète iconographique permettant de mettre en évidence un aspect particulier d’un personnage, tel le dieu Oceanus. L’étude des spécificités culturelles et des traditions iconographiques des différentes régions de l’Empire romain, couplée à la mise en série et à l’analyse contextualisée des documents, permet de mettre en évidence les formes de diffusion, de réception et d’appropriation de ce thème ornemental, de sa naissance à son assimilation par le monde chrétien. A côté de tendances relativement homogènes communes à l’Empire, se dessinent quelques courants particuliers, comme l’enrichissement nord-africain de la forme océanique, le renouveau oriental de la bordure à rinceau peuplé héritée de la tradition picturalisante hellénistique, ou « l’humanisation du végétal » gallo-germanique. Entre traditions et innovations, la tête végétalisée du monde romain développe des spécificités iconographiques pérennes qui lui confèrent une signification inhérente à toute forme d’hybridité végétale, tout en permettant à différentes visions du monde de s’exprimer en elle sans se dissoudre.

Mention de thèse, pas encore en accès.

Sensuelles essences : ce que nos sens nous disent du bois

Conférences issues du colloque « Xylomanies ! Explorer les savoir-faire du bois », Fondation d’entreprise Hermès, France Culture Plus

Le bois convoque tous les sens et aime à les surprendre. Il appelle le contact pour découvrir sa douceur ou sa rugosité. On l’apprécie par son odeur, celle des copeaux dans un atelier, celle du cèdre, de l’encens ou des notes boisées d’un parfum. Et aussi pour son goût : le bâton de réglisse de l’enfance ou la pincée de cannelle… Relié à nos cinq sens, il est un véritable héritage commun tant naturel que culturel.

  • « Le bois que l’on goûte… et que l’on sent ». Olivier Roellinger, chef étoilé, spécialiste des épices et Jean-Claude Ellena, parfumeur
  • « A l’écoute du bois « . Stéphane Vaiedelich, directeur du laboratoire de recherche et de restauration du musée de la Musique – Cité de la musique et Miguel Henry, luthier
  • « L’arbre, le bois et la forêt » : points de vue d’un artiste. Grégory Chapuisat, plasticien.

Interventions à ré-écouter ici.

La nature est un maître cruel. Quelques réflexions sur les rapports entre l’art et la nature depuis les années 60

Conférence de Gilles Tiberghien dans le cadre du séminaire « Du local au global » organisé par Gerd Rainer Horn, 24 mars 2016, Sciences Po, Paris.

L’inscription est obligatoire auprès de gerdrainer.horn@sciencespo.fr.

Articuler pratiques et représentations paysagères en histoire de l’art : recherches récentes sur l’Italie à la Renaissance

Article et communication de congrès de Hervé Brunon paru dans Didier Galop, dir. « Paysage et environnement : de la reconstitution du passé aux modèles prospectifs », 2006, Chilhac, France. Besançon, Presses universitaires de Franche-Comté, p. 383-391, 2013,  » Annales littéraires de l’université de Besançon « , série  » Environnement, sociétés et archéologie « 

De nouvelles approches du paysage en histoire de l’art se sont affirmées dans les vingt dernières années, notamment dans la littérature anglophone. Elles ne considèrent plus seulement un genre pictural, mais des phénomènes de construction culturelle, interrogés notamment dans leurs dimensions idéologiques. Deux thèses récentes sur l’Italie à la Renaissance se proposent ainsi d’analyser les rapports entre paysage et stratégies d’affirmation identitaire des élites, ouvrant des pistes de recherche stimulantes.

Article intégralement accessible en version PDF (158,09 Ko) sur Hal-Shs.

L’Herbier merveilleux et Les carnets du paysage

Émission « L’essai et la revue du jour », radio France Culture, 14. 05. 2015

Présentation du livre de Jean-Michel Othoniel : « L’Herbier merveilleux. Notes sur le sens caché des fleurs dans la peinture » (Isabella Stewart Gardner Museum / Actes Sud), et de la revue Les carnets du paysage N°27 Archéologie.

Emission à (re)-écouter sur cette page.