ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour art

De l’écriture du paysage au déchiffrement du monde : Art des jardins et création chez Edgar Poe

Article de Isabelle Krzywkowski, version présentée au colloque Edgar Allan Poe de Cerisy-la-Salle, 2008

L’article réfléchit sur la fonction du jardin dans l’œuvre d’Edgar Poe. La première partie propose une analyse renouvelée des sources, qui fait apparaître l’influence déterminante des théories du second pittoresque (Gilpin, Paine, Knight). Dans un second temps, il analyse les raisons qui incitent Poe à défendre le parallèle entre le jardinier-paysagiste et l’artiste : l’art des jardins (et singulièrement sa variante pittoresque) fait écho à sa théorie esthétique (le rapport à l’imitation, la place centrale du principe de composition, la fonction d’évocation et de révélation, le principe stylistique de l’arabesque, etc.). Enfin, l’étude revient, à l’aune de ces sources, sur la place des deux contes, « The Domain of Arnheim » et « Landor’s Cottage », qu’on invite à lire comme un triptyque autour d' »Eureka » : le voyage initiatique que décrit « Arnheim » (nekhya qui révèle la fonction réelle de l’art telle qu’elle sera présentée l’année suivante dans « Eureka ») est repris de manière ironique un an plus tard dans « Landor », récit d’une initiation ratée qui fonctionne comme une mise en garde. L’art des jardins représente ainsi pour Poe l’illustration, et même la mise en pratique de sa philosophie esthétique, conception idéaliste qui confie à l’artiste le rôle d’agencer le monde pour en révéler le dessein et l’énigme.

Document intégralement accessible en version PDF (340.79 Ko) sur Hal-Shs.

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Le jardin potager, un petit monde

Exposition, musée de l’Image d’Epinal (France), 19 mai 2017-5 novembre 2017

S’appuyant sur les images anciennes de ses collections, saint Fiacre, patron des jardiniers, les images de l’enfance « Les petits jardiniers », des gravures, des peintures fin 19e siècle d’Adan ou de Saintin mais aussi des œuvres de Robert Doisneau, Joan Fontcuberta, ou Sébastien Gouju, l’exposition proposera un regard sur le jardin.

Espace d’apprentissage, de métissage, d’innovation, école de persévérance et de patience, il est aussi un lieu où se retrouvent amis ou ennemis, victoire et désillusion, tradition et expérimentation… un petit monde.

Entre imagerie ancienne / beaux-arts / musique / littérature / cinéma / photographie / art contemporain

Voyagez parmi les oeuvres de Robert Doisneau / Joan Fontcuberta / Sébastien Gouju / Sanna Kannisto / Florence Paradeis / Jacqueline Salmon

Et aussi Adan / Saintin / La Quintinye / Offenbach / Debussy / …

Informations sur le site du musée et lire cet article du Monde.

Jardin et mélancolie

Colloque, Caen, 1er et 2 juin 2017

Le jardin apaise et repose les âmes, il  est le lieu d’une activité humaine « universelle » – le soin. Dès les Lumières, il devient un élément de politique hygiéniste. La médecine et la psychiatrie s’en servent à des fins thérapeutiques. Le jardin imaginé par les poètes et autres artistes a, lui-aussi, cette fonction thérapeutique, et par là un lien avec la mélancolie. Lui aussi apaise et libère, concentre et distrait – le créateur comme son public – par sa double nature d’espace clos contenant l’infini, à la fois bien réel et onirique par essence.

Ce colloque éclairera sous divers angles le lien qu’entretient le jardin avec la mélancolie, afin de mieux comprendre l’intérêt constant voire croissant que lui portent artistes, médecins, pédagogues et hommes et femmes politiques et de comprendre aussi en quoi cette référence au jardin se métamorphose au fil des époques.

Programme

Jeudi, 1er juin 2017

  •  9.30-10.00  Introduction : Hildegard Haberl
  • 10.00-10.45 Conférence inaugurale : Hervé Brunon (Centre André Chastel, Université Paris Sorbonne), Conjurer la mélancolie, ou la physiologie de l’allégresse dans l’Italie du XVIe siècle

10.45-11.00 Café

Modération : Elsa Jaubert (Université de Caen Normandie)

  • 11.00-11.45 Eugénie Jamet (Université Paris Sorbonne), Réalité et illusion mélancolique au jardin en Angleterre au XVIIème siècle
  • 11.45-12.30 Valentina Vestroni (Paris) : Nourrir la mélancolie: promenades au jardin dans le roman français du XVIIIème siècle

12.30-14.00 Déjeuner

Modération : Anne-Marie Pailhès (Université de Paris Ouest Nanterre La Défense)

  • 14.00-14.45 Adrian von Buttlar (TU Berlin), Szenen der Trauer und der Melancholie im Landschaftsgarten
  • 14.45-15.30 Eric Leroy du Cardonnoy (Université de Caen Normandie) : Le jardin dans deux textes d’Adalbert Stifter, « L’arrière-saison » et « Fleurs des Champs »

15.30-16.00 Café

16.00-16.45 Annemarie Gresser (Université de Caen Normandie) : Du jardin comme destin : l’irrésistible itinéraire du Petit Monsieur Friedemann 

Espaces thérapeutiques

Modération : Hildegard Haberl et Annette Lensing (Université de Caen Normandie)

17.00-19.00 Dialogue : Le jardin thérapeutique entre soin et esthétique

  • Caroline Hurvy (Université de Caen Normandie) : Rêver au jardin et rêver le jardin : des vertus thérapeutiques du jardin comme espace transitionnel
  • Anne Chahine : Présidente de l’Association « Jardins et Santé »

Dîner convivial

Vendredi, 2 juin 2017

Modération : Valérie Dubslaff (Université de Caen Normandie)

  • 10.00 – 10.45 Iris Lauterbach (Zentralinstitut für Kunstgeschichte) : Le cimetière dans la métropole: le deuil et les espaces verts

10.45 – 11.00 Café

  • 11.00 – 11.45 Regine Bonnefoit (Université de Neuchâtel): Les représentations de jardins et de plantes dans l’œuvre de Paul Klee.
  • 11.45 – 12.30 Corona Schmiele (Université de Caen Normandie): « Arpenter à nouveau mes sombres jardins »: Les jardins mélancoliques de Gottfried Benn

12.30-14.00 Déjeuner

Modération : Didier Wirth (Institut Européen des Jardins et Paysages)

  • 14.00 – 14.45 Sophie Nezri-Dufour (Université d’Aix-Marseille) : Mémoire et mélancolie du Jardin des Finzi-Contini: espace personnel et microcosme universel
  • 14.45-15.30 Pascale Van Praet (Lycée Châtelet Douai et Université de Caen Normandie) : Le jardin ouvrier dans la littérature contemporaine germanophone : un laboratoire de vie et d’observation 

15.30-16.00 Café

16.00-16.45 Jürgen Ritte (Université de Paris 3 Sorbonne Nouvelle): Mélancolie – jardin – mémoire

16.45-17.00 Discussion de clôture

[Info Calenda]

Participez à la création d’un jardin de plantes à couleurs

Situé dans la Haute Vallée de la Loire, la petite commune de St Martin de Fugères en Hte Loire va bientôt accueillir le « Jardin de Plantes à Couleurs » de Bénédicte St Gérand, créatrice et restauratrice de décors peints.
Quatre espaces à thèmes
-  Carré de plantes tinctoriales sélectionnées
-  Potager coloré
-  Sous les tilleuls , espace de rencontre
-  Circuit d’eau, itinérance artistique visuelle, sonore et symbolique

Originalité du projet
Un projet unique permettant de découvrir sur un même site, le cycle complet de la plante en culture à son utilisation dans un atelier d’art, dans le cadre d’un jardin-plaisir.
Ce jardin situé sur un terrain communal sera ouvert à tous.

Financement
En complément de financements issus de collectivités, il est fait appel à la formule de financement participatif sur la Plateforme de crowdfundind DARTAGNANS.

Vous pouvez verser la somme que vous voulez ! Même petite, elle va concourir à la constitution du fond de départ… Si chacun contribuait à hauteur de 10 ou 20€, la somme serait atteinte de suite !

Soutiens du projet :
-  Jardins Fruités (aide logistique et à la conception)
-  CPIE (Expos)
-  Chambre des Métiers 43

Contacts / Renseignements
Bénédicte SAINT-GERAND
Acanthéose, Peintre en décors du patrimoine
06.27.04.12.91
http://www.acantheose.com
« Le prieuré » Place de l’église
43150 St-Martin-de-Fugères

Robert JONGET
06 52 04 29 91
info@jardinsfruites.fr

Puissances du végétal. Cinéma animiste et anthropologie de la vie

Colloque international, INHA, Paris, 22 et 23 novembre 2016.

En partant de la discussion fondatrice autour des « herbiers cinématographiques » des années 1920 et 1930 et de la dimension animiste du cinéma, l’objectif de ce colloque est à la fois d’enquêter sur les puissances du végétal dans le domaine du cinéma et des études visuelles et d’interroger les définitions du vivant et les complexités concernant sa théorisation. Dans le cadre de la réflexion contemporaine qui se déploie autour de la vie et du vivant, dans les sciences de la nature comme en anthropologie et en philosophie, il sera en particulier intéressant de s’interroger sur la diversité des processus vitaux – morphogenèse, reproduction, photosynthèse, pour ne prendre que quelques exemples – que les végétaux donnent à voir. Pendant longtemps, l’absence de mouvement (relative d’ailleurs) a conduit à considérer les végétaux comme des êtres vivants inférieurs par rapport aux animaux. En réalité, il se révèle plus fécond de repenser le mouvement dans une perspective élargie, notamment pour porter le regard sur la complexité de l’auto-organisation des organismes et des populations dont fait preuve le monde végétal. Ces deux journées de débats proposent ainsi de faire circuler la parole entre ces différents domaines : études cinématographiques et visuelles, esthétique et philosophie, anthropologie de la vie et du vivant.

Voir le programme sur ce blog.

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Le végétal

Appel à article, catalogue d’art

Dans le cadre de sa triennale d’art contemporain « April Dapsilis », qui portera cette année sur « Le Végétal », la Galerie Le point Fort désire éditer un catalogue faisant état de l’actualité de la recherche à ce sujet, qui approfondira les questions relatives à la place et aux acceptations possibles de la notion de « végétal » dans l’art contemporain. Si la Nature fut, plusieurs siècles durant, enjeu de l’invention mimétique et de la sublimation du réel tout à la fois, et en tant que telle modèle idéel des Beaux-Arts, sa position, à l’aune du XXIe siècle, reste à définir. L’abandon des académismes au siècle dernier, tout comme l’arrivée de nouveaux matériaux dans le champ de l’art, ont remis en question le modèle en place et fait vaciller ses certitudes.

Le catalogue de l’exposition comportera, afin de préciser notre cadre d’étude, trois sections développant chacune une sous-thématique :

Le Végétal, memento… mori ? : cette problématique envisage les relations entre le modèle végétal, a priori éphémère, et la mémoire. Le modèle végétal peut alors être entendu au sens propre — le rapport au temps dans la peinture de bouquets, la symbolique florale, les herbiers et photogrammes réalisés par contact direct montés autour d’un portrait — comme au sens figuré — en terme de modèle euristique dont le foisonnement fait écho à celle de la cartographie cérébrale d’un souvenir.

Le Végétal, inspiration esthétique : des colonnes corinthiennes aux volutes Art Nouveau, le végétal, en tant qu’ornement isolé de l’esthétique de la Nature, conquiert les temples, les églises et les rampes d’escalier, jusqu’à la courbe de nos lampes et pieds de meubles. Quels modèles esthétiques le Végétal engendre-t-il, hier comme aujourd’hui ? Qu’advient-il de ce modèle lorsque le végétal devient lui-même matière de l’œuvre ?

Le Végétal, facteur de dés-ordre(s) : mêlant des paysages d’extérieur à des scènes d’intérieur, cette section désire aborder le végétal comme élément perturbateur de notre organisation rationnelle du monde, et jouer sur son ambiguité entre l’ordre — naturel, saisonnier — dont il est le symbole et le désordre qu’il engendre — lorsqu’il prend possession des ruines ou devient envahissant. Par la métaphore de l’espace sauvage et de l’espace domestique, le Végétal semble s’apprivoiser mais maintient son énergie vitale, inquiétant les certitudes intellectuelles.

Toute contribution relevant de l’une de ses trois thématiques, dans les domaines des arts visuels, des sciences historiques et humaines ou de la philosophie fera l’objet d’une sélection anonymisée par un comité de relecture.

Comité de relecture

  •  Arthur van Hoey, directeur de la Galerie d’art contemporain Le point Fort
  •  Aurélie Arena, conseillère artistique et doctorante en histoire de l’art contemporain
  •  Mélodie Boubel, coordinatrice de la revue Gros Gris

Modalités de soumission

Une première sélection s’effectuera sur la base d’un résumé de 4 000 signes maximum (hors notes de bas de page) détaillant la problématique, la méthode et le propos de l’article, à envoyer à l’adresse suivante : catalogue@lepointfort.eu. Il sera accompagné d’une bibliographie sélective, d’un CV avec liste de publications et d’une courte présentation de l’auteur (en trois lignes).

Les auteurs seront notifiés de l’avis du comité dans les 5 jours suivant la cloture de l’appel à article, et disposeront ensuite d’un mois pour écrire un article comprenant entre 10 000 et 12 000 signes. 

[Info Calenda]

La tête végétalisée dans les décors romains : origine, diffusion et signification d’un thème ornemental

Thèse de Stéphanie Derwael, École doctorale Histoire de l’art et archéologie (Paris), 2016

La tête végétalisée est un témoin privilégié de la culture visuelle des Romains. Innovation de l’époque tardo-républicaine et proto-impériale, elle n’en demeure pas moins l’héritière du traitement formel de figures telles que la Rankenfrau et le Rankengott et d’un symbolisme végétal séculaire. Elle évoque une nature naissante ou renaissante qui ne possède pas encore les frontières du cosmos ordonné, et fonctionne comme une épithète iconographique permettant de mettre en évidence un aspect particulier d’un personnage, tel le dieu Oceanus. L’étude des spécificités culturelles et des traditions iconographiques des différentes régions de l’Empire romain, couplée à la mise en série et à l’analyse contextualisée des documents, permet de mettre en évidence les formes de diffusion, de réception et d’appropriation de ce thème ornemental, de sa naissance à son assimilation par le monde chrétien. A côté de tendances relativement homogènes communes à l’Empire, se dessinent quelques courants particuliers, comme l’enrichissement nord-africain de la forme océanique, le renouveau oriental de la bordure à rinceau peuplé héritée de la tradition picturalisante hellénistique, ou « l’humanisation du végétal » gallo-germanique. Entre traditions et innovations, la tête végétalisée du monde romain développe des spécificités iconographiques pérennes qui lui confèrent une signification inhérente à toute forme d’hybridité végétale, tout en permettant à différentes visions du monde de s’exprimer en elle sans se dissoudre.

Mention de thèse, pas encore en accès.