ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour arboriculture

« Dernière chance pour la biodiversité » Les pommes d’antan

Article de Angela Bovis et Antonin Sabot, Le Monde, 11. 2016

« Dans ce dernier épisode de notre série sur la réparation de la biodiversité, laissons derrière nous biodiversité sauvage et biodiversité urbaine pour plonger dans la biodiversité cultivée. Façonnée par les paysans et éleveurs pendant des millénaires, elle est aujourd’hui en chute libre. Dans un rapport de 2010, la FAO (agence alimentaire des Nations unies) estimait que trois quarts de la diversité des cultures avaient été perdus entre 1900 et 2000, soulignant que « la diversité génétique des plantes que nous cultivons et consommons – et des espèces sauvages apparentées – pourrait disparaître à jamais, compromettant ainsi la sécurité alimentaire future ».

Le cas de la pomme, fruit préféré des Européens, dont le nombre de variétés commerciales s’est effondré au XXe siècle, est emblématique de cette déperdition. En réaction, une myriade d’associations s’efforcent de redécouvrir et de conserver la gamme bigarrée de ses variétés locales. Non pas en les entreposant dans des banques de graines congelées – où dorment désormais, à l’abri des conditions réelles, « plus de 70 % de la diversité génétique de deux cents à trois cents plantes cultivées », selon la Convention sur la diversité biologique. Mais en tentant de faire revivre, sur leurs territoires, ce patrimoine agricole et culturel… »

Lire et voir la suite de l’article sur le site du journal.

Pratique et perception des feux de végétation dans un paysage de vergers. Le pays sèmè (Kénédougou, Burkina Faso)

Communication de Anne Fournier, Manaka Douanio, Ali Bene au colloque « Langue, environnement, culture : pluridisciplinarité et développement », Ouagadougou (Burkina Faso), 8-10 mars 2012

Comme bien d’autres populations de savane en Afrique de l’Ouest, les Sèmè du Burkina Faso (appelés Siamou en langue dioula) utilisent le feu pour gérer la brousse depuis des temps immémoriaux. L’introduction de l’arboriculture depuis une cinquantaine d’années a bouleversé les paysages : champs et vergers couvrent désormais près de 90 % du territoire. Nos observations au sol en 2009 et 2010 montrent que les feux continuent d’être utilisés dans cette nouvelle mosaïque paysagère. En début de saison sèche à partir de fin novembre, ils servent à protéger les bâtiments (maisons, écoles), les pistes et les zones de stockage des récoltes et pour créer des pare-feu autour des champs et vergers. On les emploie également souvent comme technique agricole de  » nettoyage  » de ces mêmes champs et vergers, le matériel végétal retiré lors des sarclages étant ensuite brûlé sur place de décembre à début mai. Bien qu’on défriche peu aujourd’hui, le feu continue d’intervenir dans l’opération. Les quelques fragments de brousse qui subsistent dans ces paysages fortement humanisés sont également brûlés à partir de fin novembre. Seuls quelques galeries forestières et bosquets sacrés échappent presque toujours au feu. Au total, 30 % de la surface environ sont soumis au feu sous une forme ou une autre. Par ailleurs le feu semble intervenir dans des activités rituelles dont certaines ont toujours lieu. Pour les Sèmè, le feu semble ainsi rester un outil de gestion incontournable de leur environnement, qu’il soit naturel ou cultivé, et de leurs représentations.

Communication intégralement accessible en version PDF (3,2 Mb) sur HAL-SHS.

Fruits et légumes de part et d’autre de la Méditerranée (XVe-XXe siècle)

Appel à contribution, colloque international, Kénitra (Maroc), 30 novembre 2012

Les fruits et légumes intéressent aujourd’hui aussi bien les scientifiques que les professionnels. Historiens, sociologues, anthropologues, agronomes, diététiciens, producteurs de fruits et légumes, industriels de l’agro‐alimentaire, travaillent sur ces nourritures végétales selon leurs paramètres scientifiques, leurs outils méthodologiques, leurs intérêts économiques. Les travaux de recherche menés en ce domaine s’imposent avec des méthodes et des questionnements appropriés, loin de toute considération anecdotique ou pittoresque. Ils s’inscrivent dans une problématique féconde, celle de l’histoire et des cultures de l’alimentation où se recoupent le matériel et le culturel, les techniques et les usages, les nécessités et les préférences.

Sur les deux rives de la Méditerranée, les fruits et légumes ont toujours occupé une place majeure dans le paysage agraire, la production agricole, la consommation locale et les échanges interrégionaux. Mais dans les systèmes de vie et de valeurs des différentes sociétés du pourtour méditerranéen, la fonction agronomique, économique, sociale et culturelle, voire symbolique, dévolue aux fruits et légumes n’était pas forcément identique. De part et d’autre du bassin, l’on relève des ressemblances et des dissemblances concernant les pratiques arboricoles et maraîchères, les productions et les consommations, les systèmes d’adaptation et d’adoption des plantes. Prenons l’exemple de l’artichaut, plante issue d’un chardon des bords de la Méditerranée : signe de prestige et de plaisir en Europe occidentale aux 16e – 17e siècles, il renvoie à la pauvreté dans le Maghreb contemporain.

Le temps long constitue la toile de fond de notre problématique comparatiste. Du 15e au 20e siècle, les pratiques agraires et les consommations alimentaires ont fortement changé de part et d’autre de la Méditerranée, premièrement par le biais des découvertes des nouveaux mondes qui ont amené de nouvelles plantes sur la rive nord de la Méditerranée; deuxièmement, par les innovations techniques des temps modernes en Europe en particulier; troisièmement, par le mouvement de colonisation qui a inséré de nouvelles plantes et de nouvelles techniques sur les terres de la rive sud.

Notre problématique est tout aussi ouverte aux questions du temps présent, à savoir le développement des productions des fruits et légumes dans les pays de la rive sud et les contraintes du commerce international, les enjeux de la biodiversité et la patrimonialisation des cultures alimentaires présentées comme « traditionnelles » (régimes alimentaires, spécialités régionales, légumes ou fruits emblématiques).

D’où la pertinence d’un colloque international, dans les deux langues, arabe et français, sur cette thématique qui aspire à fédérer plusieurs disciplines pour débattre des axes de recherche suivants :

– Arboriculture et maraichage : paysages, pratiques, usages, espaces de production
– Productions et circuits d’échange : produire pour la vente, produire pour le ventre, diversité variétale, circuits courts, échanges régionaux
– Développement des productions, globalisation des marchés
– Transformation des fruits et légumes : transformation domestique, fabrication artisanale, production industrielle
– Pratiques de table : consommation, recettes, ordre des mets, repas ordinaires / repas festifs, patrimonialisation
– Les fruits et légumes venus d’ailleurs : domestication agraire, adaptation culinaire
– Imaginaire des fruits et légumes : prestige social ou pauvreté, diète(s) méditerranéenne(s), représentations diététiques

Conditions de soumission
Les propositions, comprenant un titre, un résumé autour de 500 mots et un court cv en arabe ou en français, sont à adresser à houbaidamohamed@yahoo.fr ou florent.quellier@univ-tours.fr

avant le 30 novembre 2012

Délai pour les textes définitifs : le 15 septembre 2013

Organisation scientifique :

Houbaida Mohamed, Université Ibn Tofail, Kénitra, Maroc
Quellier Florent, Université François‐Rabelais, Tours, France
Comité scientifique
De Ferriere Le Vayer Marc, Université François‐Rabelais, Tours, France
Gmira Najib, Université Ibn Tofail, Kénitra, Maroc
Ilbert Hélène, Institut Agronomique Méditerranéen de Montpellier, France
Nasreddine Lara, American University of Beirut, Liban
Ruas Marie‐Pierre, Museum d’histoire naturel, Paris, France
Sebti Abdelahad, Université Mohamed V, Rabat, Maroc

[Info Calenda]

Un traité médiéval de la greffe pour débutants : Le De plantatione arborum anonyme. Traduction et commentaire

Article de Isabelle Draelants, Kévin Echampard paru dans Spicæ, Cahiers de l’Atelier Vincent de Beauvais, Nouvelle série, 1 (2011), p. 5-37

Le De plantatione arborum est un traité d’arboriculture pratique qui s’intéresse en particulier à la greffe et vise à instruire les frères d’une communauté sur la culture d’espèces d’arbres et de fruits à cultiver dans un espace qui couvre tout la partie septentrionale de l’Allemagne actuelle. Distinct du traité homonyme de Geoffroy de Franconie, il en est probablement contemporain mais s’inspire de ce dernier pour la rédaction des derniers chapitres de l’état du texte dont une traduction française est donnée ici. Cette première traduction française est accompagnée d’une présentation de l’œuvre et de quelques commentaires concernant les realia et les techniques mentionnées.

Article accessible intégralement en version PDF (427,9 Kb) sur HAL-SHS et sur le site de la revue.

Nouvelles formes de valorisation territoriale en agriculture, le cas de l’arboriculture de la Moyenne Vallée du Rhône

Thèse de Cécile Praly, Université Lumière – Lyon II (Géographie), 30/06/2010, Claire Delfosse, Jean Pluvinage (Dir.), 429 p.

L’arboriculture de la Moyenne Vallée du Rhône, concurrencée par les pays à faible coût de production, subit une importante crise structurelle. Dans ce contexte, nous interrogeons les liens existants entre l’arboriculture et ses territoires. Ils peuvent en effet constituer des ressources mobilisées par les acteurs locaux pour développer des formes de valorisation territoriale. Le modèle productif historique de l’arboriculture de la Moyenne Vallée du Rhône, celui de bassin de production-expédition, est aujourd’hui remis en question par deux tensions opposées. La première, dite  » centrifuge « , est exercée par les principaux expéditeurs qui élargissent leur aire d’approvisionnement au-delà de celle du bassin de production pour être capables d’offrir des volumes de fruits standardisés satisfaisant à la demande des grands distributeurs. A l’inverse, un ensemble de tensions  » centripètes  » produisent un effet de morcellement interne au bassin, résultant des initiatives d’identification territoriale des fruits portées par les producteurs. A l’intersection de ces tensions, les arboriculteurs développent des stratégies pour maintenir la viabilité économique de leurs exploitations. La tendance est d’ajouter aux circuits d’expédition existants de nouveaux débouchés qui valorisent plusieurs proximités entre production et consommation. Nous décrivons ainsi des  » circuits de proximité  » pluriels et multi-scalaires, où interviennent différents types de professionnels (grossistes, détaillants, IAA), de consommateurs (habitants ou plus éloignés) et de modes de commercialisation. S’articulant entre concurrence et complémentarité au bassin de production-expédition, ces circuits bénéficient de soutiens de la part des collectivités territoriales. La conclusion de la thèse propose une caractérisation des différents circuits de proximité ainsi qu’un cadre théorique pour penser la diversité des formes de valorisation territoriale en agriculture.

Thèse intégralement accessible en version PDF (29,6 Mb) sur TEL.

Denrées et cultures nouvelles : perceptions et lectures croisées autour des fruits de la Méditerranée historique

Séminaire, Muséum National d’Histoire Naturelle (Paris, France), 7 janvier 2011

Dans le cadre de l’ANR FRUCTIMEDHIS « Denrées et cultures nouvelles : perceptions et lectures croisées autour des fruits de la Méditerranée historique », aura lieu un séminaire de réflexion sur l’introduction d’espèces fruitières nouvelles en France se tiendra au . Il s’agit de confronter les regards et les approches à partir de sources variées iconographiques, historiques, bioarchéologiques, archéogénétiques afin de mieux cerner les proccessus techniques, culturaux, économiques, sociaux d’introduction des fruits venus de l’ailleurs dans le monde occidental aux périodes historiques.

Programme

– Introduction, Aline Durand (LAMM, Université Aix-Marseille), coordinatrice
– Un « fruit sec » aromatique de la cuisine romaine : le cas du Cyprès (Cupressus sempervirens) en Gaule d’après les données archéobotaniques, Marie-Pierre Ruas (AASPE, CNRS) et Laurent Bouby (CBAE, CNRS)
– Introduction des agrumes en Méditerranée occidentale: données textuelles, iconographiques, archéobotaniques. Nouvelles perspectives, Clémence Pagnoux (Paris 1, Master 2), Sylvie Coubray (AASPE, INRAP) et Véronique Zech-Matterne (AASPE, CNRS)
– Les fruits exotiques dans la religion chrétienne au Moyen Age (images et objets), Danielle Alexandre-Bidon (CRH, EHESS)
– Une pratique culturale méconnue au Moyen Âge : le complantage, Carole Puig (ACTER) et Aline Durand (LAMM, Université Aix-Marseille)
– Histoire évolutive et biogéographique du palmier dattier (Phoenix dactylifera), Muriel Gros-Balthazard (CBAE, doctorante Université Montpellier 2), Sarah Ivorra (CBAE, CNRS), Claire Newton (CBAE, université de Nottingham), Jean-Christophe Pintaud (IRD, Montpellier), Jean-Frédéric Terral (CBAE, Université Montpellier 2)
– Le palmier-dattier d’après la littérature agronomique antique et médiévale, Aline Durand (LAMM, Université Aix-Marseille)
– Les vestiges archéobotaniques de dattes (Phoenix dactylifera) en France : contextes et statut du fruit, Laurent Bouby (CBAE, CNRS) et Marie-Pierre Ruas (AASPE, CNRS)
– Production et commerce des dattes dans la Méditerranée médiévale, Mohammed Ouerfelli (LAMM, Université Aix-Marseille)
Contact
Aline Durand (adurand@mmsh.univ-aix.fr)

Croissance racinaire en verger de pêchers. Influence de la disponibilité en assimilats carbonés et des contraintes du sol

Thèse de Carole Bécel, Université d’Avignon (Agronomie), 29/06/2010, Loïc Pagès et Gilles Vercambre (Dir.), 147 p.

L’arboriculture en milieu méditerranéen nécessite un apport d’eau via l’irrigation important, notamment pendant la période estivale. Pour améliorer l’efficience d’utilisation de l’eau, il convient de mieux connaître les besoins en eau de l’arbre et les zones d’exploration et d’exploitation des racines. La croissance des racines varie dans le temps et dans l’espace en lien avec des facteurs endogènes, en particulier la disponibilité en assimilats carbonés, et des facteurs exogènes comme les propriétés du sol. Ces facteurs sont modulés par les pratiques culturales, et en particulier l’irrigation, le compactage du sol et l’éclaircissage, qui affectent la croissance racinaire, et d’une manière générale le fonctionnement global de l’arbre. La dynamique de croissance des racines est ponctuée par deux périodes de croissance intense. La première période de croissance intense se situe tôt dans la saison, en avril-mai, pendant la phase de durcissement du noyau des fruits. En début de saison la demande en carbone à l’échelle de l’arbre est importante (forte croissance des feuilles, fruits, rameaux, racines) et nécessite la mobilisation intense des réserves carbonées présentent sous forme d’amidon. La charge en fruits affecte la croissance des racines et des fruits, et la restriction hydrique affecte surtout la croissance de la partie aérienne. La deuxième période de croissance racinaire intense intervient après la récolte en juillet-août, quand les feuilles et les rameaux ont finis leur croissance. La compétition est moins forte et l’amidon s’accumule, surtout chez les arbres sous restriction hydrique. L’accumulation d’amidon résulte d’une plus grande sensibilité de la croissance au déficit hydrique que la photosynthèse. Pendant les périodes de croissances racinaires intenses, le diamètre apical et la longueur de leur zone apicale non ramifiée des racines sont augmentés, ainsi que les teneurs en sucres solubles dans les pointes racinaires. Les paramètres architecturaux racinaires et les teneurs en sucres solubles dans les pointes racinaires sont de bons indicateurs de la dynamique de croissance racinaire. La répartition des racines au verger est très variable et dépend des propriétés du sol. Les racines des arbres bien alimentés en eau ont colonisé surtout les volumes de sol sous le rang des arbres (proches des goutteurs) jusqu’à 1 m de profondeur. Au contraire les racines des arbres sous-alimentés en eau ont colonisé surtout les 50 cm en profondeur sous le rang et vers l’inter-rang. Les racines se sont réparties dans les zones les moins contraignantes pour leur croissance, qui sont plus restreintes quand l’irrigation est restrictive. En conditions non contraignantes, de par une faible densité de sol ou une forte teneur en eau, la vitesse de croissance, et notamment des grosses racines, est forte. Par contre, les fines racines ont une vitesse de pénétration des sols contraignants plus rapide. La contrainte mécanique entraîne aussi une baisse de la hiérarchisation des systèmes racinaires, les racines latérales seront davantage ramifiées.

Thèse intégralement accessible en version PDF (4,1 Mb), sur TEL.